| |
|
| |
Combler
un manque d'enseignants en période de crise économique
Par Leila Loupis,
UNESCO Harare |
| |
|
| |
Un
personnel enseignant insuffisant
|
| |
|
| |
En
1995, le système éducatif camerounais souffrait d'un déficit
de quinze mille instituteurs (sur la base d'une moyenne de 1
enseignant pour 50 élèves). Chaque classe comprenait alors entre
120 et 150 élèves en moyenne. Comme le pays traversait une crise
économique et était frappé par le chômage, le gouvernement ne
pouvait se permettre d'augmenter le nombre de ses fonctionnaires.
Les établissements de formation des maîtres étaient fermés depuis
quatre ans. |
| |
|
| |
Suite
aux pressions de la communauté, le ministère de l'Education
décida de rouvrir ces instituts et d'en créer neuf autres, portant
à 36 le nombre d'établissements chargés de former les enseignants.
Mais après avoir formé ces jeunes enseignants, comment les intégrer
dans le système éducatif sans les employer comme agents de la
fonction publique ? |
| |
|
| |
Une
gestion financière novatrice |
| |
|
| |
Au
ministère de l'Education des fonds étaient disponibles dans
un budget qui n'était pas destiné aux salaires. Le ministère
élabora alors une stratégie novatrice de gestion financière
des nouveaux enseignants qui lui permettait d'embaucher des
jeunes certifiés sans les intégrer totalement dans la fonction
publique. Une solution expérimentale fut mise en oeuvre et les
personnes recrutées se virent offrir des contrats à durée déterminée,
généralement pour couvrir l'année scolaire (10 mois), ces contrats
pouvant être renouvelés deux fois. Le salaire proposé était
peu élevé, mais comme le taux de chômage était important, les
jeunes enseignants n'hésitèrent pas à accepter les contrats
proposés. |
| |
|
| |
Nombre
croissant d'enseignants qualifiés |
| |
|
| |
La
première année, 1.600 enseignants furent recrutés dans le
cadre de contrats à durée déterminée; l'année suivante ils
étaient 3.200 et 3.200 également la troisième année. Au cours
de cette période, on enregistra une augmentation de près de
8.000 enseignants. A la fin de juillet 1999, 3.447 jeunes
enseignants achevèrent leur formation et furent intégrés dans
le système éducatif. En l'an 2000, c'est-à-dire 5 ans plus
tard, plus de 20.000 enseignants seront soit en cours de formation
soit employés dans le secteur éducatif. L'objectif de trouver
15.000 enseignants qualifiés pour l'an 2000, qui avait été
fixé cinq ans plus tôt, se trouve ainsi largement dépassé.
|
| |
|
| |
Mais
si les enseignants touchent des salaires peu élevés et n'ont
pas la sécurité d'emploi, comment les motiver et les maintenir
dans le système éducatif? Dès 1999, le ministère présentera
à l'Assemblée nationale une proposition visant à intégrer, avec
le concours de la Banque mondiale, 4.000 enseignants par an
dans la fonction publique. |
| |
|
| |
"Les
enseignants sont le cheval de bataille qui permettra d'atteindre
le but de l'Education pour tous. Même en période de crise économique,
tous les moyens doivent être mis en oeuvre pour améliorer la
qualité et la quantité de la nouvelle génération de jeunes enseignants",
affirme M. Yakouba Yaya, Directeur de l'enseignement préprimaire,
primaire et de base et Coordinateur national du Bilan de l'EPT
à l'an 2000. M. Yaya souligne qu'il est important de rechercher
localement des solutions expérimentales aux problèmes qui affectent
le secteur de l'éducation. |
| |
|