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Cadre
d'action de Dakar
L'éducation pour tous :
tenir nos engagements collectifs |
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Texte
adopté au
Forum mondial sur l'éducation
Dakar, Sénégal, 26-28 avril 2000 |
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1.
Nous, participants au Forum mondial sur l'éducation, réunis
à Dakar (Sénégal), en avril 2000, nous engageons à assurer pour
tous les citoyens et toutes les sociétés la réalisation des
buts et objectifs de l'éducation pour tous. |
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2.
Le Cadre de Dakar est l'expression de notre détermination collective
à agir. Les gouvernements ont le devoir de veiller à ce que
les buts et objectifs de l'éducation pour tous soient réalisés
de façon durable. Il s'agit là d'une tâche qui, pour être menée
à bien avec efficacité, requiert de larges partenariats dans
les pays, soutenus par la coopération avec les institutions
et organismes régionaux et internationaux. |
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3.
Nous réaffirmons le principe énoncé dans la Déclaration mondiale
sur l'éducation pour tous (Jomtien, 1990), qui s'appuie sur
la Déclaration universelle des droits de l'homme et la Convention
sur le droit des enfants, selon lequel toute personne - enfant,
adolescent ou adulte - doit pouvoir bénéficier d'une formation
conçue pour répondre à ses besoins éducatifs fondamentaux,
au sens le plus large et le plus riche du terme, une formation
où il s'agit d'apprendre à connaître, à faire, à vivre ensemble
et à être. Une éducation qui s'attache à exploiter les talents
et le potentiel de chaque personne et à développer la personnalité
des apprenants, afin de leur permettre de mener une vie meilleure
et de transformer la société dans laquelle ils vivent.
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4. Nous nous réjouissons des engagements pris par la communauté
internationale en faveur de l'éducation de base tout au long
des années 90, lors de diverses occasions : Sommet mondial
pour les enfants (1990), Conférence sur l'environnement et
le développement (1992), Conférence internationale sur la
population et le développement (1994), Conférence mondiale
sur les droits de l'homme (1993), Conférence mondiale sur
les besoins éducatifs spéciaux : accès et qualité (1994),
Sommet mondial pour le développement social (1995), Quatrième
Conférence mondiale sur les femmes (1995), Réunion à la mi-décennie
du Forum consultatif international sur l'éducation pour tous
(1996), Conférence internationale sur l'éducation des adultes
(1997) et Conférence internationale sur le travail des enfants
(1997). Il s'agit maintenant de tenir ces engagements.
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5. Le Bilan mondial de l'éducation pour tous à l'an 2000 (EPT)
montre que des progrès importants ont été accomplis dans beaucoup
de pays. Cependant, il est inacceptable, en l'an 2000, que plus
de 113 millions d'enfants n'aient pas accès à l'enseignement
primaire, que l'on dénombre encore 880 millions d'adultes analphabètes,
que la discrimination sexuelle continue de sévir dans les systèmes
éducatifs et que la qualité de l'apprentissage et l'acquisition
de valeurs humaines et de compétences soient loin de répondre
aux aspirations et aux besoins des individus et des sociétés.
Des jeunes et des adultes n'ont pas accès aux compétences et
aux connaissances nécessaires pour trouver un emploi rémunéré
et participer pleinement à la vie de la société. A moins d'un
progrès accéléré de l'éducation pour tous, les objectifs nationaux
et internationaux fixés pour réduire la pauvreté ne seront pas
atteints et les inégalités entre les pays et au sein des sociétés
iront s'aggravant. |
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6.
L'éducation est un droit fondamental de l'être humain. Elle
est la clef du développement durable ainsi que de la paix et
de la stabilité à l'intérieur des pays et entre eux. Elle constitue
donc un moyen indispensable d'une participation effective à
l'économie et à la vie des sociétés du XXIe siècle, qui témoignent
d'une globalisation rapide. La réalisation des buts de l'éducation
pour tous ne saurait être différée plus longtemps. Il est possible
et nécessaire de répondre d'urgence aux besoins éducatifs fondamentaux
de tous. |
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7. En conséquence, nous nous engageons collectivement
à assurer la réalisation des objectifs suivants :
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(i)
développer et améliorer sous tous leurs aspects la protection
et l'éducation de la petite enfance, et notamment des enfants
les plus vulnérables et défavorisés ;
(ii)
faire en sorte que d'ici 2015 tous les enfants, notamment
les filles et les enfants en difficulté ou issus de minorités
ethniques, aient la possibilité d'accéder à un enseignement
primaire obligatoire et gratuit de qualité et de le suivre
jusqu'à son terme ;
(iii)
répondre aux besoins éducatifs de tous les jeunes en assurant
un accès équitable à des programmes adéquats ayant pour
objet l'acquisition des connaissances ainsi que des compétences
liées à la vie courante;
(iv)
améliorer de 50 % les niveaux d'alphabétisation des adultes,
et notamment des femmes, d'ici 2015, et assurer à tous les
adultes un accès équitable aux programmes d'éducation de
base et d'éducation permanente ;
(v)
éliminer les disparités entre les sexes dans l'enseignement
primaire et secondaire d'ici 2005 et instaurer l'égalité
dans ce domaine d'ici 2015 en veillant notamment à assurer
aux filles l'accès équitable et sans restriction à une éducation
de base de qualité avec les mêmes chances de réussite;
(vi)
améliorer sous tous ses aspects la qualité de l'éducation
et garantir son excellence de façon à obtenir pour tous
des résultats d'apprentissage reconnus et quantifiables
- notamment en ce qui concerne le lecture, l'écriture, le
calcul et les compétences indispensables dans la vie courante.
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8. Pour atteindre ces objectifs, nous, gouvernements, organisations,
institutions, groupes et associations représentés au Forum mondial
sur l'éducation, nous engageons à : |
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(i) susciter, aux niveaux national et international, un
puissant engagement politique en faveur de l'éducation
pour tous, définir des plans d'action nationaux et augmenter
significativement les investissements dans l'éducation
de base ;
(ii)
promouvoir des politiques d'éducation pour tous dans le
cadre d'une action sectorielle durable et bien intégrée,
clairement articulée avec les stratégies d'élimination
de la pauvreté et de développement ;
(iii)
faire en sorte que la société civile s'investisse activement
dans la formulation, la mise en œuvre et le suivi de stratégies
de développement de l'éducation ;
(iv)
mettre en place des systèmes de gestion et de gouvernance
éducatives qui soient réactifs, participatifs et évaluables;
(v)
répondre aux besoins des systèmes éducatifs subissant
le contrecoup de situations de conflit et d'instabilité
et conduire les programmes d'éducation selon des méthodes
qui soient de nature à promouvoir la paix, la compréhension
mutuelle et la tolérance et à prévenir la violence et
les conflits ;
(vi)
mettre en œuvre des stratégies intégrées pour l'égalité
des sexes dans l'éducation, qui prennent en compte la
nécessité d'une évolution des attitudes, des valeurs et
des pratiques ;
(vii)
mettre en œuvre d'urgence des activités et des programmes
d'éducation pour lutter contre la pandémie de VIH/sida
;
(viii)
créer un environnement éducatif sain et sûr, inclusif
et équitablement doté en ressources, qui favorise l'excellence
de l'apprentissage avec des niveaux d'acquisition bien
définis pour tous ;
(ix)
améliorer la condition, la motivation et le professionnalisme
des enseignants ;
(x)
mettre les nouvelles technologies de l'information et
de la communication au service de la réalisation des objectifs
de l'éducation pour tous ;
(xi)
assurer un suivi systématique des progrès accomplis du
point de vue des objectifs et des stratégies de l'EPT
aux niveaux national, régional et international;
(xii)
renforcer les mécanismes existants pour faire progresser
plus rapidement l'éducation pour tous.
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9. S'appuyant sur les données accumulées dans le cadre des évaluations
régionales et nationales de l'EPT, ainsi que sur les stratégies
sectorielles nationales déjà en place, tous les Etats seront
invités à définir des plans d'action nationaux ou à renforcer
ceux qui existent déjà avant 2002 au plus tard. Ces plans, s'insérant
dans le cadre d'un effort plus large de développement et de
lutte contre la pauvreté, devront être élaborés selon des processus
plus transparents et plus démocratiques, associant les différents
partenaires, notamment les représentants du peuple, les responsables
communautaires, les parents, les apprenants, les organisations
non gouvernementales (ONG) et la société civile. Ils s'attaqueront
notamment aux problèmes liés au sous-financement chronique de
l'éducation de base, en définissant des priorités budgétaires
qui expriment la volonté d'atteindre les buts et objectifs de
l'EPT dans les meilleurs délais et au plus tard en 2015. Ces
plans définiront également des stratégies sans équivoque pour
répondre aux problèmes spécifiques de ceux qui sont actuellement
les laissés-pour-compte de l'éducation, en privilégiant clairement
l'éducation des filles et l'égalité des sexes. Ils donneront
une forme et une réalité concrète aux objectifs et stratégies
définis dans le présent document ainsi qu'aux engagements pris
à l'occasion des conférences internationales qui se sont succédé
depuis 1990. Les activités régionales de soutien aux stratégies
nationales s'appuieront sur des organisations, des initiatives
et des réseaux régionaux et sous-régionaux renforcés. |
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10. Une volonté politique et une impulsion nationale plus affirmée
sont nécessaires pour garantir la mise en œuvre effective et
réussie des plans nationaux dans chacun des pays concernés.
Cependant la volonté politique n'est rien sans les moyens. La
communauté internationale n'ignore pas que bien des pays sont
actuellement dépourvus des moyens nécessaires pour atteindre
les objectifs de l'éducation pour tous dans des délais acceptables.
Il faut donc mobiliser de nouvelles ressources financières,
de préférence sous forme de dons et d'aides assorties de conditions
libérales, par le biais des institutions de financement bilatérales
et multilatérales, comme la Banque mondiale et les banques régionales
de développement, mais aussi du secteur privé. Nous l'affirmons
: aucun pays qui a pris un engagement sérieux en faveur de l'éducation
de base ne verra ses efforts contrariés par le manque de ressources. |
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11. La communauté internationale honorera cet engagement collectif
en lançant avec effet immédiat une initiative mondiale visant
à élaborer les stratégies et mobiliser les ressources nécessaires
pour apporter un soutien effectif aux efforts nationaux. Les
pistes à explorer dans le cadre de cette initiative sont les
suivantes : |
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(i) renforcer le financement externe de l'éducation, en
particulier de l'éducation de base ;
(ii)
améliorer la prévisibilité des flux de l'aide extérieure
;
(iii) assurer
une coordination plus efficace des donateurs;
(iv) développer
les approches sectorielles ;
(v) intensifier,
élargir et diligenter l'allégement et/ou l'annulation
de la dette pour lutter contre la pauvreté, avec des prises
de position fermes en faveur de l'éducation de base ;
(vi)
prévoir un suivi plus efficace et plus régulier des progrès
réalisés dans la poursuite des buts et objectifs de l'EPT,
sous forme notamment d'évaluations périodiques.
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12. De nombreux pays ont déjà apporté la preuve de ce que peuvent
obtenir des stratégies nationales résolues et s'appuyant sur
une coopération efficace en faveur du développement. Les progrès
réalisés dans le cadre de ces stratégies peuvent et doivent
être accélérés par l'intensification de l'aide internationale.
En même temps, les pays aux stratégies moins affirmées - comme
les pays en transition, les pays en proie à des conflits ou
ceux qui sortent d'une crise - doivent recevoir tout l'appui
nécessaire pour progresser plus rapidement vers les objectifs
de l'éducation pour tous. |
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13. Nous renforcerons les mécanismes régionaux et internationaux
permettant de rendre compte de l'action menée afin de donner
une claire expression à ces engagements et d'inscrire le Cadre
d'action de Dakar parmi les préoccupations de toutes les organisations
régionales et internationales, de tout corps législatif national
et de toute instance de décision locale. |
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14. Le Bilan mondial de l'éducation pour tous à l'an 2000 montre
que c'est en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et dans les
pays les moins avancés que la situation est la plus préoccupante.
En conséquence, même si l'aide internationale ne doit faire
défaut à aucun pays qui en a besoin, la priorité doit être accordée
à ces régions et pays. Les pays en conflit ou en cours de reconstruction
doivent également bénéficier d'une attention spéciale afin de
pouvoir bâtir des systèmes éducatifs qui répondent aux besoins
de tous les apprenants. |
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15. La mise en œuvre des objectifs et stratégies susmentionnés
nécessitera une dynamisation immédiate des mécanismes nationaux,
régionaux et internationaux. Dans un souci d'efficacité maximale,
ces mécanismes seront participatifs et, dans la mesure du possible,
s'appuieront sur ce qui existe déjà. Ils incluront des représentants
de toutes les parties prenantes et tous les partenaires et fonctionneront
selon des modalités transparentes et susceptibles d'évaluation.
Ils apporteront une réponse conforme en tous points, dans l'esprit
et la lettre, à la Déclaration de Jomtien et au Cadre d'action
de Dakar. Ils assumeront, à des degrés divers, des fonctions
notamment de sensibilisation, de mobilisation de ressources,
de suivi et de création et de partage des connaissances concernant
l'EPT. |
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16. Le centre de l'activité de l'EPT se situe au niveau national.
Des forums nationaux sur l'EPT seront renforcés ou établis pour
appuyer la réalisation des objectifs. Tous les ministères concernés
et les organisations de la société civile seront systématiquement
représentés dans ces forums qui devront être transparents et
démocratiques et offrir un cadre de mise en oeuvre à l'échelon
infra-national. Les pays établiront des plans nationaux d'ensemble
pour l'EPT d'ici 2002 au plus tard. Les pays confrontés à des
problèmes particuliers, et notamment à des crises complexes
ou à des catastrophes naturelles, bénéficieront d'un soutien
technique spécial de la part de la communauté internationale.
Chaque plan national d'EPT : |
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(i) sera défini par les responsables nationaux en consultation
directe et systématique avec la société civile du pays;
ii) canalisera
le soutien coordonné de tous les partenaires du développement;
(iii)
définira les réformes correspondant aux six objectifs
de l'EPT;
(iv) établira
un cadre financer pour le long terme;
(v)
sera axé sur l'action et s'inscrira dans un calendrier
précis;
(vi) comprendra
des indicateurs de résultats à mi-parcours;
(vii)
réalisera une synergie de tous les efforts de développement
humain en étant intégré dans le cadre et le processus
de planification nationale du développement.
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17. Partout où ces processus sont engagés dans le cadre d'un
plan crédible, les partenaires de la communauté internationale
s'engagent à œuvrer de manière conséquente, coordonnée et cohérente.
Chaque partenaire apportera sa contribution en fonction de ses
avantages comparatifs à l'appui des plans nationaux d'EPT pour
combler le déficit des ressources. |
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18. Les activités régionales de soutien aux efforts nationaux
s'appuieront sur les organisations, réseaux et initiatives déjà
en place aux niveaux régional et sous-régional, en les renforçant
au besoin. Les régions et sous-régions décideront d'un réseau
d'encadrement EPT appelé à devenir le Forum régional ou sous-régional
doté d'un mandat explicite dans ce domaine. La participation
systématique de toutes les organisations compétentes représentant
la société civile ou à caractère régional et sous-régional est
indispensable, de même que la synchronisation de leurs efforts.
Les forums régionaux et sous-régionaux sur l'EPT seront rattachés
par des liens organiques aux forums nationaux et responsables
devant eux. Leurs fonctions seront les suivantes : assurer la
coordination avec l'ensemble des réseaux concernés ; définir
les objectifs régionaux et sous-régionaux et suivre leur mise
en œuvre ; mener une action de sensibilisation ; favoriser la
concertation sur l'action à mener ; promouvoir les partenariats
et la coopération technique ; partager les meilleures pratiques
et les enseignements tirés ; assurer le suivi des activités
et en rendre compte ; enfin, promouvoir la mobilisation des
ressources. Un soutien régional et international est prévu pour
renforcer les forums régionaux et sous-régionaux et les capacités
utiles en matière d'EPT, notamment en Afrique et en Asie du
Sud. |
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19. L'UNESCO continuera d'assumer le rôle qui lui a été confié
d'assurer la coordination entre les partenaires de l'EPT et
de maintenir la dynamique de leur coopération. Dans ce cadre,
le Directeur général de l'UNESCO réunira tous les ans un groupe
de haut niveau à la fois restreint et souple. Ce groupe contribuera
à renforcer la volonté politique et la mobilisation des moyens
techniques et financiers. Grâce aux informations du rapport
de suivi émanant de l'Institut international de planification
de l'éducation de l'UNESCO (IIPE), du Bureau international d'éducation
de l'UNESCO (BIE), de l'Institut de l'UNESCO pour l'éducation
(IUE) et en particulier de l'Institut de statistique de l'UNESCO,
et aux données fournies par les forums régionaux et sous-régionaux
sur l'EPT, il permettra également de veiller à ce que la communauté
mondiale rende compte des engagements de Dakar. Il sera composé
de décideurs représentant au plus haut niveau les gouvernements
et la société civile des pays développés et en développement
ainsi que les organismes de développement. |
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20. L'UNESCO fera office de secrétariat. Elle réaxera son programme
d'éducation de manière à placer les résultats et les priorités
de Dakar au coeur de son activité, ce qui implique la création
de groupes de travail sur les six objectifs adoptés à Dakar.
Ce secrétariat collaborera étroitement avec les autres organisations
et pourra accueillir du personnel détaché par elles.. |
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21. La réalisation des objectifs de l'éducation pour tous nécessitera
un soutien financier supplémentaire des pays et une intensification
des efforts d'aide au développement et d'allégement de la dette
en faveur de l'éducation de la part des donateurs bilatéraux
et multilatéraux de manière à dégager un montant de l'ordre
de huit milliards de dollars par an. Il est donc indispensable
que de nouveaux engagements concrets soient pris au niveau financier
tant par les gouvernements nationaux que par les donateurs bilatéraux
et multilatéraux, y compris la Banque mondiale, ainsi que par
les banques régionales de développement, la société civile et
les fondations. |
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28
avril 200
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(Dakar
(Sénégal)
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= = = = = = = = = = = = = =
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Education
pour tous : Tenir nos engagements collectifs
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Commentaire
élargi sur le Cadre d'action de Dakar
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| Le présent
document fournit des précisions sur chaque objectif et chaque
élément de stratégie du projet de Cadre d'action en tenant compte
des nombreuses suggestions formulées avant et pendant le Forum
mondial sur l'éducation, et plus particulièrement lors des 24
réunions-débats sur la stratégie. |
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établi
par
le Comité de rédaction du Forum mondial sur l'éducation
Paris, le 23 mai 2000
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I.
INTRODUCTION
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1. Le Cadre d'action de Dakar réaffirme la vision exprimée voici
une décennie à Jomtien dans la Déclaration mondiale sur l'éducation
pour tous. Il exprime la détermination collective de la communauté
internationale à poursuivre une stratégie ambitieuse afin de
répondre en l'espace d'une génération aux besoins éducatifs
fondamentaux de chaque individu, enfant, jeune ou adulte et
de préserver cet acquis par la suite. |
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2. Le Forum mondial sur l'éducation de Dakar a permis de faire
le point des réussites et des échecs et de tirer les enseignements
de la décennie écoulée. Le Bilan de l'EPT à l'an 2000 constitue
un effort sans précédent pour dresser un tableau mondial de
l'éducation de base. Il présente les bilans nationaux des progrès
réalisés depuis Jomtien dans 183 pays, les problèmes rencontrés
et les recommandations pour l'avenir. Des rapports de synthèse
résument les principales conclusions de ces bilans par région.
En outre, 14 études thématiques spéciales ont été réalisées,
des enquêtes sur la qualité des acquis de l'apprentissage ont
été menées dans plus de 30 pays et un vaste ensemble d'études
de cas sur l'implication des ONG dans l'effort d'éducation a
été rassemblé et une synthèse en a été établie |
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3. Le Bilan EPT 2000 contient une mine d'informations et d'analyses.
Cinq conférences régionales sur l'EPT (Afrique subsaharienne
: Johannesburg ; Asie et Pacifique : Bangkok ; Etats arabes
et Afrique du Nord : le Caire ; Amérique et Caraïbes : Saint-Domingue
; Europe et Amérique du Nord : Varsovie) et une conférence des
neuf pays à forte population (E9), réunis à Recife, ont examiné
les conclusions du Bilan EPT 2000 et les ont traduites en programmes
d'action régionaux qui font partie intégrante de ce document
et sous-tendent le Cadre d'action de Dakar. |
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4. La vision de Jomtien demeure pertinente et audacieuse. Elle
fournit une vue large et complète de l'éducation et du rôle
décisif qu'elle joue dans l'autonomisation des individus et
la transformation des sociétés. Ses lignes de force sont l'accès
universel à l'éducation, l'accent mis sur l'équité, l'intérêt
porté aux résultats de l'apprentissage, l'élargissement des
moyens et de la portée de l'éducation de base, la valorisation
de l'environnement dans lequel se déroule l'apprentissage et
le renforcement des partenariats. Malheureusement, cette vision
est loin de correspondre à la réalité : des millions de personnes
sont toujours privées du droit à l'éducation ainsi que des possibilités
que cela leur ouvrirait de mener une existence moins précaire,
plus saine, plus productive et plus gratifiante. Cet échec a
des causes multiples : manque de volonté politique, insuffisance
et mauvaise utilisation des ressources, fardeau de la dette,
attention insuffisante aux besoins d'apprentissage des pauvres
et des exclus, indifférence à la qualité de l'apprentissage
et absence de volonté de surmonter les inégalités entre les
sexes. Il est certain que la réalisation de l'objectif d'éducation
pour tous se heurte à des obstacles considérables, mais ceux-ci
peuvent et doivent être surmontés. |
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5. Le Bilan EPT 2000 montre que des progrès ont été réalisés,
ce qui prouve que l'EPT est un objectif réaliste et accessible.
Mais force est de reconnaître que les progrès sont inégaux et
beaucoup trop lents. Au seuil du nouveau millénaire, le constat
est le suivant : |
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(i)
sur plus de 800 millions d'enfants âgés de moins de six
ans, moins d'un tiers bénéficient d'une forme quelconque
d'éducation préscolaire ;
(ii) quelque 113 millions d'enfants, dont 60 % de filles,
n'ont pas accès à l'enseignement primaire ;
(iii)
au moins 880 millions d'adultes, dont une majorité de
femmes, sont analphabètes.
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6. Ces chiffres sont une insulte à la dignité humaine et un
déni du droit à l'éducation. Ils constituent des obstacles majeurs
sur la voie de l'élimination de la pauvreté et de la réalisation
d'un développement durable. |
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7. Le Cadre de Dakar définit six objectifs essentiels de l'EPT
et propose douze grandes stratégies. Ces stratégies tiennent
compte de l'expérience de la décennie passée et de l'évolution
du contexte mondial. Elles intègrent en outre les objectifs
internationaux de développement concernant l'éducation auxquels
les gouvernements nationaux et la communauté internationale
ont déjà donné leur adhésion. |
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8. Dès la petite enfance et tout au long de leur vie, les apprenants
du XXIe siècle auront besoin d'avoir accès à des services éducatifs
de grande qualité qui soient adaptés à leurs besoins, équitables
et soucieux de parité entre les sexes. Ces services ne doivent
être source ni d'exclusion ni de discrimination. Etant donné
que le rythme, le style, la langue, les circonstances de l'apprentissage
ne seront jamais les mêmes pour tous, il doit y avoir place
pour diverses approches plus ou moins formelles, pourvu qu'elles
assurent à tous un apprentissage valable et confèrent un statut
équivalent. |
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9. Le droit à l'éducation signifie que l'Etat a le devoir d'assurer
à tous les citoyens les moyens de satisfaire leurs besoins éducatifs
fondamentaux. L'éducation de base doit être à la fois gratuite,
obligatoire et de bonne qualité. Les systèmes éducatifs de demain,
quelle que soit leur diversité, devront être transparents et
rendre compte de la façon dont ils sont dirigés, gérés et financés.
Le rôle indispensable de l'Etat en matière d'éducation doit
être complété et étayé par des partenariats larges et audacieux
à tous les niveaux de la société. L'éducation pour tous suppose
un engagement actif de toutes les parties prenantes. |
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II.
REALISATIONS ET DEFIS
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| Réalisations
et leçons tirées |
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10. Le Bilan EPT 2000 entrepris aux niveaux national, régional
et mondial montre que des progrès ont été accomplis ces dix
dernières années dans le sens de la réalisation des principes
énoncés dans la Déclaration de Jomtien. |
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11. Dans le monde, les effectifs de l'enseignement primaire
ont augmenté d'environ 82 millions depuis 1990, et le nombre
de filles scolarisées en 1998 est supérieur de 44 millions à
celui de 1990 - chiffres qui, plus que tous autres, sont révélateurs
des efforts sérieux entrepris par de nombreux pays pour progresser
souvent en dépit de graves difficultés économiques et d'un accroissement
démographique qui ne fléchit pas. A la fin des années 90, les
pays en développement avaient dans l'ensemble atteint des taux
nets de scolarisation supérieurs à 80 %. Les taux de redoublement
et d'abandon avaient diminué. Dans les écoles primaires, l'égalité
entre les sexes a eu tendance à s'améliorer dans de nombreuses
régions, à l'exception notable de l'Afrique subsaharienne. Les
programmes de protection et d'éducation de la petite enfance
ont enregistré une croissance modeste, surtout marquée dans
les zones urbaines. Presque tous les pays du monde ont ratifié
la Convention relative aux droits de l'enfant et de ce fait
accepté l'obligation de garantir à chaque enfant le droit à
une éducation de base. L'éducation non formelle et la formation
qualifiante se sont progressivement développées. Et même si
les taux d'analphabétisme demeurent inacceptables, il est indéniable
que des progrès ont été réalisés. Le taux général d'alphabétisation
des adultes est passé à 85 % chez les hommes et à 74 % chez
les femmes. Le relèvement du niveau d'instruction a permis aux
intéressés de faire des choix éclairés quant à la taille de
la famille, ce qui n'est pas sans effet sur les taux de croissance
démographique, facteur très important à la fois pour l'éducation
et le développement. |
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12. Ces résultats quantitatifs ne disent rien de la situation
de millions de personnes qui demeurent exclues de l'éducation
ou de la jeunesse aliénée qui peine à trouver sa place et à
rester attachée à ses valeurs dans des sociétés en mutation.
On n'a que peu d'information également sur la nature et la qualité
de l'enseignement et de l'apprentissage ainsi que des résultats
de l'éducation à tous les niveaux des systèmes éducatifs. |
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13. Il existe une forte corrélation entre, d'une part, la faiblesse
des taux de scolarisation et de rétention et la médiocrité des
résultats scolaires et, d'autre part, la progression de la pauvreté.
L'expérience acquise au cours des dix années qui ont suivi Jomtien
a cependant prouvé que l'éducation pour tous pouvait progresser
sensiblement là où il y avait une ferme volonté politique, appuyée
par de nouveaux partenariats avec la société civile et un soutien
plus stratégique de la part des organismes de financement. Il
est également clair que, si l'on veut que les garçons et les
filles tirent un profit égal de l'éducation, il ne faut rien
moins qu'intégrer les préoccupations d'égalité entre les sexes
dans la conception et la mise en oeuvre des stratégies et politiques
sectorielles. D'où l'intérêt de collecter et d'analyser soigneusement
des données fiables ventilées par sexe aux niveaux national
et sous-national. |
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14. Les nombreux facteurs qui influent sur la demande d'éducation
sont maintenant mieux compris, de même que les causes multiples
qui tiennent les enfants, les jeunes et les adultes à l'écart
des possibilités d'apprentissage. On s'est beaucoup intéressé
aux diverses mesures nécessaires pour accroître les taux d'inscription
et de rétention des filles dans les établissements scolaires.
Désormais, on comprend mieux ce qui fait l'efficacité des enseignants
et autres éducateurs, le rôle essentiel de matériels didactiques
appropriés, la nécessité d'allier selon le contexte les technologies
"anciennes" et "nouvelles", l'importance des langues locales
pour la première alphabétisation, et l'influence décisive de
la communauté sur la vie des écoles et sur les autres programmes
d'éducation. La contribution de la protection et de l'éducation
de la petite enfance à la réussite scolaire ultérieure et la
nécessité d'établir des liens forts entre les différents sous-secteurs
de l'éducation et entre éducation de base, santé, nutrition,
approvisionnement en eau salubre et environnement naturel ont
davantage retenu l'attention et sont mieux comprises. |
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| Défis
et chances à saisir |
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15. Les avancées sensibles mais modestes de ces dix dernières
années incitent cependant à la prudence. De nombreux pays éprouvent
encore des difficultés à définir le sens, l'objet et le contenu
de l'éducation de base dans le contexte d'un monde en évolution
rapide ainsi qu'à mesurer les résultats et acquis de l'apprentissage.
Nombre d'aspects qualitatifs et informels de l'éducation n'ont
toujours pas été clairement évalués. En raison de la très grande
diversité des contextes, il est difficile de mesurer et de comparer
les résultats et acquisitions. En outre, l'aggravation des disparités
éducatives entre les pays et au sein de chacun ne laisse pas
d'être très préoccupante. |
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16. Nombre de gouvernements et d'organismes ont concentré leurs
efforts sur ceux qu'il était facile d'atteindre et ont négligé
ceux qui étaient exclus de l'éducation de base pour des raisons
sociales, économiques ou géographiques. Ce qui est clair, c'est
que le développement de l'accès à l'éducation ne doit pas se
faire aux dépens de la qualité, et l'amélioration de celle-ci
ne doit pas profiter aux riches aux dépens des pauvres, comme
ce fut le cas pour la protection et l'éducation de la petite
enfance. |
| |
17. L'éducation des filles demeure un défi majeur : malgré l'attention
internationale portée à ce problème, 60 % des enfants qui n'ont
pas accès à l'enseignement primaire sont des filles. |
| |
18. L'Asie du Sud et l'Afrique subsaharienne, où les progrès
ont été les plus difficiles à réaliser, se heurtent de toute
évidence à des difficultés bien plus grandes que les moyennes
mondiales ne le laissent deviner et il faudra leur accorder
une attention particulière si l'on veut que les objectifs de
l'éducation pour tous soient atteints dans chaque pays. En Amérique
et dans les Caraïbes, de profondes disparités entre régions
et entre catégories sociales dues aux inégalités de revenus
continuent d'entraver le progrès vers l'Education pour tous
et il convient de leur accorder l'attention voulue. |
| |
19. Il reste, et la tâche n'est pas aisée, à faire en sorte
que l'idée générale d'Education pour tous en tant que concept
intégrateur soit traduite dans les politiques des gouvernements
nationaux et organismes de financement. L'Education pour tous
doit englober non seulement l'enseignement scolaire formel mais
aussi l'éducation de la petite enfance et les programmes d'alphabétisation
et d'acquisition des savoir-faire utiles dans la vie courante.
En faisant appel à des approches aussi bien formelles que non
formelles, elle doit prendre en compte les besoins des pauvres
et des plus défavorisés, notamment des enfants qui travaillent,
des populations rurales et nomades isolées, des minorités ethniques
et linguistiques, des enfants, jeunes et adultes victimes de
conflits, souffrant du VIH/sida, de la faim, d'un mauvais état
de santé ; et de ceux qui ont des besoins éducatifs spéciaux.
Il est encourageant de constater que de nombreux gouvernements,
organismes de financement et organisations de la société civile
sont de plus en plus acquis à cette conception large et intégratrice
de l'éducation. |
| |
20. Mettre à la disposition de l'EPT des moyens adéquats, équitables
et durables, telle est la tâche primordiale. Nombre de gouvernements
ne donnent pas à l'éducation une priorité suffisante dans leurs
budgets nationaux. Trop souvent, les ressources de l'éducation
ne sont pas employées de manière utile et efficace et il n'est
pas rare que les groupes les mieux lotis soient subventionnés
aux dépens des pauvres. Par ailleurs, les programmes de stabilisation
ne parviennent pas toujours à protéger les budgets de l'éducation,
de sorte que les frais demeurent très dissuasifs pour les enfants
pauvres qui sont scolarisés, ainsi que pour les jeunes et adultes
qui ont besoin de services d'éducation non formelle. Dans certains
pays, les frais mis à la charge des parents pauvres ont eu un
effet catastrophique sur la scolarisation et la rétention. L'éducation
ne doit ni exclure ni faire de discrimination. Il appartient
à tout gouvernement d'offrir une éducation de base gratuite
et de qualité pour qu'aucun enfant ne soit empêché d'y accéder
par manque d'argent. |
| |
21. Les gouvernements doivent étudier plus activement des moyens
nouveaux et novateurs d'accroître les ressources affectées à
l'éducation pour tous et élaborer des stratégies bien définies
pour en atteindre les buts, qu'ils doivent faire réellement
et durablement leurs. Les efforts d'allégement de la dette des
pays les plus pauvres demeurent insuffisants : on concède trop
peu, trop tard, à un nombre trop restreint de pays. Les programmes
de réduction de la dette doivent donner aux gouvernements la
possibilité d'accorder la priorité à l'éducation dans le cadre
d'ensemble des efforts de lutte contre la pauvreté. |
| |
22. Si la proportion de l'aide internationale allouée à l'éducation
de base a augmenté dans les années 90, le total de l'aide au
développement a dans l'ensemble baissé. Il faut encourager la
première tendance et inverser la seconde. Il serait fortement
indiqué que la communauté internationale montre, par la coopération
et dans la transparence, qu'elle peut soutenir efficacement
les stratégies sectorielles nationales bien définies et aider
à débloquer les ressources supplémentaires importantes que de
nombreux organismes de financement sont prêts à apporter. |
| |
23. Les nouvelles modalités de travail qui se font jour dans
le contexte d'ensemble du développement offrent aussi des possibilités
pour atteindre les objectifs de l'éducation pour tous. Le renforcement
de la coopération entre organismes nationaux et internationaux
au niveau national, par le biais de structures et de mécanismes
comme les Cadres de développement intégré, les stratégies de
lutte contre la pauvreté et le Plan-cadre des Nations Unies
pour l'aide au développement, offre des possibilités de partenariats
pour la mobilisation de ressources en faveur de l'éducation
de base. |
| |
24. Les chances de voir s'instaurer un développement réellement
participatif seront d'autant plus grandes que l'on proclamera
haut et fort que l'éducation est un droit fondamental et que
la démocratie représentative se sera enracinée. L'importance
croissante des évaluations de la pauvreté et des enquêtes sur
les ménages entreprises en participation traduit aussi une tendance
positive à mettre en place des programmes et systèmes éducatifs
qui répondent vraiment à des besoins et priorités bien définis. |
| |
25. Si l'insuffisance des capacités institutionnelles et la
faiblesse des processus politiques empêchent encore nombre de
gouvernements de satisfaire aux priorités de leurs citoyens,
la diffusion des principes démocratiques dans le monde entier,
la contribution croissante de la société civile aux processus
démocratiques, la lutte contre la corruption et le processus
de décentralisation en cours dans de nombreux pays, sont autant
de facteurs qui peuvent beaucoup contribuer à asseoir solidement
les fondements d'une éducation pour tous effective, équitable
et durable. |
| |
26. La mondialisation est à la fois une chance et un défi. C'est
un processus qu'il faut façonner et gérer de façon à garantir
l'équité et la durabilité. Elle crée des richesses nouvelles
et accroît l'interconnexion et l'interdépendance des économies
et des sociétés. Induite par la révolution des technologies
de l'information et la mobilité accrue du capital, elle peut
contribuer à réduire la pauvreté et l'inégalité dans le monde
et mettre les nouvelles technologies au service de l'éducation
de base. Cependant, la mondialisation comporte le risque de
voir émerger un marché du savoir qui exclue les pauvres et les
défavorisés. Privés d'accès à l'éducation de base dans une économie
mondiale de plus en plus articulée autour du savoir, les pays
et les ménages sont confrontés à la perspective d'une marginalisation
croissante au milieu d'une économie internationale de plus en
plus prospère. |
| |
27. La menace que le VIH/sida fait peser sur la réalisation
des objectifs de l'EPT et, au-delà, sur le développement en
général, notamment en Afrique subsaharienne, constitue un défi
considérable. Les conséquences effroyables du VIH/sida sur la
demande, l'offre et la qualité de l'éducation exigent que ce
problème soit immédiatement pris en compte, et de façon expresse,
dans l'élaboration et la planification des politiques nationales.
Les programmes de lutte contre la propagation du virus doivent
tirer parti au maximum des possibilités offertes par l'éducation
de faire passer le message de la prévention et changer les attitudes
et comportements. |
| |
28. L'augmentation notable des tensions, conflits et guerres,
tant à l'intérieur des pays qu'entre nations et peuples, est
particulièrement préoccupante. L'éducation a un rôle essentiel
à jouer dans la prévention des conflits à l'avenir, et dans
l'édification d'une paix et d'une stabilité durables. |
| |
|
III.
BUTS
|
| |
| "Les
besoins éducatifs fondamentaux ... concernent aussi bien les
outils d'apprentissage essentiels ... que les contenus éducatifs
fondamentaux ... dont l'être humain a besoin pour survivre,
pour développer toutes ses facultés, pour vivre et travailler
dans la dignité, pour participer pleinement au développement,
pour améliorer la qualité de son existence, pour prendre des
décisions éclairées, et pour continuer à apprendre." (Déclaration
mondiale sur l'éducation pour tous, article 1, paragraphe 1). |
| |
29. Les buts et stratégies exposés ci-après constituent un Cadre
d'action conçu pour permettre à tous d'exercer leur droit d'apprendre
et d'exercer leur responsabilité en contribuant au développement
de leur société. Ces orientations globales s'inspirent des objectifs
proposés par les conférences régionales sur l'EPT et des objectifs
internationaux de développement auxquels les pays ont déjà donné
leur adhésion. Il reviendra à chaque pays, par un processus
de consultation entre tous les partenaires de l'éducation et
avec l'aide de l'ensemble de la communauté internationale et
l'appui des mécanismes de suivi de l'EPT, de définir ses propres
objectifs et ses échéances à plus ou moins long terme dans le
cadre des plans nationaux d'éducation existants ou à créer. |
| |
| 1.
Développer et améliorer sous tous leurs aspects la protection
et l'éducation de la petite enfance, et notamment des enfants
les plus vulnérables et défavorisés |
| |
30. Tous les jeunes enfants ont besoin d'un environnement rassurant
et protecteur pour être en bonne santé, éveillés, épanouis et
capables d'apprendre. L'expérience de la décennie écoulée confirme
qu'une prise en charge et une éducation satisfaisantes de la
petite enfance, tant au sein de la famille que dans le cadre
de programmes plus structurés, ont un impact positif sur la
survie, la croissance, le développement et les capacités d'apprentissage
des enfants. Ces programmes doivent être globaux, mettre l'accent
sur l'ensemble des besoins de l'enfant et prendre en compte
la santé, la nutrition et l'hygiène ainsi que le développement
cognitif et psychosocial. Ils doivent être dispensés dans la
langue maternelle de l'enfant et aider à préciser et enrichir
les soins et l'éducation à fournir aux enfants qui ont des besoins
spéciaux. Des partenariats entre pouvoirs publics, ONG, communautés
et familles peuvent contribuer à améliorer la protection et
l'éducation, en particulier des enfants les plus désavantagés,
par le biais d'activités centrées sur l'enfant dans un cadre
familial et communautaire et soutenues par des politiques nationales
multisectorielles et des ressources adéquates. |
| |
31. Les pouvoirs publics, par le biais des ministères compétents,
ont pour responsabilité première de formuler des politiques
de protection et d'éducation de la petite enfance dans le contexte
des plans nationaux d'EPT, en mobilisant un soutien politique
et populaire et en promouvant des programmes souples qui soient
adaptés aux jeunes enfants au lieu d'être de simples modèles
réduits des systèmes scolaires formels. L'éducation des parents
et des autres partenaires en vue de favoriser une meilleure
prise en charge de l'enfant en s'appuyant sur les pratiques
traditionnelles et le recours systématique aux tests de suivi
de la petite enfance sont des aspects essentiels à cet égard. |
| |
| 2. Faire
en sorte que d'ici à 2015 tous les enfants, en particulier les
filles, les enfants en difficulté et ceux qui appartiennent
à des minorités ethniques, aient la possibilité d'accéder à
un enseignement primaire obligatoire et gratuit de qualité et
de le suivre jusqu'à son terme |
| |
32. Tous les enfants doivent pouvoir exercer leur droit à une
"éducation de base" - quel que soit le niveau qu'on lui assigne
- de qualité, que ce soit en milieu scolaire ou dans le cadre
de programmes alternatifs. Tous les Etats doivent s'acquitter
de leur obligation d'offrir un enseignement primaire gratuit
et obligatoire conformément à la Convention relative aux droits
de l'enfant et autres engagements internationaux. L'accord international
faisant de 2015 la date butoir pour réaliser l'objectif de l'enseignement
primaire universel dans tous les pays exigera une détermination
et une volonté politique à tous les niveaux de gouvernement.
Pour les millions d'enfants qui vivent dans la pauvreté, et
qui souffrent de handicaps multiples, cela suppose aussi un
engagement sans équivoque à supprimer les droits de scolarité
et autres frais et à ne rien négliger pour réduire ou éliminer
les coûts indirects que représentent fournitures, uniformes,
repas scolaires et transport. Il faut recourir à des mesures
incitatives, des interventions et des politiques sociales plus
larges pour alléger les coûts d'opportunité indirects qu'entraîne
la scolarisation. Aucun enfant ne doit être privé de la possibilité
de recevoir jusqu'à son terme un enseignement primaire de qualité
sous prétexte que sa famille n'en a pas les moyens. Le travail
des enfants ne doit pas faire obstacle à l'éducation. L'accueil
des enfants qui ont des besoins spéciaux, issus de minorités
ethniques défavorisées, de populations migrantes, de communautés
éloignées et isolées ou qui viennent de taudis urbains et d'autres
enfants exclus de l'éducation doit faire partie intégrante des
stratégies pour atteindre l'objectif de l'enseignement primaire
universel en 2015. |
| |
33. Si la volonté d'assurer la scolarisation de tous est indispensable,
il est également important d'améliorer et de préserver la qualité
de l'éducation de base pour garantir l'efficacité de l'apprentissage
en termes de résultats. Afin d'attirer et de retenir les enfants
des groupes marginalisés ou exclus, les systèmes d'éducation
doivent pouvoir réagir de façon souple - en proposant des contenus
adaptés sous une forme accessible et attrayante. Les systèmes
éducatifs doivent être intégrateurs, aller à la rencontre des
enfants non scolarisés et apporter une réponse souple aux situations
et besoins de tous les apprenants. Le Bilan de l'EPT à l'horizon
2000 suggère un large éventail de propositions pour permettre
aux écoles de mieux répondre aux besoins des élèves : programmes
d'action positive en faveur des filles, pour tenter de supprimer
les obstacles à leur scolarisation, enseignement bilingue pour
les enfants des minorités ethniques, et tout un ensemble de
méthodes diverses et ingénieuses pour s'adresser aux enfants
non scolarisés et les faire participer activement. |
| |
| 3. Répondre
aux besoins éducatifs de tous les jeunes et de tous les adultes
en assurant un accès équitable à des programmes adéquats ayant
pour objet l'acquisition de connaissances ainsi que de compétences
nécessaires dans la vie courante |
| |
34. Tous les jeunes et adultes doivent avoir la possibilité
d'acquérir les savoirs et les valeurs, attitudes et compétences
techniques qui leur permettront de développer leurs capacités
de travailler, de participer pleinement à la vie sociale, de
maîtriser leur propre destin et de continuer à apprendre. Aucune
nation ne saurait avoir une économie moderne et ouverte si une
partie de sa main-d'oeuvre n'a pas achevé d'études secondaires.
Dans la plupart des pays, il faut pour cela développer le système
secondaire. |
| |
35. Les jeunes, en particulier les adolescentes, sont exposés
à des risques et à des menaces qui limitent les possibilités
d'apprendre et constituent une difficulté majeure pour les systèmes
éducatifs : exploitation du travail des enfants, pénurie d'emplois,
conflits et violence, usage de drogues, grossesses pendant la
scolarité et pandémie du sida. Il faut offrir aux jeunes des
programmes conviviaux qui fournissent les informations, les
compétences pratiques, l'aide et les services nécessaires pour
les protéger contre ces risques. |
| |
36. Il faut donner à tous les jeunes la possibilité d'une éducation
continue. Pour ceux qui abandonnent l'école ou achèvent leur
scolarité sans avoir acquis les bases de lecture, d'écriture
et de calcul ni les compétences indispensables dans la vie courante,
il faut qu'il existe toute une gamme de programmes qui leur
permettent de compléter leur apprentissage. Les possibilités
offertes doivent être à la fois réelles et adaptées à leur environnement
et à leurs besoins, pour les aider à maîtriser leur destin et
acquérir des compétences utiles dans la vie active. |
| |
| 4. Améliorer
de 50 % les niveaux d'alphabétisation des adultes, et notamment
des femmes, d'ici à 2015, et assurer à tous les adultes un accès
équitable aux programmes d'éducation de base et d'éducation
permanente
|
| |
37. Tous les adultes ont droit à une éducation de base (à commencer
par l'alphabétisation) pour pouvoir fonctionner au sein de l'univers
où ils vivent et le transformer. Il reste encore dans le monde
quelque 880 millions de personnes qui ne savent ni lire ni écrire
; les deux tiers sont des femmes. La fragilité des rudiments
acquis par les nouveaux alphabétisés apporte une ombre de plus
au tableau. Pourtant, l'éducation des adultes reste souvent
marginale dans les systèmes et budgets de l'éducation nationale. |
| |
38. L'éducation des adultes et la formation continue doivent
être considérablement développées et diversifiées, et faire
partie intégrante du système national d'éducation et des stratégies
de réduction de la pauvreté. Il faut reconnaître davantage la
part essentielle qui revient à l'alphabétisation dans l'éducation
tout au long de la vie, la durabilité des moyens d'existence,
la santé, la citoyenneté active et l'amélioration de la qualité
de vie des individus, communautés et sociétés. L'alphabétisation
et la formation continue sont essentielles pour l'autonomie
des femmes et l'égalité entre les sexes. On s'efforcera de resserrer
les liens entre les approches formelles, non formelles et informelles
de l'éducation pour tenir compte de la diversité des besoins
et des situations des adultes. |
| |
39. Des ressources adéquates, des campagnes d'alphabétisation
bien ciblées, des enseignants mieux formés et une utilisation
novatrice des technologies sont des conditions indispensables
pour promouvoir ces activités. La valorisation des méthodes
d'apprentissage concrètes et participatives élaborées par les
ONG, qui associent alphabétisation, responsabilisation et développement
local, est particulièrement importante. Au cours de la décennie
à venir, le succès des campagnes d'éducation des adultes passera
essentiellement par une réduction substantielle des inégalités
entre les hommes et les femmes et entre les ruraux et les citadins
en termes de taux d'alphabétisation. |
| |
| 5. Eliminer
les disparités entre les sexes dans l'enseignement primaire
et secondaire d'ici à 2005 et instaurer l'égalité dans ce domaine
en 2015 en veillant notamment à assurer aux filles un accès
équitable et sans restriction à une éducation de base de qualité
avec les mêmes chances de réussite |
| |
40. La discrimination entre les sexes demeure l'un des obstacles
les plus insurmontables à l'exercice du droit à l'éducation.
Les objectifs de l'EPT ne pourront être atteints que si cet
obstacle est vaincu. Les filles constituent la majorité des
enfants et jeunes non scolarisés, même si dans un nombre croissant
de pays les garçons sont désavantagés. Bien que l'éducation
des filles et des femmes ait des retombées positives considérables
qui se transmettent de génération en génération et qu'elle soit
un facteur déterminant de développement social et d'autonomisation
des femmes, ce sont des progrès limités qui ont été enregistrés
en ce qui concerne la participation des filles à l'éducation
de base. |
| |
41. Un consensus international a déjà été atteint sur la nécessité
d'éliminer les disparités entre les sexes dans l'enseignement
primaire et secondaire d'ici à 2005. Il faut pour cela que le
souci d'équité entre les sexes imprègne l'ensemble du système
éducatif, avec l'appui de ressources adéquates et d'une volonté
politique ferme. Il ne suffit pas de garantir l'accès des filles
à l'éducation ; les environnements scolaires dangereux et les
préjugés qui interviennent dans le comportement et la formation
des enseignants, dans les processus d'apprentissage et d'enseignement,
ainsi que dans les programmes et les manuels scolaires entraînent
souvent des taux de réussite et d'achèvement des études plus
bas chez les filles. Par la mise en place de cadres d'apprentissage
sans danger et sensibles aux différences entre les sexes, on
devrait pouvoir ôter un obstacle important à la participation
des filles à l'éducation. Pour promouvoir l'éducation des filles,
il est important aussi d'améliorer l'alphabétisation des femmes.
Il faut donc déployer des efforts systématiques à tous les niveaux
et dans tous les domaines pour éliminer toute discrimination
sexuelle et promouvoir le respect mutuel entre les représentants
des deux sexes. Cela suppose transformer les attitudes, les
valeurs et les comportements. |
| |
| 6. Améliorer
sous tous ses aspects la qualité de l'éducation dans un souci
d'excellence de façon à obtenir pour tous des résultats d'apprentissage
reconnus et quantifiables - notamment en ce qui concerne la
lecture, l'écriture et le calcul et les compétences indispensables
dans la vie courante |
| |
42. L'exigence de qualité est au coeur de l'éducation, et ce
qui se passe en classe et dans les autres milieux d'apprentissage
est d'une importance vitale pour le bien-être futur des enfants,
jeunes et adultes. Une éducation de qualité répond aux besoins
d'apprentissage de base et enrichit l'existence des apprenants
ainsi que l'expérience globale qu'ils ont de la vie |
| |
43. L'expérience de la décennie écoulée montre que le souci
de scolariser davantage d'élèves doit s'accompagner d'efforts
pour améliorer la qualité de l'éducation si l'on veut que les
enfants soient durablement attirés par l'école, y restent et
obtiennent des résultats significatifs en matière d'apprentissage.
On a souvent monopolisé les maigres ressources disponibles pour
développer les infrastructures au détriment de la recherche
de qualité dans des domaines comme la formation des enseignants
ou l'élaboration des manuels. Il ressort de récentes études
sur les résultats de l'apprentissage dans certains pays qu'un
pourcentage important d'enfants n'acquièrent qu'une fraction
du savoir et des compétences qu'ils sont pourtant censés maîtriser.
Ce que les élèves ont à apprendre n'est pas toujours défini,
enseigné ou évalué avec suffisamment de rigueur. |
| |
44. Les gouvernements et les autres partenaires de l'EPT doivent
continuer à oeuvrer de concert pour assurer une éducation de
base de qualité pour tous sans distinction de sexe, de revenu,
de lieu d'habitation, de langue ou d'origine ethnique. Pour
que les programmes d'éducation soient efficaces, il faut que
les conditions suivantes soient réunies : (1) des élèves sains,
bien nourris et motivés ; (2) des enseignants dûment formés
et des méthodes d'apprentissage actives ; (3) des installations
et matériels didactiques appropriés ; (4) des programmes adaptés
susceptibles d'être enseignés dans une langue locale et qui
partent du savoir et de l'expérience des enseignants et apprenants
; (5) un environnement qui non seulement encourage l'apprentissage
mais soit accueillant, salubre et sécurisant et tienne compte
des spécificités sexuelles ; (6) une définition claire et une
évaluation précise des résultats attendus de l'apprentissage,
notamment en termes de savoir, de compétences pratiques, d'attitudes
et de valeurs ; (7) une gouvernance et une gestion participatives
; (8) un respect des communautés et cultures locales et une
volonté de partenariat avec elles |
| |
|
IV.
STRATEGIES
|
| |
45. L'éducation pour tous est un droit fondamental, au coeur
même du développement. Il faut que ce soit une priorité nationale
et internationale, exigeant un engagement politique affirmé
et durable, des moyens plus importants et la participation de
tous les partenaires de l'EPT aux processus d'élaboration des
politiques, de planification stratégique et de réalisation des
programmes. Pour atteindre les six objectifs exposés ci-dessus,
il faut une approche diversifiée qui dépasse de loin le cadre
des systèmes formels d'éducation. Le bilan de la décennie écoulée
amène à penser que, pour parvenir à l'éducation pour tous, la
mise en oeuvre des stratégies suivantes sera décisive. |
| |
| 1. Susciter,
aux niveaux national et international, un puissant engagement
politique en faveur de l'éducation pour tous, définir des plans
d'action nationaux et augmenter sensiblement l'investissement
dans l'éducation de base |
| |
46. Il est dit dans le Cadre d'action de Jomtien que les résultats
de l'action visant à répondre aux besoins éducatifs fondamentaux
de tous dépendront en fin de compte des mesures prises par chaque
pays. Cela signifie en premier lieu que les gouvernements doivent
s'engager fermement en faveur de l'éducation de base et allouer
des ressources suffisantes à tous ses éléments - préalable indispensable
pour que l'Etat puisse satisfaire à l'obligation qui lui incombe
vis-à-vis de tous ses citoyens. Dans de nombreux pays, cela
impliquera de consacrer une part plus grande du revenu national
et des budgets à l'éducation et, à l'intérieur de ce poste,
à l'éducation de base, moyennant une réduction des budgets alloués
à d'autres secteurs de moindre priorité pour le développement.
Les ressources doivent être utilisées de façon plus efficace
et plus honnête, et les gouvernements devraient se fixer des
objectifs pour mieux répartir les dépenses entre les différents
systèmes éducatifs. La corruption, par l'hémorragie qu'elle
entraîne, empêche d'utiliser efficacement les ressources de
l'éducation et doit être impérativement jugulée. Des structures
doivent être mises en place pour permettre à la société civile
d'être associée à des dispositifs de budgétisation et de financement
transparents et responsables. Faire de l'Education pour tous
une réalité nécessitera également de mobiliser de façon plus
créative et plus soutenue les ressources dont disposent des
secteurs différents de la société, notamment les autres instances
gouvernementales, le secteur privé et les organisations non
gouvernementales. |
| |
47. Même si la mobilisation des ressources intérieures s'intensifie
et si les dotations augmentent et sont utilisées de façon plus
efficace, les objectifs éducatifs fondamentaux ne pourront vraisemblablement
pas être atteints sans un apport supplémentaire des organismes
internationaux de développement. Les organismes de financement
devraient allouer une part plus importante de leurs ressources
au soutien de l'enseignement primaire et des autres composantes
de l'éducation de base. Les régions et pays où les difficultés
sont les plus grandes, et notamment une bonne partie de l'Afrique
subsaharienne et de l'Asie du Sud, les pays les moins avancés
et les pays qui sortent de conflit méritent une attention particulière. |
| |
48. Aucun pays réellement désireux d'atteindre les objectifs
de l'Education pour tous ne devrait voir son action entravée
par le manque de ressources. Les organismes de financement sont
disposés à allouer des ressources importantes à l'EPT. Pour
que ces fonds soient débloqués, il est indispensable qu'existent,
ou que puissent exister, un engagement politique soutenu, des
mécanismes effectifs et transparents de consultation avec les
organisations de la société civile pour l'élaboration, la mise
en oeuvre et le suivi des plans EPT, ainsi qu'un processus consultatif
bien défini pour la planification et la gestion sectorielles.
|
| |
49. Un tel engagement oblige les organismes de financement à
coordonner leurs efforts pour apporter une aide au développement
modulée qui tienne compte des réformes de secteur et à appuyer
les priorités sectorielles dans le cadre de programmes de réduction
de la pauvreté réalistes, cohérents et pilotés par les gouvernements.
Il faut veiller en priorité à prendre plus tôt, en leur donnant
plus de poids et de surface, des mesures d'allégement et/ou
d'annulation de la dette pour lutter contre la pauvreté, avec
une vive préoccupation de l'éducation de base. L'allégement
de la dette ne doit pas se substituer à l'aide. |
| |
50. Les organismes de financement devront souscrire des engagements
à plus long terme, qui permettent de meilleures prévisions,
se plier davantage à la nécessité de rendre des comptes et faire
preuve d'une plus grande transparence. Ils devront fournir en
temps voulu des informations précises sur leurs dépenses et
veiller à ce que des rapports financiers soient publiés périodiquement
aux niveaux régional et international. |
| |
| 2. Promouvoir
des politiques d'EPT dans le cadre d'une action sectorielle
durable et bien intégrée, clairement articulée avec les stratégies
d'élimination de la pauvreté et de développement |
| |
51. L'éducation, qui commence par la prise en charge et l'instruction
des jeunes enfants pour se poursuivre par l'apprentissage tout
au long de la vie, est la clé de l'autonomisation de l'individu,
de l'élimination de la pauvreté au niveau des ménages et de
la communauté et du développement social et économique au sens
large. Parallèlement, la réduction de la pauvreté facilite la
progression vers les objectifs de l'éducation de base. Il y
a d'évidentes synergies entre les stratégies de promotion de
l'éducation et les stratégies de lutte contre la pauvreté :
il convient donc de les exploiter, tant dans la planification
que dans l'exécution des programmes. |
| |
52. Une approche multisectorielle de l'élimination de la pauvreté
implique que les stratégies d'éducation soient complémentaires
de celles mises en oeuvre dans les secteurs productifs ainsi
que dans les domaines de la santé, de la démographie, du bien-être
social, du travail, de l'environnement et des finances, et qu'elles
soient étroitement liées aux activités de la société civile.
Les mesures spécifiques à prendre à cet égard consistent notamment
à : (1) intégrer les stratégies relatives à l'éducation de base
dans les initiatives plus larges de réduction de la pauvreté
mises en oeuvre aux niveaux national et international, telles
que les plans-cadres des Nations Unies pour l'aide au développement
(UNDAF), les cadres de développement intégré et les cadres stratégiques
de lutte contre la pauvreté ; (2) mettre en place des systèmes
éducatifs "intégrateurs" qui ciblent expressément les plus pauvres
et les plus marginalisés et apportent une réponse adaptée à
leurs besoins et à leur situation. |
| |
| 3. Faire
en sorte que la société civile s'investisse activement dans
l'élaboration, la mise en oeuvre et le suivi de stratégies de
développement de l'éducation |
| |
53. Il faut que soit créé un nouvel espace politique et social
élargi, à tous les niveaux de la société, qui permette aux apprenants,
aux enseignants, aux parents, aux collectivités, aux organisations
non gouvernementales et aux autres organisations de la société
civile d'engager les gouvernements à dialoguer, prendre des
mesures et innover pour atteindre les objectifs de l'éducation
de base. Forte de l'expérience qui est la sienne, la société
civile a un rôle crucial à jouer dans l'identification des obstacles
qui entravent la réalisation de ces objectifs et dans la formulation
de politiques et de stratégies pour les surmonter. |
| |
54. Une telle participation, surtout au niveau local à travers
les partenariats école-communautés, ne doit pas intervenir uniquement
pour entériner des décisions ou financer les programmes d'éducation
conçus par l'Etat. C'est à tous les stades de la prise de décision
que les gouvernements doivent mettre en place des instances
de dialogue systématique permettant aux citoyens et aux organisations
de la société civile de contribuer à la planification, à l'exécution,
au suivi et à l'évaluation des activités concernant l'éducation
de base. Cette démarche est indispensable pour favoriser l'établissement
de mécanismes de gestion de l'éducation responsables, globaux
et évolutifs. Afin de faciliter ce processus, il sera souvent
nécessaire de renforcer les capacités des organisations de la
société civile. |
| |
| 4.
Mettre en place des systèmes de gestion et de gouvernance éducatives
réactifs, participatifs et responsables |
| |
55. L'expérience des dix dernières années montre qu'il faut
améliorer l'efficacité, la responsabilité, la transparence et
la souplesse des systèmes de gouvernance de l'éducation afin
qu'ils puissent mieux répondre aux besoins variés et changeants
des apprenants. La réforme de la gestion de l'éducation, nécessaire
pour passer d'un mode de gestion hautement centralisé, standardisé
et directif à des procédures de décision, d'exécution et de
suivi plus décentralisées et participatives aux échelons de
responsabilité inférieurs, est une nécessité impérieuse. Ces
processus doivent être étayés par un système d'information de
gestion qui mette à profit à la fois les nouvelles technologies
et la participation communautaire pour produire en temps utile
des informations exactes et pertinentes. |
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56. Les auteurs des rapports nationaux de l'EPT et les cadres
d'action régionaux issus du Bilan EPT 2000 recommandent : (1)
d'établir de meilleurs cadres réglementaires et mécanismes administratifs
pour gérer non seulement l'éducation primaire formelle et non
formelle, mais aussi les programmes d'éducation de la petite
enfance, des jeunes et des adultes ; (2) de délimiter plus précisément
les responsabilités incombant aux différents échelons administratifs
; (3) de veiller à ce que la décentralisation n'aboutisse pas
à une répartition inéquitable des ressources ; (4) d'utiliser
plus efficacement les ressources humaines et financières existantes
; (5) d'améliorer les capacités de gestion de la diversité,
de la disparité et du changement ; (6) d'intégrer les programmes
au sein de l'éducation et d'en renforcer la convergence avec
ceux des autres secteurs, notamment la santé, le travail et
la protection sociale ; et (7) d'assurer la formation des responsables
scolaires et des autres personnels de l'éducation. |
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| 5. Répondre
aux besoins des systèmes éducatifs touchés par les conflits,
les catastrophes naturelles et l'instabilité et conduire des
programmes d'éducation selon des méthodes qui soient de nature
à promouvoir la compréhension mutuelle, la paix et la tolérance
et à contribuer à prévenir la violence et les conflits |
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57. L'éducation paie un lourd tribut aux conflits, à l'instabilité
et aux catastrophes naturelles, qui sont un obstacle majeur
à la réalisation de l'objectif de l'éducation pour tous. Il
faudrait renforcer la capacité des gouvernements et de la société
civile d'évaluer rapidement les besoins éducatifs dans les situations
de crise et après les conflits pour les enfants et les adultes,
de rétablir les possibilités d'apprentissage dans un environnement
sûr et accueillant et de reconstruire les systèmes éducatifs
détruits ou endommagés. |
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58. Les écoles devraient être respectées et protégées comme
des sanctuaires et des zones de paix. Les programmes d'éducation
devraient être conçus de manière à promouvoir le plein épanouissement
de la personnalité humaine et à renforcer le respect des droits
de l'homme et des libertés fondamentales (article 26 de la Déclaration
universelle des droits de l'homme). Ces programmes devraient
encourager la compréhension, la tolérance et l'amitié entre
toutes les nations et tous les groupes ethniques et religieux
; ils devraient être attentifs à l'identité culturelle et linguistique
et respectueux de la diversité ; et également renforcer la culture
de paix. L'éducation devrait mettre en valeur non seulement
des compétences telles que la prévention et le règlement pacifique
des conflits, mais aussi des valeurs sociales et éthiques. |