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Les parents s'inquiètent de l'impact des réformes de l'éducation sur les enfants en Chine
Par Antoaneta Bezlova,
Inter Press Service
 
  BEIJING, 10 mars (IPS) - La réforme de l'éducation entreprise en Chine aurait pu être un sujet de joie mais, lorsque le ministère de l'Education a annoncé qu'on ne donnerait plus de devoirs de maison aux élèves le semestre prochain, cela a, au contraire, inquiété des centaines de parents.
 
  L'annonce selon laquelle les écoles allaient expérimenter hardiment de nouvelles méthodes d'enseignement qui ont pour but de former des individus "bien complets", a fait paniquer beaucoup de couples ayant un seul enfant.
 
  Ils ont peur que leur enfant ne puisse aller à l'école supérieure ou à l'université. De plus, ils redoutent que les nouvelles réformes ne constituent un handicap pour leur seule progéniture, en les empêchant d'acquérir le potentiel pouvant leur permettre d'avoir des emplois bien rémunérés.
 

   "Il est facile pour ces bureaucrates de Beijing de dire : "nous allons alléger le fardeau des études aux enfants", proteste Zeng Xiaoyan, mère d'une fille de 12 ans. "Mais s'ils laissent les enfants jouer maintenant, qui composera plus tard lors des examens universitaires" '

 
  Zeng est opposée à ce plan, oubliant comment il y a un mois, elle se plaignait de la situation difficile à laquelle les enfants étaient confrontés.
 
  Sa fille, Xiao Liu, était toujours fatiguée et déprimée parce qu'elle ne pouvait jamais supporter le fardeau écrasant des devoirs de maison. Au lieu de regarder la télévision où de s'amuser avec ses amis, elle restait jusqu'à 23 heures à faire des rédactions et à résoudre des équations mathématiques.
 
  "Mon cœur se brisait juste à l'idée de la voir se réveiller à 6 heures du matin, sans se reposer du tout, et aller à l'école", admet Zeng. La situation est tout à fait différente pour Xiao Liu maintenant. Elle est déchargée des devoirs de maison à ne plus en finir. Sa maman, elle, est toujours anxieuse, mais cette fois pour une autre raison.
 
  "Je ne veux pas qu'elle paie pour cette paresse tout le reste de sa vie", affirme Zeng. "Si elle ne maîtrise pas son Anglais et n'est pas parmi les 10 premiers de sa classe, elle ne le fera jamais à l'université plus tard".
 
   Cette situation est difficile à supporter pour les enfants dans une société où les familles urbaines se limitent à un seul enfant. Les parents placent beaucoup d'espoir dans leurs enfants qu'ils voient comme leur seul support dans la vieillesse et aussi le seul porteur de la lignée familiale.
 
  Bien qu'il soit déjà difficile à chaque gouvernement de pourvoir à l'Education pour Tous, il l'est d'autant plus pénible pour cette nation qui a la plus grande population du monde.
 
  Malgré les vœux des dirigeants communistes de faire de l'éducation de la masse une de leurs priorités, à l'orée du nouveau siècle et après 50 ans de communisme, la Chine continue d'être un pays qui est gouverné par un groupuscule d'élites pendant que l'enseignement à l'université reste un rêve pour la grande majorité de la population.
 
  Dans un pays de 1,3 milliards de personnes, il n'y a que 2,5 millions de places disponibles à l'université. Seuls 3 ou 4 sur 100 Chinois réussissent à l'examen d'entrée à l'université. A cause d'une barrière élevée au niveau de l'université, les étudiants donnent le meilleur d'eux-mêmes pour entrer dans les écoles qui offrent les meilleures préparations.
 
  Le futur d'un enfant se détermine dès le bas-âge. Une compétition sévère commence à l'école primaire où des enfants de 10 ans se battent pour avoir les meilleures notes, en passant de longues heures sur les leçons et les devoirs de maison.
 
  Les pressions parentales sur les enfants pour exceller en classe tournent parfois au drame. C'est le cas de Xu Li, un jeune de 17 ans, qui vient de la Province de Zheijiang, et qui a tué sa mère avec un marteau.
 
  Comme Zeng, la mère de Xu voulait qu'il soit l'un des 10 premiers mais il est seulement arrivé à occuper le 18ème rang. Fâchée, elle avait refusé de le laisser jouer au football avec des amis et aurait menacé de lui casser les jambes. Dans un excès de fureur, le jeune homme a donné un coup de marteau sur la tête de sa mère.
 
  Cet incident a déclenché une vague d'indignation dans l'opinion publique et des débats houleux dans les journaux de la place. Eduqués dans des vertus confucéennes de filiation et de respect pour les parents, beaucoup de parents étaient choqués par la violence et par la découverte de l'intensité de la pression que leurs enfants subissent.
 
  Au début du mois de février, le Président Jiang Zemin a prononcé un discours dont la presse a fait largement échos et dans lequel il semblait signaler un autre tournant dans la philosophie éducative. Il a demandé aux écoles de réduire les devoirs de maison et d'enseigner des matières qui pourraient "créer un esprit d'innovation".
 
  Il a aussi parlé de la création d'êtres "bien moulus", avec "les aptitudes morales et intellectuelles requises". La décision du Ministère de l'Education d'expérimenter de nouvelles méthodes ce semestre, semble tenir compte des instructions par rapport au "renforcement de l'éducation morale".
 
  L'application de cette loi, au lieu d'être accueillie avec un grand soulagement, a entraîné beaucoup de controverses.
 
  "L'allégement du fardeau doit commencer au niveau de l'entrée à l'université", a écrit le journal 'The Economic Daily Information' cette semaine. Le Journal mentionne que si la méthode d'enseignement devait être plus humanisée, les éducateurs doivent cesser de se baser uniquement sur les notes pour accepter les élèves dans les établissements d'enseignement supérieur.
 
  Même si les enseignants de l'université sont désireux de changer les modèles d'enseignement, il n'en demeure pas moins que la Chine manque de diplômés pour propulser son économie qui est en pleine réforme. Il y a trop de personnes qui entrent en compétition pour très peu de places à l'université.
 
  Le pays n'a pas réussi à élargir l'accès à l'université et dans les établissements d'enseignement supérieur de manière adéquate à cause de ses dépenses publiques en éducation qui se trouvent être parmi les plus bas au monde.
 
  Une table ronde organisée par l'UNESCO en 1995 a classé la Chine au 119eme rang sur 130 pays en termes de ses dépenses sur l'éducation par habitant. Les dépenses en éducation de la Chine sont trois fois inférieures au rendement économique, bien en dessous de la moyenne de 4,1 pour cent pour les pays en voie de développement et de moitié le niveau de dépenses dans les pays développés.
 
  Il y a 10 ans, la Chine a promis d'augmenter ses dépenses publiques en éducation à 4 pour cent du Produit National Brut d'ici à la fin du siècle. Mais dans un rapport franc soumis à la conférence régionale Asie- Pacifique sur l'Education Pour Tous à Bangkok, en janvier, elle a admis que ses dépenses sont passées de 2,8 pour cent à 2,55 pour cent.
 
  Par rapport à la distribution des ressources financières, la partie consacrée à 'l'éducation pour tous et à l'éducation obligatoire', la Chine a échoué non seulement parce qu'elle n'a pas amélioré sa performance comme elle l'a voulu, mais aussi parce qu'elle régresse. (FIN/IPS/ab/ral/00)
 
Cet article est libre de toute reproduction, à condition de bien indiquer l'origine du document et de faire parvenir un exemplaire de la publication contenant le document repris au Inter Press Service.
 
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