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  Directives Générales
   
 

 A. Généralités

Le Cadre d'action adopté par la Conférence Mondiale sur l'Education pour Tous : Répondre aux Besoins Educatifs Fondamentaux (Jomtien, Thaïlande, mars 1990) prévoyait de procéder, en fin de décennie, à une évaluation des progrès réalisés, qui servirait de base à un examen complet des politiques éducatives. Le Forum Consultatif International sur l'éducation pour tous (Forum sur l'éducation pour tous), un mécanisme mondial mis en place pour assurer le suivi de la Conférence de Jomtien, est le point focal désigné pour faire le bilan de l'éducation pour tous à l'an 2000.

Ces Directives Générales ont été établies par le Secrétariat du Forum sur l'éducation pour tous, basé au siège de l'UNESCO, pour aider les gouvernements à planifier le bilan des progrès réalisés dans leur pays vers l'éducation pour tous. Il sera possible d'adapter les modalités précisées ici à la situation particulière de chaque pays. Les gouvernements sont, toutefois, vivement encouragés à mettre en place, dès que possible, un groupe d'évaluation national comprenant un sous-groupe technique (voir la partie D).

   
   B. But

Le bilan de l'éducation pour tous à l'an 2000 est une entreprise majeure à l'échelon mondial qui permettra aux pays participants (i) de dresser un tableau complet de leurs progrès en direction de leurs propres objectifs d'éducation pour tous depuis la Conférence de Jomtien en 1990, (ii) d'identifier des priorités et des stratégies prometteuses en vue de surmonter les obstacles et d'accélérer les progrès et (iii) de réviser en conséquence les plans d'action nationaux. Les résultats devraient être utiles pour les décideurs, les planificateurs et les administrateurs tant à l'intérieur qu'en dehors des structures gouvernementales. Le processus d'établissement du bilan devrait être l'occasion de recentrer l'attention sur l'éducation de base et de relancer les efforts visant à répondre aux besoins éducatifs fondamentaux.

   
 

 C. Que faut-il examiner ?

L'Education pour tous fait référence à l'éducation de base dans le sens de la "vision élargie" affirmée dans la Déclaration mondiale sur l'éducation pour tous adoptée à Jomtien. Par conséquent, le Bilan devra porter sur les programmes publics et privés, les activités et les services qui, tant à l'école qu'en dehors de l'école, visent à répondre aux besoins éducatifs fondamentaux des enfants, adolescents et adultes. Le Bilan tentera de recouvrir les six dimensions de l'éducation pour tous définies à Jomtien dans le Cadre d'action pour répondre aux besoins éducatifs fondamentaux, et s'attacher plus spécialement aux changements importants intervenus depuis 1990 et aux disparités continues dans la mise en œuvre de l'éducation de base. Il devra également examiner (i) les principales mesures prises dans le pays depuis la Conférence de Jomtien en 1990 en accord avec le Cadre d'action pour répondre aux besoins éducatifs fondamentaux ; (ii) la mise en œuvre des stratégies et des plans de l'éducation pour tous; (iii) la mobilisation et l'emploi des ressources.

Extrait du paragraphe 8 du Cadre d'action pour répondre aux besoins éducatifs fondamentaux de Jomtien :

Les pays souhaiteront peut-être fixer leurs propres objectifs pour les années 90 conformément aux aspects proposés ci-après :

1. Expansion des activités de protection et d'éveil de la petite enfance, y compris les interventions au niveau de la famille ou de la communauté, particulièrement en faveur des enfants pauvres, défavorisés et handicapés.

2. Universalisation de l'enseignement primaire (ou de l'éducation de base) d'ici à l'an 2000.

3. Amélioration des résultats de l'apprentissage, telle qu'un pourcentage convenu d'une classe d'âge déterminée (par exemple, 80% des jeunes de 14 ans) atteigne ou dépasse un certain niveau d'acquisitions jugé nécessaire.

4. Réduction du taux d'analphabétisme des adultes (le groupe d'âge à prendre en considération étant fixé par chaque pays), par exemple à la moitié de son niveau de 1990 en l'an 2000, en mettant suffisamment l'accent sur l'alphabétisation des femmes pour réduire de façon significative la disparité actuelle entre les taux d'analphabétisme masculin et féminin.

5. Expansion des services d'éducation de base et des formations à d'autres compétences essentielles destinés aux adolescents et aux adultes, l'efficacité des actions étant appréciée en fonction de la modification des comportements et de l'impact sur la santé, l'emploi et la productivité.

6. Acquisition accrue par les individus et les familles, grâce au concours de tous les canaux d'éducation - y compris les médias, les autres formes de communication modernes et traditionnelles et l'action sociale - des connaissances, compétences et valeurs nécessaires à une vie meilleure et un développement rationnel et durable, l'efficacité de ces interventions étant appréciée en fonction de la modification des comportements.

   
     D. Bilans nationaux de l'éducation pour tous

Qui doit participer ? En accord avec le principe des partenariats défini à Jomtien, il est important que le Bilan fasse intervenir les principaux "acteurs" de l'éducation pour tous. Même si le Ministère de l'Education est, en général, le principal dispensateur de l'éducation de base, il conviendrait que d'autres administrations publiques, ainsi que les autorités locales, les médias et les organisations bénévoles et privées impliquées dans l'éducation de base, participent à l'établissement du Bilan. Leur contribution est nécessaire et utile : (i) pour obtenir une image complète de l'éducation pour tous, (ii) pour recueillir, analyser et interpréter les informations provenant de différents points de vue, et (iii) pour mobiliser les partenaires et planifier l'action à suivre pour atteindre les objectifs de l'éducation pour tous. Les gouvernements devront également inviter à participer à l'établissement du Bilan les agences locales des principaux parrains de la Conférence de Jomtien (PNUD, UNESCO, FNUAP, UNICEF et Banque Mondiale) et d'autres organismes de coopération multilatérale et bilatérale qui soutiennent les activités de l'éducation pour tous.

Qui doit procéder à la mise en œuvre du Bilan ? A partir de l'expérience acquise à l'occasion de l'examen de l'éducation pour tous à la mi-parcours (1995-1996), il est vivement recommandé que chaque pays mette en place un groupe ad hoc national d'évaluation de l'éducation pour tous (comité, groupe de travail, équipe) et désigne un coordonnateur national de l'évaluation - de préférence un responsable de haut niveau, détaché à temps complet avec une équipe de collaborateurs, qui sera responsable (i) de l'organisation du groupe de travail, (ii) de la liaison avec le Forum sur l'éducation pour tous et (iii) de l'élaboration du rapport du bilan de l'éducation pour tous du pays concerné. Le choix des membres du groupe d'évaluation devra être guidé par un souci de pragmatisme. Ces membres comprendront des représentants des services ministériels impliqués directement ou indirectement dans la mise en œuvre de l'éducation de base (par exemple, éducation, affaires sociales, collectivités locales, travail, agriculture, santé, information et radiodiffusion, finance, planification du développement, etc.), ainsi que des représentants des acteurs intéressés extérieurs au gouvernement (par exemple, parlementaires, organisations religieuses, associations communautaires, ONG, groupes de presse, sociétés de radiodiffusion, syndicats, groupements d'employeurs, etc.). Les gouvernements qui ont déjà un organisme national de coordination de l'éducation pour tous lui attribueront certainement un rôle consultatif important dans l'établissement du Bilan.

Comment réaliser le Bilan ? Pour organiser le processus d'évaluation, il faudra tenir compte de quatre considérations (i) utiliser au mieux les informations existantes et obtenir toute information complémentaire nécessaire, (ii) impliquer les principaux "acteurs" de l'éducation pour tous dans l'évaluation, (iii) tirer parti du processus d'évaluation pour mettre à jour les stratégies et les plans pour élargir et améliorer l'éducation de base, et (iv) utiliser les résultats du Bilan pour construire un soutien public et politique pour l'éducation pour tous. Divers acteurs peuvent être amenés à intervenir de manière constructive dans la réalisation du Bilan en participant, par exemple, au travail des comités, à des entrevues, à des rapports et à des études commandés spécialement, à des notes d'information et à des questionnaires. Etant donné que le recueil et l'analyse des données et d'autres informations sont indispensables au Bilan, le groupe d'évaluation de l'éducation pour tous devra nommer immédiatement un sous-groupe technique composé de planificateurs, d'inspecteurs de l'enseignement, de statisticiens et de chercheurs afin de superviser et de mettre à exécution cette importante fonction. Parfois, une partie du travail pourra être confiée à un institut de recherche compétent ou à une université.

 
 
     E. Présentation des résultats

Il pourra être utile de présenter les résultats du Bilan national pour sensibiliser l'opinion publique et déterminer une politique à suivre. Dans le cadre de l'établissement du Bilan, il conviendra de définir une "stratégie de présentation des résultats". Il est possible d'envisager plusieurs versions du rapport du Bilan, par exemple, un rapport technique complet comprenant des analyses détaillées des données pour les planificateurs et les responsables de l'administration ; un rapport narratif insistant sur les implications politiques destiné au Conseil des Ministres, au Parlement, au Conseil national de l'Education, etc, et une version condensée établie à l'aide d'un langage non technique destinée à la presse locale, aux comités éducatifs locaux et au public intéressé.

En outre, les gouvernements sont invités à communiquer leurs principaux résultats au Secrétariat du Forum Consultatif International sur l'Education pour Tous qui analysera tous les rapports nationaux en vue d'établir un panorama mondial des progrès accomplis vers l'éducation pour tous et d'en tirer des conclusions pour les soumettre à la communauté internationale. Les voies établies pour la communication des statistiques de l'éducation à l'UNESCO serviront également au Bilan.

   
 

 F. Le processus global d'évaluation.

Juillet - novembre 1998 : Première phase de l'évaluation, en déléguant les études, les enquêtes et la collecte des données, et en élaborant les analyses préliminaires.

Décembre 1998 : Les groupes nationaux d'évaluation préparent une version préliminaire de leur rapport d'évaluation national, qui se fonde sur des données existantes, pour être discuté dans les ateliers nationaux et sous- régionaux.

Janvier - mars 1999 : Le Secrétariat du Forum EFA organise une série d'ateliers sous-régionaux pour permettre aux groupes en charge du Bilan dans les pays voisins de partager leur expérience, et de se concerter sur la nature et la spécificité des données afin de préparer le rapport global des résultats.

Avril - août 1999 : Deuxième phase de l'évaluation, en intégrant de nouvelles données et informations résultants de la première phase des activités et en complétant les analyses faites sur la situation et les perspectives de l'éducation pour tous.

Septembre 1999 : Les rapports nationaux d'évaluation doivent être soumis au Forum EFA qui se concertera avec les groupes régionaux correspondants pour les analyser et préparer les rapports thématiques régionaux qui mettent en évidence les principales réalisations, lacunes, difficultés rencontrées, les stratégies préconisées par les pays, et les défis auxquels il faudra faire face pour donner à tous enfants, les jeunes et les adultes l'éducation de base qui leur est due.

Septembre 1999 - décembre 1999 : Rapports nationaux statistiques sur le questionnaire annuel de l'UNESCO.

Novembre - décembre 1999 : Le Forum EFA organise des séminaires régionaux pour examiner les rapports thématiques. Ces séminaires donnent l'occasion d'une concertation des représentants nationaux sur les implications des évaluations nationales sur les politiques éducatives dans les régions et sur les domaines de coopération à développer.

Janvier - février 2000 : Les conclusions des séminaires sont synthétisées par le Forum EFA dans un rapport global sur les avancées réalisées vers une éducation pour tous, sur les grandes lignes d'action envisagées par les pays, et les domaines de coopération proposés..

Mars - avril 2000 : Le rapport de synthèse sera discuté à la quatrième réunion du Forum consultatif international sur l'éducation pour tous. Echantillon représentatif de la communauté internationale, le Forum présentera ses conclusions et ses recommandations aux organes qui étaient représentées à la Conférence de Jomtien (gouvernements, organisations multilatérales, agences, et les ONG) afin de déterminer les priorités pour agir au niveau national et global, pour une coopération régionale et bilatérale. Par ailleurs, les recommandations du Forum seront communiquées au cours des conférences majeures sur le développement, programmées en 2000.

   
 

  G. Les premières phases au niveau national - à mettre en place avant juillet 1998

  • Mettre en place un groupe pour le Bilan de l'éducation pour tous à l'an 2000

  • Désigner un coordinateur national

  • Désigner un sous-groupe technique

  • Communiquer le nom du coordonnateur national du Bilan, son titre, son adresse postale et son courrier électronique, téléphone et fax au Secrétariat du Forum EFA (adresse ci-dessous)

Les informations complémentaires relatives au Bilan seront adressées aux coordinateurs nationaux.

   
 

  H. Pour plus d'informations sur le :

Secrétariat du Forum EFA
UNESCO
7, Place de Fontenoy
75352 Paris 07 SP
France
e-mail: efa@unesco.org
fax: 33-1-45685629

 
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