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BULLETIN D'INFORMATION SUR LE SUIVI DE DAKAR N°18
 
Bienvenue sur le Bulletin électronique du Secteur de l'éducation de l'UNESCO, dont l'objectif est de vous informer sur les activités de l'UNESCO dans le domaine de l'éducation, et, en particulier, sur le suivi du Forum mondial sur l'éducation de Dakar (avril 2000). Merci de le transmettre aux collègues intéressés.
 

Sommaire (6 mars 2001)

---> LES PARTENAIRES DE L'EPT S'ENTENDENT SUR UNE VISION COMMUNE

---> LA VISION COMMUNE SUR L'EPT APPUYE PAR LES ONG

Pièces jointes à ce numéro

---> LA VERSION ANGLAISE DES DISCOURS D'OUVERTURE DU DIRECTEUR-GENERAL DE L'UNESCO (28 FEVRIER ET 2 MARS 2001)

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LES PARTENAIRES DE L'EPT S'ENTENDENT SUR UNE VISION COMMUNE

Le franc-parler a dominé la réunion de consultation entre les experts de l’éducation et ceux de la finance, qui s’est tenue au Siège de l’UNESCO à Paris du 28 février au 2 mars 2001, l’objectif étant de débattre du resserrement de la coopération entre les différents partenaires du mouvement de l'EPT, en faveur du cadre d’action de Dakar.

John Daniel, le nouveau Sous-Directeur général de l’UNESCO pour l'éducation, s'est démarqué du discours mesuré qui prévaut habituellement lors des rencontres internationales en reprenant sur le ton de la plainsanterie ce qu’un président américain a dit « Il s’agit de la mise en œuvre, idiot ! » Il s'est également engagé à soutenir sans relâche l'Education pour tous (EPT), et a enjoint ses troupes, au Siège et hors Siège, à « éviter tout goulet d'étranglement. » Ruth Kagia, de la Banque mondiale, a exprimé un avis largement partagé lorsqu'elle a reconnu que: « Il est grand temps que nous autres, acteurs de l'EPT, commencions à nous organiser. Quels défis avons-nous à relever ? Quelles spécificités sont les nôtres? De quelle façon devons-nous coopérer ? »

Gardant ces questions présentes à l'esprit, les participants sont parvenus à forger une vision commune du cadre de coopération des partenaires internationaux pour mettre en œuvre les objectifs fixés à Dakar.

A été discuté lors cette consultation qui a réuni une cinquantaine d'experts des organismes d'aide bilatérale et multilatérale, le rôle conceptuel du document préparé par l’UNESCO, «Coopération des partenaires du développement en faveur de l’éducation pour tous: principes et stratégies. Ce document répond à l’engagement pris à Dakar que « aucun pays qui a pris un engagement sérieux en faveur de l’éducation de base ne verra ses efforts contrariés par le manque de ressources ». Sous sa forme définitive, il servira de guide précieux à tous les partenaires du mouvement de l’EPT qui soutiennent les efforts nationaux. Nombreuses sont les organisations bilatérales qui prévoient d'aligner leur politique du développement sur les recommandations de cet outil fondamental. Il a d'ailleurs été décidé, lors de la réunion, qu'on attirerait l'attention des chefs d'Etat lors de la prochaine réunion du G8 à Gènes (Italie), en juillet 2001.

L'entrée en scène des éducateurs

Pour les participants, le plus urgent est d'ancrer le mouvement de l'EPT dans les stratégies globales de réduction de la pauvreté, telles que l'initiative en faveur des Pays pauvres très endettés (PPTE) ou les Cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté (CSLP). « Nous devons nous débarrasser de nos œillères éducatives, » a martelé Steve Parker, le représentant britannique. « Il y a un an, nous étions tous en train de créer des projets. Aujourd'hui les éducateurs entrent en scène et s'initient à leur nouveau rôle d'interlocuteurs et de médiateurs des activités intersectorielles. Il y a là un virage important à négocier. » La difficulté, ont convenu les participants, est de toujours garantir que l'EPT reste l'objectif principal.

L'autre priorité consiste à redéfinir les relations, à la fois au sein des agences internationales, entre ces agences, et entre elles et les pays où elles exercent leurs activités. Les approches sectorielles maintenant devenues une pratique courante dans de nombreux pays ainsi que la coordination de l’aide figurent parmi les moyens évoqués pour améliorer ces relations. Comme l'a remarqué le suédois Ingemar Gustafsson, « il faut utiliser au mieux les avantages comparatifs de chaque agence et assurer la répartition des tâches. »

Mobilisation financière

Mobilisation de fonds ne signifie pas seulement apports de fonds, ont convenu les participants. Il s’agit aussi de l’usage efficace des ressources existantes, tant humaines qu'institutionnelles, ce qui suppose qu'on dispose de personnels qualifiés. Le renforcement des capacités a donc été considéré comme de première importance.

Le manque de financement extérieur a généralement été perçu comme un obstacle moins important que l'absence des capacités, au sein des pays, pour absorber ce financement et le gérer, et les participants ont mis l'accent sur la nécessité, pour les pays, d'utiliser leurs ressources nationales de manière efficace. Pour Jean-Michel Severino, conseiller du Sous-Directeur général de l'UNESCO pour l'éducation, il s'agit d'une situation absurde: « Même si on doublait la somme nécessaire pour réaliser l'EPT, » a-t-il remarqué, « celle-ci ne pourrait pas être utilisée actuellement parce que les pays n'ont tout simplement pas la capacité de l'absorber. » « Il vaudrait mieux, » a ajouté Birger Fredriksen de la Banque mondiale, « que nous aidions les pays à faire un usage plus judicieux de leurs propres ressources, plutôt que de leur accorder de nouveaux prêts.»

Besoins financiers mondiaux

Le soutien coordonné au secteur, ont suggéré les agences, devrait être ajusté à la situation des pays. Les participants ont identifié trois groupes de pays cibles appelant des soutiens différents : les PPTE qui bénéficient des programmes de réduction de la dette, les pays pauvres hors PPTE, les pays en crise et les pays à revenus moyens.

PPTE : dans les dix-huit pays d'Afrique sub-saharienne bénéficiant de l'initiative PPTE, 40 % environ de l’allègement de la dette sont destinés à l'éducation. Mais l'aide extérieure ne représentant qu'une petite part des fonds nécessaires, ces pays doivent aussi puiser dans leurs propres ressources pour financer l'EPT.

Pays hors PPTE pauvres et pays en crise : les pays exclus de l'allègement de la dette courent le risque d'être isolés financièrement, dans la mesure où la communauté internationale dispose de moins d'instruments pour dialoguer avec eux. Le danger est plus grand pour les pays en crise, boudés par les agences bilatérales et multilatérales. « Il est difficile de traiter avec un pays qui n'a pas de gouvernement, » a souligné un des participants. Toutefois, ils ont rappelé que le mouvement de l'EPT, devra se pencher sur le cas des millions d'enfants vivant dans des zones de conflits, et qui sont de fait privés du droit à l'éducation.

Pays à revenus moyens : ni assez pauvres pour bénéficier des programmes de réduction de la pauvreté, ni assez riches pour supporter le poids financier des prêts, les pays à revenus moyens y compris ceux ayant une population importante à éduquer sont un dilemme pour le mouvement de l'EPT. Une solution peut être l'attribution de prêts moins onéreux. Le point crucial fut néanmoins soulevé, à l'unanimité, qu'il serait malvenu de réduire l'EPT au seul débat sur la pauvreté.

Plans d'action

L'importance des plans d'action nationaux sur l'EPT a été soulignée de nouveau, comme une étape nécessaire dans le déclenchement de l'aide extérieure. Une lassitude est cependant perceptible chez de nombreux pays, du fait des demandes répétées d'élaboration de plans d'action qui leur ont été adressées ces dernières années. Les participants ont estimé qu'on pouvait, au besoin, se contenter d'adapter les plans existants au Cadre d'action de Dakar.

Le rôle de l'UNESCO

Du point de vue des participants, la mission de l'UNESCO est d'accompagner et de coordonner le mouvement de l'EPT, de donner une orientation intellectuelle et de faciliter le partage des connaissances. Le suivi des progrès vers l'EPT est également considéré comme une part essentielle du mandat de l'Organisation. Des efforts de sensibilisation accrus sont aussi une priorité pour de nombreux participants, mais ces efforts, qu'ils s'adressent à la presse, aux décideurs ou au grand public, ne sont pas du seul ressort de l'UNESCO, ils sont « l'affaire de tous ».

LA VISION COMMUNE SUR L'EPT APPUYE PAR LES ONG

« J'apprécie l'attitude critique des ONG et leur rôle vigilant à l'égard des gouvernements et des organisations internationales. Les ONG, j'en suis convaincu, ont en matière de sensibilisation un rôle important à jouer, et grâce à leurs expériences riches et novatrices sur le terrain et aux relations privilégiées qu'elles entretiennent avec l'ensemble de la société civile, elles contribuent à consolider le mouvement de l'EPT. » C'est par ces mots que le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, a accueilli la quarantaine de représentants d'éminentes ONG du secteur éducatif à la consultation qui s'est tenue le 2 mars 2001 au Siège de l'UNESCO. « L'UNESCO veut œuvrer pour l'instauration d'un dialogue collectif entre tous les partenaires du mouvement de l'EPT, » a poursuivi M. Matsuura.

La consultation a débuté par une note d'information sur les deux jours de réunion des experts financiers et s'est achevé par l'appui, par les ONG, de l'accord conclu entre les agences.

Les ONG n'ont exprimé qu'une seule réserve, relative au financement privé, qui risque selon elles d’affaiblir la position de l'Etat dans sa mission d'assurer l'éducation de tous les citoyens. Selon elles, ce financement était plutôt destiné à combler les lacunes et à arrêter les disparités.

Impliquer davantage les ONG

Les ONG ne sont pas toujours reconnues par les gouvernements comme des partenaires à part entière, a déploré Elie Jouen, de l'Internationale de l'éducation, qui a ajouté : « La participation des ONG à la conception des plans d'action nationaux est l'exception, plus que la règle.» Il a rappelé que le Cadre d'action de Dakar met l'accent sur l'indispensable participation de la société civile. Ils ont aussi demandé que les gouvernements fassent preuve d'une plus grande transparence concernant les flux de l'aide extérieure, ainsi que dans leurs transactions avec les donateurs.

Le délai prévu pour la finalisation des plans d'action est perçu par certains comme irréaliste. « La précipitation avec laquelle ils ont été préparés par le passé a conduit certains programmes à l'échec, » a signalé Amina Ibrahim d'Action Aid Nigeria. « Les donateurs sont ensuite déçus et interrompent leur aide.»

La communication entre les ONG et l'ensemble des acteurs de l'EPT requiert une amélioration radicale, a-t-on souligné. Des systèmes et mécanismes sont nécessaires, non seulement pour améliorer cette communication, mais pour intégrer l'action novatrice des ONG dans le système formel.

Répondre aux besoins de millions d'enfants et d'adultes est un défi monumental requérant de nouveaux modes d'intervention. Peter Buckland de l'UNICEF recommande la création de petites équipes spéciales composées de membres choisis parmi l'ensemble des acteurs de l'EPT, et chargées de résoudre des problèmes ponctuels, un seul problème à la fois, étant entendu qu'elles se dissoudront une fois leur tâche accomplie.

Evoquant, pour conclure, la question de la répartition des tâches entre les organisations, John Daniel a cité un autre président des Etats-Unis. « Je crois beaucoup à l'adage: "On peut tout faire pourvu qu’on ne pense pas à qui revient le mérite,"» a-il-dit sur le ton de la plaisanterie.

Edition préparée par Teresa Murtagh et Jean O'Sullivan

 
Contact: Anne Muller (a.muller@unesco.org)
 
 
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