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Première réunion du Groupe de travail sur l'EPT>Edition spéciale
 
 
Edition spéciale du Bulletin d'information électronique du Secteur de l'éducation de l'UNESCO
 
no 10
 
 

Sommaire (22 novembre 2000)

- Le Directeur général met l'accent sur «l'exercice du leadership par le partenariat» dans l'EPT

- Régions et pays relèvent le défi de l'Education pour tous

- Les programmes phares unissent les efforts en faveur de l'EPT

Supplément à ce numéro:

- La version anglaise du discours de bienvenue du Directeur général de l'UNESCO

 
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Le Directeur général met l'accent sur «l'exercice du leadership par le partenariat» dans l'EPT
 
  En accueillant ce 22 novembre 2000 à Paris la première réunion du Groupe de travail sur l'Education pour tous, le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, a rappelé que le mouvement de l'Education pour tous était une entreprise collective à tous les niveaux, qui s'appuie sur l'ensemble des mécanismes existants.
 
 Dans son discours inaugural, M. Matsuura a souligné que le rôle de chef de file confié à l'UNESCO au Forum mondial sur l'éducation (Dakar, Sénégal, avril 2000) représentait «un vote de confiance autant qu'un immense défi. » «Nous interprétons ce mandat comme "l'exercice d'un leadership par le partenariat"» a-t-il précisé, ajoutant que le rôle de l'UNESCO consistait à créer une synergie entre la multitude d'opinions et de perspectives prévalant chez les partenaires engagés dans le processus de suivi, tout en respectant le fait que les pays, par l'intermédiaire de leurs gouvernements, des ONG nationales et de la société civile, représentent l'autorité principale du mouvement.
 
Cette réunion est organisée dans le but de faire le point sur les progrès réalisés aux niveaux national, régional et international depuis le Forum de Dakar, et de débattre d'une série de sujets intéressant le suivi du Forum, en particulier la préparation des plans d'action nationaux, la mobilisation des ressources et le suivi des progrès de l'EPT à tous les niveaux.
 
Une quarantaine de personnes représentants les pays, les entités régionales, les organisations non gouvernementales nationales et internationales, ainsi que les agences d'aide, prend part à cette rencontre de trois jours, qui prendra fin vendredi
 
Jacques Hallak, Sous-Directeur général pour l'éducation p. i., qui préside la réunion, a souligné combien il était important de réunir des experts techniques autour d'une même table en vue d'une réflexion commune, d'une consultation réciproque et d'un partage des expériences, tout en rappelant que le Groupe de travail n'avait pas pouvoir de décision. «Nous sommes ici pour travailler, non pour parler principes. L'échange d'information qui aura lieu durant ces trois jours jouera un rôle décisif dans l'avenir du mouvement de l'EPT,» a-t-il déclaré.
 
Les résultats et recommandations recueillis lors de cette réunion stimuleront le processus de l'Education pour tous au sein des organisations représentées et contribueront à l'établissement de l'ordre du jour du Groupe informel de haut niveau qui doit être convoqué par le Directeur général de l'UNESCO en avril 2001
 
Le discours de bienvenue du Directeur général de l'UNESCO est joint à ce Bulletin.
 
Régions et pays relèvent le défi de l'Education pour tous
 
Les exposés régionaux et nationaux témoignent de la riche variété des activités menées depuis le Forum mondial sur l'éducation.
 
Ainsi, en Inde, un nouveau plan d'action ambitieux vise à apporter une éducation de base de qualité à tous les 6-14 ans d'ici 2010, à généraliser cinq ans d'école primaire d'ici 2007, à porter l'école obligatoire à huit ans d'enseignement d'ici 2010 et à aborder la question des disparités sexuelles et de l'abandon scolaire.
 
Le plan décennal d'Education pour tous du Sénégal privilégie les actions suivantes : large décentralisation, responsabilité, partenariat et suivi régulier. L'UNESCO et l'UNICEF, qui ont signé un mémorandum d'entente dans ce sens, unissent leurs forces en Afrique occidentale et centrale.
 
Le Kenya passe actuellement au crible son système éducatif, avec des questions aussi essentielles que la mondialisation, les technologies de l'information et la recherche de partenariats pertinents. Une Equipe spéciale pour l'EPT, conduite par le Ministère de l'éducation, rassemble toutes les composantes sociales, associations de parents et syndicats d'enseignants compris
 
La région arabe, qui a réalisé des progrès significatifs en matière de scolarisation primaire, tient déjà prêt son plan d'action régional dans le cadre du mécanisme ARABEFA. Outre qu'il offre un soutien direct aux pays dans l'élaboration de leurs plans nationaux, ce mécanisme va créer trois groupements thématiques régionaux qui se préoccuperont de l'éducation de la petite enfance, de l'éducation des filles et de l'alphabétisation. Le Dr Ali Fakhro, de Bahrain, a appelé les organismes d'aide et les donateurs bilatéraux à s'engager davantage en faveur de l'EPT
 
Les exposés de l'Amérique latine et des Caraïbes témoignent également de l'engagement de la région vis-à-vis des objectifs de l'EPT : les parlements des pays caraïbes seront appelés à sanctionner le plan d'action régional pour l'EPT. L'Organisation des Etats ibéro-américains pour l'éducation, la science et la culture (OEI) se concentre sur l'universalisation de l'éducation de base et l'élimination des disparités sexuelles, dans la ligne du Cadre d'action de Dakar. Le Brésil a mené une vaste réforme éducative fixant les responsabilités des gouvernements au niveau de la fédération, des états et des municipalités.
 
Bien qu'en Géorgie, moins d'1 % de la population soit analphabète, des problèmes de qualité se rencontrent à tous les niveaux. Le Ministre adjoint géorgien de l'éducation, M. Tamaz Tatishvili, a expliqué que «la brusque transition entre une économie planifiée par le centre et l'économie de marché a provoqué la pauvreté et les inégalités sociales.» Le nombre important de déplacés (quelque 300 000 personnes) est également un grave souci. Le pays s'attaque au plus urgent, apportant aux élèves, avec l'aide de l'UNICEF, un soutien psychologique. Les capacités concernant la petite enfance seront augmentées de 20 %.
 
Le travail remarquable accompli par les organisations non gouvernementales (ONG) sur la voie de l'EPT est ressorti clairement des différents exposés. Les ONG présentes ont exprimé le désir d'être associées dès les premières étapes à la préparation des plans d'action nationaux.
 
Basée au Bangladesh, la Dhaka Ahsania Mission, ONG riche d'une longue expérience en matière d'éducation non formelle, fait aujourd'hui partie du comité national de suivi de l'EPT. L'ONG ROSHNI, qui interviendra bientôt au Bangladesh, au Bhoutan, en Inde, au Népal et au Pakistan, s'occupera des jeunes descolarisés et de ceux dont l'éducation reste insuffisante.
 
Pour Jennnifer Chiwela, du People's Action Forum de Zambie, les promesses et les engagements de Dakar n'ont pas encore été traduits en actes. "Nous avançons à une vitesse d'escargot," regrette-t-elle. Elle a également mis en garde contre la pratique consistant à concentrer les financements sur la seule éducation en milieu scolaire, qui néglige les jeunes et les adultes.
 
Les programmes phares unissent les efforts en faveur de l'EPT
 
En cette première journée de la réunion du Groupe de travail, une série d'exposés consacrés aux programmes phares a témoigné d'une collaboration sans précédent entre les partenaires de l'Education pour tous. La plupart des intervenants ont indiqué qu'ils s'exprimaient au nom d'un large groupe d'acteurs travaillant ensemble sur des questions intéressant l'EPT.
 

Ont été présentés les programmes phares suivants :

Initiative des Nations Unies pour l'éducation des filles

Soin et éducation de la petite enfance

VIH/SIDA et éducation

Orientation des ressources vers une éducation sanitaire efficace (FRESH)

Education en situations d'urgence et de crise

Enseignants et qualité de l'éducation

Dix ans pour mettre fin à l'inégalité des sexes dans l'éducation
 
L'Initiative des Nations Unies pour l'éducation des filles (UNGEI) prévoit le lancement d'une campagne décennale soutenue dans le but d'améliorer l'accès des filles à l'éducation et la qualité de cette éducation, conformément aux objectifs fixés dans le Cadre d'action de Dakar, et en s'appuyant sur les mécanismes existants. «Nous n'exigeons pas de nouveaux plans. Notre but est de garantir que les plans d'EPT existants mettent fin aux disparités sexuelles», explique Mary Joy Pigozzi de l'UNICEF
 
Cette initiative avait été annoncée par le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, au Forum mondial sur l'éducation de Dakar.
 
Stratégiquement, l'UNGEI poursuit cinq objectifs : obtenir des engagements politiques et financiers, combler le fossé entre les sexes et éliminer toute discrimination dans les systèmes éducatifs, renforcer l'éducation des filles dans les situations de crise, et mettre un terme aux préjugés sexuels enracinés qui freinent la demande d'éducation des filles
 
L'Egypte a été la première, le mois dernier, à donner officiellement le coup d'envoi d'une initiative nationale pour l'éducation des filles. Dans les douze mois qui viennent, le Ministre égyptien de l'éducation mettra en place une stratégie visant à réaliser la parité sexuelle d'ici 2005 et l'égalité sexuelle d'ici 2015, en étroite collaboration avec les représentants locaux de l'Equipe spéciale de l'UNGEI, qui réunit l'UNESCO, le PNUD, l'UNICEF, l'UNIFEM, le FNUAP, le PAM, le BIT et la Banque mondiale.
 
Mme Pigozzi estime que le processus enclenché en Egypte pourra servir d'exemple aux autres pays désireux de participer à l'UNGEI.
 
Protection et éveil de la petite enfance : nécessité de nouveaux indicateurs
 
Une des priorités du programme phare Protection et éveil de la petite enfance (PEPE) consiste à se doter de meilleurs systèmes de suivi et d'évaluation des programmes mis en oeuvre dans des contextes différents. Kathy Bartlett, qui a présenté ce programme au nom du Groupe consultatif sur la PEPE, un consortium vieux de plus de quinze ans, a souligné la nécessité de réviser, développer et tester sur le terrain des indicateurs de PEPE pertinents.
 
"Il est indispensable de recueillir les expériences pour bien comprendre ce qui se passe sur le terrain," a indiqué Mme Bartlett, ajoutant qu'on manquait encore d'information et de documentation en ce qui concerne l'impact des programmes d'alphabétisation précoce, ainsi que les travaux et la qualité des partenariats engagés dans la PEPE.
 
Réduire l'emprise du VIH/SIDA sur l'éducation
 
L'UNICEF, l'UNESCO et l'USAID ont présenté leur initiative interinstitutions visant à réduire l'impact du SIDA sur l'éducation et à renforcer les programmes de prévention.
 
Françoise Caillods, de l'Institut international de planification de l'éducation de l'UNESCO, a évoqué les effets dévastateurs du VIH/SIDA sur l'éducation en Afrique du Sud et averti que si ce problème n'était pas pris à bras le corps immédiatement, les systèmes éducatifs n'y résisteraient pas. Emilie Vargas-Baron, de l'USAID, a quant à elle établi une relation entre crise et SIDA et insisté sur la nécessité de se préoccuper des groupes vulnérables, des populations des pays en guerre, des réfugiés et déplacés ainsi que des enfants soldats.
 
Cette initiative interinstitutions s'appuie sur la promotion d'écoles amies des enfants et promotrices de santé, sur l'éducation aux compétences de la vie courante, sur la formation et le soutien des enseignants et sur l'élargissement des liens entre programmes scolaires et programmes communautaires. D'autres activités visent à réaliser des études mesurant l'impact du SIDA sur les systèmes éducatifs, à encourager les pays à élaborer leurs propres stratégies, à définir des mesures destinées aux enseignants, et à favoriser le partage d'information sur les conclusions scientifiques et les meilleures pratiques. Les participants ont convenu ensemble que, si l'on veut que les efforts portent leurs fruits, l'action doit être multisectorielle et englober l'éducation, la santé et les services sociaux.
 
Programme FRESH : des ressources orientées pour une meilleure éducation sanitaire
 
Un enfant peut-il apprendre s'il est affamé et en mauvaise santé ? Le programme phare FRESH, lancé conjointement au Forum de Dakar par l'UNESCO, l'UNICEF, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Banque mondiale, s'efforce d'orienter des ressources vers les enfants d'âge scolaire dans le cadre d'un programme efficace de santé, d'hygiène et de nutrition scolaires
 
Le cadre FRESH propose l'élaboration de programmes de santé scolaire à partir de quatre éléments de base : des politiques scolaires à vocation sanitaire, un approvisionnement en eau potable et en installations sanitaires, une éducation à la santé basée sur les compétences et des services de santé et de nutrition apportés en milieu scolaire.
 
«Ce cadre est conçu pour servir de base aux pays dans l'élaboration de leur propre stratégie, en fonction des besoins locaux», explique Anna-Maria Hoffmann-Barthès de l'UNESCO, qui a présenté le programme
 
Plusieurs efforts conjoints et collaborations nouvelles ont été lancés pour soutenir le programme FRESH. Au niveau international, le lien santé-éducation sera renforcé grâce à un partage de l'information sur les meilleures pratiques ainsi qu'à des actions concertées. Au niveau régional, plusieurs mécanismes de collaboration, permettant aux pays de préparer et de mettre en œuvre leurs plans d'action nationaux, ont été mis en place, et des réunions techniques sont organisées. Au niveau national, un soutien concret est proposé aux pays, offrant des principes directeurs pour la création d'écoles promotrices de santé et une assistance technique.
 
Nouvel effort interinstitutions pour la défense de l'éducation dans les conflits
 
L'étendue des conflits dans plus de cinquante pays a conduit les organisations des Nations Unies à soutenir le droit à l'éducation en temps de guerre, dans la mesure où toute interruption de l'accès à l'éducation met ce droit directement en péril. Cette initiative vise à restaurer l'accès à l'apprentissage aussi vite que possible et insiste sur le fait qu'il est aussi urgent d'intervenir financièrement au secours de l'éducation qu'au secours des vies humaines. Une récente consultation interinstitutions (Genève, 8-10 novembre 2000) a lancé un programme phare sur ce thème et défini quelques stratégies et mécanismes pratiques. L'un d'eux est le «Réseau sur l'éducation en situations d'urgence» (qui reliera l'UNESCO, le HCR et l'UNICEF, un organisme d'aide et une ONG), destiné à renforcer la coopération entre l'ensemble des acteurs de l'aide humanitaire. Des équipes spéciales s'occuperont du partage de l'information et de l'organisation de réseaux, des matériels d'apprentissage et des moyens permettant d'apporter une éducation post-primaire formelle et non formelle dans les situations d'urgence.
 
Améliorer la qualité de l'éducation grâce aux enseignants
 
Le désir croissant de relever le niveau qualitatif de l'éducation dispensée devrait ramener les enseignants au cœur du débat éducatif. Dans son exposé intitulé «Les enseignants et la qualité de l'éducation», Monique Fouilhoux, de l'Internationale de l'éducation, a rappelé qu'aucun débat en matière de qualité ne pouvait se passer des enseignants. «Si les gouvernements sont soucieux de qualité, ils doivent également être prêts à considérer le montant de leurs investissements éducatifs comme faisant partie des mesures indispensables», a-t-elle souligné
 
Sheldon Shaeffer, de l'UNICEF, estime qu'il faut adopter une vision plus large de la qualité de l'éducation, et s'intéresser aux processus d'apprentissage, à l'environnement scolaire et aux divers rôles et devoirs des enseignants, en matière, par exemple, d'élimination des préjugés sexuels.
 
 
Contact: Anne Muller (a.muller@unesco.org)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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