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ONG et Education pour tous : une vision personnelle
De Clinton Robinson
 

  Je suis entré au Comité directeur du Forum de l'éducation pour tous pour la première fois en 1997 à Paris, me demandant pourquoi les représentants des ONG n'avaient pas été présents depuis le début en 1991. Peu importe, nous en étions maintenant ! Autour de la table se trouvaient plusieurs organisations des Nations Unies et quelques donateurs occidentaux - argent, pouvoir, influence. Costumes et cravates. Noblesse oblige. Et le Sud ? Quelques rares experts ayant des choses intéressantes à dire - où sont les gouvernements du Sud ? Je pensais qu'ils étaient les acteurs nationaux importants de l'éducation.

 
  Un représentant du Sud fait remarquer que l'éducation et l'alphabétisation des adultes dans ces pays est entièrement aux mains des ONG. C'est vrai ailleurs, mais cela ne semble pas être à l'ordre du jour de la réunion - qui se préoccupe davantage des statistiques des effectifs de l'école primaire. C'est bien de donner une idée de l'accès à l'éducation, mais qu'en est-il de la qualité et de la pertinence de cette éducation? Qu'en est-il des langues et des cultures locales ? Qu'en est-il de la conception d'une éducation qui prenne en compte la charge de travail des femmes et leur emploi du temps quotidien ?
 
  Il ne m'a pas fallu longtemps pour que je commence à demander où était passée la voix de la société civile durant tout ce temps-là. Quelques réponses. Je reviens l'année suivante avec le même message, d'autres collègues m'apportant maintenant leur soutien. Les choses évoluent rapidement. Nous nous engageons à prendre part au bilan - quelques études de cas relatives à des questions qualitatives omises par le processus officiel : celles sur le genre, la participation des communautés, les partenariats, les perspectives des enseignants, etc. De nouveau, nous haussons le ton et nous obtenons un rôle dans la rédaction de la Déclaration, le cadre d'action pour la prochaine avancée vers l'éducation pour tous.
 
  Jusque-là, tout va bien. Que faire maintenant ? Est-il possible de rester au contact de la base alors même que nous débattons d'initiatives mondiales ? Dès lors que nous prenons part aux débats concernant l'argent et les structures, pouvons-nous insister sur le côté " soft " de l'éducation - la diversité de l'expérience humaine et des cultures, la richesse du langage et de l'histoire, le formidable potentiel humain qui sera gâché si l'éducation n'est pas réellement pour tous.
 
  De quelle manière cette décennie a-t-elle affectée ma propre organisation, le Summer Institute of Linguistics? A la conférence de Jomtien, nous étions représentés à titre " expérimental ", d'une certaine manière. En tant qu'organisation, nous discutions à l'époque de ce que notre rôle devrait être au niveau de l'alphabétisation et de l'éducation pour tous. Nous étions bien connus pour notre travail dans les domaines de la linguistique et de la traduction ; nous ne savions pas comment répondre aux nombreuses et nouvelles demandes d'ouverture de notre travail vers l'alphabétisation et l'éducation. Au début de la décennie, nous avons pris la décision de nous engager de manière plus vigoureuse dans ces domaines, ce qui nous a rapprochés de l'agenda de l'éducation pour tous.
 
  Pour ceux d'entre nous qui travaillaient avec les communautés minoritaires et indigènes, la décennie de l'éducation pour tous semblait le meilleur espoir pour que ces communautés fassent enfin partie de ce "tous", à qui l'éducation était maintenant destinée. Nos espoirs ne se sont pas réalisés. L'éducation pour tous a été trop proche du sommet des organisations multilatérales et des pays membres. La société civile et les populations marginalisées avec lesquelles elle travaille ont été délaissées pendant une grande partie de la décennie. Par exemple, il s'est avéré difficile de maintenir l'éducation et l'alphabétisation des adultes à l'ordre du jour.
 
  Je pense que je suis une personne foncièrement optimiste. Nous ne pouvons pas abandonner. En tant qu'ONG et société civile, nous devons continuer à travailler et à discuter avec ceux qui ne prennent pas l'initiative de nous adresser la parole. Par notre travail et nos paroles, nous devons remettre en question la façon dont les structures nationales et internationales fonctionnent - peuvent-elle s'ouvrir au point de susciter des engagements, mais de ne pas contrôler ? Elargissons l'espace pour que l'éducation puisse prendre racine avec les personnes au niveau local afin qu'elle soit réellement pour TOUS.
 

Clinton Robinson est co-président de la Consultation collective des ONG sur l'alphabétisation et l'éducation pour tous. Il travaille au Summer Institute of Linguistics.

2000

 
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