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Pour les gitans, l'école restera encore longtemps un rêve en Grèce
 
Par Wes Jonasson
  
   ATHENES, mars 24 (IPS) - Deux femmes sont assises sur un banc, devant une église orthodoxe, leurs enfants courant autour d'elles, dans le quartier d'Agri Varvara, proche de la capitale grecque.
 
   Ces femmes sont des gitanes grecques, appelées également Roma. Elles sont de toute apparence illettrées, et le resteront probablement pour le reste de leur vie.
 
  Si ces enfants arrivent à vaincre la fatalité et à s'inscrire dans une école, leurs mamans seront incapables de les aider à faire leurs devoirs de maison. Agia Varvara est la communauté gitane la plus affluente de Grèce. Pourtant, de mémoire d'homme, aucune femme de cette communauté n'a pu terminer ses études secondaires.
 
  Paula Karadana, qui instruit les volontaires sur comment enseigner le Grec aux gitans, critique l'échec du Gouvernement. Selon elle, les autorités n'ont pas réussi à rendre l'éducation plus accessible à la communauté. Elle déplore que rien de concret n'ait été fait, malgré les nombreux travaux effectués sur le sujet.
 
  Au début des années 80, Karadana a travaillé avec les volontaires pour créer un centre social pour les minorités ethniques, au nombre desquelles les gitans habitant dans les taudis de Metaxoyrgeio. Un nouvel immeuble a remplacé l'ancien l'année dernière seulement.
 
  Karadana affirme qu'il n'y avait jamais assez de volontaires, et ceux qui venaient n'avaient aucune formation et n'étaient pas habitués aux gitans, ni à leurs modes de vie.
 
  ''Nous avons fait des erreurs. Nous avons occasionné des blessures. Cela a pris du temps pour surmonter ces erreurs et être acceptés comme des gens qui veulent vraiment aider,'' confie-t-elle.
 
  Au début, il était difficile de surveiller les enfants dans les classes. Ils n'étaient pas habitués à la discipline et à la routine. Ils étaient facilement distraits et influencés par des adolescents plus âgés, qui ne faisaient rien et étaient hostiles à cette perturbation. Ils se sont calmés par la suite et ont même pu intégrer le système scolaire, affirme Karadana.
 
  Elle indique que le centre a récemment organisé un séminaire à l'intention des enseignants de l'école publique dans le but de changer les comportements négatifs vis-à-vis des gitans.
 
  Le problème, dit Karadana, est tout simplement que, les enseignants ne veulent pas de gitans dans leurs classes.
 
  Stella Stassinopoulou, une étudiante en 4ème année d'éducation à l'Université d'Athènes, n'est pourtant pas d'avis qu'on mette sur place un programme spécial pour scolariser les gitans. Stella projette d'enseigner dans une école primaire.
 
  Elle pense que le problème fondamental est qu'il est impossible d'éduquer les enfants gitans, parce qu'ils refusent généralement de rester tranquilles et veulent toujours être libres d'aller et de venir comme ils le veulent. Beaucoup d'enseignants seront de cet avis.
 
  Néanmoins, Panagiotis Dragatis et Christiane Chronopoulo, qui travaillent au centre pour jeunes dans le district de Ano Liosia, sont d'un avis différent.
 
  Le centre est situé dans une communauté pauvre de gitans, des travailleurs itinérants Albanais, Russes, et autres personnes qui sont à la recherche d'emploi en Grèce. Le centre leur offre un programme pré-scolaire visant à préparer leurs enfants à entrer à l'école primaire.
 
  Dragatis et Chronopoulou admettent qu'il y a eu des problèmes au début, et qu'ils craignaient pour leur sécurité dans ce quartier qui ne leur convenait pas. Cela pourrait dépasser l'imagination, mais les enfants avaient l'air de créatures ''sauvages''.
 
  Ils disent toutefois avoir appris à maîtriser la situation en commettant des erreurs et en tirant des leçons de ces erreurs.
 
  Les enseignants disent que leur plus grand exploit est qu'ils ont réussi à gagner la confiance des Romas, qui envoient maintenant massivement leurs enfants au centre.
 
  L'année dernière, Ano Liosia et tout l'ouest de Athènes ont été secoués par un tremblement de terre qui a détruit des appartements, des boutiques, des centaines de maisons en matériaux légers, et qui servaient d'habitations pour les Romas.
 
  Par conséquent, cette communauté qui était déjà démunie économiquement, a été frappée et plusieurs d'entre eux étaient obligés de plier bagage et d'aller s'installer ailleurs. Beaucoup de ceux qui sont restés ont préféré envoyer leurs enfants dans les rues, pour gagner de l'argent plutôt que de les inscrire à l'école.
 
  Dragatis et Chronopoulou affirment obtenir de meilleurs résultats lorsqu'ils combinent l'enseignement de la langue grecque avec les sports, les jeux, les travaux manuels, et autres activités de temps libres.
 
  Néanmoins, il y a d'autres problèmes auxquels doivent faire face ceux qui n'ont pas réussi à s'inscrire dans des écoles publiques. Garder les enfants à l'école peut devenir un problème sérieux, en particulier à partir de 11 ans où les garçons et les filles gitans sont supposés se marier. Et la plupart se marient vraiment.
 
  Dragatis et Chronopoulou disent qu'ils rendent souvent visite à leurs élèves ''perdus'' à la maison et essayent de les convaincre de revenir à l'école mais sans grand succès.
 
  Selon Christina Rougheri, la coordonnatrice du 'Moniteur Grec d'Helsinki', il y a deux écoles de pensée qui s'intéressent aux gitans. Il y a ceux qui pensent que les gitans, également appelés Tsiganes, sont intégrés progressivement dans la société. Le processus d'assimilation pourrait toutefois durer plusieurs années avant qu'il n'enregistre des résultats concrets.
 
  Roughéri ajoute que d'autres personnes considèrent les gitans comme une race distincte avec sa culture et sa langue. Pour cette raison, ils devraient être traités comme tels.
 
  La réalité est que l'éducation n'est pas encore visible dans la 'boule de cristal' de la vie et de la plupart des gitans, et ne le sera probablement pas pour quelque temps encore.

 

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