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FORUM
MONDIAL SUR L'EDUCATION
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Allocution
de
Son Excellence Maître Abdoulaye WADE
Président de la République du Sénégal |
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| 26 avril
2000 |
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Monsieur
le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies,
Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale
Monsieur le Directeur général de l'UNESCO,
Mesdames, Messieurs les Hauts Responsables d'Organisations relevant
du système des Nations Unies,
Mesdames, Messieurs les Chefs de Délégation Mesdames,
Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs les Députés et Sénateurs,
Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs et Représentants d'Organisations
internationales,
Mesdames, Messieurs |
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Mon
pays s'honore d'accueillir aujourd'hui le Forum Mondial sur
l'Education, 10 ans après Jomtien, Thaïlande, qui a proclamé
l'objectif " l'Education pour tous ". |
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Le
choix du Sénégal par la Communauté internationale pour entamer
la deuxième décennie de l'éducation nous honore. |
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En tout premier lieu, au nom du peuple sénégalais et en mon
nom propre, je remercie M. le Secrétaire général des Nations
Unies, M. Koffi Anan qui a bien voulu honorer de sa présence
cette journée internationale sur l'éducation. Sa mission multidimensionnelle
dans le monde comporte entre autres deux des plus grands défis
de l'Afrique de notre temps, la paix et l'éducation qui sont
deux conditions sine qua non du développement. |
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A
ces deux tâches fondamentales, vous vous dévouez sans relâche.
En vous acquittant avec bonheur de votre tâche au sommet de
l'organisation internationale, vous honorez l'Afrique. |
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Laissez-moi
aussi adresser les mêmes félicitations à M. le Directeur général
de l'UNESCO dont l'œuvre sans égale pour l'éducation et la culture
aura marqué le siècle qui vient de s'écouler et sur laquelle
repose l'espoir des jeunes pays en développement pour réussir
le pari de l'éducation. Bien que nouvellement promu, son expérience
au sein de l'organisation internationale et son approche novatrice
des problèmes de l'éducation et de la culture nous rassurent. |
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Mes
remerciements et ma gratitude vont aussi à tous les dirigeants
d'institutions internationales relevant des Nations Unies, d'institutions
et agences bilatérales, nationales ou régionales, d'agences
de coopération, Ministres, qui ont bien voulu, malgré leurs
calendriers chargés, accepter d'être aujourd'hui les hôtes du
Sénégal, plus spécialement le PNUD, le FNUAP, l'UNICEF. |
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| Mesdames
et Messieurs, |
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Pour
avoir accédé à la tête de mon pays par les urnes, un journaliste
m'avait comparé à un coureur de fond outsider entré… par effraction
dans le cercle des pouvoirs. Vous comprendrez dès lors et excuserez
mon langage parfois peu conformiste d'outsider. |
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| Mesdames,
Messieurs, |
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Derrière
les réalisations incontestables des organisations internationales,
l'œil critique de l'observateur, encore une fois peu conformiste
que je suis, trouve qu'il y a énormément de gaspillages et de
lenteurs dans les interventions des organisations internationales
alors que nous sommes talonnés par nos populations qui expriment
de plus en plus leurs besoins en termes d'exigences. |
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A
mon arrivée à la tête de notre pays, j'ai été frappé par l'accumulation
inconsidérée d'études de toutes sortes, pour un oui ou pour
un non on finance une étude. Je pourrais citer des centaines
d'exemples d'études payées cher et finalement inutiles. Pour
ne m'arrêter que sur des chiffres, les études sur le chemin
de fer Dakar-Bamado encore en projet ont déjà absorbé plus de
10 milliards CFA. Celles de la MIFERSO plus de 8 milliards.
Vous me direz que nous sommes loin des problèmes de l'éducation
mais nous savons qu'ici aussi les études s'accumulent, se multiplient
et s'empilent. |
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Un
économiste avait été amené à dire que la croissance des études
dans les pays en développement était plus rapide que leur
croissance économique.
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C'est
pourquoi je viens d'ordonner une étude sur les études, en
espérant que ce sera la goutte d'eau qui fera déborder le
vase et nous permettra de mettre fin à cette mode gaspilleuse
de ressources et d'énergie.
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Sur
un autre plan, j'ai eu une fois l'occasion de faire remarquer
à un interlocuteur que les asiatiques ne font ni séminaire
ni colloque mais se développent alors que nous autres, nous
passons notre temps en colloques et séminaires, et reculons
pendant ce temps. En effet, pendant que nous restons immobiles,
le monde change, la population augmente, quantitativement
et qualitativement, les problèmes s'intensifient, se compliquent
et se propagent. Je pourrais presque caricaturer en parlant
de : " développement sans colloque " qui caractériserait les
pays d'Asie et de " colloques sans développement " qui serait
le lot de l'Afrique. Vous me permettrez de me résumer en une
formule : " Moins d'études et plus de réalisations ".
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En
abordant un nouveau siècle avec les ressources d'aide qui
se raréfient, nous devons nous poser la question de l'efficacité
des immenses sommes d'argent et d'énergie que nous avons dépensées
et que nous continuons de dépenser tous les jours.
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Il
y a quelques années, j'avais été membre d'un jury de thèse
d'un jeune Africain dans une université parisienne. Le sujet
était " La santé pour tous en l'an 2000 " selon la déclaration
d'Alma Mata ".
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Nous
sommes en l'an 2000 et il y a deux jours la Conférence d'Abuja
sur le paludisme a constaté les ravages de ce fléau plus grave
que le Sida.
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J'ai
eu la chance d'avoir été instituteur. Sortant de l'Ecole Normale,
j'avais eu sous ma responsabilité 85 enfants débutants dans
une classe. Il n'y avait aucune fille parmi les élèves, ce
qui explique le retard des femmes dans nos sociétés. Heureusement
qu'elles sont en train de rattraper ce retard mais nous devons
davantage les soutenir par une politique hardie car les femmes
aussi ont droit à l'éducation. Mieux, il n'y a pas de développement
sans les femmes jouant un rôle égal à celui des hommes.
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J'ai
encore le souvenir de tous ces petits yeux dirigés vers moi
et ces petites têtes de petits garçons qui, s'asseyant pour
la première fois sur un banc d'école, se demandaient avec
anxiété ce qui allait bien se passer.
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Bien
plus tard, en amphithéâtre de faculté devant 2000 étudiants,
de la même façon je lisais l'anxiété sur les visages des grands
garçons qui prenaient attentivement des notes mais devaient,
cette fois, se demander où allaient les conduire les maîtrises
et doctorats qu'ils s'évertuaient à vouloir conquérir, la
seule alternative qui était effective jusque là, et qui l'est
encore, étant pour la plupart le chômage.
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La
problématique de l'éducation en Afrique s'inscrit entre ces
deux extrêmes : chômer sans éducation ou être éduqué et chômer.
Ensemble, nous les hommes et femmes de bonne volonté du Nord
et du Sud, refusons cette implacable alternative en disant
que nous voulons et l'éducation et le travail, pas l'un sans
l'autre. Et c'est possible si nous acceptons des révisions
déchirantes de nos méthodes.
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| Mesdames,
Messieurs, |
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Mon
expérience privilégiée m'a permis de tenir compte de toutes
les dimensions du problème pour élaborer un système éducatif
africain que j'ai eu l'occasion d'exposer devant les Recteurs
de l'Afrique de l'Ouest.
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Ce système contient ce que je propose comme réponse à la problématique
de l'éducation dans un pays africain.
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Avant
de vous en exposer les grandes lignes, permettez-moi de revenir
en arrière pour m'arrêter sur la définition du mot éducation,
plus exactement sur son contenu, sans encourir le reproche
de marcher à reculons. Mais cette tâche de clarification me
semble incontournable.
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Lorsqu'on m'a invité à prononcer un discours à ce forum, l'éducateur
que j'ai été des décennies durant, et que je suis encore un
peu, s'est demandé de quoi on parlait en utilisant le mot
" éducation ". Je sentis la paralysie m'envahir tout comme
le mille-pattes qui eut, un jour, la malchance de rencontrer
le hérisson qui, pour se moquer de lui, lui demanda " Mais,
M. Mille-pattes, dans que ordre remuez-vous vos pattes ? "
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Plongé
dans la réflexion, voilà le mille-pattes paralysé. Et le malin
hérisson se mit à rire sans retenue, au risque de s'étrangler
lui-même. Vous reconnaissez certainement la fable américaine.
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L'éducation
n'est pas l'instruction qui consiste à apprendre à lire et
à écrire. Certes, on peut y ajouter une note de vaste connaissance.
C'est ainsi qu'on dira d'un individu qu'il est instruit. Autrefois,
la France avait un " Ministre de l'Instruction Publique ".
Aujourd'hui, on a des Ministres de l'Education.
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Je définirai l'objet de l'éducation comme étant de faire du
citoyen ou de la citoyenne un homme ou une femme de son temps,
pouvant y vivre avec aisance. Ce qui suppose avant qu'il (ou
elle) parle le langage de son temps. Or, aujourd'hui, la langue
n'est qu'un moyen dans le langage qui est multiforme. Comment
être de son temps si les autres dialoguent et échangent des
connaissances à la vitesse de la lumière grâce aux ordinateurs,
à Internet et au fax au moment où vous en restez à l'âge de
la poste au demeurant très imparfaite.
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Les
sociétés anciennes, traditionalistes de l'Afrique, comme toute
société, éduquaient leurs sujets en fonction de la conception
qu'elles avaient du rôle de l'individu dans la communauté.
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Le problème est resté le même mais a gagné en complexité.
Avec les jeunes d'aujourd'hui nous devons former les hommes
de leur temps de demain. C'est cela notre responsabilité.
Sur le socle de l'Instruction, nous devons faire la formation
de tous les citoyens, jeunes ou adultes, pour qu'ils puissent
vivre dans leur siècle.
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L'intelligence
étant la chose la mieux partagée entre les peuples, nous ne
sommes pas mal partis. Nous avons, comme les autres peuples,
notre part du lot de départ. Nous devons donc conserver la
foi, malgré les échecs des politiques, car les hommes passent
avec leurs politiques pendant que les générations se suivent.
Il suffit qu'elles sachent tirer des enseignements des erreurs
du passé.
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| Mesdames
et Messieurs, |
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Je
voudrais maintenant vous proposer une nouvelle formulation
de l'objectif d'éducation qui pourrait être :
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"
Le droit à l'éducation, droit de l'homme ".
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" L'éducation pour tous " semble être le produit d'une sorte
de justice distributive tout à fait extérieur à l'individu
alors qu'un droit repose autant sur l'environnement juridique
et social que sur l'individu lui-même qui doit aspirer à jouir
pleinement de son droit. Je suis bien placé pour savoir que,
dans le système de non-droit, la démocratie ne peut pas être
importée de l'extérieur. Elle se construit comme un édifice,
liberté par liberté, droit par droit jusqu'à celui qui fait
déborder le vase et…. provoque l'alternance. Du moins c'est
la méthode pacifique, la voie royale sauf accident de parcours.
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L'idée de base du système éducatif que j'ai proposé est qu'il
part de la maternelle à l'université. Ses caractéristiques
sont les suivantes :
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Il
prend en charge, au départ, la totalité des enfants depuis
le préscolaire. Nous avons fait ce pari.
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A
ceux qui seraient tentés de me demander où nous allons trouver
les financements, puisque ce mot est devenu le centre de tous
les discours et de toutes les discussions, nous répondons
: ne parlons pas de cela pour l'instant, laissez-nous essayer.
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Car
le système particulièrement simple demande en vérité peu de
moyens.
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Le
petit enfant d'un pays développé a l'avantage, dès le bas
âge, d'avoir à sa disposition des jouets qui structurent son
esprit, ce qui constitue un avantage certain par rapport au
petit africain qui n'a jamais tenu un jouet moderne dans ses
mains. Aussi, dans le village nous allons construire une case
où une monitrice et une grand-mère passeront la journée avec
les enfants. La monitrice va les habituer aux jeux modernes,
démontage et remontage, modelage et remodelage, puzzle, qui
structurent l'esprit et préparent l'enfant à l'univers des
ensembles qui est à la base des mathématiques modernes et
de toute l'électronique. Ce sont les jeux éducatifs. Notre
principal problème sera de trouver les jouets mais nous avons
des idées là-dessus.
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Grand-mère
aura pour rôle de faire plonger les enfants dans leur culture
grâce aux contes et récits, moyen le plus sûr de leur inculquer
nos valeurs fondamentales. Car je suis convaincu que pour
faire face à l'avenir il faut s'adosser sur sa propre culture.
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N'eût
été la contrainte des moyens, j'aurais créé un Ministère du
Préscolaire mais j'ai dû me contenter de créer à la Présidence
une Mission du Préscolaire que j'ai confiée à une institutrice
mère de famille, avec la conviction qu'elle aura une dimension
et un impact insoupçonnés sur notre développement.
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La
deuxième caractéristique du système éducatif que nous allons
amputer le flux général d'une tranche formée des deux dernières
années du bac et des deux premières années de l'université
dans un module qui prend le nom de Collège Universitaire,
C.U.
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Le Collège Universitaire peut ainsi être implanté en beaucoup
d'endroits sur le territoire national, au gré de notre capacité
à trouver des enseignants.
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Les
enseignants du secondaire existent car il nous suffira de
puiser parmi les chômeurs intellectuels actuels. Ceux des
deux premières années de l'Université sont à former.
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La
première conséquence du module transporté est de désengorger
l'Université de Dakar qui compte quelque 24.000 étudiants
insuffisamment encadrés et mal nourris, en lui enlevant les
étudiants des deux premières années qui iront vivre et étudier
dans un autre contexte, soit la moitié.
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L'Université
proprement dite sera ainsi réduite à deux ans pour l'obtention
d'une maîtrise. Au delà, ne resteront que les doués qui se
destinent à la recherche fondamentale ou au professorat d'enseignement
universitaire.
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La
troisième caractéristique du système est qu'à tous les niveaux
du flux général l'élève, soit parce qu'il ne peut plus suivre
un enseignement général, soit parce qu'il préfère simplement
en sortir, l'enfant trouvera une passerelle pour aller dans
le monde du travail. D'un côté nous avons une formation professionnelle
privée où l'enfant pourra devenir, selon son âge et sa formation
générale, apprenti, ingénieur de niveau moyen ou ingénieur
de niveau Grande Ecole.
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De
l'autre et parallèlement, nous ménageons un autre vecteur
de formation professionnelle publique (formateurs, diverses
écoles publiques de formation dans tous les domaines, santé,
agriculture, économie rurale, administration et enseignement).
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Je
dois ajouter, pour en terminer avec le système éducatif, qu'à
tous les niveaux, nous avons opté pour le niveau international
des diplômes et de la formation puisque, encore une fois,
nous voulons que les jeunes africains ne se sentent pas dépaysés
dans le siècle dans lequel ils vivent.
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Au
total le système, en plus du module translatif ou Collège
universitaire, comporte un flux général qui prend les enfants
depuis le préscolaire avec, d'un côté, la formation professionnelle
privée, de l'autre la formation professionnelle publique.
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Mais
le droit à l'éducation nous impose le devoir d'aller au delà
de ce système pour atteindre les adultes. Car les adultes
aussi ont droit à l'éducation puisque le droit à l'éducation
est aussi un droit de l'homme.
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Selon
l'UNESCO le monde compte aujourd'hui cent millions d'enfants
sans accès à l'école et plus de 800 millions d'adultes analphabètes.
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Comment
aborder le problème de l'éducation des adultes ?
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A
mon sens la voie royale malheureusement reléguée au second
plan est l'alphabétisation dans les langues nationales. Elle
peut être rapide, efficace si elle est soutenue par des publications-supports
d'intérêts des populations : journaux et revues en langues
nationales traitant des questions de la vie quotidienne, politique,
économique, familiale, traditionnelle, culturelle.
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Ainsi
l'éducation, plus exactement le droit à l'éducation, aura
un contenu réel et dynamique, évoluant tant dans sa forme
que dans son contenu.
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L'alphabétisation dans les langues nationales a été, depuis
l'indépendance, comme beaucoup d'autres nobles idées, un prétexte
à dépenses énormes dont l'efficacité est très contestable.
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C'est
dire que l'alphabétisation n'est pas encore populaire.
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C'est
pourquoi nous avons décidé de changer de politique sur ce
point en impliquant toutes les catégories sociales, associations,
syndicats, mouvements de jeunes, de femmes, de même que les
ONG, le secteur privé, l'Etat et les collectivités locales.
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L'éducation
ne doit plus être mesurée à l'aune des financements extérieurs
mais à celle de nos efforts.
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| Mesdames
et Messieurs, |
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Je
ne voudrais pas vous quitter sur une note critique mais mesurons
l'ampleur et la gravité du défi qui a un accent Shakespearien
" to be or not to be ". Seulement nous avons décidé d'être.
Nous sommes et nous serons, parce que de plus en plus, par
delà la barrière des niveaux de développement, de plus en
plus d'hommes et de femmes nous comprennent, acceptent et
endossent avec nous nos remises en cause d'un conformisme
qui devrait être enterré avec le siècle qui vient de s'achever,
ce qui est déjà le signe qu'ensemble nous gagnerons la bataille
de l'Afrique qui est, en définitive, celle de l'Humanité.
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Si
nous sommes optimistes, c'est que pour nous, l'éducation généralisée
n'est pas fonction de sommes d'argent mais est avant tout
une volonté politique, volonté d'attaquer de front et d'éradiquer
cette tare et cette injustice en faisant participer toutes
les composantes de la population.
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Si nous sommes des utopistes, qu'on nous laisse nos utopies
tant qu'elles nous font mouvoir vers l'action, tant qu'elles
nous motivent, tant il est vrai qu'une utopie incitatrice
vers l'action est préférable à une utopie qui immobilise et
fait rêver.
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Mesdames, Messieurs, si vous pensez que nos discussions vont
mettre en lumière une nouvelle approche, si vous pensez que
la problématique de l'éducation doit avoir de nouvelles dimensions
dont le préscolaire et l'éducation des adultes par les langues
nationales, si vous pensez que le défi n'interpelle pas seulement
les gouvernements mais toutes les couches de la population,
pourquoi ne pas sceller notre foi et notre vision dans ce
que nous pourrions appeler La Déclaration ou l'Appel de Dakar
?
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Après
cette interrogation je déclare ouverte la Journée internationale
de l'éducation
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