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Le niveau d'approvisionnement en manuels scolaires
s'est détérioré au cours des années 1970 et 1980 dans toute
l'Afrique et dans une bonne part de l'Amérique latine et de
l'Asie, et en 1990, il était nettement inférieur à la proportion
souhaitable d'un manuel par élève. Les recueils de lectures
complémentaires et les autres matériels d'apprentissage étaient
plus rares encore, et leur qualité laissait souvent à désirer.
La situation s'est améliorée dans certains pays au cours de
la décennie 1990-1999, grâce, en grande partie, à l'aide extérieure
apportée par les organismes internationaux, les Etats et les
organisations de la société civile, mais la pénurie de manuels
a persisté à l'échelle mondiale. Elle s'est fait tout particulièrement
sentir dans les zones rurales, et même là où les manuels étaient
disponibles, ils n'ont pas toujours été utilisés efficacement.
La mainmise de l'Etat sur la fourniture de manuels s'est avérée
inefficace et coûteuse. En matière de matériels d'apprentissage,
l'approvisionnement a souffert du manque de financement, de
priorités gouvernementales conflictuelles, de difficultés
de distribution et du manque de personnel qualifié. Dans de
nombreux pays, l'approvisionnement en manuels a continué de
dépendre des apports cycliques de l'aide extérieure, qui s'est
contentée de fournir le produit, sans mettre en place les
infrastuctures nécessaires.
Trois grandes tendances peuvent être dégagées
dans la fourniture de manuels scolaires au cours des années
1990 : décentralisation de la sélection et de la distribution,
libéralisation économique donnant un rôle accru au secteur
privé, et recherche d'une meilleure récupération des coûts
assurant la perennité du système. Les organismes de financement
se sont efforcés de coordonner leurs activités et se sont
peu à peu convaincu de la nécessité de créer des industries
de l'édition nationales, capables de produire des manuels
reflétant les conditions, l'expérience et les besoins du pays
et d'assurer leur approvisionnement régulier. Dans la deuxième
partie de la décennie, l'aide, cessant de s'intéresser aux
producteurs de manuels dans une démarche axée sur l'offre,
a peu à peu cherché à privilégier la demande au moyen de subventions
ciblées et du soutien financier des utilisateurs.
La mise en place d'un système durable et compétitif
de production de manuels et autres matériels d'apprentissage
passe par la création d'une industrie de l'édition capable
d'élaborer, de produire et de diffuser les matériels en respectant
le principe commercial de récupération des coûts. Des inégalités
en résulteront, qui peuvent être réduites au moyen de subventions
ciblées et de programmes de soutien de la demande. Mais les
manuels ne représentent qu'un aspect de la question. La fourniture
d'une large gamme d'autres livres nécessaires pour soutenir
et entretenir une société alphabétisée dépend également de
l'émergence d'une industrie de l'édition et une bonne distribution.
Cet objectif s'avère hors de portée de nombreux petits pays
et pays pauvres. Ceux-ci continueront d'être dépendants de
l'aide extérieure, même si on arrive peut-être à réduire cette
dépendance par des politiques nationales de récupération des
coûts et une augmentation des budgets éducatifs. Les options
électroniques, à court et moyen termes, sont inabordables
et impraticables dans de nombreuses régions du monde, où le
problème de l'accès inégal à des matériels de lecture appropriés
et bon marché continue de se poser.
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