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  La faiblesse des ressources retarde la croissance universitaire en Ethiopie
Par Monsieur Noel Okoth,
All Africa News Agency
   
    Il y a dix ans, l'Ethiopie se joignait aux 155 pays du monde réunis à Jomtien, en Thaïlande, pour exprimer son engagement en faveur de l'accès universel à l'enseignement primaire d'ici l'an 2000.
   
    Le pays se proposait également d'éliminer l'analphabétisme des adultes dans le courant de la décennie, de développer l'éducation et la formation aux savoir-faire fondamentaux et d'améliorer la prise en charge des jeunes enfants et les activités d'épanouissement. En dépit des nobles idées formulées à Jomtien, nombreux sont ceux qui demeurent exclus à tous les niveaux d'éducation.
   
    L'Ethiopie s'est pourtant efforcée de combattre cette exclusion. D'immenses progrès ont été accomplis, notamment au niveau de l'alphabétisation avec un taux d'alphabétisme qui est passé à environ 65 pour cent, contre 35 pour cent en 1990.
   
 

  Selon les experts en éducation de la Banque mondiale, il s'agit là d'un exploit non négligeable pour un pays régulièrement frappé par la sécheresse et les luttes armées des mouvements d'opposition. La performance économique est également affectée par la sécheresse et la dégradation de l'environnement tandis que la guerre contre l'Erythrée a entravé les efforts menés par l'Ethiopie dans la voie de l'éducation pour tous.

   
    D'une façon caractéristique, en Ethiopie comme dans de nombreux autres pays d'Afrique subsaharienne, le défi crucial auquel se heurte l'éducation est lié à une limitation de ressources. De graves contraintes économiques ont empêché la plupart des pays africains de répondre de manière adéquate à une demande croissante de services sociaux de meilleure qualité dans le domaine de l'éducation et de la santé.
   
    " En Ethiopie, cela fait maintenant des décennies que des secteurs sociaux concurrents se disputent de maigres ressources financières, constate Ingemar Gustafsson, directeur de l'éducation à l'Agence suédoise pour le développement international. Tout au long de l'actuelle décennie, on a été confronté à un choix sinistre: l'apprentissage de l'alphabet doit-il avoir la priorité sur le reboisement ou la fourniture de services sanitaires de base à des enfants et des femmes enceintes sérieusement menacés par des taux de mortalité et de morbidité élevés. "
   
    En dépit de ces choix difficiles, l'Ethiopie consacre quatre pour cent de son produit national brut à l'éducation. La scolarisation primaire, en particulier, a fait un bond en avant avec 55 pour cent de chaque cohorte d'élèves inscrits atteignant cinq années de scolarité.
   
    Alors que pendant des décennies, l'éducation a souffert de faiblesses internes, le gouvernement a entrepris d'éliminer les disparités et inégalités entre les sexes et entre zones rurales et urbaines. Le nombre de filles inscrites dans l'enseignement primaire est passé de 30 pour cent en 1990 à 40 pour cent en 1997.
   
    Les effectifs féminins du secondaire ont augmenté de manière constante, atteignant 43 pour cent en 1997 contre moins de 30 pour cent il y a dix ans. Les statistiques du ministère de l'Education indiquent que les taux de transition du primaire au secondaire se sont considérablement améliorés chez les filles.
   
    Cependant, le gouvernement s'est lancé, avec le concours de la Banque mondiale, dans un vaste projet - portant sur 100 millions $US - visant à effacer les disparités de scolarisation et de performance scolaire entre filles et garçons. " L'investissement dans l'éducation des filles en Ethiopie, comme ailleurs en Afrique subsaharienne, devrait accroître les taux de participation et de revenus de la main-d'oeuvre féminine, " souligne le Dr Ruth Kagia, directrice du service du développement humain à la Banque mondiale.
   
    La scolarisation des filles finira par entraîner une diminution du nombre d'enfants par femme, une baisse des taux de mortalité infantile et maternelle, créera des acquis éducatifs inter-générationnels et aura des effets positifs sur l'environnement. Elle débouchera aussi sur une réduction des frais de santé et améliorera à long terme le niveau de vie et la qualité de la vie dans les communautés éthiopiennes.
   
    Dans ses efforts d'amélioration de la scolarisation féminine, le gouvernement affectera les ressources du projet à des mesures incitatives favorisant l'assiduité scolaire des filles. " Nous fournirons des bourses, des manuels, des repas scolaires et des soins de santé primaire. Nous améliorerons aussi la qualité de l'infrastructure scolaire et la pertinence de l'enseignement ", souligne le Dr Kagia.
   
    Par ailleurs, le gouvernement fait prendre conscience aux parents et aux communautés de l'importance de l'éducation des jeunes filles en mettant en évidence certaines valeurs socio-culturelles dominantes. Il a mis en place des politiques nationales de soutien à la scolarisation féminine et à la suppression des inégalités entre les sexes sur le marché du travail.
   
    De manière aussi importante, le programme d'enseignement a été remanié pour permettre à chacune des 14 provinces de choisir la langue d'instruction dans les écoles. Suite à ces amendements, plusieurs langues locales ont été introduites pour remplacer l'amharique comme langue d'instruction dans les écoles primaires où l'amharique n'est pas la langue maternelle.
   
    A ce jour, l'oromigna, le tigrina, le welaitigna et le sidamigna ont été adoptés comme langues d'instruction dans différentes provinces pour les six premières années du primaire. De même, l'arabe est utilisé comme langue de communication dans les écoles de la province de Benishangul où cette langue est très répandue. C'est la première fois dans l'histoire de l'Ethiopie que plusieurs langues locales autres que l'amharique sont utilisées comme langue d'instruction dans les écoles. Elles sont aussi des matières d'examen inscrites au programme.
   
    Il va sans dire que le programme éducatif éthiopien a eu beaucoup de difficultés à produire des enseignants capables d'enseigner les langues régionales et locales. L'anglais a désormais remplacé l'amharique comme langue véhiculaire et d'instruction dans les établissements secondaires.
   
    Cette transition vers un système éducatif multilingue n'a pas été facile pour le pays. Enseignants et surveillants ont dû être formés et tranférés dans leur région d'origine où ils peuvent enseigner dans l'une des langues nationales. Le développement rapide de l'éducation a entraîné une augmentation de l'effectif moyen par classe dans l'ensemble du pays.
   
    Malgré tout, il existe des disparités criantes entre écoles urbaines et rurales et d'un niveau de classe à l'autre. Il est clair que les établissements urbains se heurtent à d'importantes contraintes et l'effectif des classes inférieures peut dépasser 70 élèves. " Les petites classes sont les plus encombrées, ce qui contribue de manière significative à l'accroissement du taux d'abandon dans les trois premières années en milieu rural et urbain ", confirment les responsables de l'éducation.
   
    Alors que le gouvernement continue de construire des équipements éducatifs pour remplir ses engagements en matière d'éducation universelle, l'offre d'établissements scolaires n'arrive pas à satisfaire la demande. L'intégration du plus grand nombre possible d'enfants dans le programme éducatif a eu pour conséquence inévitable de compromettre sérieusement la qualité de l'éducation au profit de l'équité.
   
    Toutefois, ce dilemme n'est pas spécifique à l'Ethiopie; de nombreux pays d'Afrique subsaharienne doivent à la fois veiller à améliorer la qualité et à régler la question de l'équité. Le gouvernement semble actuellement avoir opté pour l'application de certains remèdes visant à améliorer la qualité de l'éducation.
   
    Certaines communautés autonomes sont impliquées dans des programmes d'appui par le biais de contributions en main-d'oeuvre, en argent et en nature. Ce phénomène s'est avéré encourageant, surtout dans les programmes d'éducation non formelle où le taux croissant de scolarisation des néo-alphabètes continue de gonfler les effectifs au niveau scolaire élémentaire. Des stratégies similaires sont également adaptées aux programmes d'éducation et de prise en charge de la petite enfance dans l'ensemble du pays.
   
    Par ailleurs, la formation des maîtres s'est considérablement améliorée et le ratio élève-enseignant s'établit à 1:38 dans l'enseignement primaire et à 1:32 dans le secondaire. On tente également de remédier aux déficiences de la formation du personnel enseignant en mettant en place des programmes de formation, notamment de formation en cours d'emploi.
   
    Sur le plan économique, l'Ethiopie est certes un pays pauvre, mais il a mené un combat acharné pour donner le pouvoir au peuple par l'éducation. Les idéaux de Jomtien sont sans doute difficiles à réaliser mais, discrètement, l'Ethiopie a commencé à donner à ses habitants les outils nécessaires pour changer leur monde.
   
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