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Centres
de lecture et nouveaux acquis
pour les femmes au Bangladesh : |
| Une
étude de cas de la Dhaka Ahsania Mission |
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"Depuis
qu'on a ouvert un centre d'apprentissage communautaire ganokendra
près d'ici, les femmes s'y retrouvent pour s'entraîner à lire
et à écrire tout en vaquant à leurs tâches familiales. L'impact
est considérable. Elles commencent à se préoccuper d'envoyer
leurs enfants à l'école primaire," explique le directeur de
l'école publique élémentaire de Baniakandar, dans le district
de Jhenaidah, qui est aussi président du ganokendra de Godhuly.
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Dans
un pays comme le Bangladesh, qui bat des records de pauvreté
et d'analphabétisme, c'est une gageure pour un programme d'éducation
non formelle que de tenter d'apporter un changement visible
dans la vie des nouveaux alphabétisés. Si ceux-ci ne sont pas
aidés à entretenir leurs connaissances toutes fraîches, ils
risquent très rapidement de les perdre. L'ouverture de centres
d'apprentissage communautaires polyvalents à deux pas de chez
eux est l'une des solutions qui ont été trouvées pour préserver
les précieuses compétences des nouveaux alphabétisés, surtout
des adolescents et des adultes qui ont appris en dehors du système
éducatif formel : c'est à quoi s'emploient les ganokendra de
la Dhaka Ahsania Mission. |
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Un
ganokendra est une institution gérée localement. A travers elle,
on peut apporter en permanence des outils d'éducation et de
formation non formelles à ceux qui ont achevé les cours d'alphabétisation.
C'est une bibliothèque communautaire, qui met à disposition
différents matériels de lecture, tels que des revues et des
journaux muraux faciles à lire, apportant aux villageois les
plus isolés un certain nombre d'informations utiles et pratiques
sous une forme accessible. Et c'est aussi un lieu convivial
où les membres de la communauté peuvent se retrouver, se connecter
aux ONG et aux institutions du pays et accéder à différents
services.
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Chacun des éléments mentionnés ci-dessus vient en renforcement
de l'autre. Les connaissances de base en alphabétisation permettent
de lire et de comprendre des textes traitant par exemple de
santé et d'hygiène. L'accès à ces informations pratiques qui
intéressent les usagers facilite chez eux la rétention des connaissances
d'alphabétisation et encourage l'apprentissage tout au long
de la vie. Les possibilités de lecture offertes au ganokendra
resserrent les liens communautaires. Et l'ensemble de ces options
de développement encourage la communauté à faire en sorte que
les services de la bibliothèque soient maintenus. |
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L'efficacité et l'impact du ganokendra sont évalués régulièrement
par des enquêtes internes et externes. On en trouvera un extrait
ci-dessous. |
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Les
participants à ce programme ne cachent pas leur enthousiasme.
Cependant, comme le nombre des ganokendra reste inférieur aux
besoins, beaucoup de diplômés ne peuvent en bénéficier parce
qu'il n'y en a pas dans leur localité. Les bénéficiaires apprécient
quant à eux la possibilité de continuer leur formation, de discuter
de leurs problèmes et d'acquérir de nouvelles connaissances
sur des sujets qui les touchent de près. Le ganokendra est aussi
le centre des activités de crédit. Pour les nouveaux alphabétisés,
ces lieux sont des outils indispensables à la poursuite de leur
apprentissage, ainsi qu'une source d'activités sociales et culturelles
de toutes sortes. |
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| Ce
qu'ils en pensent : |
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"La
cérémonie d'inauguration du ganokendra a été très suivie.
Nous recevons un grand nombre de femmes tous les jours. Elles
s'intéressent aux livres et à tous les matériels de lecture
mis à leur disposition. On a aussi organisé un stage d'initiation
sur les femmes et le développement qui les a passionné. Les
femmes du ganokendra ont pris l'initiative de réparer une
route locale. Et elles ont également organisé une réunion
sur l'hygiène personnelle pour améliorer la qualité de leur
vie."
Shuly
Akter, animateur au ganokendra de Godhuly (Jhenaidah)
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"Quand
j'ai eu fini mes neuf mois d'alphabétisation, je me suis inscrite
au ganokendra. J'ai trouvé les livres intéressants et faciles
à lire. Je préfère les ramener à la maison, car ma belle-fille
est aussi très contente de les lire. Maintenant, mon mari
me consulte sur les questions agricoles. Je suis bien plus
heureuse.
Marium Khatun, membre du ganokendra de Renesha (Jhenaidah)
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"Je
n'étais pas satisfait de ma vie de famille. Je ne m'entendais
pas bien avec ma mère et ma femme. Il m'arrivait d'ailleurs
souvent de me disputer avec ma femme, et même de la battre.
Après m'être inscrit au ganokendra de notre région, j'ai lu
plusieurs livres sur le rôle des femmes dans la famille. J'ai
suivi un cours sur les femmes et le développement. Je commencé
à prendre conscience de mes erreurs et j'ai changé d'attitude.
Je sais maintenant quelle doit être la place des hommes et
des femmes dans le couple. J'en ai parlé avec ma mère et elle
est tombée d'accord avec moi. Nous avons enfin trouvé le bonheur.
Nous en remercions sincèrement la direction du ganokendra.
Akber Ali, membre du ganokendra de Sukher Disha (Jessore)
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