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| Les
enseignants abusent sexuellement de leurs élèves |
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| Par Caitlin
Davies |
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GABORONE,
avril 00 (IPS) - Des recherches récentes révèlent que 60
pour cent des élèves filles du secondaire sont violées par leurs
enseignants. Ces chiffrent sont particulièrement choquants,
et ils le sont davantage dans le contexte des pays d'Afrique
australe, où règne la paix. |
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Depuis
l'indépendance acquise en 1966, le Gouvernement du Botswana
a fortement mis l'accent sur la valeur de l'éducation. L'accès
à l'éducation est perçu comme un droit fondamental élémentaire,
et un facteur majeur qui contribue à la croissance économique
ainsi qu'au progrès social. |
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La
grande majorité des enfants reçoivent dix années d'éducation
de base gratuite. Mais actuellement, on estime à au moins 11
pour cent le pourcentage des élèves, surtout les filles--qui
abandonnent les classes en raison du harcèlement sexuel dont
elles sont victimes. |
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De
1986 à 1997, les filles constituaient à peu près 52 pour cent
de l'effectif des élèves au cours secondaire. Récemment, ce
taux a connu une baisse, et on craint que la pratique croissante
de l'abus sexuel n'en soit en partie responsable. |
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Selon
le chercheur Stefania Rossetti, le harcèlement sexuel et les
rapports sexuels par consentement entre les enseignants et les
élèves sont plus fréquents au niveau scolaire qu'on ne l'imagine. |
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Dans
un document publié récemment et qui s'intitule 'Les enfants
à l'école : un endroit sûr?', Stefania estime que la situation
dans la région Nord-Ouest est triste. |
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Dans
une étude portant sur 560 élèves, 67 pour cent ont affirmé avoir
fait l'objet - entre autres - d'attouchements non désirés, de
caresses, de pincements ou de pressions dans le but d'avoir
des rapports sexuels. 25 pour cent des filles interrogées ont
reconnu avoir été régulièrement victimes de tels harcèlements. |
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Vingt
pour cent affirment que les enseignants ont demandé à avoir
des rapports sexuels avec elles. Environ la moitié (42 pour
cent) de ces filles ont accepté, principalement parce qu'elles
craignaient que les professeurs ne leur donnent de mauvaises
notes si elles refusaient. |
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La
grande majorité des élèves pensent que le fait d'avoir des relations
sexuelles avec leurs enseignants est une mauvaise chose. Elles
estiment que cela leur fait perdre la concentration, et contribue
à leur échec aux examens. Beaucoup finissent dans la rue. Les
filles s'inquiètent également des grossesses et des maladies
sexuellement transmissibles comme le VIH/SIDA. Actuellement,
le Botswana a l'un des taux de prévalence les plus élévés au
monde. Ce taux est de 25 pour cent. . |
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Dans
l'enquête de Rossetti, environ 11 pour cent des filles ont déclaré
vouloir quitter l'école parce que les enseignants insistent
pour avoir des rapports sexuels avec elles. Parmi les élèves
en classe de 6ème, 17 pour cent affirment qu'elles sont prêtes
à abandonner les classes. |
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Bien
que la violence contre les femmes soit publiquement condamnée
au plus haut niveau, le harcèlement sexuel reste l'une de ses
formes les plus tolérées. Beaucoup d'hommes pensent que c'est
une manière ''d'adoucir les femmes'' qui, pensent-ils, apprécient
''l'attention'' qu'on leur porte. |
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Et
alors que le Gouvernement a signé de nombreux accords internationaux
qui condamnent la violence contre les femmes, les effets bénéfiques
de ces accords tardent à se manifester à la base. |
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De nouvelles politiques du genre, telle que la Politique des
Femmes dans le Développement élaborée en 1995, attendent d'être
mises en application. Ces politiques ont été conçues par l'Unité
des Affaires Féminines, et signalent l'augmentation de la pratique
du harcèlement sexuel dans les écoles. La situation y est décrite
comme une menace pour la vie des filles en raison de la propagation
rapide du VIH. |
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Le
code de conduite des enseignants du Botswana, qui a été publié
en 1974, n'a jamais été révisé. Ce code ne fait pas mention
du harcèlement sexuel ni des relations sexuelles par consentement.
Le Ministre de l'Education n'a mis aucune politique en place
pour trouver une solution au problème. |
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Au
sein même des établissements, il n'existe aucune procédure pour
porter plainte contre les enseignants. Sous le système centralisé
d'éducation du Botswana, faire un rapport sur un cas de harcèlement
sexuel équivaut à voyager sur des centaines de kilomètres pour
se rendre au bureau régional de l'éducation. Le problème, s'il
est suivi, sera rapporté au Service de gestion des enseignants,
dans la capitale Gaborone. Pour les écoles de la région Nord-Ouest,
cela signifie un voyage d'au moins 1.000 kilomètres. |
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En général, les élèves croient qu'il vaut mieux se taire, plutôt
que de faire un rapport sur un enseignant. Selon Rosseti, le
harcèlement sexuel dans les écoles est ''essentiellement un
crime impuni''. Les directeurs d'établissements sont réticents
à l'idée de laisser des étrangers visiter leurs écoles. Ils
ont peur de devenir la cible de la 'chasse aux sorcières'. |
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Jusqu'ici,
il n'y a quasiment pas eu de recherches sur le sujet, et les
autorités, au double niveau local et central, ont dénoncé les
articles de presse. Beaucoup d'élèves filles considèrent le
harcèlement sexuel comme faisant inévitablement partie de la
vie scolaire, et de nombreux enseignants en sont arrivés à penser
que leur comportement restera impuni. |
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Dans
certains cas, on donne un simple avertissement aux enseignants
coupables, d'autres sont affectés dans une autre école où la
pratique continue. |
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Jusqu'à
ces derniers temps, le Ministre de l'Education a été accusé
d'ignorer les appels à l'aide venant des écoles. Les responsables
du seul centre qui s'occupe des victimes du viol au Botswana,
et qui est situé au Nord du pays, tentent en vain depuis plusieurs
années de rencontrer l'ancien ministre pour discuter du problème
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Toutefois,
les choses semblent s'améliorer progressivement, avec la nomination
d'un nouveau ministre, Ponatshego Kedikilwe, à la suite des
élections générales de l'année dernière. |
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Le département chargé de l'enseignement secondaire au Ministère
de l'Education Nationale, est en concertation avec les femmes
et les ONGs spécialisées dans les Droits de l'Homme, pour élaborer
une politique qui traite du harcèlement sexuel. |
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En outre, le nouveau plan mettra en place une procédure graduelle
qui va recueillir les plaintes des élèves dans les écoles et
amender le code de conduite des enseignants. Le but visé est
de fournir la protection dont les élèves ont grandement besoin.
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