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Les taux de scolarisation des garçons sont un défi pour l'égalité des sexes à Cuba
 
Par Patricia Grogg
  
   LA HAVANE, mars 24 (IPS) - En matière d'éducation, le défi que Cuba doit relever n'est plus l'accroissement du taux de scolarisation des filles, mais comment assurer l'égalité des sexes. Le nombre et la performance des filles dépassent largement ceux des garçons.
 
  Grâce à une politique du gouvernement qui milite en faveur de filles et des femmes, elles dominent présentement les effectifs des étudiants dans les universités cubaines. Selon les statistiques officielles, les femmes représentaient 60 pour cent du nombre total des étudiants en 1996.
 
  ''Au cours secondaire, les filles sont beaucoup plus disciplinées et mieux organisées que les garçons, qu'elles dépassent dans le rendement. Elles ont plus de facilité à accéder à l'université,'' affirme Daniel Bittencourt, un enseignant de l'Ecole Supérieure d'Informatique.
 
  Les neuf premières années d'enseignement scolaire sont obligatoires au Cuba. Les étudiants intéressés et qui sont qualifiés continuent les études à l'école préparatoire et à l'université.
 
  L'université où Bittencourt enseigne présente une particularité: lorsqu'on examine de très près les diplômes délivrés à 166 étudiants au cours des trois dernières années, il en ressort que 29 filles occupent les 50 premières places. Elles ont également les meilleures chances d'être admises à l'université.
 
  Seize filles figurent parmi les 30 meilleurs élèves.
 
  D'autres enseignants disent que dans les années 80, les universités ont adopté des mesures pour garantir l'égalité des sexes dans les écoles médicales, parce que le nombre de femmes qui terminaient leurs études était supérieur à celui des hommes.
 
  Malgré cela, pendant l'année académique 1995-1996, les femmes représentaient 71 pour cent des étudiants inscrits dans les sciences médicales, alors que la plupart des médecins travaillant en Amérique Centrale et en Afrique sont généralement des femmes.
 
  Selon Bittencourt, ces chiffres ne sont que le résultat d'une politique d'éducation gratuite et libre pour tous les Cubains, qui a commencé par réduire le taux d'analphabétisme dans le pays à 3, 8 pour cent, tout juste en un an (1961), à la suite de la révolution de 1959.
 
  Cinquante cinq pour cent de ceux qui ont appris à lire et à écrire en cette première année étaient des femmes. Elles ont pu apporter des débuts de changements dans cette société cubaine patriarcale qui attribuaient jusque-là à la femme les rôles naturels d'épouse et de mère.
 
  Dans les années 60, de nouvelles écoles ont appris à 150.000 femmes rurales à devenir des promoteurs du changement social dans leurs communautés.
 
  ''Des études ont montré que le niveau d'instruction des mères a un impact direct sur les niveaux d'instruction de leurs enfants, ce qui montre l'importance de l'attention spéciale qui est accordée à l'éducation des femmes'', indique un rapport officiel.
 
  Milène Burgos, qui exerce la profession d'avocat depuis ans, pense qu'il est ''très nécessaire'' de commencer par mettre l'accent sur la manière de garder les garçons à l'école.
 
  ''Cuba'', explique-t-elle, ''reste une société sexiste'', et il y a toujours beaucoup de personnes qui voient dans l'éducation des garçons, ''un moyen de nourrir toute la famille'', plutôt qu'un moyen d'exceller dans leur domaine professionnel choisi.
 
  ''Parmi mon groupe d'amis, qui comprend des garçons et des filles de différentes écoles, toutes les filles ont continué leurs études et ont terminé l'université. Mais un seul garçon a pu faire de même, pendant que le reste est entré dans la vie active. Il me semble que les garçons ne sont pas intéressés par les études'', affirme Burgos.
 
  'Burgos a fini l'école préparatoire en 1993, l'une des pires années de la longue crise économique cubaine qui a duré une décennie. Ensuite, elle a continué ses études de droit à l'Université de la Havane, où les femmes étaient majoritaires dans les amphis.
 
  A l'opposé, ces femmes étaient minoritaires dans l'occupation des postes de responsabilité au sein des organisations estudiantines.
 
  Pourtant, à l'école primaire et secondaire, la plupart des dirigeants d'organisations scolaires sont des filles. Selon le Ministre de l'Education, la vie au sein de ces organisations ''contribue à développer chez les jeunes filles d'importantes aptitudes en communication, en participation et en ce qui concerne leur préparation à la vie individuelle et sociale''.
 
  Un rapport rédigé par le ministère en vue de sa participation au Forum Mondial de l'Education qui se tiendra à Dakar du 26 au 28 avril, dit que les garçons devraient avoir un accès équitable au rôle de leadership dans le monde estudiantin. Ceci précisément en raison de l'importance de cette fonction dans le développement du potentiel et dans la réalisation personnelle.
 
  Le document met l'accent sur le besoin de donner aux filles et aux garçons une perspective de genre, dans le but d'arriver à la plus grande égalité possible, en reconnaissant que les garçons ont certains problèmes auxquels on doit trouver des solutions.
 
  A la conférence de Dakar, qui se tiendra sous les auspices de l'UNESCO, les délégués venant de 180 pays, devront identifier les progrès qui ont été faits au cours des dix années qui ont suivi la Conférence sur ''l'Education Pour Tous'' de 1990 organisée à Jomtien, en Thaïlande.
 
  Selon le ministère de l'Education, davantage de jeunes femmes ont été incorporées dans les spécialités agricoles et dans les formations professionnelles et techniques au cours des années 90. Dans ce domaine, les femmes représentent aujourd'hui 43 pour cent de l'effectif des étudiants au niveau national.
 
  Quelques 4.000 femmes sont maintenant inscrites dans les écoles professionnelles et techniques pour devenir des travailleurs qualifiés.
 
  On estime à 8.300 femmes, le nombre des femmes qui sont inscrites dans les cours d'enseignement pour adultes, et qui essayent de finir l'école primaire (jusqu'en 6ème année), alors que 9.000 femmes se préparent à finir leurs études au cours moyen (niveau 9). Environ 10.000 de ces femmes sont des ménagères.
 
  Ce résultat, ainsi que bien d'autres, qui ont porté sur l'évaluation critique des réalisations du Cuba, et ses stratégies pour le futur, ont été passés en revue à la réunion qui s'est tenue dans la République Dominicaine, du 10 au 12 février 2000.

 

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