| |
|
Les
états arabes
|
|
Cadres
d'action régionaux
|
|
L'éducation
pour tous dans les états arabes :
|
|
Renouveler
l'engagement
|
|
Cadre
d'action pour répondre aux besoins éducatifs fondamentaux
|
|
dans
la région arabe au cours de la décennie 2000-2010
|
|
Adopté
lors de la Conférence régionale des États arabes
|
|
sur l'éducation pour tous Le Caire, Égypte, 24-27 janvier
2000
|
| |
| |
|
Préambule
|
| |
|
Considérant
le bilan des efforts et des progrès accomplis dans les États
arabes en matière d'éducation de base - Education pour tous
depuis la Conférence de Jomtien (1990) jusqu'à la fin de la
décennie (an 2000), établi dans le cadre de la préparation
du Forum mondial sur l'éducation (Dakar, avril 2000),
|
| |
| Rappelant |
- la
Convention relative aux droits de l'enfant, la Déclaration
mondiale sur l'éducation pour tous, le document arabe sur
l'enfance et le plan arabe pour l'éveil et la protection
de l'enfance, et d'autres documents arabes et internationaux
sur l'éducation,
- les
stratégies adoptées par les ministres arabes de l'éducation
lors de leurs réunions,
|
| |
| Conscients
des défis et bouleversements mondiaux et de leur conséquences
sur le développement de la région arabe, et soucieux de tirer
parti de leurs effets positifs et d'en éviter les effets négatifs,
; |
| |
| Reconnaissant
l'importance de l'éducation en tant qu'elle constitue la
clé du développement humain sans lequel il ne peut y avoir de
développement global durable, |
| |
| Soucieux
de réaliser l'éducation pour tous dans ses dimensions quantitatives
et qualitatives, c'est-à-dire une éducation de qualité qui vise
à l'excellence pour tous, développe et aiguise les capacités
de chacun et les hisse au plus haut niveau qu'elles puissent
atteindre, |
| |
| Soulignant
le rôle que joue l'éducation dans l'égalité des chances d'apprentissage
offertes à tous, filles et garçons vivant en zone rurales ou
urbaine, sédentaires ou nomades, et répondant aux exigences
de notre époque, marquée par les révolutions scientifique, informatique
et technologique qui confirment la notion d'auto-apprentissage
comme fondement de l'éducation permanente, en vue de permettre
à l'individu d'avoir accès à l'information et d'y appliquer
son intelligence pour le critiquer, trier, classer, traiter,
recréer et utiliser dans les différents domaines de la vie économique,
sociale et cultuelle, |
| |
| Considérant
que l'éducation est un problème social et que toutes les
forces, institutions et organisations arabes et internationales,
toutes les associations, unions et organisations gouvernementales
et non gouvernementales doivent conjuguer leurs efforts pour
satisfaire aux exigences et assurer la réalisation des objectifs
de l'éducation pour tous, |
| |
| Inspirés
par les valeurs culturelles et spirituelles de notre nation
selon lesquelles l'éducation est un aspect essentiel de notre
identité culturelle pour le présent comme pour l'avenir, |
| |
| Nous,
participants à la Conférence régionale arabe sur l'éducation
pour tous - Bilan à l'an 2000, qui s'est tenue au Caire du 24
au 27 janvier 2000, recommandons aux États arabes d'adopter
le document intitulé " L'éducation pour tous dans les États
arabes : renouveler l'engagement " comme cadre d'action pour
répondre aux besoins éducatifs fondamentaux dans la région pendant
les années 2000 à 2010. |
| |
|
Introduction
|
| |
| 1.
Le Cadre d'action pour répondre aux besoins éducatifs fondamentaux
dans les pays arabes pendant les années 2000 à 2010 est fondé
sur les éléments suivants : |
| |
1)
" Déclaration mondiale sur l'éducation pour tous " et "
Cadre d'action pour répondre aux besoins éducatifs fondamentaux
", adoptés par la Conférence mondiale sur l'éducation pour
tous (Jomtien, 1990) ;
2)
travaux de la Réunion à la mi-décennie du Forum consultatif
international sur l'éducation pour tous (Amman, 1996) et
autres activités arabes et internationales exécutées dans
les années 90 en relation avec la Déclaration et le Cadre
d'action ;
3)
documents sur l'enfance et l'éducation pour tous adoptés
par les ministres de l'éducation des États arabes ;
(4)
bilan de l'éducation pour tous à l'an 2000, établi par les
pays arabes dans le cadre de la préparation de la Conférence
régionale arabe sur l'éducation pour tous (Le Caire, 24-27
janvier 2000) ;
(5)
projet de Cadre d'action élaboré par le Forum consultatif
international sur l'éducation pour tous, soumis à la discussion
dans le cadre de la préparation du Forum mondial sur l'éducation
(Dakar, avril 2000) ;
(6)
débats de la Conférence régionale arabe sur l'éducation
pour tous - Bilan à l'an 2000, organisée au Caire (24-27
janvier 2000).
|
| |
| 2.
Le présent Cadre d'action à un double objectif : |
| |
(1)
servir de guide auquel tous ceux qui sont concernés par
l'éducation dans la région arabe et qui se sont engagés
à assurer la réalisation de l'objectif d'éducation pour
tous, devraient se référer lors de l'élaboration de leurs
stratégies, plans et programmes ;
(2)
exprimer les préoccupations de la région arabe dans le cadre
du débat sur les questions d'éducation pour tous engagé
au Forum mondial sur l'éducation (Dakar - Sénégal, avril
2000).
|
| |
|
I.
Contexte
|
| |
| L'éducation
est la clé du développement humain durable, le fondement d'une
vie éclairée et la garantie de conditions d'existence décentes |
| |
| 3.
L'éducation, ce " trésor caché ", est le produit des diverses
possibilités qui s'offrent d'accéder à la connaissance et d'acquérir
des compétences. L'apprentissage tout au long de la vie est
donc l'une des clés de la vie au XXIe siècle. Il met fin à la
distinction traditionnelle entre éducation formelle et éducation
permanente et fournit le moyen de relever les défis posés par
un monde qui évolue rapidement. |
| |
| 4.
Selon la Commission internationale sur l'éducation pour le vingt
et unième siècle, l'éducation repose sur quatre piliers : apprendre
à connaître, apprendre à faire, apprendre à être et apprendre
à vivre ensemble. L'aptitude à apprendre est au coeur du développement
humain. Elle est le fondement d'une vie éclairée et la garantie
de conditions d'existence décentes. |
| |
| 5.
L'éducation vise non seulement à universaliser l'accès à l'apprentissage,
mais aussi à assurer l'avènement d'une société éducative, fondée
sur l'acquisition, le renouvellement et l'exploitation du savoir.
D'où la nécessité d'élargir pour tous la possibilité d'accéder
au savoir. L'éducation doit donc permettre à tout un chacun
d'avoir accès à l'information, de la trier, de la classer, de
la traiter et de l'utiliser. L'apprentissage est la clé du développement
humain durable. |
| |
| Développer
l'apprentissage améliore la qualité de la vie |
| |
| 6.
Donner des chances d'éducation égales à tous est un service
social qui doit être obligatoirement assuré pour tous en tant
que droit fondamental de l'individu et condition nécessaire
à une amélioration de la qualité de la vie. |
| |
| 7.
La protection sanitaire, qui comprend la lutte contre les maladies,
l'approvisionnement en nourriture et en eau potable et la garantie
d'un environnement non pollué, est au même titre que l'éducation
un service social. L'éducation développe la sensibilisation
aux questions de santé. L'éducation des femmes améliore la prise
en charge des enfants non seulement en matière de santé, mais
aussi dans les autres domaines en général, y compris celui de
l'éducation. De tous les facteurs qui influent sur la fréquentation
scolaire et l'amélioration de la qualité de la vie, le degré
d'instruction de la mère est sans conteste le plus important. |
| |
| 8.
L'éducation développe aussi la sensibilisation aux questions
d'environnement, contribue à une meilleure connaissance des
droits et devoirs fondamentaux des individus et renforce la
conscience citoyenne et la participation éclairée à la vie de
la cité. Aujourd'hui, l'idée se répand partout dans le monde,
que l'éducation est le principal moyen de lutte contre la pauvreté.
|
| |
| Répondre
aux besoins éducatifs fondamentaux est une priorité internationale
|
| |
| 9.
La Déclaration mondiale sur l'éducation pour tous (Jomtien,
1990) proclame que : " Toute personne - enfant, adolescent ou
adulte - doit pouvoir bénéficier d'une formation conçue pour
répondre à ses besoins éducatifs fondamentaux ". |
| |
| 10.
La Conférence de Jomtien a, en outre, adopté un Cadre d'action
qui découle de la Déclaration mondiale sur l'éducation pour
tous et est destiné à servir de guide pour l'action aux niveaux
national, régional et international. |
| |
| Réaffirmation
du message de Jomtien au niveau international |
| |
|
11.
Les dix années qui ont suivi la Conférence de Jomtien ont
été marquées par la tenue d'une série de conférences auxquelles
les États arabes ont participé. Toutes ces conférences ont
réaffirmé le message de la Déclaration de Jomtien et établi
un lien entre l'éducation et le développement, la qualité
de la vie, les droits de l'homme, la démocratie, l'intégration
sociale et la justice. Elles ont recommandé en particulier
d'accorder une attention à l'éducation des filles et des femmes,
à la lutte contre la pauvreté, au chômage et à l'exclusion
sociale (Sommet mondial pour l'enfance, 1990 ; Conférence
des Nations Unies sur l'environnement et le développement,
1992 ; Conférence mondiale sur les droits de l'homme, 1993
; Conférence mondiale sur les besoins éducatifs spéciaux,
1994 ; Conférence internationale sur la population et le développement,
1994 ; Sommet mondial pour le développement social, 1995 ;
quatrième Conférence mondiale sur les femmes, 1995 ; Conférence
internationale sur l'éducation des adultes, 1997 ; etc.).
|
| |
|
12.
Les participants à la Réunion à la mi-décennie du Forum consultatif
international sur l'éducation pour tous (Amman, 1996), organisée
pour évaluer les progrès accomplis au cours des cinq années
qui ont suivi la Conférence de Jomtien, ont examiné les nouveaux
défis ainsi que les défis persistants. Dans la Réaffirmation
d'Amman, ils ont recommandé de " mettre l'accent sur des formes
d'apprentissage et de réflexion critique qui permettront à
chaque individu de comprendre un environnement en évolution,
de créer de nouveaux savoirs et de façonner son propre destin
". Ils ont en outre recensé les défis persistants qu'il fallait
relever pour atteindre les objectifs de l'EPT, à savoir l'éducation
des femmes et des filles, la formation, le statut et la motivation
des enseignants, la promotion du rôle de la famille et de
la communauté locale dans le processus d'éducation, la nécessité
d'un partenariat élargi au service de l'éducation pour tous.
|
| |
|
Réaffirmation
du message de Jomtien au niveau de la région arabe
|
| |
|
13.
Dans la Déclaration du Caire (1994), les ministres arabes
de l'éducation ont souligné le rôle de l'éducation dans la
poursuite du développement durable et se sont déclarés résolus
à " élaborer des programmes éducatifs propres à permettre
à la région d'occuper la place qui lui revient au cours du
siècle prochain ". Ils ont conclu que deux questions urgentes
étaient prioritaires et exigeaient une action concertée :
l'analphabétisme et la qualité de l'éducation.
|
| |
|
14.
La Déclaration arabe sur l'éducation des adultes (Le Caire,
1997) réaffirme le contenu de la Déclaration de Jomtien (1990)
et de la Réaffirmation d'Amman (1996), et renouvelle l'engagement
envers la Stratégie arabe pour l'éducation, la Stratégie pour
l'élimination de l'analphabétisme dans les États arabes, et
les recommandations des conférences arabes sur l'éducation,
notamment de la cinquième Conférence des ministres de l'éducation
et des ministres chargés de la planification économique dans
les États arabes qui s'est tenue au Caire en 1994. La Déclaration
arabe sur l'éducation des adultes souligne la nécessité de
considérer l'élimination de l'analphabétisme comme une priorité
essentielle pour le développement des États arabes et affirme
la volonté des États concernés d'offrir aux adultes des possibilités
et des programmes d'éducation tout au long de la vie.
|
| |
|
II.
Progrès accomplis et problèmes rencontrés
|
| |
|
15.
Les efforts entrepris au niveau international ont débouché
sur la mise en œuvre d'un certain nombre de politiques, lois,
mesures, programmes et activités dans les États arabes, qui
ont contribué à améliorer la qualité de la vie ainsi que la
qualité de l'éducation et les possibilités d'y accéder.
|
| |
|
16.
Cependant, les résultats obtenus à la fin du XXe siècle demeurent
en deçà de ce que l'on pouvait espérer. La pauvreté demeure
répandue et là où elle progresse, l'éducation recule et la
qualité des services de santé baisse. Sans parler d'autres
problèmes comme le chômage, la violence, les conflits, la
menace constante de dissolution des liens familiaux et de
désintégration sociale. La pauvreté engendre la pauvreté,
comme l'analphabétisme engendre l'analphabétisme, avec au
bout la régression sociale. Certains pays souffrent plus que
d'autres, les zones rurales plus que les zones urbaines, les
habitants des régions reculées, les minorités marginalisées
et les populations nomades plus que les autres.
|
| |
| 17.
Bien que nombre d'études aient souligné l'importance de l'éducation
des femmes en tant qu'investissement utile, les femmes et les
filles ont insuffisamment profité des ressources allouées. Lorsque
les filles vont jusqu'au bout de leurs études primaires, c'est
souvent le taux de passage dans le secondaire qui trahit alors
une disparité. Le fossé entre hommes et femmes s'élargit encore
si l'on considère les taux d'alphabétisation. Si l'on étudie
les autres facteurs liés à la qualité de la vie (en particulier
dans les zones rurales et les bidonvilles), tels que la pauvreté,
le handicap, la violence contre les femmes, la malnutrition,
les transformations sociales rapides, le chômage et le risque
de contracter des maladies comme le sida, les femmes sont lésées
par rapport aux hommes, du fait d'une discrimination fondée
sur le sexe. |
| |
| La
prise en charge de la petite enfance est loin de recevoir l'attention
voulue |
| |
| 18.
La plupart des pays arabes proposent une éducation préprimaire
aux enfants âgés de 3 à 5 ans. Cette éducation revêt parfois
une forme traditionnelle - c'est notamment le cas des écoles
coraniques (kuttals), financées par l'État comme au Maroc ou
en Mauritanie. Mais le taux de scolarisation brut varie à ce
niveau de 0,7 à 99 %, indiquant la plus forte disparité entre
États arabes pour ce qui est des indicateurs de l'éducation.
Cependant, entre le début et la fin de la décennie 1990, tous
les États ont enregistré des progrès dans ce domaine. A l'heure
actuelle, la situation est la suivante : le taux de scolarisation
est inférieur à 13 % dans dix pays, il oscille entre 13 et 50
% dans six autres et ne dépasse 70 % que dans deux pays (Liban,
71 % et Koweït, 99 %). Ce qui signifie que les pays arabes,
riches comme pauvres, n'accordent pas une attention suffisante
à l'éveil et à la protection de la petite enfance. Cette tâche
incombe, semble-t-il, principalement à la famille. |
| |
| 19.
Par ailleurs, le pourcentage d'enfants entrant en primaire après
avoir reçu une éducation pendant au moins un an est supérieur
au taux de scolarisation brut dans l'enseignement préprimaire,
ce qui montre, d'une part, que la scolarisation à ce niveau
est de courte durée dans la plupart des pays arabes et, d'autre
part, qu'elle accuse une tendance à la hausse. Dans l'ensemble,
l'éveil et la protection de la petite enfance représentent,
pour un certain nombre de pays arabes, un défi important dans
la mesure où ils influent sur la scolarité des enfants dans
le primaire. |
| |
| Augmentation
du taux de scolarisation dans l'enseignement primaire |
| |
| 20.
C'est dans le domaine de la scolarisation primaire que se situent
les principaux progrès enregistrés par les pays arabes au cours
des dix dernières années. La plupart d'entre eux ont conservé,
voire amélioré, leur capacité d'accueil en première année d'enseignement
primaire (6 à 7 ans). Le taux de scolarisation brut à ce niveau
demeure bas (égal ou inférieur à 82 % à la fin des années 90)
dans quatre pays : Djibouti, Mauritanie, Soudan, Yémen. Lorsque
ce taux est élevé, les disparités entre les sexes sont faibles
(1 à 4 points de pourcentage) et inversement (10 points de pourcentage).
Néanmoins, si l'on considère le taux de scolarisation net à
ce niveau, le tableau change : ce taux est égal ou inférieur
à 82 % dans neuf pays. |
| |
| 21.
Le taux de scolarisation brut a également enregistré des progrès
notables dans l'ensemble de l'enseignement primaire. Il est
égal ou inférieur à 68 % dans trois pays seulement et atteint
90 % et plus dans 13 autres (l'indice de parité entre les sexes
étant alors égal ou supérieur à 0,9). Deux pays, la Mauritanie
et le Soudan, ont fait d'énormes progrès entre le début et la
fin des années 90. |
| |
| 22.
Cependant, les écarts entre zones rurales et zones urbaines
demeurent grands et la scolarisation des filles dans le primaire
est toujours inférieure à celle des garçons (l'indice de parité
est égal ou supérieur à 1 dans un seul pays). Le problème devient
plus patent si l'on considère le taux de scolarisation net.
Malgré une amélioration dans les années 90, ce taux demeure
inférieur à 80 % dans six pays. De même, l'écart entre filles
et garçons se creuse : l'indice de parité est égal ou inférieur
à 0,9 dans six pays. |
| |
| Persistance
de l'analphabétisme |
| |
|
23.
On estime aujourd'hui à 68 millions (dont 63 % de femmes)
le nombre d'analphabètes dans les États arabes. Malgré les
efforts déployés, un quart de cette population (17 millions)
est concentré dans un pays, l'Égypte, et 70 % dans cinq pays
: Algérie, Egypte, Maroc, Soudan et Yémen. Dans la plupart
de ces pays, l'analphabétisme est associé à d'autres phénomènes
: population totale nombreuse, essentiellement rurale, forte
croissance démographique, pauvreté.
|
| |
| 24.
La situation de l'analphabétisme contraste avec celle d'un
enseignement primaire en expansion, car elle est le produit
du sous-développement de l'enseignement dans le passé. Le facteur
déterminant de cette situation, celui qui l'explique le mieux,
est la disparité entre les sexes. L'indice de parité qui atteint
0,69 dans la région, montre que la pauvreté n'est pas le seul
facteur en cause dans l'analphabétisme, dont l'ampleur s'explique
aussi par une attitude opposée à l'éducation des femmes et par
l'absence de politiques efficaces pour modifier cette attitude. |
| |
|
25.
L'existence de 68 millions d'analphabètes dans la région arabe,
le fait que tous les pays soient touchés, bien qu'à des degrés
divers, posent un problème majeur du point de vue du développement,
de la justice sociale et de la qualité de la vie, mais exercent
aussi un effet négatif, y compris sur les systèmes éducatifs,
comme en témoignent l'incapacité de l'école à attirer les
enfants et à les retenir suffisamment longtemps pour les empêcher
de retomber dans l'analphabétisme, ainsi que le faible niveau
des résultats de l'apprentissage.
|
| |
| L'enseignement
de qualité demeure l'apanage d'une minorité |
| |
| 26.
La Conférence de Jomtien a fait de la réussite de l'apprentissage
un indicateur clé de la qualité de l'éducation. Neuf États arabes
ont participé entre 1993 et 1999 au projet d'évaluation des
résultats scolaires conduit par l'UNESCO et l'UNICEF. Les conclusions
du projet montrent que le niveau d'acquisitions des élèves du
primaire (quatrième année) est nettement inférieur au niveau
proposé à Jomtien puisque seulement 12 % d'entre eux atteignaient
ce niveau (au moins 80 % de compétences) en arabe, 10 % en mathématiques
et 25 % en compétences de la vie courante. Seuls deux pays (Tunisie
et Maroc) atteignaient le pourcentage proposé à Jomtien (80
% des élèves) en arabe, aucun en mathématiques et deux seulement
(Tunisie et Jordanie) en compétences de la vie courante. En
règle générale, les résultats des filles étaient meilleurs que
ceux des garçons et ceux des zones urbaines meilleurs que ceux
des zones rurales. |
| |
|
27.
Les conclusions du projet d'évaluation des résultats scolaires
tendent à montrer que l'enseignement primaire dans les pays
arabes est de mauvaise qualité et ne répond pas aux besoins
éducatifs fondamentaux des élèves. Ce qui signifie que, dans
le passé, ces pays se sont plus attachés à accroître la capacité
d'accueil de l'école qu'à renforcer la qualité de l'éducation.
L'amélioration de la qualité de l'éducation demeure donc un
problème fondamental pour les pays arabes.
|
| |
| 28.
Les compétences de base nécessaires à une vie meilleure font
aussi partie des acquisitions de l'apprentissage dont il faut
tenir compte. Beaucoup de pays arabes incluent dans les buts
et objectifs de l'éducation des éléments liés à ces compétences,
notamment la formation professionnelle et l'éducation à la santé,
à l'environnement et à la citoyenneté. Les moyens de communication
sont également cités dans la mesure où ils permettent de transmettre
des valeurs et des connaissances liées à ces compétences. Cependant,
en règle générale, ces éléments essentiels de l'apprentissage
n'ont pas reçu une attention suffisante, et les informations
sur l'acquisition des compétences de base liées à la qualité
de la vie demeurent rares. |
| |
| Besoin
d'améliorer les compétences des enseignants |
| |
|
29.
Les données disponibles montrent que le pourcentage d'enseignants,
possédant le minimum de qualification requis au niveau national,
varie entre 21 et 100 % (fin des années 90). A l'intérieur
de ces limites, la situation est à son tour très variable,
allant de ceux qui ont mené des études secondaires à leur
terme à ceux qui ont fait quatre à cinq années d'études supérieures,
et de l'absence de formation pédagogique à une formation complète
conforme aux normes internationales. La question de la professionnalisation
de l'enseignement demeure un voeu pieux puisque le principe
de délivrance d'un permis d'enseigner n'est pas admis dans
les milieux éducatifs. Par ailleurs, le nombre moyen d'élèves
par maître est généralement bas : 11 à 25 dans 14 pays, 26
à 30 dans trois et 31 ou plus dans deux. En outre, il faudrait
redoubler d'efforts pour résoudre nombre de problèmes concernant
la condition de l'enseignant, notamment les conditions d'emploi
et le statut social, afin d'attirer un personnel jeune et
qualifié.
|
| |
| Amélioration
de l'efficacité interne |
| |
| 30.
Les données disponibles sur l'efficacité interne révèlent une
légère baisse des taux de redoublement, une augmentation du
nombre d'élèves poursuivant leurs études jusqu'à la cinquième
année et de meilleurs résultats chez les filles que chez les
garçons. Malgré tout, l'efficacité interne des systèmes d'enseignement
primaire demeure mauvaise : persistance des abandons et des
redoublements (dont les taux augmentent à mesure que l'on avance
dans les études), longueur du temps mis pour achever les études
primaires. |
| |
| Dépenses
de l'éducation |
| |
| 31.
Les résultats et les problèmes de l'éducation dans les États
arabes dépendent de plusieurs facteurs, notamment d'ordre budgétaire.
Ces pays ont consenti des efforts substantiels qui ont abouti
à une augmentation des dépenses de l'éducation au cours des
dix dernières années. Mais les taux de scolarisation et la qualité
de l'éducation montrent que les dépenses consacrées à l'enseignement
primaire souffrent de divers maux : inadéquation, dans certains
pays, entre les moyens financiers et les besoins éducatifs,
gaspillage ou manque de rationalisation des dépenses, insuffisance
des dépenses d'équipement, coût élevé de l'éducation des populations
dispersées ou vivant dans des zones reculées ; médiocrité des
techniques budgétaires. Ces problèmes posent la question du
rôle que peuvent jouer les organisations non gouvernementales,
de la diversification des ressources financières, de la mobilisation
des ressources, de l'obligation redditionnelle et du renforcement
des capacités nationales de planification, de budgétisation
et d'évaluation. |
| |
| Mauvaise
gestion des systèmes éducatifs |
| |
| 32.
Si l'accroissement des ressources financières représente un
besoin urgent pour les plus pauvres d'entre eux, le problème
commun à la plupart des pays arabes est de savoir comment faire
bon usage des ressources, humaines comme financières, à leur
disposition. Des études sur les résultats de l'apprentissage
ont révélé l'absence de systèmes de suivi perfectionnés. Les
rapports sur les dépenses ont mis en évidence des problèmes
de planification et de budgétisation. Les systèmes informatiques
de gestion de l'éducation font généralement défaut. La question
de savoir s'il faut centraliser ou décentraliser n'a pas encore
été tranchée. La mise en œuvre d'une gestion éducative efficace
représente donc toujours un défi majeur pour les pays arabes
désireux d'atteindre les objectifs de l'éducation pour tous. |
| |
| III.
Défis et perspectives |
| |
|
33.
Le temps passe et, dans la région arabe, des millions d'individus
demeurent exclus de l'éducation ou reçoivent une instruction
de mauvaise qualité, et la plupart des autres ne sont pas
préparés à l'ère de la technologie et de la concurrence internationale
ouverte par le nouveau millénaire. Nous avons donc le devoir
d'accomplir ce qui ne l'a pas été après Jomtien et de relever
les nouveaux défis du millénaire.
|
| |
| 34.
L'objectif d'EPT est largement admis et reconnu, tout comme
l'idée que l'éducation pour tous joue un rôle déterminant dans
la lutte contre la pauvreté, la promotion du progrès socio-économique
et le respect des droits de la personne humaine. Ce qui fait
défaut, ce sont les moyens nécessaires. Malgré une volonté politique
réelle, et bien que l'éducation figure en bonne place dans les
discours gouvernementaux, les engagements pris à Jomtien par
les États arabes demeurent clairs, mais n'ont pas trouvé de
traduction concrète. |
| |
| 35.
Il est clair qu'à moins d'une accélération des progrès en direction
des objectifs de Jomtien, la paix, la stabilité et la prospérité
seraient gravement compromis. Aussi, s'agit-il maintenant d'adopter
une approche plus efficace et plus tournée vers l'action en
faveur de l'éducation de base, qui bénéficie d'un large soutien
et d'un engagement au niveau international, et de réajuster
les efforts en fonction du contexte et des exigences du nouveau
millénaire. |
| |
| Les
défis du XXIe siècle à l'horizon 2010 |
| |
|
36.
La mondialisation impose un marché du travail qui ignore les
frontières des États et une concurrence féroce en fonction
des compétences acquises. Ces compétences sont d'abord et
avant tout le produit de l'apprentissage.
37. La mondialisation impose en outre le recours croissant
à la technologie, en tant que moyen de production et de communication
le plus efficace. Mais la capacité d'utiliser la technologie,
les compétences et les connaissances qu'elle requiert, sont
aussi le fruit de l'apprentissage. Dans ces conditions, que
peuvent faire les responsables et les organisations arabes
pour éviter une marginalisation et participer de manière positive
à la mondialisation ?
38. En outre, la technologie modifie profondément la
manière d'apprendre, d'utiliser ses connaissances et d'en
apprécier l'importance et la pertinence. Nous vivons une ère
où le progrès économique repose sur le savoir, de sorte que
l'apprentissage est plus que jamais un facteur de prospérité
décisif.
39. Cela signifie aussi que le coût de l'éducation
est en hausse et cette remarque vaut tant pour les ménages
que pour l'État. Les pays pauvres, incapables de pénétrer
des marchés à forte intensité de technologie, courent le risque
d'une marginalisation dans le domaine du commerce, de l'emploi
et des investissements. Dans les pays développés, aussi bien
que dans les pays en développement, la pauvreté et l'inégalité
entre les ménages sont de plus en plus liées au degré d'instruction.
En outre, l'écart se creuse entre ceux qui ont accès à l'informatique
et savent se servir des technologies de la communication (courrier,
commerce et enseignement électroniques) et les autres.
40. Les États arabes sont en outre confrontés au problème
de l'utilisation de la langue qui véhicule la technologie.
Or, ni la maîtrise de la langue étrangère ni " l'arabisation
" de la technologie ne sont choses communes.
41. Ces changements imprévisibles qui s'opèrent autour
de nous confèrent un sens nouveau à la nécessité de tenir
les engagements de Jomtien. En effet, aujourd'hui que le niveau
des compétences nécessaires pour trouver un emploi permettant
de vivre décemment augmente, l'éducation de base est plus
que jamais indispensable pour le travail ou la réussite scolaire
et le passage à l'enseignement secondaire puis supérieur.
42.
La croissance démographique pose un autre défi aux systèmes
éducatifs. Le taux d'accroissement annuel, estimé pour les
années 2000 à 2010 à 1,2 % dans le monde et à 1,5 % dans les
pays en développement, devrait atteindre 2,5 % dans les États
arabes. En 2010, le nombre de personnes âgées de 5 à 18 ans
devrait atteindre 110 millions dans ces pays. Si l'on admet
un taux de scolarisation dans l'enseignement général d'environ
80 % pour ce groupe d'âge, les écoles arabes devront être
en mesure d'accueillir 88 millions d'élèves au total, soit
29 millions d'élèves de plus que le nombre actuel, qui s'établit
à 59 millions. Cet accroissement démographique impose aux
systèmes éducatifs de lourdes contraintes en termes de dépenses,
de gestion et de ressources humaines qualifiées et augmente
la part de ressources nécessaires pour satisfaire d'autres
besoins fondamentaux en matière de nutrition, de logement
et de santé. Certains systèmes éducatifs arabes ont souffert
du fort endettement du pays et des conséquences des politiques
d'ajustement structurel et de réforme économique.
43. En outre, un certain nombre de pays ont
été secoués au cours des dix dernières années par des troubles
persistants - conflits (Algérie, Soudan), embargos (Irak,
Libye et Soudan), guerre ou occupation (Liban, Palestine,
Soudan et Syrie). Les systèmes éducatifs ont gravement souffert
de ces problèmes qui ont affaibli leurs capacités et retardé
la réalisation des objectifs énoncés dans la Déclaration de
Jomtien. Le rétablissement de la paix et du cours normal des
choses, par l'élimination de toutes formes d'occupation, d'embargo,
de conflit et de tension, semble la condition sine qua non
de l'avènement de l'éducation pour tous dans les pays concernés.
L'éducation à son tour a un rôle à jouer dans l'instauration
d'un climat pacifique dans la région.
|
| |
| Partir
des possibilités existantes et des progrès réalisés |
| |
|
44.
Pour relever ces défis, nous ne partons pas de rien. Nous
disposons assurément de moyens qui n'existaient pas il y a
dix ans. Un consensus clair existe, à l'échelle mondiale,
quant au rôle crucial de l'éducation dans l'avènement d'un
développement humain durable, et les droits de l'homme sont
affirmés avec force. Depuis le Sommet de Copenhague (1995),
les droits des populations exclues, marginalisées et paupérisées
suscitent un regain d'intérêt et l'avantage que l'instruction
des femmes et des filles présente pour les sociétés est de
plus en plus reconnu.
45. Les donateurs répondent aux appels des pays désireux
d'acquérir des compétences et de développer les capacités
nationales. Le déclin de l'éducation que de nombreux pays
en développement avaient connu dans les années 80 a été enrayé.
Et l'on observe que la société civile prend désormais davantage
sa part de responsabilités.
46.
Des moyens novateurs permettent maintenant d'atteindre les
apprenants handicapés ou ayant des difficultés pour apprendre,
leur offrant davantage de possibilités d'épanouir leurs facultés.
47. Les technologies modernes de l'information et de
la communication promettent d'une manière générale d'élargir
considérablement l'accès à l'éducation, offrant en outre des
possibilités d'auto-apprentissage et d'évaluation précise
des résultats.
48. Au niveau national, de nouvelles synergies commencent
à s'établir autour d'une gestion plus intégrée des affaires
du pays, associant un plus grand nombre de représentants de
la société civile, notamment des ONG, à la planification et
à l'exécution des activités d'éducation.
49.
A l'échelle mondiale, le groupe d'organisations qui parrainaient
l'éducation pour tous à l'origine (UNESCO, UNICEF, Banque
mondiale et PNUD) a été rejoint, dans le cadre du Forum consultatif
international, par une autre organisation du système des Nations
Unies, le FNUAP, et par les représentants d'une multitude
d'organismes publics et privés et d'organisations non gouvernementales.
|
| |
| Année
2000 : renouveler l'engagement envers la Déclaration de Jomtien
|
| |
50.
Dix ans après l'adoption de la Déclaration de Jomtien, la définition
de l'éducation de base et les engagements auxquels elles a donné
lieu conservent leur actualité et la réalisation des objectifs
visés demeure une tâche urgente pour les États arabes. Cette
déclaration a mis l'accent, pour la première fois, sur les besoins
éducatifs fondamentaux de minorités marginalisées, et sur les
résultats de l'apprentissage plutôt que sur le seul taux de
scolarisation.
51. Les dix articles de la Déclaration de Jomtien continuent
de tracer le chemin à suivre : (1) répondre aux besoins fondamentaux
; (2) élargir notre vision ; (3) universaliser l'accès et promouvoir
l'équité ; (4) mettre l'accent sur la réussite de l'apprentissage
; (5) élargir les moyens et le champ de l'éducation fondamentale
; (6) améliorer le contexte de l'apprentissage ; (7) renforcer
les partenariats ; (8) mettre en place des politiques d'accompagnement
; (9) mobiliser des ressources ; (10) renforcer la solidarité
internationale.
52. Le message de Jomtien n'a rien perdu de sa force
ni de son actualité. Ce qu'il faut, c'est renouveler l'engagement
pris et poursuivre les efforts de suivi déployés, enrichis de
l'expérience et des informations accumulées au cours des dix
dernières années. Prévenir l'échec, telle est notre responsabilité
commune. |
| |
| Le Cadre
d'action arabe : un guide à l'usage de tous les partenaires
pour la réalisation de l'objectif d'éducation pour tous |
| |
|
53.
Compte tenu du contexte exposé plus haut, des progrès réalisés
et des problèmes rencontrés, ainsi que des défis posés du
fait tant de la non-réalisation des objectifs fixés dans les
années 90 que des évolutions du XXIe siècle, les États arabes
ont le devoir d'adopter le présent Cadre d'action et de s'y
conformer.
54.
Le Cadre d'action arabe est destiné à servir de guide auquel
tous ceux qui sont concernés par l'éducation dans les États
arabes, et se sont engagés à assumer la réalisation de l'objectif
d'éducation pour tous, doivent se référer lors de l'élaboration
de leurs plans et programmes ; chacun doit le faire sien en
fonction de ses propres tâches et objectifs et des groupes
visés, compte tenu des partenariats aux niveaux mondial, régional
et local, et dans la perspective de la réalisation d'un objectif
unique : répondre aux besoins éducatifs fondamentaux d'ici
à 2010.
|
| |
| 55. Les
principaux partenaires de ce cadre sont : |
(1) les gouvernements des États arabes qui doivent mener
une action directe en faveur de la réalisation des objectifs
de l'éducation pour tous, et diriger et coordonner les actions
organisées en ce sens ;
(2)
tous les représentants de la société civile concernés au
niveau national, notamment les universités et autres institutions
éducatives, les ONG et le secteur privé, qui doivent prendre
les devants pour apporter une contribution significative
à la réalisation des objectifs de l'éducation pour tous
;
(3)
les organisations arabes et les organisations régionales
implantées dans la région arabe, qui doivent apporter un
soutien et mobiliser la coopération bilatérale et multilatérale
au niveau arabe ;
(4)
les institutions et les organisations internationales qui
doivent apporter un soutien et mobiliser la coopération
bilatérale et multilatérale au niveau international.
|
| |
| IV.
Principes d'action |
| |
| 56.
Il est proposé que toutes les actions visant à répondre aux
besoins éducatifs fondamentaux dans les États arabes soient
régies par les cinq principes suivants. |
| |
|
57.
Le principe de globalité, qui signifie :
- concevoir
l'éducation pour tous selon la vision élargie définie à
Jomtien ;
- considérer
l'apprentissage comme un élément clé de la qualité de la
vie, et un facteur essentiel d'amélioration de cette qualité
;
- reconnaître,
à tous les niveaux et dans tous les milieux et secteurs
de la société, que l'apprentissage est la pierre angulaire
du développement humain durable ;
- considérer
l'apprenant dans sa totalité, afin de comprendre le milieu
dans lequel il vit, de répondre à ses besoins et permettre
un développement plein et harmonieux de sa personnalité.
|
| |
|
58.
Le principe d'équité, qui signifie :
- considérer
l'accès à l'éducation comme un droit absolu du citoyen,
quel que soit son âge, que la société doit garantir sans
discrimination ;
- considérer
l'inégalité sociale et géographique en matière d'accès à
l'éducation comme un facteur susceptible de créer une fissure
dans la société difficile à réparer avec le temps ;
- intégrer
dans les plans et processus éducatifs les différents groupes
d'exclus, notamment les populations rurales pauvres, marginalisées
ou déplacées, les exilés, les réfugiés, les migrants, les
enfants des rues et ceux qui travaillent, et tout autre
groupe vivant dans une situation difficile ;
- tenir
compte des besoins des groupes spécifiques et des minorités
ethniques, culturelles et religieuses lors de la conception
des programmes et cursus ;
- considérer
la discrimination sexuelle dans le domaine de l'éducation
de base comme incompatible avec le principe d'équité sociale
et les exigences du développement, et comme une atteinte
aux droits de l'homme ;
- considérer
l'inclusion dans les programmes éducatifs des personnes
ayant des besoins spéciaux, en particulier les personnes
souffrant d'un handicap ou rencontrant des difficultés pour
apprendre, comme un droit et un moyen fondamental d'épanouissement
et d'intégration sociale ;
- accorder
une attention particulière aux élèves brillants et doués,
leur fournir des conditions d'enseignement/apprentissage
propices à l'épanouissement de leurs aptitudes et de leurs
talents, pour qu'ils participent au processus de développement
et contribuent à relever les défis futurs.
|
| |
|
59.
Principe d'un climat d'apprentissage convivial, qui
signifie : :
- offrir
aux apprenants un environnement sain et sûr ;
- offrir
un enseignement de qualité adapté aux besoins des apprenants
et aux exigences d'une société qui évolue ;
- offrir
un environnement éducatif fondé sur des droits et des responsabilités
réciproques et soucieux d'éviter toute discrimination sexuelle
;
- inculquer
les attitudes qui renforcent les valeurs de respect, de
tolérance et de compréhension des autres ;
- encourager
l'apprenant à réfléchir et à s'exprimer de manière autonome
;
- fournir
les services d'enseignants engagés soucieux de découvrir
et de mettre en valeur les capacités de l'apprenant ;
- faire
que cet environnement soit facilement accessible à tous.
|
| |
|
60.
Principe d'engagement, qui signifie :
- engagement
puissant et renouvelé, à tous les niveaux, des gouvernements,
des dirigeants, des responsables et des représentants de
la société civile, des organisations régionales et internationales
et des autres partenaires, à redoubler d'efforts pour satisfaire
les besoins éducatifs fondamentaux de tous, enfants, adolescents
et adultes, conformément aux objectifs nationaux, régionaux
et internationaux ;
- engagement
de tous les organismes à mener une nouvelle campagne de
mobilisation des ressources à tous les niveaux, mondial
et local, afin de trouver des solutions novatrices et équitables
au problème des ressources humaines et financières dans
les pays qui en ont le plus besoin d'un point de vue humanitaire.
|
| |
|
61.
Principe d'adaptation aux progrès technologiques, qui signifie
:
- considérer
le progrès rapide des technologies de la communication comme
un facteur de promotion de l'accès à l'éducation, à commencer
par l'éducation de base. Ces technologies aident par exemple
à classer les objectifs pédagogiques, définir les résultats
escomptés de l'élève, subdiviser les matières et en faciliter
la présentation, personnaliser l'enseignement, évaluer l'apprentissage,
analyser les résultats de l'apprenant, faire passer des
examens et recourir à l'enseignement à distance pour toucher
des populations vivant dans des zones reculées ;
- considérer le recours à la technologie qui comprend, outre
le matériel et le logiciel, la maîtrise de la langue arabe
et la langue étrangère, comme indispensable pour aider l'éducation
à relever les défis du nouveau siècle.
|
| |
| V.
Objectifs et modalités d'exécution |
| |
|
62.
Le Cadre d'action adopté à Jomtien invitait les États membres
à définir leurs buts et objectifs spécifiques dans leurs efforts
pour répondre aux besoins éducatifs fondamentaux de tous,
enfants, adolescents et adultes.
63.
Les participants à la Réunion à la mi-décennie sur l'éducation
pour tous (Amman, 1996) ont estimé que les efforts devaient
porter sur les cinq domaines suivants : améliorer les résultats
de l'apprentissage, mobiliser des ressources, constituer des
partenariats, renforcer les capacités nationales et répondre
aux besoins éducatifs fondamentaux de tous au XXIe siècle.
64.
Au moment où la décennie s'achève, il convient de reconnaître
les difficultés auxquelles les systèmes éducatifs sont confrontés
et qui ont empêché la réalisation des objectifs fixés par
la Déclaration de Jomtien, à savoir notamment l'insuffisance,
la mauvaise répartition ou le gaspillage des ressources humaines
et financières, la mobilisation de moyens, la difficulté de
gérer un système tel que celui de l'éducation, aussi complexe
en lui-même que dans ses relations avec les autres systèmes,
la disproportion entre l'ampleur de l'exigence de satisfaction
des objectifs et la modestie des efforts déployés.
65.
Il convient de reconnaître également les progrès réalisés
et d'inviter les quatre principaux partenaires à qui incombe
aujourd'hui la responsabilité d'atteindre l'objectif dans
le futur, à savoir les gouvernements, la société civile, les
institutions et organisations régionales, les institutions
et organisations internationales à renouveler l'engagement
souscrit.
|
| |
| Sept
objectifs |
| |
| 66.
En conséquence, compte tenu de la Déclaration de Jomtien et
des besoins spécifiques des pays arabes, on peut redéfinir ainsi
les buts et objectifs pour les années à venir (2000-2010) de
telle façon à assurer la réalisation de l'objectif suprême,
à savoir l'éducation pour tous dans les pays arabes, et à mesurer
périodiquement les progrès accomplis. |
| |
(1)
Généraliser et améliorer la protection et l'éveil de la
petite enfance comprenant, outre la prise en charge sanitaire
et nutritionnelle et l'accès à d'autres services sociaux
pour les tout-petits, la possibilité d'apprendre et de s'épanouir
au sein d'institutions éducatives en vue du développement
de toutes leurs capacités et de leur épanouissement physique,
mental, psychosocial et créatif.
(2) Elargir l'éducation de base et dispenser une éducation
de qualité débouchant sur l'excellence pour tous les enfants,
l'accent étant mis sur ceux qui ont des besoins spéciaux
ce qui signifie qu'il faut assumer une éducation de base
obligatoire, aider les familles dans le besoin, scolariser
leurs enfants, interdire formellement le travail des enfants
et réunir les conditions nécessaires à l'insertion de tous
les enfants, y compris ceux qui ont des besoins spéciaux.
(3) Elargir pour tous les adolescents et les adultes l'accès
à l'éducation de base et aux programmes de formation en
vue de l'acquisition de diverses compétences nécessaires
dans la vie professionnelle et la vie courante, ce qui signifie
qu'il faut renforcer les structures d'apprentissage non
formel existantes, en créer de nouvelles et offrir des modalités
de formation professionnelle et d'éducation permanente diversifiées
pour un public aussi bien masculin que féminin.
(4) Faire en sorte que tous les adolescents sachent lire
et écrire et réduire les taux d'analphabétisme des adultes
dans des proportions à la fois réalistes et ambitieuses,
afin d'aboutir à des progrès tangibles.
(5)
Assurer la maîtrise des apprentissages fondamentaux et l'excellence
en donnant à tous les apprenants la possibilité d'atteindre
des niveaux d'éducation très élevés qui hissent leurs capacités
à leur plus haut niveau, allant de la maîtrise des compétences
de base jusqu'aux plus hauts degrés de la créativité et
de l'innovation en passant par les compétences professionnelles
et celles nécessaires dans la vie courante, ce qui signifie
qu'il faut améliorer la qualité des différents éléments
constitutifs de l'éducation, incluant les qualifications
et les conditions d'emploi des enseignants, les programmes
d'études, les méthodes d'enseignement et d'évaluation, et
le contexte de l'apprentissage.
(6) Garantir l'égalité pleine et entière des filles et des
femmes et leur participation effective à l'éducation de
base et supprimer la discrimination sexuelle et les disparités
à l'intérieur des écoles et des systèmes éducatifs.
(7)
Améliorer l'administration et la gestion de l'éducation,
incluant les processus de prise de décision, les systèmes
permettant de rendre des comptes, le renforcement des capacités
et l'élargissement de la participation à la planification,
à l'exécution, au suivi et à l'évaluation. Chaque pays définit
les finalités qu'il assigne à chacun de ces objectifs de
manière à ce qu'il soit possible d'évaluer les progrès accomplis,
et entreprend périodiquement de les revoir et de les modifier
en fonction des nouveaux paramètres.
|
| |
| Cinq
modalités d'exécution |
| |
| 67.
Cinq modes d'exécution indiquent la voie à suivre au niveau
national pour atteindre les objectifs définis. |
| |
Modalité
1 : développer les partenariats, en s'attachant à :
- ordonner le soutien fourni par les organisations régionales
et internationales ainsi que dans le cadre de la coopération
bilatérale et multilatérale, et le canaliser en fonction
des priorités nationales ;
- développer
la participation de la société civile à la conception, à
la mise en œuvre et au suivi des programmes d'éducation
de base, et donner au secteur privé, aux ONG, aux communautés
locales et aux institutions religieuses (waqfs) la possibilité
de prendre part à la réalisation des buts de l'éducation
pour tous ;
- améliorer
la coopération et développer l'échange d'informations, la
transparence, l'obligation redditionnelle et la confiance
mutuelle entre tous les partenaires dans la tâche de généralisation
de l'éducation de base.
Modalité 2 : intégrer les programmes et
les projets, en s'efforçant :
- de mettre en œuvre des politiques éducatives, sociales
et sanitaires intégrées. Les problèmes de santé peuvent
empêcher les enfants d'aller à l'école ou d'apprendre. Il
est indispensable de veiller à ce que les enfants soient
en bonne santé et aptes à apprendre, en particulier pour
étayer les efforts visant à améliorer les taux de scolarisation
et les résultats de l'apprentissage, car on encourage ainsi
les enfants les plus pauvres et les plus défavorisés à aller
à l'école et à déployer les efforts nécessaires pour réussir
- d'intégrer
les programmes d'éducation des enfants, des adolescents
et des adultes dans une vision nationale globale et d'articuler
les plans éducatifs aux plans de développement économique
et social, dans le cadre des stratégies et des efforts de
développement durable. De même, les politiques de l'emploi
basées sur la formation, l'éducation et l'alphabétisation
valorisent l'apprentissage dans la société en améliorant
le bénéfice concret que l'on peut en tirer ;
- d'établir
des synergies entre les différents programmes d'éducation,
sachant que l'éducation des adultes influe sur celle des
enfants et que l'expansion de l'enseignement secondaire
encourage la scolarisation dans le primaire ;
- d'utiliser
tous les moyens d'information et de communication ainsi
que les technologies disponibles en liaison avec les efforts
déployés dans le domaine de l'éducation.
Modalité
3 : prendre des décisions en connaissance de cause et mettre
l'information à la portée de tous, ce qui signifie :
- évaluer les objectifs, les contenus, les méthodes, les
modalités d'évaluation et les activités des programmes d'enseignement
et apprécier les besoins, les aspirations et les résultats
des apprenants en faisant appel à la recherche scientifique
afin de prendre des décisions sur une base objective ;
- donner à la société un tableau fidèle de la réalité de
l'éducation grâce à la collecte, à l'analyse et à la diffusion
d'informations y relatives, afin de satisfaire à l'obligation
de rendre des comptes à la société.
Modalité 4 : mobiliser tous les moyens possibles en
augmentant les investissements nationaux dans le domaine
de l'éducation, en utilisant judicieusement les ressources
humaines et matérielles disponibles et en mobilisant le
soutien de toutes les parties concernées (secteur public,
secteur privé, institutions communautaires locales, organisations
non gouvernementales, organismes de coopération bilatérale
et multilatérale, organisations régionales et internationales)
en faveur de l'éducation pour tous.
Modalité 5 : accroître l'efficacité du suivi et de la
gestion, ce qui signifie :
- définir
des buts clairs à atteindre au niveau national (et local),
conformément à ce qui a été convenu aux niveaux national
et international et aux engagements pris à divers niveaux.
Ces buts devraient mettre l'accent sur les aspects non seulement
quantitatifs mais aussi qualitatifs, tels que les résultats
escomptés en matière de connaissances et de compétences
à acquérir, la qualité des matériels pédagogiques et de
l'environnement éducatif. Ces buts doivent identifier les
groupes prioritaires ;
- concevoir
et mettre en œuvre des modalités de suivi et d'évaluation
des programmes, ainsi que d'ajustement des processus ;
- développer
des systèmes de gestion, améliorer les compétences des ressources
humaines et renforcer les capacités nationales ;
- institutionnaliser
le suivi et l'évaluation ;
- rationaliser
les dépenses.
|
| |
| Chaque
pays est invité à établir un système d'autopilotage pour déterminer
son degré d'engagement à l'égard de chaque modalité proposée
dans ce Cadre d'action, la mesure dans laquelle elle est mise
en œuvre, ainsi que les difficultés rencontrées. |
| |
| VI.
Priorités |
| |
|
Deux
priorités pour l'ensemble des États arabes :
68. Compte tenu des progrès accomplis collectivement
par les États arabes en matière d'expansion de l'éducation
de base (objectif n° 2), le problème qui arrive en tête des
priorités pour l'ensemble de la région arabe est celui de
la qualité de l'éducation. En conséquence, et conformément
à la Déclaration du Caire (1994), l'amélioration de la qualité
de l'éducation est considérée comme la première des priorités
dans le Cadre d'action arabe pour atteindre les objectifs,
tant qualitatifs que quantitatifs, de l'éducation pour tous.
Ce qui signifie que les États arabes doivent s'efforcer d'assurer
l'acquisition des apprentissages fondamentaux ainsi que l'excellence
pour tous. Malgré les divers efforts déployés pour universaliser
l'éducation de base, l'accès à une éducation de qualité visant
à l'excellence demeure un objectif dicté par les exigences
du développement durable et la nécessité de réagir positivement
aux mutations induites par la mondialisation et de faire face
aux défis de la concurrence sur le marché mondial et du libre
échange. Cette priorité intéresse l'ensemble des processus
et des compétences éducatives, ce qui signifie que tous les
apprenants doivent atteindre des niveaux d'apprentissage définis
au plan national et mesurables de manière objective, dans
le domaine de la lecture-écriture-calcul et des compétences
nécessaires dans la vie courante, ainsi que des compétences
technologiques et de celles qui ouvrent l'esprit et développent
la réflexion, le goût du savoir et le désir d'en rechercher
les diverses sources. Cette priorité suppose que l'on s'attache
à améliorer la condition de l'enseignant, s'agissant aussi
bien des qualifications que des conditions d'emploi. Ainsi,
la principale tâche pour les années à venir doit être l'autonomisation,
la professionnalisation et la formation des enseignants en
vue d'atteindre les plus hauts niveaux de spécialisation scientifique,
professionnelle et culturelle.
69. Compte tenu de l'insuffisance des ressources humaines
et financières disponibles, une mobilisation des efforts et
des énergies est indispensable dans les États arabes. Mais
pour cela, il faut une administration et une gestion efficaces,
tant pour atteindre entre autres l'objectif d'une éducation
de qualité, que pour veiller à l'application des principes
énoncés dans le Cadre d'action. En conséquence, l'amélioration
des méthodes d'administration et de gestion (objectif n° 7)
constitue la seconde priorité pour l'ensemble de la région
arabe. Elle comprend la mise en place de systèmes d'aide à
la décision en matière d'éducation et le renforcement des
capacités nationales afin que les décisions soient prises
sur une base scientifique à tous les niveaux et pour les divers
éléments du système éducatif, allant des politiques à la planification
et à la gestion des processus et des activités. Dans le cadre
de cette priorité, le renforcement des capacités pourrait
constituer la principale tâche pour les années à venir.
Élimination de l'analphabétisme : une grande priorité de
la mobilisation nationale, régionale et internationale
70. Les États arabes sont, à titre individuel ou collectif,
concernés par tous les objectifs du Cadre d'action arabe.
Mais, compte tenu de l'ampleur des problèmes auxquels ils
sont confrontés, qu'il s'agisse du retard à rattraper ou des
exigences du nouveau siècle, un problème majeur se pose pour
eux, celui de l'analphabétisme. Cela pour deux raisons : la
première est liée au très grand nombre d'analphabètes dans
ces pays (près de 68 millions, soit 38,5 % des personnes âgées
de 15 ans et plus) et à la grande disparité entre les sexes
en matière d'alphabétisme (indice de parité = 0,69). La deuxième
a trait à l'effet multiplicateur de l'alphabétisme. L'analphabétisme
des adultes, et en particulier des femmes, entraîne une baisse
du taux de scolarisation des enfants et des résultats scolaires
(qualité de l'éducation) et une hausse des taux d'échec et
d'abandon précoce (efficacité de l'éducation). L'analphabétisme
est associé au mariage précoce, et à des taux de fécondité
et de mortalité infantile élevés. Il renforce la discrimination
sexuelle au sein de la société, alors que l'instruction contribue
à améliorer la qualité de la vie d'une manière générale.
71. En conséquence, conformément à la Déclaration du
Caire (1994), l'élimination de l'analphabétisme apparaît aujourd'hui
(en l'an 2000) comme une grande priorité de la mobilisation
nationale, régionale et internationale autour des efforts
arabes de réalisation des objectifs d'EPT (objectif n° 4).
En effet, comme il est dit dans la Déclaration du Caire :
" On ne saurait concevoir de développement et de progrès dans
la région arabe sans qu'il soit mis fin au problème de l'analphabétisme
dans tous les États arabes ". Dans le cadre de cette priorité,
l'accent doit être mis sur l'éducation des femmes et des filles.
Deux autres priorités pour la coopération arabe et le développement
national
72. Etant donné que l'éducation de la petite enfance
est négligée dans les États arabes, alors qu'elle peut consolider
les apprentissages et améliorer l'efficacité interne de l'éducation
primaire, il est indispensable d'accorder aux activités d'éveil
et de protection de la petite enfance une attention plus grande
au cours des dix prochaines années afin d'en assurer le maintien
et le développement intégré, en particulier dans le cadre
des activités de coopération régionale et dans les pays où
l'analphabétisme ne constitue pas un fardeau trop lourd. Il
faut en outre s'efforcer de mettre en œuvre un plan intégré
de conception de programmes relatifs à la petite enfance en
élargissant et en diversifiant les services éducatifs offerts
et en développant les plans, programmes et méthodes d'enseignement.
Etant entendu que l'éveil et la protection de la petite enfance
ne se réduisent pas à la prise en charge des enfants par l'école
maternelle, mais englobent aussi les soins qui leur sont prodigués
dès la naissance par la famille.
73. Parallèlement aux priorités susmentionnées, des
efforts doivent être faits pour diversifier les systèmes de
prestation de services éducatifs destinés aux adolescents
et aux adultes, afin d'élargir les possibilités d'apprentissage
qui leur sont offertes. Il convient aussi d'exploiter aux
niveaux national, sous-régional et régional le formidable
potentiel des nouvelles technologies de l'information et de
la communication. En ce qui concerne les outils d'enseignement,
il faut s'attacher avant tout à développer un environnement
multimédia au service de l'éducation formelle et non formelle,
tout en encourageant l'investissement dans la création d'industries
culturelles liées aux activités d'enseignement et d'apprentissage.
Chaque pays arabe a ses propres priorités nationales
74.
Les priorités susmentionnées s'appliquent à tous les pays
arabes d'une manière générale, mais il est difficile de les
appliquer à chacun pris séparément. En fait, certains sont
en passe de surmonter le problème de l'analphabétisme et les
disparités entre les sexes en matière d'alphabétisme. C'est
le cas de Bahreïn, des Emirats Arabes Unis, de la Jordanie,
du Koweït, du Liban, du Qatar et de la Palestine, suivis de
l'Arabie saoudite, la Libye et la Syrie. Pour d'autres pays
- Egypte, Maroc, Mauritanie, Soudan et Yémen, suivis de l'Algérie,
de Djibouti, de l'Irak, d'Oman et de la Tunisie - l'analphabétisme
demeure le problème numéro un. Ces différences de situation
modifient l'échelle des priorités d'un groupe de pays à l'autre.
Cette remarque vaut également pour l'éducation de la petite
enfance, domaine où le taux de scolarisation au Koweït et
au Liban avoisine 100 %.
75. En tout état de cause, chaque pays est invité
à définir ses priorités en fonction des problèmes auxquels
il est confronté, et à les revoir périodiquement en fonction
des résultats obtenus. Cette démarche est indispensable pour
établir un plan d'action dans chaque pays, car c'est sur cette
base que seront définies également les perspectives de coopération
régionale arabe et internationale.
|
| |
| VII.
Coopération régionale arabe et internationale |
| |
|
Accroître
l'efficacité de la coopération arabe
76. La région arabe est composée de 21 États
unis pour la plupart par une langue et une culture communes.
Plus important encore, ces pays sont liés par un sentiment
d'appartenance à une même nation, de sorte que ce qui touche
l'un n'est pas sans effet sur les autres. Tous sont enfin
animés d'une volonté commune d'œuvrer au progrès général de
la région arabe, dont la réalisation des objectifs de l'éducation
pour tous sur le plan quantitatif et qualitatif est une condition.
77. Les États arabes sont en outre unis par des organisations
régionales qui s'occupent des questions de coordination et
de coopération entre eux. En l'an 2000, ils réaffirmeront
leur détermination à coopérer et leur conviction que cette
coopération est bénéfique pour tous et d'autant plus justifiée
que leur développement est inégal et enfin que la réalisation
des objectifs d'éducation pour tous sera le fruit de leurs
efforts individuels et collectifs.
78. Cette coopération revêt essentiellement deux formes
:
|
- des
relations bilatérales et multilatérales, consistant à favoriser
l'échange d'informations et d'expériences, à se prêter assistance,
à conclure des accords et à encourager les flux d'investissements
de capitaux et de ressources humaines ;
- des
réseaux et des organisations régionales et sous-régionales
(Organisation arabe pour l'éducation, la culture et la science,
Bureau arabe de l'éducation pour les États du Golfe, Organisation
islamique pour l'éducation, les sciences et la culture,
Programme du Golfe arabe pour les organisations de développement
des Nations Unies, etc.) qui mettent sur pied, en collaboration
avec des organisations internationales, des programmes et
projets communs et fournissent des informations et une expertise.
|
|
| 79.
Compte tenu de l'expérience de la décennie passée où les résultats
obtenus, individuellement et collectivement, n'ont pas atteint
l'objectif visé, les États arabes sont invités à : |
(1)
faire le bilan des expériences passées des deux formes de
coopération susmentionnées, afin de renforcer cette coopération
dans les années à venir et d'en étendre le bénéfice à tous,
y compris par la création de centres régionaux spécialisés,
de projets et programmes communs ainsi que par l'établissement
de listes communes des compétences requises de la part des
apprenants ;
(2)
remobiliser les énergies de la coopération bilatérale et
multilatérale. A cet effet, chaque pays doit définir ses
priorités en matière de coopération en ce qui concerne les
pays avec lesquels il coopère et les formes de coopération,
ainsi que les domaines où il peut apporter une aide et ceux
où il est demandeur. Les pays les plus développés sont invités
à aider ceux qui le sont le moins ;
(3)
dynamiser l'action des organisations, des centres régionaux
spécialisés et de réseaux et programmes arabes, ce qui signifie
qu'il faut en renforcer les capacités et les orienter vers
les activités les plus bénéfiques et les pays qui en ont
le plus besoin ;
(4)
considérer comme une responsabilité arabe commune le fait
d'œuvrer pour la réalisation des objectifs fixés en matière
d'éducation de base dans n'importe quel pays de la région.
|
| |
| Bénéficier
davantage de la coopération arabo-internationale |
| |
|
| 80.
Dans leur approche de la coopération avec les institutions et
organisations internationales, en particulier celles qui sont
implantées dans la région arabe, et avec divers pays du monde,
les États arabes s'appuient sur les dispositions de la Déclaration
de Jomtien tendant à renforcer la solidarité internationale
: |
| |
(1)
" satisfaire les besoins éducatifs fondamentaux constitue
une responsabilité commune et universelle de l'humanité,
qui exige la solidarité internationale et des relations
économiques équitables et justes afin de corriger les disparités
économiques existantes. Toutes les nations ont à offrir
des connaissances et des expériences utiles pour la conception
de politiques et programmes d'éducation efficaces ;
(2)
une augmentation substantielle et de longue durée des ressources
consacrées à l'éducation fondamentale sera indispensable.
Il incombe à la communauté mondiale, y compris les organisations
et institutions intergouvernementales, de pallier d'urgence
les contraintes qui empêchent certains pays de réaliser
l'éducation pour tous. "
|
| |
| 81.
Les États arabes s'appuient également sur les dispositions du
Cadre d'action adopté à Jomtien concernant les priorités d'action
au niveau mondial, à savoir : |
(1) " renforcer les capacités nationales " dans l'élaboration
et la gestion de programmes et de services pour l'éducation
de base ;
(2)
" apporter un appui soutenu à long terme aux actions nationales
et régionales ", ce qui veut dire qu'" un financement international
accru est indispensable pour aider les pays les moins avancés
à appliquer les plans d'action autonomes qu'ils auront eux-mêmes
définis selon la perspective élargie de l'éducation fondamentale
pour tous " ;
(3)
" procéder à des consultations de politique générale ".
|
| |
| 82.
En conséquence, au vu de l'expérience de la décennie passée,
les États arabes invitent la communauté internationale à : |
- renouveler l'engagement international d'aider financièrement
les pays arabes les moins avancés, qui ne peuvent, par leurs
seuls moyens et ceux que leur apportent la coopération arabe,
satisfaire à l'exigence de réalisation de l'objectif d'éducation
pour tous pour les dix ans à venir ;
- renouveler
l'engagement des instances et organisations internationales,
en particulier celles qui parrainent la Conférence régionale
arabe sur l'éducation pour tous (Le Caire) et celles qui
participent au Forum mondial sur l'éducation (Dakar), d'apporter
un appui soutenu à long terme aux activités des pays et
de la région arabes, notamment aux fins du renforcement
des capacités nationales et de la conception et la mise
en œuvre de stratégies ainsi que des plans, programmes et
projets prioritaires en faveur de l'éducation.
|
| |
| 83.
Pour leur part, les États arabes renouvellent leur engagement
à coopérer de manière positive avec les instances et organisations
internationales, dans le cadre de la Déclaration de Jomtien,
surtout en ce qui concerne le développement des connaissances
et de la constitution de bases de données, la réalisation d'études
périodiques de diagnostic et d'évaluation de l'éducation dans
ces États, conformément aux objectifs et aux modalités adoptés
dans le présent Cadre d'action. |
| |
| VIII.
Définir des plans d'action nationaux autonomes |
| |
|
84.
Le Bilan de l'EPT à l'an 2000 a permis à chaque pays arabe
de faire le point des progrès réalisés et de ceux qui n'ont
pu l'être et de mesurer la distance qui le sépare des objectifs
d'EPT. Les États arabes sont invités à effectuer périodiquement
ce type d'évaluation.
85. Le Cadre d'action arabe est un guide qui doit permettre
à chaque pays d'œuvrer à la réalisation de ses propres objectifs
à l'avenir, en se fondant sur les principes, objectifs, modes,
priorités et formes de coopération arabe et internationale
définis dans ce document.
86. Les États arabes sont maintenant invités à établir
un calendrier pour l'action future, en définissant chacun
des objectifs spécifiques à atteindre d'ici à 2010 et en fixant
des étapes au terme desquelles un nouveau bilan serait dressé.
87.
A cet égard, chaque État arabe est invité à préciser, en fonction
de sa situation et de ses moyens, les limites inférieures
et supérieures dans lesquelles il peut réaliser chaque objectif
d'EPT défini dans le Cadre d'action arabe pris séparément.
Il est également invité à consigner ses engagements dans des
documents officiels et publics.
88. La définition des objectifs exige, outre
une volonté politique, la réalisation d'études et de travaux
de recherche scientifiques pour observer la situation de l'éducation
et présenter les choix et les alternatives possibles concernant
les méthodes d'administration et de gestion, la centralisation
et la décentralisation, le secteur public et le secteur privé,
le rôle de la société civile, les sources de financement locales,
régionales et internationales, les modalités et la destination
de la coopération, etc. A ce stade, les parties concernées
dans chaque pays établissent les contacts nécessaires avec
les organisations compétentes et dressent un bilan des ressources
humaines et financières locales, afin de planifier de manière
réaliste une mobilisation optimale des moyens et des énergies.
Sur la base des études et des analyses effectuées et des contacts
pris, les responsables définissent le seuil minimum et maximum
pour la réalisation des sept objectifs énoncés dans ce Cadre
d'action.
89. Les États arabes sont donc invités à convenir de
se réunir à nouveau en 2002 dans le cadre d'une conférence
ministérielle arabe, qui aurait pour thème L'éducation pour
tous dans les États arabes - objectifs pour 2010. A cette
occasion, les États arabes, les organisations internationales
et arabes pourront discuter de l'orientation des plans nationaux
dans le contexte de l'aide et de la coopération arabes et
internationales.
90. Les organisations régionales et la communauté internationale
sont invitées à aider tous les États arabes à établir leurs
propres plans pour la réalisation des objectifs de l'éducation
pour tous, pendant la période de préparation de la conférence
ministérielle qu'il est proposé de tenir en 2002.
|
| |
|
============
|
| |
| |
|