| |
Etude
thématique sur la santé et la nutrition scolaires
|
| |
Résumé
|
| d'un
rapport préparé pour le Département de promotion de la santé
de l'OMS par les Programmes pour la santé et le développement
humain (EDC, Centre collaborateur de l'OMS pour la promotion
de la santé scolaire et communautaire) |
| |
| Auteurs
: |
| |
|
Cheryl Vince Whitman, Directeur, Programmes pour
la santé et le développement humain (HHD), et Premier vice-président,
Centre de développement de l'éducation (EDC).
Carmen
Aldinger, Attaché de recherche, HHD/EDC.
Beryl
Levinger, Directeur principal, Groupe sur l'apprentissage
dans le monde (EDC).
Isolde
Birdthistle, Maître de recherche, HHD/EDC, OMS.
Jack Jones, Spécialiste d'éducation sanitaire scolaire,
OMS. |
|
 |
|
| Le
rapport intégral, en préparation, sera présenté et discuté au
Forum mondial sur l'éducation de Dakar, le 28 avril 2000. |
| |
| Résumé
|
| |
| Chapitre
I. Introduction : Le lien entre santé et apprentissage. |
| |
En mars 1990, les grands acteurs mondiaux se sont
réunis à Jomtien, en Thaïlande, à la Conférence mondiale sur
l'Education pour tous (EPT), pour "Répondre aux besoins éducatifs
fondamentaux". Délaissant les thèmes traditionnels de la construction
d'établissements scolaires, de manuels et d'enseignants, ils
ont préféré s'intéresser d'abord au processus d'apprentissage
et aux besoins des apprenants. La santé et la nutrition faisaient
partie de cette réflexion, dans la mesure où celles-ci contribuent
largement à la réussite de l'apprenant et de l'apprentissage.
La présente étude passe en revue les principales activités qui
ont marqué le domaine de la santé et de la nutrition scolaires
dans le monde depuis Jomtien et suggère un certain nombre d'actions
pour la prochaine décennie. |
| |
Comme
l'indiquent de nombreuses études, éducation et santé vont de
pair : la malnutrition, l'helminthiase ou le paludisme ont une
influence sur la participation et l'apprentissage scolaires.
La violence, les blessures involontaires, les tendances suicidaires
et autres comportements influant sur le mode de vie, comme l'alcoolisme
et la toxicomanie, entravent le processus d'apprentissage. Certains
comportements sexuels, en particulier les relations sexuelles
non protégées qui sont à l'origine de l'infection par le VIH,
d'autres maladies sexuellement transmissibles et de grossesses
précoces ou non désirées, affectent la participation des élèves
et des enseignants à l'éducation. Toutefois, un grand nombre
de ces problèmes peuvent être résolus grâce à la mise en œuvre
de politiques et de programmes de santé, d'hygiène et de nutrition
destinés tant aux élèves qu'au personnel enseignant. |
| |
Les
informations présentées ici revêtent une grande importance pour
tous ceux qui définiront les politiques et décideront de l'action
à mener pour réaliser l'EPT, dans la mesure où le lien qui unit
apprentissage et santé prouve que l'EPT a peu de chances d'entrer
dans les faits si on ne relève pas le niveau de santé des élèves
et des enseignants. |
| |
| Chapitre
II. Les points forts de la recherche au cours de la dernière
décennie : les stratégies qui se sont révélées efficaces ? |
| |
Depuis Jomtien, une importante somme de recherches a été
menée sur l'efficacité des interventions de santé scolaire,
et sur les relations entre santé, cognition et participation
et réussite scolaires. L'expérience a montré que si on veut
améliorer la qualité et la quantité des programmes de santé
scolaire, le secteur éducatif doit jouer le rôle principal.
|
| |
Dix découvertes essentielles permettent d'orienter les actions
futures : 1) les interventions alimentaires en milieu scolaire
peuvent améliorer la performance scolaire ; 2) le niveau sanitaire
et nutritionnel a une influence sur la scolarisation, l'acquisition
des connaissances et l'absentéisme ; 3) l'éducation profite
à la santé ; 4) l'éducation peut réduire les inégalités sociales
et sexuelles ; 5) la promotion de la santé par les enseignants
a des effets bénéfiques sur leur santé, leur moral et la qualité
de leur enseignement ; 6) les programmes de promotion de la
santé et de prévention des maladies sont rentables ; 7) traiter
les jeunes à l'école peut réduire les maladies communautaires
; 8) les stratégies multiples coordonnées produisent des effets
plus grands que les stratégies individuelles, mais les stratégies
multiples destinées à un seul type de public doivent être sélectives
et ciblées ; 9) l'éducation sanitaire est plus efficace lorsqu'elle
utilise des méthodes interactives avec une approche basée sur
les compétences ; 10) les enseignants formés obtiennent de meilleurs
résultats en termes de connaissances et de compétences sanitaires
des élèves que les enseignants non formés. |
| |
| Chapitre
III. Perspectives d'avenir : suggestions pour l'objectif 2010
de l'EPT |
| |
La décennie à venir s'annonce prometteuse de grands
progrès dans le renforcement des liens entre santé et éducation.
D'importantes recommandations s'offrent pour l'action future,
mettant l'accent sur la nécessité d'une vision partagée et d'une
volonté d'agir et de coopérer, et sur l'importance d'un effort
international de partage et de production de l'information.
Les suggestions sont les suivantes : 1) Les principaux acteurs
de la santé et de la nutrition scolaires doivent s'entendre
sur un cadre commun, adapté au secteur de l'éducation. 2) Pour
qu'ils soient couronnés de succès, les efforts en matière de
santé, d'hygiène et de nutrition scolaires doivent être le fait
des éducateurs, avec le soutien et l'assistance des professionnels
de santé, et faire partie intégrante des efforts d'amélioration
de l'éducation sous forme de politiques et d'objectifs éducatifs.
3) Nous devons continuer d'approfondir et d'étendre les collaborations,
en particulier entre les secteurs de l'éducation et de la santé,
à l'aide de mécanismes qui appuient et nourrissent la planification
et l'action conjointes, ainsi que la capacité de tirer partie
ensemble de l'expérience acquise. 4) De nouveaux investissements
sont nécessaires dans les services de santé destinés aux enfants
et aux adolescents, qui leur soient faciles d'accès et ne les
stigmatisent pas. 5) Il faut améliorer l'accès à l'information
des professionnels de l'éducation et de la santé et soutenir
de manière durable son utilisation (par le développement professionnel,
la coopération technique, l'encadrement, etc.). 6) Un large
éventail de stratégies ciblées et coordonnées est nécessaire
pour améliorer les comportements et les résultats en matière
de santé. 7) Des indicateurs permettant des mesures universelles
des progrès réalisés sont nécessaires afin d'orienter les efforts
et d'apporter toutes les modifications possibles d'ici 2010.
8) Dans la mesure où tous les pays ne peuvent pas engager les
mêmes dépenses, des modèles de programmes correspondant à différents
niveaux d'investissement devraient être élaborés. |
| |
| Chapitre
IV. Visions du passé : le statut de la santé scolaire jusqu'à
Jomtien |
| |
La coopération internationale en matière de santé
scolaire remonte à plus de 120 ans. A la fin des années 1980,
des recherches ont débuté un peu partout dans le monde dans
le but d'évaluer l'efficacité des interventions sanitaires spécifiques
sur la malnutrition et le traitement des parasites intestinaux,
en particulier, et, chaque fois que c'était possible, d'examiner
l'influence des interventions sanitaires sur la cognition, la
fréquentation scolaire et autres facteurs liés à l'apprentissage.
|
| |
En
1990, les efforts en matière de santé scolaire présentaient
les caractéristiques suivantes : 1) les interventions sanitaires
dans les écoles portaient principalement sur la prévention des
maladies ; 2) une certaine confusion régnait sur le concept
de santé scolaire et sa définition ; 3) il y avait prédominance
de stratégies d'intervention individuelles et non coordonnées
; 4) les mécanismes de coopération plurisectorielle étaient
rares et formels ; 5) l'approche de l'éducation sanitaire était
essentiellement didactique et thématique ; 6) on disposait de
peu d'information sur l'efficacité des interventions ou celle-ci
était mal diffusée ; 7) les outils permettant d'orienter les
évaluations et la planification stratégique étaient en nombre
insuffisant ; 8) un faible nombre de donateurs avaient placé
les programmes de santé scolaire parmi leurs priorités financières.
|
| |
| Chapitre
V. Cadres conceptuels : les principes moteurs de l'action |
| |
Depuis
la Conférence mondiale sur l'éducation pour tous, un des progrès
majeurs a été l'élaboration de cadres conceptuels ou de principes
unitaires destinés à orienter les politiques et les programmes
de santé scolaire. |
| |
Plusieurs
grands cadres ont contribué aux progrès des programmes de santé
et de nutrition scolaires. Ces cadres, élaborés dans les années
1990, comprennent : le concept d'"école promotrice de la santé"
(encouragé par la Charte d'Ottawa de 1986 et soutenu par le
Conseil de l'Europe, la Commission européenne, le Bureau européen
de l'OMS et le Siège de l'OMS) ; l'école "amie des enfants"
(UNICEF) ; le Programme d'interventions scolaires rentables
de base (Basic Cost-Effective Package of School-Based Interventions)
(Banque mondiale et Partnership for Child Development, Université
d'Oxford) et le Cadre d'apprentissage actif (Active Learning
Capacity) (Levinger, EDC, pour l'USAID et le PNUD). |
| |
A l'issue de la décennie, certains des principaux
acteurs de la planète vont se réunir pour étudier comment tirer
partie des cadres élaborés depuis Jomtien et s'entendre sur
un cadre commun de coopération pour la santé scolaire. L'OMS,
l'UNICEF, l'UNESCO et la Banque mondiale développent actuellement
un partenariat visant à "Concentrer les ressources pour une
santé scolaire efficace" (Focus Resources on Effective School
Health, FRESH), un cadre d'action conjointe qu'ils espèrent
inaugurer lors du Forum mondial sur l'éducation de Dakar, en
avril 2000. Les quatre principes du programme FRESH sont : 1)
des politiques de santé pour les écoles ; 2) donner accès à
de l'eau potable et à des équipements sanitaires ; 3) une éducation
sanitaire basée sur les compétences ; 4) des services de santé
et de nutrition en milieu scolaire. Ces orientations devraient
être soutenues par la création de partenariats efficaces entre
enseignants et personnels de santé et avec les communautés,
ainsi que par la prise de conscience et la participation des
élèves. |
| |
| Chapitre
VI. Grandes tendances mondiales : les évolutions depuis Jomtien
|
| |
Plusieurs grandes tendances mondiales, au cours de
la dernière décennie, ont particulièrement influé sur la portée
et la direction du travail de santé scolaire : 1) la pandémie
de SIDA a créé des urgences et des besoins nouveaux pour la
santé scolaire ; 2) les stratégies individuelles ont été progressivement
abandonnées au profit de stratégies multiples et d'approches
intégrées et coordonnées de l'éducation sanitaire ; 3) de nouveaux
mécanismes de collaboration plurisectorielle sont apparus ;
4) la participation des élèves et des communautés a été un facteur
important de progression de la santé scolaire ; 5) les méthodes
d'éducation sanitaire basées sur les compétences sont mieux
reconnues et davantage utilisées ; 6) la documentation sur l'efficacité
s'est développée, ainsi que sa diffusion ; 7) de nouveaux outils
d'évaluation, de planification et de suivi ont été élaborés
; 8) les bailleurs ont pris conscience de l'importance de la
santé scolaire et augmenté leurs investissements ; 9) les conférences
internationales ont mis la santé scolaire à leur ordre du jour
; 10) un certain nombre d'obstacles demeurent qui peuvent freiner
la progression vers des interventions de santé et de nutrition
scolaires efficaces et durables. |
| |
| |
| Copyright
© Ian Montagnes 1999 31 Baldwin Street, Port Hope, ON,
Canada L1A 1S3 phone 1 905 885 7110 fax 1 905 885 8717 e-mail
imont@eagle.ca |
|
|