Cadre d'action - Participants - Organisateurs
Conférence en ligne - Consultation ONG
Dernières info - Suivi du Forum de Dakar
La vision des partenaires - La voix du terrain
L'évaluation de l'EFA à l'an 2000 - Les résultats
Les conférences régionales - Evaluation
Communiqués de presse - Dossier de presse
Coin photo - Contacts média
La voix du terrain > Botswana
Argentine
 Afghanistan
 Afrique du Sud
 Bangladesh
Bangladesh 2
 Belgrade
 Berlin
 Botswana
 Brésil
 Canada
 Caraïbes
 Caraïbes 2
 Caraïbes 3
Colombie
Colombie 2
 Congo
 Costa Rica
 Cuba
 Chili
 Chine
 Colombie
 Etats Unis
Etats Unis 2
 Grande Bretagne
 Grèce
 Inde
 Indonésie
 Japon
 Kenya
 Kenya 2
 Kenya 3
 Malaisie
 Malawi
 Maroc
 Mexico
 Mexico 2
 Mexico 3
 Népal
 Niger
 Pakistan
 Pakistan 2
Pérou
Philippines
 Port d'Espagne
 Sénégal
Russie
 Rwanda
 Sri Lanka
 Swaziland
 Tanzanie
 Tanzanie 2
Togo
 Trinidad
 Turquie
 Venezuela
 Ouganda

 

 
Les enseignants abusent sexuellement de leurs élèves
 
Par Caitlin Davies
 
  GABORONE, avril 00 (IPS) - Des recherches récentes révèlent que 60 pour cent des élèves filles du secondaire sont violées par leurs enseignants. Ces chiffrent sont particulièrement choquants, et ils le sont davantage dans le contexte des pays d'Afrique australe, où règne la paix.
 
  Depuis l'indépendance acquise en 1966, le Gouvernement du Botswana a fortement mis l'accent sur la valeur de l'éducation. L'accès à l'éducation est perçu comme un droit fondamental élémentaire, et un facteur majeur qui contribue à la croissance économique ainsi qu'au progrès social.
 
  La grande majorité des enfants reçoivent dix années d'éducation de base gratuite. Mais actuellement, on estime à au moins 11 pour cent le pourcentage des élèves, surtout les filles--qui abandonnent les classes en raison du harcèlement sexuel dont elles sont victimes.
 
  De 1986 à 1997, les filles constituaient à peu près 52 pour cent de l'effectif des élèves au cours secondaire. Récemment, ce taux a connu une baisse, et on craint que la pratique croissante de l'abus sexuel n'en soit en partie responsable.
 
  Selon le chercheur Stefania Rossetti, le harcèlement sexuel et les rapports sexuels par consentement entre les enseignants et les élèves sont plus fréquents au niveau scolaire qu'on ne l'imagine.
 
  Dans un document publié récemment et qui s'intitule 'Les enfants à l'école : un endroit sûr?', Stefania estime que la situation dans la région Nord-Ouest est triste.
 
  Dans une étude portant sur 560 élèves, 67 pour cent ont affirmé avoir fait l'objet - entre autres - d'attouchements non désirés, de caresses, de pincements ou de pressions dans le but d'avoir des rapports sexuels. 25 pour cent des filles interrogées ont reconnu avoir été régulièrement victimes de tels harcèlements.
 
  Vingt pour cent affirment que les enseignants ont demandé à avoir des rapports sexuels avec elles. Environ la moitié (42 pour cent) de ces filles ont accepté, principalement parce qu'elles craignaient que les professeurs ne leur donnent de mauvaises notes si elles refusaient.
 
  La grande majorité des élèves pensent que le fait d'avoir des relations sexuelles avec leurs enseignants est une mauvaise chose. Elles estiment que cela leur fait perdre la concentration, et contribue à leur échec aux examens. Beaucoup finissent dans la rue. Les filles s'inquiètent également des grossesses et des maladies sexuellement transmissibles comme le VIH/SIDA. Actuellement, le Botswana a l'un des taux de prévalence les plus élévés au monde. Ce taux est de 25 pour cent. .
 
  Dans l'enquête de Rossetti, environ 11 pour cent des filles ont déclaré vouloir quitter l'école parce que les enseignants insistent pour avoir des rapports sexuels avec elles. Parmi les élèves en classe de 6ème, 17 pour cent affirment qu'elles sont prêtes à abandonner les classes.
 
  Bien que la violence contre les femmes soit publiquement condamnée au plus haut niveau, le harcèlement sexuel reste l'une de ses formes les plus tolérées. Beaucoup d'hommes pensent que c'est une manière ''d'adoucir les femmes'' qui, pensent-ils, apprécient ''l'attention'' qu'on leur porte.
 
  Et alors que le Gouvernement a signé de nombreux accords internationaux qui condamnent la violence contre les femmes, les effets bénéfiques de ces accords tardent à se manifester à la base.
 
   De nouvelles politiques du genre, telle que la Politique des Femmes dans le Développement élaborée en 1995, attendent d'être mises en application. Ces politiques ont été conçues par l'Unité des Affaires Féminines, et signalent l'augmentation de la pratique du harcèlement sexuel dans les écoles. La situation y est décrite comme une menace pour la vie des filles en raison de la propagation rapide du VIH.
 
  Le code de conduite des enseignants du Botswana, qui a été publié en 1974, n'a jamais été révisé. Ce code ne fait pas mention du harcèlement sexuel ni des relations sexuelles par consentement. Le Ministre de l'Education n'a mis aucune politique en place pour trouver une solution au problème.
 
  Au sein même des établissements, il n'existe aucune procédure pour porter plainte contre les enseignants. Sous le système centralisé d'éducation du Botswana, faire un rapport sur un cas de harcèlement sexuel équivaut à voyager sur des centaines de kilomètres pour se rendre au bureau régional de l'éducation. Le problème, s'il est suivi, sera rapporté au Service de gestion des enseignants, dans la capitale Gaborone. Pour les écoles de la région Nord-Ouest, cela signifie un voyage d'au moins 1.000 kilomètres.
 
   En général, les élèves croient qu'il vaut mieux se taire, plutôt que de faire un rapport sur un enseignant. Selon Rosseti, le harcèlement sexuel dans les écoles est ''essentiellement un crime impuni''. Les directeurs d'établissements sont réticents à l'idée de laisser des étrangers visiter leurs écoles. Ils ont peur de devenir la cible de la 'chasse aux sorcières'.
 
  Jusqu'ici, il n'y a quasiment pas eu de recherches sur le sujet, et les autorités, au double niveau local et central, ont dénoncé les articles de presse. Beaucoup d'élèves filles considèrent le harcèlement sexuel comme faisant inévitablement partie de la vie scolaire, et de nombreux enseignants en sont arrivés à penser que leur comportement restera impuni.
 
  Dans certains cas, on donne un simple avertissement aux enseignants coupables, d'autres sont affectés dans une autre école où la pratique continue.
 
  Jusqu'à ces derniers temps, le Ministre de l'Education a été accusé d'ignorer les appels à l'aide venant des écoles. Les responsables du seul centre qui s'occupe des victimes du viol au Botswana, et qui est situé au Nord du pays, tentent en vain depuis plusieurs années de rencontrer l'ancien ministre pour discuter du problème
 
  Toutefois, les choses semblent s'améliorer progressivement, avec la nomination d'un nouveau ministre, Ponatshego Kedikilwe, à la suite des élections générales de l'année dernière.
 
   Le département chargé de l'enseignement secondaire au Ministère de l'Education Nationale, est en concertation avec les femmes et les ONGs spécialisées dans les Droits de l'Homme, pour élaborer une politique qui traite du harcèlement sexuel.
 
   En outre, le nouveau plan mettra en place une procédure graduelle qui va recueillir les plaintes des élèves dans les écoles et amender le code de conduite des enseignants. Le but visé est de fournir la protection dont les élèves ont grandement besoin.

 

[ Forum de discussion | Contacts | Carte du site | Recherche | Début | © UNESCO 2000