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Les
Compagnons de l'Education, une stratégie durable de réintégration
des jeunes ayant abandonné l'école
Par Leila Loupis,
UNESCO Harare |
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L'interruption
de l'apprentissage débouche sur le chômage
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Comment
s'attaquer au problème des jeunes qui, ayant quitté le système
scolaire, ne trouvent place ni dans leur environnement rural
et leur système familial traditionnel ni sur le marché du travail
en milieu urbain ? |
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Au
Niger, ces jeunes, qui vivent en ville et sont peu enclins à
retourner dans leur village d'origine, rejoignent les rangs
des chômeurs. Ceux qui ont réintégré leurs communautés rurales
ne disposent pas des compétences requises pour trouver un emploi.
Les parents se sont rendu compte que les étudiants qui abandonnaient
prématurément le système scolaire parvenaient difficilement
à se réintégrer au sein de leur communauté. Jugeant que le système
scolaire avait un effet négatif sur les structures communautaire
et familiale, ces parents sont devenus de plus en plus méfiants
à l'égard du système éducatif, hésitant à envoyer leurs enfants
à l'école. |
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Des
compagnons dans l'éducation |
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Pour
faire face à ce problème, le ministère de l'Education et l'ONG
française "Aide et Action" ont lancé le projet "Les Compagnons
de l'Education" qui s'adresse aux jeunes ruraux de 15 à 25 ans
ayant atteint un certain niveau d'éducation de base. Les jeunes
sélectionnés pour être des "compagnons" suivent un cours de
remise à niveau et une formation d'instituteur stagiaire. Ils
suivent, parallèlement, une formation de base en gestion des
petites entreprises. Chacun choisit une profession et bénéficie
d'une petite aide financière qui les aidera à lancer une activité
à petite échelle, leur permettant, par exemple, de se procurer
des outils, un moteur de bateau ou une machine à coudre. |
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En
échange de cette aide, les jeunes "Compagnons de l'Education"
donnent, le soir, des leçons particulières aux enfants des écoles
primaires locales. Ils les aident à faire leurs devoirs, à comprendre
et apprendre leurs leçons et à réussir leur scolarité. |
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Soutenir
la communauté |
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Après
la période d'essai, les résultats obtenus se sont révélés extrêmement
positifs. On a observé une nette amélioration de la performance
scolaire chez les jeunes qui bénéficiaient des cours particuliers
dispensés par les Compagnons. Dans certains villages où le projet
a été mis en place, le taux de réussite aux examens a atteint
100%. Cela a amélioré l'image des jeunes professeurs particuliers
qui se sont sentis encouragés dans leur nouvelle vie professionnelle,
plus disposés à rester dans leur famille et leur communauté
et moins enclins à émigrer vers les centres urbains. Le projet
a révélé l'importance d'une participation étroite de la communauté
et de la motivation des parents dans le domaine de l'éducation,
en particulier en direction des objectifs d'une Education pour
tous. |
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"Au
sein des villages, les parents sont plus réceptifs à l'école
car ils savent que même si leurs enfants quittent le système
scolaire, ils seront utiles à la communauté", affirme M. Hamissou
Oumarou, Coordinateur national du Bilan de l'EPT à l'an 2000
auprès du ministère nigérien de l'Education. Suite à ce bilan
très positif, l'expérience devrait s'étendre à d'autres régions
du pays. |
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