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| La
crise économique prive les enfants du droit à l'instruction
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| Par Kanis
Dursin |
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JAKARTA,
avril 00 (IPS) - La crise économique prolongée et le manque
de ressources suffisantes ont obligé le Gouvernement indonésien
à retarder l'exécution de son programme d'éducation obligatoire
pour les enfants des cours élémentaire et secondaire. Ce programme
était prévu pour durer 9 ans. |
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''Que
nous le veuillions ou non, l'exécution de ce programme d'éducation
obligatoire doit être ajournée en raison de la crise économique
actuelle'',explique Indra Djati Sidi, Directeur Général de l'Education
Elémentaire et Secondaire au ministère de l'Education Nationale.
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Selon
ce programme lancé en 1994, les enfants âgés de 7 à 15 ans doivent
recevoir l'éducation primaire et secondaire (premier cycle). |
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Dans
la pratique, cela signifie que tous ceux qui finissent l'école
élémentaire, devenue obligatoire depuis lors, doivent poursuivre
leurs études dans les lycées pendant trois ans. |
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Selon
Sidi, le nombre d'enfants qui participent au programme d'éducation
obligatoire depuis son introduction ne cesse d'augmenter. Le
taux de participation est actuellement de 70 pour cent chez
les enfants âgés de 7 à 15 ans. |
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Les
statistiques du ministère de l'Education Nationale montrent
que le nombre d'élèves des cours primaire et secondaire est
en augmentation régulière depuis 1990. En 1998, alors que la
crise économique entrait dans sa deuxième année, ce taux a légèrement
baissé. |
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Le
nombre total d'élèves en 1994 était de 36,44 millions, dont
22,46 millions au cours primaire, et 6,98 millions au cours
secondaire. Ces chiffres sont passés à 39 millions en 1997,
répartis comme suit: 29,27 millions au cours élémentaire et
9,73 millions au cours secondaire. |
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Toutefois,
ces chiffres sont tombés à 38,64 millions en 1998, en raison
de la crise économique. Les taux nets d'inscription à l'école
primaire et secondaire (premier cycle) ont connu également un
ralentissement en raison de la crise financière. |
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Le
taux d'inscription au cours primaire était de 92,3 pour cent
en 1990. Il est monté à 93,4 pour cent en 1994, 95 pour cent
en 1997, avant de chuter à 93,74 pour cent en 1998. Pour le
premier cycle du cours secondaire, le taux d'inscription était
de 39,24 pour cent en 1990. Ce taux est passé à 56,03 pour cent
en 1997, pour finalement tomber à 53 pour cent en 1998. |
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Sidi
explique: ''Depuis que la crise économique frappe l'Indonésie,
nous essayons seulement de garder l'effectif des élèves inscrits
à l'école primaire et secondaire, afin de les empêcher de quitter
l'école''. |
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La
crise, qui a également paralysé l'économie des autres pays asiatiques,
a effectivement réduit la capacité du Gouvernement et celle
des privés à envoyer les enfants à l'école. La crise a par ailleurs
empêché la poursuite du déroulement normal des activités éducatives.
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Selon
les dernières statistiques du ministère chargé de la coordination,
qui a pour mission d'assurer le bien-être des Indonésiens et
d'éradiquer la pauvreté, le nombre de personnes vivant en-dessous
du seuil de pauvreté a pratiquement doublé. Il est passé de
22 millions de personnes en 1997 à 40 millions en 1998. |
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Selon Basri Hasanuddin, Ministre coordonateur du département
pour le bien-être et l'éradication de la pauvreté, ''l'acroissement
du nombre de pauvres dans le pays enlève aux parents les moyens
d'envoyer leurs enfants à l'école''. |
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Au cours de l'année budgétaire 1998/99, le nombre d'élèves venant
de familles pauvres était de 7,5 millions. Quelque 3,5 millions
parmi ces enfants ont bénéficié du programme de sécurité sociale
du Gouvernement, et un million ont reçu des bourses d'une association
appelée ''Mouvement des Parents Adoptifs''. |
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Les trois millions restants ont été obligés d'abandonner les
classes, ou ne sont plus retournés à l'école en raison d'une
grave crise financière. Le taux d'abandon dans les écoles primaires
et secondaires est monté à 6 pour cent, alors qu'avant la crise,
il n'était que de 2 pour cent. |
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Selon Sidi, la croyance populaire lorsque le programme obligatoire
fut lancé, c'était que l'Indonésie continuerait à enregistrer
une croissance économique de 6 à 7 pour cent l'an, et que l'allocation
budgétaire pour l'éducation resterait élévée. |
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''A présent, nous avons une croissance économique de 1 à 2 pour
cent, et l'allocation budgétaire pour l'éducation a généralement
baissé. En conséquence, nous ne pouvons pas aller à la même
allure comme nous l'avions prévu en 1994. Il nous faut donc
ajourner l'exécution du programme d'éducation obligatoire'',
ajoute Sidi. |
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Le Gouvernement a alloué plus de 12 millions de roupies (1,8
million de dollars US) aux programmes éducatifs dans le budget
de l'année 2000-2001, dont l'exécution a débuté depuis le 1er
avril. L'allocation budgétaire de cette année est inférieure
à celle de l'année 1999-2000, qui était de 16 millions de roupies
(1,8 million de dollars US). |
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Sidi
explique que la situation ainsi créée ''affectera la qualité
des ressources humaines de l'Indonésie''. Il déplore également
les restrictions financières et le manque d'alternatives suffisantes.
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Certains
programmes du ministère de l'éducation qui étaient destinés
à l'exécution du programme d'éducation obligatoire, tel que
la construction d'écoles, ont été suspendus. L'argent a été
réaffecté aux programmes d'assistance sociale, notamment ceux
qui portent sur les bourses des élèves, et les fonds d'assistance
opérationnelle alloués aux écoles. |
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Selon Sidi, ''la philosophie des programmes d'assistance sociale
est de maintenir les taux de fréquentation scolaire et la qualité
de l'éducation au moins au niveau d'avant la crise. Cette situation
dure maintenant depuis trois ans''. |
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Sidi ajoute que le Ministre de l'Education Nationale gardera
le programme de sécurité sociale en place jusqu'à ce que l'économie
indonésienne retrouve son équilibre. Le but visé par les autorités
est d'empêcher une autre détérioration de la qualité de l'éducation.
Sidi affirme que le Gouvernement projette d'évaluer, le mois
prochain, le temps dont il a besoin pour achever ce programme. |
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Sidi ajoute : ''Même après la relance économique de l'Indonésie,
nous ne pourrons pas aller très vite. Cela prendra du temps.
Il faudra trois années, peut-être plus, pour remonter la pente''.
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Afin d'aider le Gouvernement à financer l'éducation des enfants
de l'école primaire, le Ministère de l'Education encourage une
plus grande participation de la communauté et du secteur privé
dans le programme éducatif national. Supermar et les Fondations
Orbites, deux fondations privées, ont accordé des bourses à
plus d'un million d'écoliers pendant la crise. |
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Djauzak Ahmad, expert en éducation et ancien directeur de l'enseignement
élémentaire lorsque la politique de l'éducation obligatoire
fut adoptée en 1994, avertit que le retard dans l'exécution
du programme affecterait gravement la qualité des ressources
humaines du pays. |
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''Lorsque le projet fut lancé, l'Indonésie n'était pas encore
prête pour le programme d'éducation obligatoire. A cette époque,
en effet, environ 20 pour cent des enfants en âge scolaire n'avaient
pas les moyens d'aller à l'école élémentaire''. |
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''Si l'Indonésie veut améliorer la qualité de ses ressources
humaines, elle doit d'abord s'assurer que tous les enfants
en âge scolaire effectuent les six années d'éducation élémentaire'',
conclut Ahmad.
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