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Discours
de l'honorable Maria Minna
Ministre canadienne de la Coopération internationale |
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| au nom
des pays donateurs que sont l'Allemagne, le Canada, le Danemark,
les États-Unis, la Finlande, la France, l'Italie, la Norvège,
les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède et la Suisse, à l'occasion
de la clôture du Forum mondial sur l'éducation |
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Dakar,
Sénégal Le 28 avril 2000
(SOUS RÉSERVE DE MODIFICATIONS) |
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Messieurs
les Premiers Ministres, Messieurs les Présidents, Excellences,
distingués délégués. |
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Je
suis ravie d'avoir l'occasion de prendre la parole aujourd'hui
au nom des pays donateurs que sont l'Allemagne, le Danemark,
les États-Unis, la Finlande, la France, l'Italie, la Norvège,
les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Suède, la Suisse et mon pays,
le Canada. |
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Au
terme de trois jours de délibérations, nos objectifs demeurent
inchangés. |
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Nous continuons de souscrire à la vision intégrale exposée
dans la Déclaration mondiale sur l'éducation pour tous,
convenue à Jomtien et réitérée ici même, à Dakar.
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Tout
en appuyant l'ensemble des objectifs débattus cette semaine,
nous en signalons deux qui ont été l'objet d'une attention particulière. |
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Nous demeurons engagés à appuyer l'éducation primaire pour
tous dans tous les pays d'ici 2015.
Nous
demeurons aussi engagés à réaliser des progrès mesurables
au regard de l'égalité des sexes et de l'habilitation des
femmes par l'élimination des écarts entre les sexes dans
l'éducation primaire et secondaire d'ici 2005.
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Au
nom des pays donateurs, je souhaiterais proposer quelques idées
sur l'orientation qui nous guidera vers l'éducation pour tous,
sous la bannière des pays en développement. |
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Premièrement,
nous devons mettre l'accent sur l'équité. Il s'agit de veiller
à ce que tous et toutes, chacun et chacune aient un accès égal
à une éducation de qualité. |
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De
toute l'histoire de l'humanité, nous n'avions jamais auparavant
disposé des moyens nécessaires pour atteindre notre objectif,
à savoir d'instruire les filles tout comme les garçons. C'est
donc à nous qu'incombe aujourd'hui la responsabilité de faire
tout en notre pouvoir pour réaliser l'éducation pour tous. Nombreux
sont ceux et celles qui l'ont déclaré cette semaine : c'est
en instruisant les filles que nous transformerons le monde.
Il en va de même de l'éducation des femmes, qui constitue un
élément fondamental de notre approche en matière de développement.
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Deuxièmement,
nous allons mettre l'accent sur la qualité de l'éducation. L'enjeu
dépasse largement le nombre d'heures ou de jours pendant lesquels
les élèves sont en classe. Il s'agit de la pertinence de l'enseignement
aux besoins de ceux et celles qui apprennent et au monde qui
les entoure. La qualité de l'enseignement se distingue dans
l'amélioration de la formation du personnel enseignant, des
programmes d'études et du matériel didactique - gages de la
qualité de l'apprentissage. |
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Au
cours des derniers jours, les délégués ont su reconnaître l'importance
de la technologie comme outil permettant d'élargir l'accès à
l'information, aux connaissances et aux possibilités d'études.
Il incombe d'apporter à la problématique de la connectabilité
des solutions pertinentes, économiques et durables selon le
contexte qui prévaut dans chaque pays. |
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Nous
accordons une grande d'importance aux programmes conçus de manière
à inclure les enfants marginalisés à cause de la pauvreté, de
leur langue, de leur race, d'un handicap, de la guerre ou parce
qu'ils vivent dans un endroit éloigné. Les exclus parmi les
enfants sont d'ailleurs souvent des filles. |
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La
souplesse doit être le mot d'ordre qui nous guide alors que
les besoins des enfants sont bien plus grands que les ressources
dont disposent l'ensemble des donateurs. Il est donc sensé que
nos investissements en matière d'éducation soient employés à
répondre aux besoins les plus criants des pays à faible revenu
que nous appuyons. Nous devons, à titre de pays donateurs, faire
des choix difficiles. L'un d'eux se résume à devoir mettre tout
particulièrement l'accent sur les pays qui ont fait la preuve
de leur engagement à l'égard d'un programme d'éducation de base. |
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Or,
quand un pays a fait la preuve de son engagement au chapitre
de l'éducation, mais qu'il n'a ni les ressources ni la capacité
de concrétiser cet engagement, nous devrions être disposés à
apporter une aide supplémentaire pour que les objectifs établis
par ce pays deviennent accessibles. |
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Cette
question se résume à la volonté politique de tous les intervenants.
Chez les pays en développement, cette volonté s'exprimerait
à nos yeux par l'application de politiques visant : |
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la transparence du processus budgétaire ;
l'affectation
des ressources nécessaires ;
une bonne
gouvernance manifeste.
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Si
les pays en développement sont en mesure de s'engager de la
sorte, il incombera alors aux pays donateurs de prouver leur
volonté politique en dégageant les ressources nécessaires. |
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Nous
avons déjà un exemple d'une telle volonté : notre appui à l'initiative
en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) permettra à
des pays en développement de s'attaquer à leurs priorités, notamment
à l'éducation, sans ployer sous le fardeau du remboursement
d'écrasantes dettes internationales. |
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Un
autre exemple, celui-ci plus personnel, se trouve dans le virage
fondamental que j'ai amorcé au sein de mon ministère, l'Agence
canadienne de développement international. J'ai reconfiguré
nos priorités pour faire ressortir une ligne de programmation
axée sur le développement social. Elle s'articule autour de
quatre thèmes essentiels au développement : l'éducation, la
protection des enfants, la santé et la nutrition ainsi que la
lutte contre le VIH/sida. Pour chacune de ces priorités, la
notion d'égalité entre les sexes joue un rôle capital Loin de
les éclipser, ces priorités sont censées rehausser d'autres
grandes facettes du développement. Elles reflètent toutes notre
but ultime : la réduction de la pauvreté. |
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Or,
en toute franchise, si la population n'est pas instruite, si
elle n'est pas en santé, si la société n'est pas à l'abri de
la maladie et de l'exploitation, il n'y a que peu d'espoir pour
le développement. Si nous ne parvenons pas à ce genre de développement
social, le développement économique nous échappera également.
L'un ne va pas sans l'autre. Cette façon de procéder permet
réellement de lier tous les éléments névralgiques. |
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À
titre de pays donateurs, nous croyons qu'il est également important
de mettre nos ressources en commun et d'intervenir dans le cadre
d'investissements sectoriels en matière d'éducation de base.
Il s'agit donc pour nous de " baisser nos pavillons " et d'harmoniser
nos propres méthodes afin que nos efforts collectifs portent
sur les besoins les plus criants et produisent des résultats
probants. |
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Par
conséquent, nous appuyons le consensus portant sur les mécanismes
de suivi qui ont fait l'objet de nos délibérations aujourd'hui.
Il s'agit donc à notre avis de renforcer et de réformer l'UNESCO,
de sorte que cette organisation serve de mécanisme mondial investi
de la coordination des partenaires de l'Éducation pour tous.
Il s'ensuivrait une restructuration complète de son programme
d'éducation, afin qu'il reflète les résultats de la conférence
de Dakar et les priorités qui y ont été arrêtées. |
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Si
aujourd'hui nous nous tournons vers l'avenir, c'est pour passer
aux actes. L'heure n'est plus aux grandes palabres. Il faut
passer aux actes sur le terrain, dans un pays, puis dans un
autre, puis dans tous. |
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Comme
mes homologues ici présents, j'ai l'espoir que ces investissements
stratégiques deviendront l'un des volets fondamentaux de l'Alliance
pour l'éducation pour tous. C'est ce que les donateurs peuvent
apporter de mieux comme contribution à l'atteinte de nos objectifs
communs. Le reste appartient aux principaux acteurs de ces efforts,
c'est-à-dire les familles, les écoles, les organisations, les
gouvernements et la société civile des pays en développement.
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