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| L'Afrique
subsaharienne |
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Cadres
d'action régionaux
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Éducation
pour tous
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Cadre
d'action pour l'Afrique subsaharienne
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L'éducation
pour la renaissance de l'Afrique au XXIe siècle
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Adopté
lors de la Conférence de l'Afrique subsaharienne
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sur
l'éducation pour tous
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Johannesburg, Afrique du Sud, 6-10 décembre 1999
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| 1 Préambule |
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Si
le siècle prochain doit être celui de l'Afrique, celui du
progrès économique et social du peuple africain, marqué par
la paix et le développement durables, alors le succès de cette
entreprise dépend de la réussite de nos systèmes éducatifs.
En effet, aucun pays au monde n'a jamais atteint le développement
durable sans un système éducatif efficace, sans un enseignement
primaire solide et universel, sans un enseignement supérieur
et une recherche efficients, sans l'égalité des chances en
matière d'éducation.
Président
Thabo Mbeki, Allocution liminaire, Conférence sur " L'éducation
pour la renaissance de l'Afrique au XXIe siècle ", Johannesburg,
Afrique du Sud, 6 décembre 1999
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Alors
que nous approchons de la fin du XXe siècle, nous, les Ministres
de l'éducation, représentants de la société civile et organismes
de développement international, avons décidé de nous réunir
à Johannesburg pour faire le bilan des progrès accomplis sur
la voie des objectifs de l'Éducation pour tous adoptés en
1990 par la Conférence de Jomtien. Nous devons saisir cette
occasion pour relancer le processus de rénovation de nos systèmes
éducatifs. Seul ce processus permettra à notre continent de
relever avec succès les défis du XXIe siècle. Nous adoptons
par la présente un Cadre d'action sous le thème de " L'éducation
pour la renaissance de l'Afrique dans le contexte d'une économie,
d'une communication et d'une culture mondialisées. "
Nous sommes conscients des formidables efforts déployés par
les pays de l'Afrique subsaharienne pour atteindre les objectifs
fixés lors de la Conférence mondiale sur l'Éducation pour
tous de Jomtien, en dépit des multiples obstacles et de conditions
exceptionnellement difficiles. La présence en un seul et même
lieu de tous les principaux acteurs de l'éducation, venus
des quatre coins de notre vaste continent, a été pour nous
l'occasion de procéder, pour la première fois dans l'histoire,
à un bilan global de l'état de l'éducation, sous de multiples
angles. Ces dix dernières années, les meilleurs résultats
en matière d'éducation ont été enregistrés dans les pays qui
se sont engagés dans un processus exhaustif de réforme et
de reconstruction à la suite de conflits les ayant déchirés
; à l'opposé, des reculs ont été enregistrés dans les pays
aux prises avec des guerres et des conflits civils, soit près
d'un tiers des pays de la région.
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Les
systèmes éducatifs dans nombre de pays d'Afrique, reposant sur
des infrastructures matérielles et institutionnelles fragiles,
sont vulnérables aux risques de catastrophes, naturelles ou
provoquées par l'homme. Celles-ci entravent les progrès et,
parfois même, font perdre le bénéfice des progrès difficilement
accomplis. Nombreux sont les pays qui ont éprouvé des difficultés
du fait de la mise en œuvre de sévères programmes d'ajustement
économique, de l'alourdissement du fardeau de la dette, des
distorsions du système économique mondial, de la mauvaise gouvernance,
du manque ou de la mauvaise utilisation des ressources, ainsi
que de la sécheresse et des inondations. En outre, la pandémie
du VIH/sida et les conflits armés ont continué de retentir négativement
sur l'éducation en Afrique. |
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En
dépit des efforts remarquables accomplis pour que chaque enfant
ait accès à une éducation de base de qualité, nous tenons à
souligner que seuls quelque 10 pays ont atteint l'enseignement
primaire universel. Si les taux de scolarisation ont considérablement
augmenté dans nombre de pays, il n'a pas été possible de répondre
à la croissance démographique et à la migration rurale vers
les villes. Ce qui laisse supposer une stabilité par rapport
à la taille de la population. C'est uniquement dans les régions
urbaines que les enfants (et seuls les plus privilégiés d'entre
eux) peuvent bénéficier de programmes de soins et de développement
de la petite enfance. Si l'on en croit les estimations des pays
concernés, entre 1990 et 1998, le taux net de scolarisation
(TNS) des garçons a progressé de 9 %, s'établissant à 56 %,
et celui des filles de 7 % pour se situer à 48 %1
pour l'ensemble de l'Afrique subsaharienne. Toutefois,
ces chiffres recouvrent de grandes disparités d'une sous-région
à l'autre. Ainsi, dans les pays de l'Océan Indien, les filles
comme les garçons ont déjà atteint des taux nets de scolarisation
de plus de 70 %. Les progrès les plus remarquables ont été ceux
de l'Afrique de l'Est (à l'exception de la Somalie), où le taux
net de scolarisation des garçons a progressé de 27 % (pour atteindre
60 %) et celui des filles de 18 % (pour atteindre 50 %) et de
l'Afrique australe, avec une hausse de 16 % pour les garçons
(pour atteindre 58 %) et une véritable explosion pour les filles,
avec une augmentation de 23 % (pour atteindre 76 %)2.
Les progrès enregistrés dans les régions en paix d'Afrique centrale
et occidentale ont été anéantis par la terrible régression des
pays en guerre. Les données disponibles indiquent qu'à l'heure
actuelle environ 40 % des filles et 50 % des garçons sont scolarisés
en Afrique de l'Ouest, les pourcentages correspondants étant
de 50 % pour les filles et de 60 % pour les garçons en Afrique
centrale. Toutefois, la réalité pourrait bien être très inférieure
à ces estimations, dans la mesure où un certain nombre de pays
en guerre dans cette région du continent n'ont pas été en mesure,
ces dernières années, de recueillir des données. |
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Sur
les 41 millions d'enfants d'âge scolaire qui ne sont pas scolarisés,
56 % sont de sexe féminin. C'est en Afrique australe que l'égalité
entre filles et garçons est la plus respectée : de nombreux
pays ont pratiquement universalisé l'enseignement primaire universel
et enregistrent des taux élevés d'alphabétisation adulte. C'est
à l'extrémité sud du Sahara que les disparités entre les sexes
sont les plus frappantes, puisqu'il arrive que le taux de scolarisation
des filles atteigne à peine la moitié de celui des garçons.
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Par ailleurs, on enregistre dans cette même région de faibles
taux d'alphabétisation des adultes et de mauvaises conditions
économiques. Cependant, une fois à l'école, la probabilité pour
les garçons d'arriver jusqu'à la fin de leur cinquième année
de scolarité est de 70 %, contre 69 % pour les filles. On constate
également de fortes disparités selon les sous-régions. En règle
générale, lorsque les taux de scolarisation et d'alphabétisation
sont élevés, l'égalité entre garçons et filles est la règle.
Dans les cas où, par contre, ces deux taux sont faibles, les
filles ont le plus souvent un taux d'espérance scolaire inférieur
à celui des garçons. |
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Le
nombre d'enfants abandonnant l'école a connu ces dernières années
une inquiétante progression, en raison essentiellement de l'augmentation
des coûts et des conflits armés. La majorité de ces enfants
sont originaires de régions rurales et reculées, handicapés,
réfugiés ou déplacés à l'intérieur de leur propre pays, contraints
de travailler, membres de minorités ethniques, touchés par le
VIH/sida, victimes de conflits et de situations d'urgence -
situations qui génèrent un nombre croissant d'orphelins. Les
pauvres des zones rurales continuent à émigrer vers les villes,
où les écoles sont déjà surchargées. |
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L'accès
à l'éducation est limité, la qualité de l'enseignement reste
médiocre et les programmes scolaires sont souvent éloignés
des besoins des apprenants et impropres à contribuer au développement
social, culturel et économique. Alors que les secteurs de
l'industrie et des services émergents ont besoin, pour être
concurrentiels, d'entrepreneurs, de gestionnaires, d'une main-d'œuvre
qualifiée et de spécialistes, nos systèmes éducatifs d'un
autre temps continuent à produire des diplômés dépourvus des
connaissances et des compétences requises pour le développement
de l'emploi et de l'entreprise.
La majorité de notre population n'a toujours pas accès à l'électricité,
à l'eau potable et aux médicaments. Pour remédier à cette
situation, nous avons besoin des savoir-faire en matière de
procédés industriels de base tels que la mise au point, la
fabrication, la commercialisation et la distribution de produits.
Des partenariats entre établissements pédagogiques, centres
de recherche et industries permettraient de nous doter de
capacités locales et de trouver nous-mêmes des solutions à
nos besoins fondamentaux. Cependant, la confiance indispensable
pour forger ces partenariats authentiques entre les principaux
acteurs du développement de l'éducation et de l'industrie
est au plus bas.
Ayant pris part à l'évaluation la plus globale jamais menée
en Afrique, nous reconnaissons l'ampleur des tâches à mener
en matière d'éducation et de gestion. Nous devons être en
mesure d'innover tout en tenant compte des disparités et de
l'éventail de solutions possibles pour répondre à des besoins
en évolution. Il est impératif de développer les capacités
en planification et en gestion. Actuellement encore, le personnel
des ministères africains a, dans sa majorité, été formé à
l'étranger. Il est de notre devoir d'instaurer de réels changements
et d'apporter des réponses aux crises et aux impératifs d'ajustement.
Pour ce faire, nous devons forger un mécanisme de partenariat
professionnel et mettre en place un processus démocratique
pour arriver à un consensus en matière d'objectifs et de stratégies
à divers niveaux, de la formulation politique à la mise en
œuvre.
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Pour
relever ces défis, il est tout aussi important et certainement
plus positif de tirer les leçons des multiples pratiques et
politiques ayant fait la preuve de leur efficacité dans le contexte
africain : |
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un accès plus rapide à l'éducation avec, en particulier,
des politiques d'équité favorisant la scolarisation des
filles et des femmes, notamment grâce à des programmes de
discrimination positive ;
la participation de la communauté aux prises de décision
et à la gestion de l'école ;
l'emploi d'enseignants originaires de leur communauté ;
une réforme des programmes scolaires afin qu'ils répondent
aux besoins et contextes locaux ;
la fourniture de matériels didactiques et de manuels scolaires
à des prix abordables ;
le recours à la langue maternelle comme langue d'enseignement
;
l'utilisation de l'école en tant que centre d'apprentissage
communautaire ;
un processus d'évaluation fondé sur le paradigme " action-recherche-action
" ; et
des statistiques et une gestion des données en vue d'applications
dans le domaine de la planification, de l'évaluation, etc.
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Le succès retentissant de l'exercice du Bilan de l'Éducation
pour tous à l'an 2000, auquel ont participé la quasi-totalité
des pays d'Afrique subsaharienne, témoigne bien de la capacité
des organisations, des institutions et des experts africains
à forger de véritables partenariats. Nous avons bien l'intention
de tenir compte désormais des facteurs essentiels qui distinguent
la réussite de l'échec lorsque nous serons appelés à formuler
des stratégies pour surmonter les obstacles et atteindre nos
objectifs. |
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Nous
sommes plus que jamais convaincus que le développement des ressources
humaines, en l'occurrence l'éducation, constitue la condition
stratégique sine qua non à remplir si l'on veut donner aux peuples
d'Afrique les moyens de participer pleinement à l'économie mondialisée
du XXIe siècle et de tirer parti des progrès et des occasions
qui la caractériseront. A ce stade de notre développement, nous
avons quelques raisons d'être optimistes étant donné les récents
progrès politiques et sociaux qui nous ont permis d'augmenter
les investissements en faveur de l'éducation dans certaines
régions du continent et des formidables possibilités qu'offrent
les nouvelles technologies de l'information et de la communication.
Dans la mesure où il pourra s'appuyer sur une infrastructure
nationale et compter avec un corps enseignant compétent et des
matériels d'apprentissage élaborés, le secteur de l'éducation
devra s'attaquer à des problèmes sociaux urgents comme celui
du VIH/sida et de la violence qui menacent d'anéantir nos progrès
et de réduire à néant nos perspectives d'avenir. |
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A
l'heure du bilan des dix années écoulées depuis la Déclaration
de Jomtien et des quatre années depuis la réunion à la mi-décennie
d'Amman, nous sommes tout à fait conscients qu'il est impératif
d'exiger un véritable changement de paradigme et des investissements
beaucoup plus importants en matière d'éducation si nous voulons
vraiment réaliser notre vision de la Renaissance africaine. |
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C'est
pourquoi nous, Ministres de l'Éducation, représentants de la
société civile et organismes de développement international
: |
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Réaffirmons
que l'éducation constitue un droit fondamental et
un besoin essentiel pour tous les enfants, les jeunes et
les adultes africains, y compris les personnes qui souffrent
d'invalidités, conformément aux dispositions des instruments
internationaux dont la Déclaration universelle des droits
de l'homme, la Charte africaine des Droits de l'homme et
des peuples et la Convention sur les droits de l'enfant
et les recommandations de la Conférence de Salamanque ;
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Reconnaissons
qu'une éducation de qualité est une condition préalable
pour que les Africains aient les moyens de participer pleinement
à une économie mondialisée et de tirer parti des technologies
de communication modernes ;
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Notons
que l'éducation de base doit être revue pour devenir inclusive,
pertinente et respectueuse de l'égalité entre les sexes,
et que des efforts doivent être déployés pour accroître
la participation des filles et des femmes à l'éducation
par le biais notamment d'une discrimination positive ;
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Nous
engageons à supprimer tous les obstacles (d'ordre
social, culturel, économique, politique et juridique) qui
empêchent les enfants, les jeunes et les adultes africains
d'avoir accès à une éducation de qualité et d'atteindre
les objectifs énoncés dans la Déclaration de Jomtien sur
l'Éducation pour tous ;
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Reconnaissons
que la pandémie de VIH/sida, l'aggravation de la
pauvreté, la guerre et les conflits civils constituent autant
d'obstacles majeurs à la réalisation des objectifs de l'Éducation
pour tous et, qu'à ce titre, ils doivent être considérés
comme des domaines d'action prioritaires dans la région
;
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Reconnaissons
la nécessité que les systèmes éducatifs fournissent à tous
les peuples d'Afrique la possibilité d'acquérir les compétences
et les connaissances dont ils ont besoin pour accéder aux
technologies de l'information et de la communication et
s'en servir ;
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Reconnaissons
que le développement des systèmes d'éducation sur le continent
doit reposer sur les systèmes de connaissance, les langues
et les valeurs locaux ; et
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Reconnaissons
qu'il convient de réformer les programmes d'enseignement
pour donner aux enfants, aux jeunes et aux adultes une éducation
de qualité qui leur permette d'apprécier la diversité, la
richesse et le dynamisme de nos cultures, dans le but de
nous libérer de la dépendance psychologique, économique
et technologique
|
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Après
avoir dressé ce tableau général et affiné notre vision, nous
déciderons de nos politiques et programmes et mobiliserons
partenariats et ressources afin de faire de la Renaissance
de l'Afrique au XXIe siècle une réalité.
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2.
La nouvelle vision d'une Renaissance africaine
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Nous
souhaitons que le XXIe siècle soit celui de la renaissance
d'une Afrique vivante, resplendissante dans la diversité de
ses cultures, de son histoire, de ses langues et de ses arts,
unie dans sa volonté de mettre un terme à la marginalisation
de notre continent, mis à l'écart du progrès et du développement
du monde. Une Afrique démocratique, qui aura triomphé du colonialisme,
de l'apartheid et de l'oppression. Une Afrique en paix, réconciliée
avec elle-même, une société marquée par la cohésion et fondée
sur le respect des droits de chacun, indépendamment des considérations
de couleur, de sexe, d'appartenance ethnique, de religion
ou d'aptitudes. Une Afrique éclairée, ayant remporté sa lutte
pour la libération de l'esprit. Une Afrique prospère, où les
connaissances et les compétences humaines seront les ressources
essentielles. Nous envisageons une Afrique enfin intégrée
dans ses systèmes politiques, économiques et sociaux, dans
sa quête de la paix, de la justice, de la prospérité et d'une
vie meilleure pour tous.
Notre nouvelle vision de la Renaissance africaine vise non
pas à nous ramener à la période nostalgique du pré-colonialisme,
mais à nous aider à reprendre le développement de notre patrimoine
culturel. Les valeurs qui nous unissent et la connaissance
de notre propre environnement, conjuguées aux méthodes de
gestion modernes, aux sciences sociales et physiques et à
la technologie, devront nous aider à résoudre nos problèmes
chroniques de pauvreté, de maladie, de famine, de conflit,
de mauvaise gouvernance et de corruption.
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Dans
cette Afrique renouvelée, l'éducation devra préparer enfants,
jeunes et adultes à prendre en main leurs propres destinées,
en les libérant de toute dépendance. Les Africains seront
alors dotés d'initiative, de créativité, d'esprit critique,
d'esprit d'entreprise, de valeurs démocratiques, de fierté
et d'une capacité à apprécier la diversité. Cette nouvelle
Afrique pourra respecter les droits de chacun et exiger une
bonne gestion des affaires publiques et la responsabilité
des gouvernants. Une cohésion sociale nouvelle permettra de
résister aux forces de la violence et de la division. Le sexe,
la couleur de la peau, l'appartenance à telle ou telle tribu,
l'origine ethnique, le statut social, les aptitudes mentales
et physiques, la confession et les convictions politiques
ne feront plus désormais obstacle à l'éducation.
Il appartiendra aux gouvernements, à la société civile et
aux partenaires du développement à tous les niveaux de créer
des organisations d'apprentissage dynamiques afin de favoriser
le développement social, économique et culturel. Le secteur
de l'éducation et de la formation devra être repensé et réorganisé
de manière à devenir un système véritablement intégré de gestion
de la connaissance et de développement des ressources humaines.
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Dans
le but de faire de cette vision une réalité, nous avons d'ores
et déjà commencé à travailler ensemble dans le domaine de l'éducation.
Nous renforçons l'unité africaine et engageons une véritable
offensive à l'échelle du continent pour promouvoir le développement
social, économique et culturel de l'Afrique, en d'autres termes,
la Renaissance africaine. |
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| 3. Les
domaines d'action prioritaires |
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Nos
systèmes éducatifs doivent offrir à tous la possibilité d'apprendre
tout au long de la vie, en mettant l'accent sur l'apprenant
et sur les processus d'apprentissage. Des contextes d'apprentissage
sécurisants et motivants aideront les familles et les individus
à développer leur esprit critique et leur créativité afin de
réaliser leur potentiel. Dans le domaine de l'éducation, les
questions majeures sont l'accès et l'équité, la qualité et la
pertinence, le renforcement des capacités et les partenariats
: |
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| 3.1
Améliorer l'accès et l'égalité |
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Réviser et développer les politiques éducatives et autres,
ainsi que les législations dans le cadre de la Renaissance
africaine ;
mobiliser les ressources pour restructurer et redistribuer
les moyens financiers des gouvernements en vue de renforcer
l'éducation de base ;
développer une coopération plus étroite entre le gouvernement
central et les pouvoirs locaux, les écoles, les communautés
et les familles de manière à faciliter l'appropriation,
la pérennité et l'accessibilité du système scolaire ;
accorder une attention particulière aux enfants de la rue,
aux enfants qui travaillent, qui appartiennent à des communautés
nomades ou à des minorités, qui vivent dans des régions
reculées ou déchirées par des conflits armés, aux orphelins
du VIH/sida, ainsi qu'aux enfants prisonniers et aux enfants
handicapés ;
élargir l'offre en matière d'enseignement préscolaire à
tous les enfants ayant l'âge d'en bénéficier ;
développer des stratégies d'éducation alternatives non formelles
afin d'atteindre les enfants, les jeunes et les adultes
défavorisés, ainsi que d'autres exclus de l'enseignement
traditionnel tels que les réfugiés et les personnes déplacées
;
assurer l'égalité de participation des filles et des femmes
à tous les programmes d'éducation, y compris ceux de sciences
et de technologie ; et
réduire les disparités entre hommes et femmes, entre régions,
entre zones rurales et urbaines, ainsi que les disparités
socio-économiques en matière de participation à l'éducation.
|
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| 3.2
Améliorer la qualité et la pertinence de l'éducation |
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Seule
une faible proportion d'enfants maîtrisent les compétences de
base et nos systèmes éducatifs n'atteignent pas les standards
attendus en terme de performances. Pour remédier à cette situation,
nous devons : |
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Revoir et re-concevoir les contenus des programmes scolaires
et les méthodes d'enseignement pour les adapter aux besoins
éducatifs, psychologiques et socio-économiques, ainsi qu'à
l'environnement culturel des enfants. Une attention particulière
devra être prêtée aux compétences de la vie courante, requises
pour affronter des problèmes tels que ceux liés à la pandémie
du VIH/sida, aux enfants ayant des besoins spéciaux, aux
personnes vivant dans des régions aux prises avec des conflits
chroniques et à l'abus de drogues ;
améliorer la formation initiale et continue des enseignants,
en vue d'une meilleure maîtrise des approches participatives,
intégratrices, et sensibles à la discrimination sexuelle,
ainsi que de l'utilisation des nouvelles technologies ;
valider et appliquer les formes traditionnelles, basées
sur la famille, de prise en charge de l'enfance en termes
d'orientation des parents et de formation des enseignants,
ce qui renforce l'idée que l'apprentissage commence à la
naissance ;
promouvoir l'utilisation de la langue maternelle dans l'éducation
de la petite enfance, dans les premières années de l'enseignement
primaire et dans la formation des adultes ; créer un lien
entre développement personnel et patrimoine culturel des
apprenants ; et renforcer la confiance en soi des apprenants
;
améliorer la mise au point, la production et la distribution
d'aides didactiques abordables et mieux adaptées aux conditions
locales ;
entreprendre des recherches et développer l'utilisation
de productions locales plutôt qu'importer des produits manufacturés,
en matière de préparation et de production de manuels et
de matériels pédagogiques rentables ;
définir les compétences de base fondamentales pour chaque
niveau d'enseignement ;
développer des systèmes fiables d'organisation de l'éducation
et d'informations statistiques afin d'améliorer l'analyse
et la prise de décisions ;
favoriser le développement d'une recherche en éducation,
attentive aux problèmes de discrimination sexuelle et des
droits de chacun ;
articuler éducation formelle et non-formelle afin d'intégrer
les groupes marginalisés à un système d'apprentissage tout
au long de la vie ;
introduire l'éducation dans la famille, la communauté et
le lieu de travail ; et
inclure les valeurs et pratiques démocratiques à la conduite
de l'enseignement et de l'apprentissage.
|
| |
| |
| 3.3
Le renforcement des capacités institutionnelles et professionnelles
|
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Pour
être plus efficaces et plus sensibles au problème de la discrimination
sexuelle, les capacités institutionnelles et professionnelles
devront être renforcées aux niveaux régionaux, nationaux et
locaux. Pour ce faire, nous devons : |
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Donner la priorité au développement social, culturel et
économique de l'Afrique dans la formulation des politiques,
stratégies et programmes ;
assurer les droits fondamentaux à la nourriture, à un toit,
à la sécurité et à la santé pour que les enfants africains
participent pleinement à l'éducation ;
créer un contexte politique propice, pour garantir l'inclusion
de tous dans les programmes éducatifs ;
mobiliser les ressources financières et humaines disponibles
et en créer de nouvelles pour offrir à tous une éducation
de base ;
développer des programmes sensibles au problème de la discrimination
sexuelle et des contextes d'apprentissage conviviaux pour
assurer la pleine participation des filles à l'éducation
;
développer des capacités institutionnelles et des ressources
humaines en matière de systèmes statistiques et de gestion,
ainsi que des recherches sur la formulation, la mise en
œuvre et l'évaluation de politiques éclairées ;
impliquer les syndicats d'enseignants et les enseignants
dans l'amélioration de la profession ;
développer des capacités institutionnelles et humaines ainsi
que des programmes scolaires pour prévenir et gérer la pandémie
du VIH/sida et ses effets sur l'éducation.
|
| |
| 3.4
Améliorer le partenariat |
| |
Nous
reconnaissons que les gouvernements ont la responsabilité la
plus importante dans le financement de l'éducation de base.
Ils doivent jouer un rôle de tête de file dans la facilitation
des partenariats établis à tous les niveaux, avec la société
civile, les organisations, le secteur privé, les ONG, les groupes
religieux, les communautés, les associations de parents et d'enseignants,
les syndicats enseignants et les familles. Nous cherchons à
nouer des partenariats avec les parties prenantes qui ne soient
pas simplement destinés à partager les dépenses, mais qui englobent
l'ensemble du secteur de l'éducation, y compris les processus
décisionnels, la gestion et l'enseignement. Pour arriver à cette
nouvelle forme de partenariat, nous devons : |
| |
Développer un cadre politique pour renforcer la coopération
entre ministères, ONG, société civile et autres instances
;
planifier, contrôler et faciliter conjointement la coordination
de l'aide en vue du leadership, de l'appropriation et de
la mise en œuvre par les pays eux-mêmes ;
partager les connaissances, les informations, les savoir-faire
techniques et les autres ressources ;
prendre des mesures pour bâtir un climat de confiance mutuelle,
de respect et de responsabilité ;
impliquer les médias et les partenaires décisionnels dans
le débat public sur l'éducation, les questions de société
et de développement et pour atteindre les jeunes déscolarisés
et les adultes ;
appliquer des stratégies de soutien pour éliminer la dépendance
à l'aide à long terme, accentuer le renforcement des capacités
locales, et faire plus confiance aux solutions indigènes
;
créer un mécanisme de gestion et de coordination des partenariats,
par le biais de la législation et des réunions de sensibilisation
et de consultation ;
impliquer les partenaires décisionnels dans la construction
d'un minimum d'infrastructures critiques pour la mise en
œuvre et la gestion de la décentralisation à différents
niveaux ;
canaliser l'assistance à l'éducation à travers les organisations
opérationnelles des Nations Unies et les ONG dans les pays
où sévissent des conflits armés ;
collaborer pour le développement de systèmes de collecte
de données et d'informations adéquats, qui aident à l'évaluation
des situations et tendances à l'intérieur des différents
sous- secteurs de l'éducation.
|
| |
| |
| 4. Stratégie |
| |
Sur
la base des nouvelles formes de partenariat, nous devons nouer
des alliances entre partenaires décisionnels orientées vers
la réalisation d'objectifs, et nous focaliser sur le renforcement
des capacités et la transformation des systèmes afin de répondre
aux besoins d'apprentissage des individus et de réaliser les
objectifs de développement de la communauté, du pays et de la
région. |
| |
| 4.1
Objectifs stratégiques |
| |
Les
objectifs stratégiques que nous nous fixons constituent les
cinq thèmes de la conférence : |
| |
1. Réformer
l'éducation pour permettre la réalisation des objectifs
de développement national et régional, en se référant spécifiquement
au développement social, culturel, économique et technologique
;
2.réformer
les contenus des programmes scolaires et améliorer la pertinence,
la qualité et les méthodes d'enseignement, en nous concentrant
sur les besoins des apprenants ;
3.transformer
le rôle de l'État ainsi que des structures et des fonctions
des systèmes éducatifs pour faciliter la participation active
des partenaires décisionnels aux processus d'apprentissage
tout au long de la vie ;
4.renforcer
les capacités en matière de direction, gestion, recherche
et systèmes d'information dans le domaine de l'éducation
; et
5.
renforcer les partenariats avec les ONG, la société civile
et les partenaires du développement au niveau communautaire,
national, régional et international.
|
| |
Nous devons réunir les partenaires décisionnels et constituer
des conseils consultatifs pour définir ces objectifs et pour
élaborer des stratégies pour les atteindre.
|
| |
| 4.2
Les stratégies de base |
| |
Afin
d'atteindre les objectifs fixés dans la Déclaration de Johannesburg,
nous devons examiner nos systèmes éducatifs, en nous référant
aux cinq objectifs stratégiques et aux dimensions cibles de
l'Éducation pour tous : |
| |
L'expansion du développement des programmes d'éveil de la
petite enfance et de leur qualité ;
l'universalisation de l'accès à l'école et l'augmentation
du nombre d'élèves achevant leur scolarité primaire (fondamentale)
l'amélioration des acquis scolaires ;
la promotion de l'équité entre hommes et femmes et le développement
de l'éducation des filles et des femmes ;
la lutte contre l'illettrisme des adultes ;
le développement de l'éducation de base et de la formation
qualifiante des enfants non scolarisés ;
la mise en place de programmes d'éducation sur le VIH/sida
et de mécanismes adaptés pour lutter contre la pandémie
;
l'amélioration de la gestion et de la gouvernance.
|
| |
Dans
le cadre de la formulation de stratégies spécifiques aux pays,
nous serons guidés par les stratégies générales suivantes que
nous avons adoptées : |
| |
| 4.2.1
L'examen et l'harmonisation des politiques et des législations
existantes |
| |
|
Une
attention particulière doit être portée aux droits des catégories
défavorisées, notamment les filles et les femmes, les minorités
ethniques, les handicapés, les victimes de la pandémie du
VIH/sida et les autres personnes ayant des conditions de vie
particulièrement difficiles.
Les formes d'apprentissage formel, non formel et informel
doivent être articulées de façon à créer une " culture de
l'apprentissage tout au long de la vie " qui promeut l'intégration
sociale.
|
| |
| 4.2.2
L'augmentation des financements et de la rationalisation des
investissements en faveur de l'éducation |
| |
Les
gouvernements demeurent les principaux responsables du financement
de l'éducation, en faveur de laquelle nous devons tenter de
dégager des fonds supplémentaires et de mobiliser des ressources
locales et privées. En améliorant la qualité de l'éducation
et le rendement des systèmes éducatifs, nous augmenterons aussi
l'efficacité des dépenses consenties. |
| |
| 4.2.3
Le développement des capacités institutionnelles au niveau national,
sous-régional et régional |
| |
Nous
devons améliorer nos capacités à réaliser les objectifs en matière
d'Éducation pour tous, en mettant en œuvre des réformes institutionnelles
et des programmes de formation appropriés, qui se focalisent
sur le leadership, la planification stratégique des ressources,
la gestion de l'information et la recherche décisionnelle. En
mettant en commun les institutions régionales déjà existantes,
les compétences, les méthodologies et les informations, nous
assurerons la faisabilité, la durabilité et la rentabilité.
|
| |
| 4.2.4
L'examen des programmes d'enseignement et la validation des
systèmes de connaissance, des valeurs et des compétences indigènes
|
| |
L'élaboration
de programmes d'enseignement adéquats doit prendre en compte
les systèmes de valeur fondés sur les langues et les systèmes
de connaissances indigènes, tout autant que les connaissances,
informations et technologies actuelles. Nous devons trouver
de nouveaux moyens pour articuler les opportunités d'apprentissage
formel, non formel et informel, de manière à créer une " culture
de l'apprentissage tout au long de la vie ", avec l'objectif
de promouvoir l'intégration sociale. |
| |
| 4.2.5
L'amélioration des capacités de réforme de l'éducation |
| |
Pour
que la mise en œuvre des changements planifiés aussi bien que
les réponses à la crise et l'ajustement de la gestion soient
efficaces, il faut à la fois un consensus politique et des compétences
professionnelles. Afin d'augmenter les capacités d'innovation,
la sensibilisation aux disparités et la flexibilité pour faire
face à des besoins changeants, nous devons associer les exécutants
et les bénéficiaires à l'examen des décisions et aux comités
de gestion, et ce, aux différents niveaux d'exécution. Pour
éviter le retranchement dans le statu quo et pour élargir les
perspectives, les groupes les plus défavorisés doivent être
représentés, sinon directement, au moins par des organisations
de la société civile soutenant leur cause. |
| |
De
même, sinon plus, la capacité à mettre en œuvre les changements
nécessaires est cruciale. Nous devons donc développer les capacités
d'exécution des individus et des organisations. Un point de
départ urgent est, par exemple, la question de l'enseignement
et de l'apprentissage à l'école et dans la classe -un domaine
où les changements attendus n'ont pas eu lieu. En nous focalisant
ainsi, nous améliorerons le professionnalisme des équipes enseignantes,
nous développerons les systèmes de gestion des établissements
scolaires, nous créerons un environnement plus sensible au problème
de la discrimination sexuelle et plus favorable au travail des
élèves, etc. |
| |
| 4.2.6
L'amélioration de l'environnement de l'enseignement et de l'apprentissage |
| |
Il
est impératif d'accorder davantage d'attention au développement
de matériels, de méthodologies et d'environnements d'apprentissage
sociaux adaptés et durables ancrés dans l'environnement local
de l'élève africain -et notamment l'environnement des petites
filles et des handicapés. Il conviendra de développer un environnement
d'apprentissage sûr et stimulant intellectuellement ainsi qu'une
pédagogie fondée sur une approche centrée sur l'élève, des valeurs
démocratiques et des pratiques d'interaction enseignement-apprentissage. |
| |
| 4.2.7
L'adoption de technologies adaptées et rentables
|
| |
Des
technologies nouvelles, adaptées et rentables doivent être adoptées,
parallèlement à l'intégration des méthodes indigènes d'éducation.
La dépendance envers les matériels et technologies importés,
qui demandent toujours plus de devises fortes alors qu'elles
sont en quantité limitée, n'est pas viable et doit être réduite
le plus rapidement possible. Pour commencer, les investissements
R&D doivent être intensifiés pour développer des alternatives
locales à l'importation de papier, de livres, etc., qui élimineront
les taxes d'importation sur le papier et autres matériels nécessaires
à la publication locale de livres. Le recours plus effectif
à la tradition orale dans des contextes appropriés doit être
exploré et systématisé dans la formation des enseignants et
pour d'autres applications en matière d'éducation et de formation. |
| |
| 4.2.8
La promotion et le soutien pour une recherche en éducation basée
en Afrique |
| |
Les
politiques d'éducation doivent être ancrées dans la réalité
africaine. Nous devons donc renforcer la recherche dans des
domaines prioritaires pour l'Afrique. La recherche doit être
menée dans la langue et l'environnement des groupes-cibles.
Elle doit identifier, analyser et résoudre les problèmes qui
sont responsables, par exemple, de l'exclusion (sur quelque
base que ce soit : sexe, handicap, langue, statut, race, etc.)
et qui sont liés à des structures et des politiques éducatives
et culturelles, à des programmes scolaires et des pratiques
d'enseignement. Comme le manque de données pertinentes reste
un problème majeur, les responsables de la recherche en éducation
et des statistiques doivent élaborer ensemble des stratégies
pour la recherche et les statistiques fondées sur les recommandations
de la Conférence de Johannesburg et soumettre leur rapport au
Conseil consultatif national de l'Éducation pour tous. |
| |
| 4.2.9
Le développement de partenariats authentiques et durables
|
| |
Les
partenariats entre tous les partenaires décisionnels doivent
être construits sur des principes de confiance, responsabilité
et transparence. Cependant, les gouvernements doivent prendre
la pleine responsabilité de l'offre d'éducation primaire et
assumer le leadership pour faciliter la participation de tous
les acteurs de l'éducation en tant que partenaires. Des objectifs
communs, le consensus sur les stratégies à mettre en œuvre,
la coordination et les relations de travail doivent être établies
à travers le Conseil consultatif national de l'Éducation pour
tous et les groupes techniques de travail. |
| |
| 5. La
fixation d'objectifs |
| |
Sur
la base de ce Cadre général, chaque équipe nationale devra se
fixer des objectifs, définir des stratégies et élaborer des
plans d'action en fonction des résultats de l'évaluation nationale
et en se fondant sur les 10 lignes directrices suivantes : |
| |
| 5.1
Développer des programmes de qualité pour les soins et le développement
de la petite enfance |
| |
Il
conviendra de doubler d'ici 2006 le nombre de programmes et
de possibilités concernant le développement de la petite enfance.
Ces différents programmes devront se dérouler dans des cadres
sécurisants, sûrs et stimulants. Les pays devront oeuvrer à
garantir l'accès à ces programmes à tous les enfants âgés de
3 à 6 ans, et ce d'ici l'an 2015. |
| |
| 5.2
Améliorer l'accès universel à l'éducation primaire (de base)
et faire en sorte que les élèves terminent leur scolarité. |
| |
Il
faudrait veiller à ce que tous les enfants d'âge scolaire aient
accès à un enseignement primaire de qualité d'ici 2015. Au moins
80 % des inscrits devraient arriver au terme de l'enseignement
primaire, et au moins 90 % d'entre eux devraient pouvoir continuer
leurs études dans le secondaire. |
| |
| 5.3
Améliorer les performances en matière d'apprentissage |
| |
Il
faudrait que d'ici 2015, tous les enseignants aient bénéficié
d'une formation initiale et que les programmes de formation
en cours d'emploi soient opérationnels. Cette formation devrait
mettre l'accent sur des approches centrées sur l'enfant et sur
un enseignement fondé sur le respect des droits et des différences
entre les sexes. Des mécanismes devraient être mis en place
pour permettre des évaluations nationales afin de suivre les
progrès en matière d'apprentissage. Tous les enfants devront
maîtriser les compétences minimales dans les domaines de l'expression
écrite et orale, des mathématiques et des sciences. |
| |
|
| 5.4
Améliorer l'éducation des filles et des femmes |
| |
|
Il
faudrait que le nombre de filles inscrites à l'école, terminant
leur scolarité et passant d'un niveau de l'enseignement à l'autre
soit de plus en plus comparable à celui des garçons. Il faudrait
revoir et, le cas échéant, adopter des lois afin de supprimer
tous les obstacles à la participation des filles et des femmes
à l'éducation. Il faudrait prendre des mesures pour créer un
environnement d'apprentissage sûr et favorable aux filles et
aux femmes, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'école. L'action
positive devrait être généralisée pour améliorer l'accès à l'éducation,
en particulier dans le domaine des mathématiques et des sciences.
Il faudrait mener des campagnes de sensibilisation et de formation
attentives aux différences entre les sexes, à l'intention des
parents, des enseignants et des gestionnaires de l'éducation
en vue d'accroître la participation féminine à l'éducation. |
| |
|
| 5.5
Réduire l'analphabétisme des adultes |
| |
|
Il
faudrait réduire les taux d'analphabétisme des adultes d'au
moins 50 %, en consolidant l'alphabétisation et la formation
permanente des adultes et en intégrant les programmes dans le
cadre de l'apprentissage tout au long de la vie. Il faudrait
élaborer des programmes pertinents et stimulants, ainsi que
des méthodologies d'enseignement et des ressources pédagogiques
de qualité. |
| |
|
| 5.6
Développer l'éducation de base et la formation qualifiante pour
les apprenants non scolarisés |
| |
|
Il
conviendrait de mener, au cours des deux prochaines années,
des études sur la situation des enfants et des jeunes non scolarisés,
afin d'évaluer leurs besoins en matière d'apprentissage selon
les sexes, les âges et les contextes communautaires. En fonction
des résultats de ces études, l'on veillera à élaborer et à mettre
en place des programmes d'éducation non formelle novateurs et
durables. Il faudra œuvrer à instaurer une coopération entre
les prestataires de l'éducation et les ministères de l'éducation
en vue de l'harmonisation des programmes et dans le souci de
combler le fossé entre éducation formelle et éducation non formelle. |
| |
|
| 5.7
Mettre en place des programmes d'éducation sur le VIH/SIDA et
des mécanismes de réponse appropriés |
| |
Le
sida n'est plus désormais un simple problème de santé publique.
Dans nombre de pays africains, il constitue un obstacle de plus
en plus sérieux au développement. Il convient d'accélérer la
formation et le recrutement des enseignants afin de remplacer
le nombre croissant de maîtres en congés maladie, voire les
victimes de la pandémie. Il convient de développer des systèmes
d'aide d'urgence pour que le nombre croissant d'orphelins puissent
continuer de fréquenter l'école et trouver des solutions à long
terme pour leur prise en charge et leur développement. |
| |
|
Les
compétences nécessaires à la vie courante et les programmes
d'éducation relatifs au VIH/sida devraient être renforcés
ou introduits dans tous les programmes d'éducation. Il conviendrait
de forger par ailleurs des partenariats avec les médias, les
organisations religieuses, la société civile et les communautés
afin que se dégage un consensus sur la marche à suivre pour
mettre en œuvre le programme d'éducation au VIH/sida et développer
des stratégies efficaces et viables de lutte contre cette
pandémie.
En collaboration avec les autres ministères et les partenaires
décisionnels, le secteur de l'éducation devrait jouer un rôle
prépondérant dans les campagnes sur le sida et exhorter les
hommes, y compris ceux qui appartiennent au corps enseignant,
à respecter la dignité des femmes et leur droit de se protéger.
|
| |
| 5.8
Améliorer la gestion et la gouvernance |
| |
Le
développement d'une éducation de qualité dans la région doit
s'appuyer sur une gestion efficace à tous les niveaux. Les pratiques
devront faire l'objet d'une évaluation et être révisées pour
refléter la nouvelle vision de l'éducation. Il conviendra de
recourir aux nouvelles technologies de la communication et de
l'information. La gestion de l'éducation et la gouvernance doivent
être décentralisées et assorties de mesures visant à construire
les capacités de mise en œuvre afin d'encourager la participation
des autres prestataires de l'éducation, des parents, des communautés
et des apprenants pour mieux répondre aux besoins en permanente
évolution. Il faudra formuler un plan stratégique sur la gestion
et la gouvernance de la structure et des fonctions nouvelles
à divers niveaux conformément aux nouveaux principes de partenariat. |
| |
| 5.9
Accroître les crédits budgétaires affectés à l'éducation |
| |
La
mise en œuvre du Cadre d'action dépendra, dans une large mesure,
de la mobilisation de ressources supplémentaires et d'une rationalisation
des sommes actuellement allouées à l'éducation. Les gouvernements
devraient faire en sorte de consacrer à l'éducation au moins
7 % du PIB à moyen terme (5 ans) et 9 % à long terme (10 ans).
Les organismes internationaux devraient doubler leur soutien
financier, en particulier pour le développement des capacités
et de la gestion. |
| |
| 5.10
Institutionnalisation des fonctions d'évaluation et de suivi
de l'équipe d'EPT |
| |
Les
équipes de coordination et les structures consultatives existantes
seront renforcées afin de suivre les progrès accomplis dans
la mise en œuvre des objectifs de notre nouvelle vision. Nous
allons transformer les groupes consultatifs régionaux en un
Conseil consultatif régional de l'EPT composé de partenaires
de l'éducation au niveau régional, dont les commissions thématiques
et les groupes de travail techniques seront les infrastructures
et faisant intervenir des spécialistes dans les domaines de
la recherche, des statistiques, de l'administration, de la gestion
financière, de l'inspection, etc. de divers départements, institutions
et agences. Le Conseil aura pour tâche première de produire,
d'ici à la fin de l'an 2000, un plan de travail consensuel pour
l'évaluation et le suivi réguliers de la mise en œuvre du Cadre
d'action de l'EPT. |
| |
| 6. L'Alliance
pour la Renaissance africaine : programme d'action |
| |
|
Après
avoir adopté une vision commune, nous proposons une Alliance
pour la Renaissance africaine car nous sommes convaincus qu'ensemble
et unis, nous constituons une force puissante capable de faire
aboutir un véritable changement de paradigme et de promouvoir
davantage d'investissements en faveur de l'éducation en vue
de la transformation envisagée. Pour ce faire, nous planifierons
conjointement et coordonnerons nos stratégies et nos activités,
et nous unirons nos compétences et nos ressources.
Afin que l'Alliance pour la Renaissance africaine réussisse,
nous sommes tout à fait conscients de la nécessité pour les
membres d'en respecter les principes et d'assumer leurs responsabilités
dans leurs domaines de compétence respectifs pour la cause
commune. En tant que partenaires de cette Alliance, nous nous
efforcerons d'assumer nos responsabilités dans nos domaines
respectifs :
|
| |
| 6.1
Les gouvernements africains: |
| |
Mettront un terme aux conflits armés et assureront la sécurité,
encourageront une culture de paix, réviseront les budgets
militaires, utiliseront les soldats démobilisés, les armes,
les équipements et autres actifs libérés de manière constructive
: formation professionnelle, alphabétisation des adultes,
réparation et construction d'écoles, transports publics,
gestion de l'eau et irrigation, etc. ;
encourageront un style de gouvernement éclairé, participatif,
transparent et responsable ; la corruption sous toutes ses
formes devra être condamnée à tous les niveaux du gouvernement
et de la société civile ;
concentreront leurs ressources sur les processus d'enseignement
et d'apprentissage et sur les méthodes de prestation les
plus efficaces, les plus rentables et fondées sur un partage
des coûts et des ressources ;
augmenteront suffisamment les ressources consacrées à l'éducation
de base pour avoir un impact significatif sur la quantité
et la qualité ;
veilleront à ce que les économies réalisées grâce à la réduction
de la dette soient investies dans l'éducation et dans le
secteur social dans l'intérêt des enfants, des jeunes et
des adultes jusqu'ici marginalisés et exclus ;
prendront l'initiative de mobiliser des ressources, de fixer
des normes et de faciliter la participation des parties
prenantes à l'éducation, dont les communautés, les ONG,
la société civile, le secteur privé et les partenaires du
développement ;
veilleront à ce que politiques et législations soient inclusives
et favorables à une éducation de qualité pour tous ;
créeront un environnement propice, y compris par l'action
positive, à la pleine participation des femmes à la direction
de l'éducation ;
développeront des capacités institutionnelles en matière
de planification stratégique des ressources, de suivi et
de mise en œuvre du Cadre d'action ; et
réviseront tous les éléments juridiques, administratifs
et fiscaux de manière à faciliter le rôle de l'édition dans
l'éducation et à aider les éditeurs locaux en éliminant
les droits de douane sur le papier et autres fournitures
requises.
|
| |
| 6.2
Les institutions régionales et sous-régionales : |
| |
Mettront sur pied un Conseil consultatif régional de l'EPT,
soutenu par des commissions thématiques et des groupes de
travail techniques, qui assumera les fonctions de suivi
et d'évaluation des groupes consultatifs techniques régionaux
;
feront de l'éducation leur toute première priorité pour
la prochaine décennie en termes de politiques, de programmes
et d'activités ;
assureront la conduite efficace du processus de mise en
œuvre de programmes régionaux de l'éducation, ainsi que
du processus de renforcement de la coopération au niveau
sous-régional et régional ;
assureront la promotion des synergies et faciliteront l'émergence
d'établissements pédagogiques sous-régionaux et régionaux,
avec des programmes éducatifs intégrés, des mécanismes de
mise en commun d'informations et de ressources, dans des
domaines tels que les manuels scolaires en langues locales,
en sciences et en technologie ;
faciliteront la coopération régionale entre institutions
et réseaux d'experts dans le cadre de programmes conjoints
destinés à favoriser le développement des capacités en matière
de direction de l'éducation, de gestion, de planification
stratégique des ressources, de recherche sur les politiques
et de systèmes d'information statistiques ;
encourageront une gouvernance de qualité et condamneront
la corruption au sein de leurs propres institutions, ainsi
que dans la société en général ;
prendront des mesures pour prévenir et réduire le commerce
des armes et la contrebande de minerais stratégiques, d'or
et de diamants que les partis en guerre utilisent pour financer
leurs conflits.
|
| |
| 6.3
La société civile, dont les ONG, le secteur privé et les organismes
religieux: |
| |
Recentreront leur action sur la responsabilisation de la
communauté pour remédier à la pauvreté et renforcer la participation
de la collectivité à l'éducation ;
participeront au processus d'éducation et y contribueront
de diverses manières, notamment en définissant et en surveillant
la pertinence et la qualité, et en fournissant des services
bénévoles ;
militeront pour l'inclusion de groupes jusqu'ici marginalisés,
en particulier les pauvres et les démunis : les orphelins,
les handicapés, les détenus, les réfugiés et les personnes
déplacées à l'intérieur de leur propre pays ;
encourageront une gouvernance de qualité et condamneront
la corruption ;
favoriseront l'établissement de partenariats authentiques
avec d'autres parties prenantes qui soient mutuellement
acceptables et dans l'intérêt des apprenants africains,
enfants et adultes, grâce à de meilleures capacités de gestion
compte tenu des défis nouveaux à relever et des responsabilités
à assumer ;
soutiendront les efforts des gouvernements et des communautés
en vue de promouvoir un développement durable, en favorisant
une éducation de qualité pour tous ;
s'investiront davantage dans les campagnes de sensibilisation
du public s'agissant, par exemple, du VIH/sida, ainsi que
dans les campagnes destinées à inciter l'opinion publique
à militer contre les conflits armés.
|
| |
| 6.4
Les médias africains et internationaux : |
| |
Diffuseront et feront connaître la nouvelle vision de l'éducation
en Afrique, œuvreront à la mise en place d'une éducation
de base holistique, humaine et transformatrice, ancrée dans
les valeurs africaines et dans les systèmes de connaissances
locaux ;
participeront activement aux discussions, à la recherche,
au suivi et à la mobilisation de ressources pour le développement
d'une éducation de base de qualité pour tous ;
mettront en place des stratégies pour informer et éduquer
les Africains sur diverses questions touchant le développement
du continent en général et l'éducation en particulier, dont
l'éducation au VIH/sida, l'instruction des filles, les conflits
ethniques et sociaux et la validation du système de valeurs
africain et des savoirs indigènes ;
offriront un forum de débats publics et d'échanges de vue
de tous les partenaires décisionnels de l'éducation -élèves,
parents, communautés, société civile et gouvernements ;
et
proposeront des modalités d'enseignement al | |