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Les Ecoles alternatives sont porteuses d'espoir pour les élèves qui abandonnent les études
 
Par Suvendrini Kakuchi
 
   TOKYO, avril 2 000 (IPS) - Tommy, 17 ans, arbore des cheveux teintés en orange et porte des pantalons amples. C'est ce qui a poussé, selon lui, son maître de l'école pour les élèves de 9 à 13 ans , à lui dire qu'il est un inadapté dans un lycée régulier japonais.
 
  Sa mère Elisabeth, de nationalité philippine, évoque une autre raison pour laquelle son fils ne peut pas s'adapter : sa connaissance médiocre de la langue. "Mon mari Japonais travaillait tout le temps, il ne pouvait donc pas enseigner la langue à Tommy même quand il était au cours primaire. Alors, depuis le début, nous étions perçus comme des perdants dans le système de l'école publique", affirme-t-elle.
 
  Mais tout n'est pas perdu pour Tommy et beaucoup d'autres jeunes qui semblent ne pas s'adapter dans les institutions d'apprentissage conventionnelles. Grâce aux écoles alternatives, un nombre croissant d'élèves qui quittent le système scolaire régulier ne sont pas privés d'éducation.
 
  "Les tests permettent de juger de l'intelligence d'un enfant. Les enfants qui ne peuvent pas s'adapter sont simplement ignorés par les enseignants ", affirme Elisabeth.
 
  Tommy est maintenant inscrit dans une école privée 'libre' qui offre un environnement d'instruction plus libéral, mais en même temps suit un programme d'enseignement qui est approuvé par les autorités de l'éducation.
 
  De plus, à la fin du trimestre, il peut solliciter une demande d'admission dans une Université Japonaise, un développement qui, selon les spécialistes en éducation, représente un grand changement dans le système éducatif japonais.
 
  "Il y a 20 ans, un enfant comme Tommy, aurait choisi d'abandonner à un niveau d'éducation plus élevé ou simplement à s'efforcer d'accepter le système des écoles publiques en étudiant plus. Aujourd'hui, les enfants Japonais ont un choix et c'est une bonne réforme", affirme le Professeur Naohiro Higuchi, un spécialiste en programme d'enseignement à l'université Rissho.
 
  L'Association de l'Ecole Libre Japonaise a été créée l'année dernière. C'est une organisation mise en place pour coordonner le nombre rapidement croissant des écoles 'libres' ; ces écoles sont appelées ainsi en raison de leurs normes non rigides. Quelque 240 écoles sont inscrites dans ce groupe.
 
  Le Ministère de l'Education, qui reconnaît maintenant ces centres d'instruction, affirme que 128.000 enfants, âgés de 3 à 15 ans, sont inscrits dans le système des écoles alternatives. Après d'intenses pressions, le gouvernement a, il y a six ans, permis à leurs diplômés de passer les tests d'admission dans les universités et lycées.
 
  Les écoles 'libres' sont désignées comme 'refuges' par les universitaires, les enfants et les parents parce que ces institutions offrent une alternative plus humaine aux écoles publiques.
 
  Les statistiques du gouvernement montrent qu'en 1998, les enfants de l'école primaire et des collèges d'enseignements secondaires qui ont été continuellement absents pendant 30 jours, ont atteint le record de 127.692, soit 21,1 pour cent plus élevé que l'année précédente.
 
  Les responsables de l'éducation disent que les raisons de l'abandon étaient brutales et s'expliquent par l'incapacité des élèves à s'adapter au programme d'enseignement astreignant et à la structure de la salle de classe conventionnelle.
 
   Plus récemment, une autre raison qui a été évoquée est l'ennui. Selon les experts, cette raison provient peut-être du fait que les enfants ont trop d'information à traiter.
 
   "L'absentéisme scolaire est aigu" affirme Michifumi Takasaki, directeur de Takasaki Gakuen, créé en 1973. "Ces enfants représentent le mauvais côté de l'éducation japonaise qui ignore les faibles'.
 
   Takasaki dit que son école a commencé avec trois élèves et a rapidement évolué durant les dix dernières années pour atteindre aujourd'hui 50 enfants. Presque tous ces enfants fuyaient la brutalité qu'ils subissaient dans leurs écoles régulières.
 
  "Ils cherchent refuge dans cette école parce que les enseignants passent du temps à leur parler et à être leurs amis. Les écoles japonaises forcent simplement les enfants à étudier et ignorent leur développement mental", ajoute-t-il.
 
  Takasaki affirme que presque tous les élèves de son école continuent dans des institutions régulières d'instruction plus élevées. "Nous entretenons leur confiance en allant doucement sur des sujets tels que les mathématiques et la langue japonaise, et nous accordons plutôt beaucoup de temps aux jeux et autres activités comme les arts. Le rythme plus lent aide vraiment", conclut-il.
 
   Une autre école qui se fait appeler Planète de Rêve a ouvert ses portes en avril de l'année dernière à Okinawa. Son fondateur, Shirai Tomoko, un diplômé en droits de la prestigieuse Université de Tokyo, décrit son programme d'enseignement comme un programme qui 'encourage les enfants à découvrir qui ils sont".
 
  'Tokyo Shure', qui a été créée en 1995 et a maintenant 200 élèves, n'offre pas le programme d'enseignement conventionnel japonais, mais plutôt des sujets tels que la danse, le langage des sourds-muets(le braille), et des cours pendant lesquels les élèves écoutent des enseignants parler de leurs vies.
 
  Keiko Okuzaki, le porte-parole de l'école dit que les enseignants ne suivent pas un système régulier de correction. Au lieu de cela, ils sont plus intéressés à aider les étudiants à se relaxer et à apprendre à sourire plus.
 
   La grande acceptation du concept d'école alternative a donné naissance à un nouveau type d'école : les lycées qui donnent des cours sur l'Internet. Beaucoup de ces écoles ont poussé comme des champignons récemment.
 
   Le @mark Learning Inc est un lycée qui permet aux élèves d'obtenir des diplômes en étudiant par Internet. L'école est affiliée à un lycée de Washington, aux Etats Unis.
 
   L'école a enregistré 20 nouveaux inscrits âgés de 16 à 35 ans.
 
  "Les sujets sont choisis par l'élève qui décide également de son propre emploi du temps pour étudier. Nous espérons aider les élèves qui valorisent l'individualité et veulent évoluer loin du groupe qui est orienté vers la mentalité japonaise", affirme Takeshi Yanagisawa, un enseignant.
 
   Une autre école a ouvert ses portes le 1er avril dernier. EikohWeb International School a un effectif de cinq élèves. Elle est affiliée à Eikoh Seminar, une prestigieuse école d'enseignement intensif, où les élèves qui viennent des écoles régulières et qui se préparent pour les examens d'entrée dans les universités de hauts niveaux sont placés sous la supervision d'un directeur d'études pour des cours individuels.
 
  "Une école alternative suit une philosophie qui est complètement l'opposé des écoles d'enseignement intensif. Mais nous pensons que le concept d'apprentissage individuel sera très important dans le futur", affirme le porte-parole de EikohWeb, Yasuo Yanagimachi.

 

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