Cadre d'action - Participants - Organisateurs
Conférence en ligne - Consultation ONG
Dernières info - Suivi du Forum de Dakar
La vision des partenaires - La voix du terrain
L'évaluation de l'EFA à l'an 2000 - Les résultats
Les conférences régionales - Evaluation
Communiqués de presse - Dossier de presse
Coin photo - Contacts média
Dernières info > Note du Director géneral de l'UNESCO
 
U N E S C O
DG/Memo/00.14
16 octobre 2000
Le Directeur général
 
Aux : Directeurs et chefs des bureaux hors Siège de l'UNESCO
cc : ADG/ED p.i. ADG/CI p.i. ADG/CLT p.i. ADG/SHS p.i. ADG/SC p.i. ADG/ERC ADG/AFR Directeurs, BIE, IIPE, IUE, ISU Dir. BFC p.i. Dir. BSP
 

Objet : Suivi de Dakar : pour action

================================
 
Adopté en avril dernier au Forum mondial sur l'éducation, le Cadre d'action de Dakar ci-joint réaffirme le rôle de chef de file de l'UNESCO dans le domaine de l'éducation. Il demande à l'UNESCO d'assurer le secrétariat du suivi de Dakar et de placer "les résultats et les priorités de Dakar au coeur de son activité".
 
Le Cadre d'action met tout particulièrement l'accent sur l'importance de la volonté politique et d'une impulsion plus affirmée à l'échelon des pays, et déclare que "le centre de l'activité de l'EPT se situe au niveau national". Dans le même temps, reconnaissant qu'il faut des ressources à l'appui de la volonté politique, le Cadre d'action engage les pays à apporter un soutien financier supplémentaire à l'éducation, et préconise un accroissement de l'aide au développement ainsi qu'un allégement de la dette au bénéfice de l'éducation, soulignant qu'"aucun pays qui a pris un engagement sérieux en faveur de l'éducation de base ne verra ses efforts contrariés par le manque de ressources".
 
 
Le rôle de l'UNESCO
 
L'attention du monde est désormais tournée vers l'UNESCO, qui doit tenir ses engagements et se montrer digne de la confiance placée en elle. Une réponse énergique et synergique sera nécessaire pour mettre en place, faciliter et coordonner les mécanismes de suivi nécessaires.
 
 

Pour ce faire, nous devons :

- intégrer pleinement le suivi de Dakar à nos activités de programme, en tout premier lieu dans le Secteur de l'éducation, mais également sur le plan intersectoriel ;

- soutenir les pays dans la mise en oeuvre du Cadre d'action, en prêtant une attention particulière à l'élaboration de politiques éducatives en faveur des groupes frappés d'exclusion ;

- mettre en place des mécanismes régionaux pour le renforcement des capacités et les échanges entre pays ;

- nous mobiliser en faveur d'une utilisation plus efficace des ressources et d'un accroissement des investissements dans l'éducation de base ;

- soutenir la dynamique de l'EPT au niveau mondial grâce à des actions de sensibilisation lors des réunions internationales.

 
Comment cela se traduira-t-il concrètement ? J'attends des bureaux de l'UNESCO qu'ils révisent leurs programmes de travail en fonction du suivi de Dakar et qu'ils se consultent entre eux au niveau sous-régional afin de définir les responsabilités de chacun d'eux.
 
 
A la lumière de ces consultations, vous devrez soumettre à l'ADG/ED, au plus tard le 15 novembre 2000 (avant la première réunion du Groupe de travail sur l'EPT, voir ci-dessous), vos propositions concernant les actions urgentes à entreprendre dans votre région/pays, et, au plus tard le 15 décembre 2000, vos plans de travail. Ces derniers devront faire apparaître les activités de suivi prévues dans chaque pays. Je souhaiterais que ceux d'entre vous qui ont déjà soumis des propositions les révisent en tenant compte de la présente note.

 

Tous en laissant à votre appréciation le choix des modes d'intervention, j'aimerais vous donner quelques indications sur les actions à mener aux niveaux national et régional.
 
 
Au niveau national
 
Le Cadre d'action de Dakar invite tous les Etats à créer des forums nationaux largement représentatifs et à élaborer ou à consolider des plans nationaux pour l'EPT avant 2002. Dans cette optique, il est essentiel, en premier lieu, de sensibiliser les gouvernements à l'importance de cette tâche, et, en second lieu, d'examiner et d'utiliser au mieux les plans nationaux et les mécanismes existants en matière d'EPT, afin d'éviter les saupoudrages et les doubles emplois.
Tous les plans doivent aussi être pleinement intégrés dans les approches sectorielles existantes et s'appuyer sur le Bilan commun de pays (CCA), le Plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au développement (UNDAF) et les cadres stratégiques de lutte contre la pauvreté (PRSP), compte tenu du rôle central que joue l'éducation dans toutes les stratégies de lutte contre la pauvreté.
 
 
Les Principes directeurs pour la préparation des plans d'action nationaux de l'éducation pour tous ci-joints vous serviront de guide pour définir votre propre approche en fonction du contexte local. Ce document doit être diffusé largement auprès des gouvernements et des institutions partenaires, ainsi que des organisations de la société civile et des ONG concernées.

Pour renforcer la coopération avec les ONG, la structure globale de partenariat UNESCO-ONG actuellement en place

- la Consultation collective des ONG sur l'alphabétisation et l'éducation pour tous

- peut être mise à profit pour entrer en contact avec de nouveaux partenaires et consolider les mécanismes et les activités aux niveaux national et régional.

 
On ne saurait trop souligner l'importance de la mobilisation de fonds et de la coordination entre les donateurs dans chaque pays, et l'UNESCO devra jouer dans cette optique un rôle de facilitation dans les différents pays.
Enfin, il vous appartient de déterminer, parmi les programmes phares de l'EPT - tels que l'Initiative des Nations Unies pour l'éducation des filles, le programme FRESH (Focusing Resources for Effective School Health), l'éducation de la petite enfance, le VIH/sida et l'éducation, l'éducation dans les situations d'urgence et de crise, etc., dont vous trouverez le détail dans le document "Grandes lignes du Plan d'action" ci-joint - ceux qui devront recevoir la priorité dans chaque contexte national particulier.
 
 
Au niveau régional
 
Les activités régionales doivent avoir pour but d'apporter un soutien aux efforts nationaux. Le Cadre d'action de Dakar demande que les activités régionales s'appuient sur les organisations et réseaux déjà en place aux niveaux régional et sous-régional. Les Groupes consultatifs techniques régionaux créés en vue du Bilan mondial de l'EPT à l'an 2000 n'existant plus en tant que tels, l'UNESCO doit identifier, dans chaque région, les mécanismes les mieux à même de servir les objectifs de l'EPT. Chaque région doit également mettre en oeuvre son propre Cadre d'action régional (lequel fait partie intégrante du Cadre d'action de Dakar).

Dans ce contexte, j'attends des bureaux de l'UNESCO qu'ils s'acquittent des tâches suivantes :

1. assurer le suivi et rendre compte des progrès réalisés dans l'éducation pour tous, ce qui comprendra la collecte et l'échange d'informations statistiques. Comme vous le savez, un observatoire chargé de collecter et d'analyser des données permettant de suivre l'évolution de la situation en matière d'EPT a été mis en place à l'Institut de statistique de l'UNESCO. Toutes les activités de suivi que vous projetez doivent être entreprises en étroite collaboration avec l'ISU ;

2. recueillir toutes les informations pertinentes sur les meilleures pratiques en matière d'EPT, et en assurer la promotion. Les expériences réussies et les enseignements tirés de celles-ci devraient être partagés entre les pays lors des réunions régionales et sous-régionales. L'information ainsi recueillie sera transmise à la première réunion du petit groupe informel de haut niveau que je convoquerai au début de 2001 ;

3. renforcer les capacités nationales au niveau sous-régional. Pour ce faire, des ateliers, des activités de formation, etc., seront organisés en coopération avec les instituts de l'UNESCO - BIE, IIPE, IUE et ISU - et avec d'autres institutions et réseaux spécialisés de la région ;

4. promouvoir le dialogue et les échanges au niveau politique entre tous les partenaires de l'EPT, afin de faire en sorte que le suivi de Dakar soit dûment inscrit dans leurs programmes de travail respectifs. Un forum annuel sous-régional pourrait être organisé à cette fin ;

5. faciliter la communication et la collaboration entre tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux de la région (en particulier l'UNICEF, le PNUD, la Banque mondiale et les principaux donateurs bilatéraux), en vue notamment de mettre au point des stratégies viables en matière d'EPT, de promouvoir l'échange d'information et de favoriser la coordination des activités et programmes ;

6. mobiliser des ressources en faveur des activités envisagées par les pays ou des activités de renforcement des capacités au niveau sous-régional, ainsi qu'il est indiqué ci-dessus. En ce qui concerne les budgets opérationnels des bureaux hors Siège, certains crédits budgétaires seront redéployés, et des ressources extrabudgétaires recherchées. Cependant, il sera également nécessaire que les bureaux hors Siège recherchent activement des fonds extrabudgétaires pour leurs propres activités ;

7. mener des actions de sensibilisation en faveur de l'EPT, s'efforcer de faire inscrire l'éducation pour tous à l'ordre du jour de toutes les réunions importantes et diffuser largement les documents relatifs à l'EPT. Dans toutes les activités décrites ci-dessus, et chaque fois qu'il y aura lieu, la spécificité de l'initiative de l'E-9 devra être prise en compte, et les expériences des pays de l'E-9 seront partagées, dans la mesure du possible, avec d'autres pays.

 
Au niveau mondial
 
Le Siège de l'UNESCO apportera le soutien nécessaire à toutes les activités entreprises aux niveaux national et régional. En étroite concertation avec moi, l'ADG/ED dirige personnellement le suivi de Dakar et assurera la nécessaire coordination des activités nationales, sous-régionales et régionales, aussi bien entre les régions qu'entre les instituts de l'UNESCO, le Siège et les bureaux hors Siège.

La circulation de l'information sera assurée notamment au moyen du Bulletin d'information électronique, qui vous tiendra régulièrement informés sur les activités telles que :

- la première réunion du Groupe de travail sur l'EPT (22-24 novembre 2000), qui comprendra 35 personnes environ représentant : les pays en développement et les pays en transition ; les organismes bilatéraux, multilatéraux et régionaux ; les organisations de la société civile, les organisations non gouvernementales et les fondations privées ; l'OCDE et le G-8. Cette réunion comprendra essentiellement trois volets :

(a) échange d'information sur les progrès réalisés et les obstacles rencontrés dans le suivi de Dakar ;

(b) examen approfondi de questions stratégiques à partir de documents conceptuels et/ou méthodologiques établis pour la réunion ;

(c) suggestions sur l'ordre du jour de la réunion du groupe de haut niveau ;

- les consultations avec le Comité d'aide au développement de l'OCDE, la Banque mondiale et le G-8, notamment, sur les moyens de renforcer le financement de l'éducation ;

- la réunion du groupe informel de haut niveau que je convoquerai en 2001, avant le premier anniversaire du Forum de Dakar ;

- les activités prioritaires entreprises par les institutions partenaires.

Partenariat
 
S'il est vrai que l'UNESCO doit jouer le rôle de chef de file dans le suivi du Forum de Dakar, elle est très loin de pouvoir à elle seule faciliter suffisamment la mise en œuvre du Cadre d'action. L'objectif de l'éducation pour tous, comme tous les grands objectifs de développement humain international, ne peut être atteint que grâce au partenariat. Comme le précise le Cadre d'action, l'UNESCO doit poursuivre "le rôle qui lui a été confié d'assurer la coordination entre les partenaires de l'EPT et de maintenir la dynamique de leur coopération". Il vous appartient donc, chaque fois qu'il est possible, de consulter l'ensemble des partenaires, institutions multilatérales et bilatérales, concernés et de collaborer avec eux en vue de renforcer et d'élargir les partenariats aux niveaux national, régional et international.
 
Conclusion
 
L'UNESCO s'est vu confier la tâche primordiale d'assurer le suivi du Forum de Dakar à un moment particulièrement difficile. Je reconnais que l'exercice de restructuration en cours peut causer des difficultés à certains d'entre vous, mais je voudrais qu'il soit bien clair que c'est la crédibilité même de l'UNESCO qui est en jeu actuellement, et qu'il nous incombe donc à tous de réussir dans cette tâche. Je suis personnellement convaincu que nous disposons des ressources humaines nécessaires pour y parvenir et, avec votre aide, je ferai tout mon possible pour conduire l'UNESCO à la réussite.
J'attends de chaque bureau qu'il se consacre de tout cœur à sa tâche, afin que l'éducation pour tous devienne vraiment une réalité pour tous - enfants, jeunes et adultes.
 
Koïchiro Matsuura
 
 
[ Forum de discussion | Contacts | Carte du site | Recherche | Début ]