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La technologie de l'information constitue une des grandes priorités du Gouvernement en Malaisie
 
Par Anil Netto
  
   PENANG, mars 24 (IPS) - Un autobus roule vers une école éloignée. Quand il s'arrête, 20 élèves excités et leur maître montent à bord. L'autobus se distingue nettement. Il est futuriste, peint en gris. Sur sa carrosserie est dessiné un arc-en-ciel.
 
   Mais à bord du bus, les élèves appuient sur des souris et des claviers et se lancent dans le voyage inoubliable de l'univers Internet, sous la supervision de leurs formateurs.
 
  En vue de réduire l'écart entre les élèves qui ont accès à la Technologie de l'Information (IT) et ceux qui n'en ont pas, la Malaisie a initié une série de projets pilotes destinés à mettre la nouvelle technologie à la disposition des populations rurales.
 
  Avec seulement 2, 2 millions de personnes qui possèdent un micro-ordinateur sur une population de 22 millions, la Malaisie offre un taux de couverture de 11 pour cent environ. Selon les autorités, ces chiffres sont en-dessous de la moyenne mondiale qui est de 35 pour cent.
 
   De plus, seulement 5 pour cent des Malais naviguent sur l'Internet, comparé à une moyenne mondiale de 30 pour cent.
 
  Jusqu'ici, les autorités ont mis l'accent sur le projet ''Multimédia Super Corridor'', qui vise à transformer une grande zone à haute technologie au Sud de Kuala Lumpur en une seconde ''Silicon Valley''.
 
  Silicon Valley est une ville située en Californie (Etats Unis). Elle abrite la plus grande fabrique d'ordinateurs au monde.
 
  Le Gouvernement est en train de transformer les écoles en 'écoles élitistes' (les fameuses Smart Schools) pour faire la promotion de la Technologie de l'Information. A la fin de l'année 1999, 90 écoles étaient supposées être transformées en 'Ecoles Elitistes'.
 
  La Malaisie a quelques 7.000 écoles primaires et 1.500 écoles secondaires qui sont connectées sur l'Internet. La majorité de ces écoles se trouvent en milieu rural.
 
  Les autorités prennent de plus en plus conscience que les zones rurales vont être probablement exclues des bienfaits de la haute technologie, créant ainsi une division fondée sur l'accès au digital.
 
  Enter Mimos Bhd, un prestataire de services Internet, et son projet pilote, 'l'Unité Mobile Internet', sont fondamentalement composé d'ordinateurs sur roulettes et de bus munis d'Internet.
 
  Le PNUD a accordé une subvention. Une firme privée a participé au projet en faisant un don d'autobus, que Mimos et une firme constructeur de mini-bus ont réhabilité.
 
  Lancée en août dernier, l'unité comprend maintenant trois bus. Le plus grand, équipé de 20 ordinateurs, parcourt 20 écoles qui n'en ont pas. Ces écoles sont situées dans le Sélangor Central. Les deux plus petits, qui ont chacun 12 ordinateurs, passent dans 20 écoles situées dans la capitale.
 
  ''La réponse est fantastique, très positive,'' affirme Kang Wei Chin, le directeur du projet MIU à Mimos. Les autobus vont dans les écoles une fois par quinzaine et sont stationnés toute la journée sur le site, précise Kang.
 
  Ordinairement, cinq groupes comprenant 20 élèves et 20 enseignants participent à une session type organisée le matin. Ils passent chacun une heure dans l'autobus. Deux formateurs de Mimos donnent aux groupes une formation pratique sur les notions de base de l'ordinateur et de l'Internet.
 
  Les après-midis sont consacrées aux débats auxquels prennent part 40 autres élèves, enseignants et parents.
 
  Chaque quinzaine, les autobus passent dix fois dans chaque école, en plus d'une séance de briefing au titre de la pré-formation, ainsi que des visites d'évaluation post-formation.
 
  Chaque élève du groupe reçoit ainsi à peu près dix heures de formation pratique aux techniques de l'ordinateur. ''Notre objectif est d'atteindre autant de personnes que possible'', dit Kang.
 
  Ces séances ne donnent certes qu'un avant-goût de l'Internet, mais selon Kang, l'excitation et l'enthousiasme qu'elles génèrent sont ressentis par tous.
 
  A la fin d'une série de sessions de formation à l'école par exemple, il est courant de voir le directeur d'école ou l'association des parents d'élèves et des enseignants cotiser de l'argent pour acheter encore plus d'ordinateurs. Ceux-ci s'ajoutent aux PC déjà dotés d'Internet que les équipes du projet laissent derrière eux à leur départ.
 
  Les détracteurs du projet estiment toutefois qu'il est plus urgent de résoudre les besoins fondamentaux des populations rurales, avant de songer à des projets de haute technologie tels que les Ecoles Elitistes et les unités mobiles d'Internet.
 
  Un lecteur a écrit à un quotidien national et a cité les exemples d'écoles situées dans l'hinterland, notamment dans l'Etat de Sabat, au Borneo du Nord.
 
  Ce lecteur a indiqué que ces écoles manquent d'équipement de base tels que les tableaux, tables et bancs et, même dans certains cas, d'électricité et d'eau potable. Il a décrit la malnutrition dont souffrent les élèves et les conditions médiocres dans lesquelles vivent les enseignants.
 
  ''Ma question est la suivante : comment un pays comme la Malaisie peut-il ne pas disposer de fonds adéquats susceptibles d'assurer l'éducation des enfants qui vivent en zone rurale,'' a demandé le lecteur.
 
  ''Je ne suis pas contre la technologie de l'information, mais le ministère de l'Education devrait s'assurer d'abord que toutes les écoles disposent des infrastructures de base nécessaires à l'acquisition des connaissances dans des conditions acceptables. C'est seulement après, que le gouvernement pourra allouer des fonds à d'autres projets.''
 
  Cette question est d'un intérêt certain. Récemment, un politicien de l'opposition a indiqué que 1.000 écoles dans le pays ne disposent même pas d'électricité.
 
  D'autres disent qu'il aurait été de loin préférable d'utiliser les ressources publiques pour que les écoles s'équipent elles-mêmes en ordinateurs, afin que chaque élève puisse passer plus de temps pour sa formation en informatique.
 
  Cela ne décourage pas Kang, qui affirme que pour le cas des écoles non électrifiées, les générateurs électriques seront installés pour permettre aux élèves des zones éloignées d'avoir accès à l'Internet.
 
  Cela ne décourage pas Kang, qui affirme que pour le cas des écoles non électrifiées, les générateurs électriques seront installés pour permettre aux élèves des zones éloignées d'avoir accès à l'Internet.
 
  Mais une communauté des régions montagneuses à Bario est en train de faire sa première expérience de la nouvelle technologie.
 
  Dans cette communauté éloignée, à dominance Kelabit, l'Université Malaise de Sarawak (UNIMAS) expérimente un projet appelé 'e-Bario'. Le projet couvre trois domaines : l'école, la communauté et les communications.
 
  Le défi est énorme. Situé à 1.000 mètres au-dessus de la mer, Bario est entouré de montagnes et n'a aucun accès sur la route; alors, la seule voie d'accès est la voie aérienne.
  
  Premièrement, l'accès à l'Internet sera introduit dans les écoles de Bario en même temps qu'une plus grande utilisation d'ordinateurs. Le projet se basera sur le concept 'Ecoles Elitistes' du Gouvernement, qui a été jusque-là expérimenté dans les zones urbaines, pour servir de guide à l'application et à l'utilisation des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC) dans les écoles.
 
  Le projet étudiera aussi les besoins de la communauté en information et élaborera des applications innovées des TIC, qui peuvent être fournies à travers les télécentres communautaires avec accès à l'Internet. Des dispositions satisfaisantes sur la manière de gérer et de faire fonctionner ces télécentres par la communauté locale seront testées.
 
  Des tests seront également conduits sur des technologies variées, afin de fournir un meilleur accès au téléphone et à la connexion à Internet. Ceci intégrera les technologies associées pour la fourniture d'électricité.
 
  ''Un intérêt véritable dans la technologie de l'information peut être généré si les ordinateurs sont utilisés pour réaliser certaines fonctions utiles pour la communauté,'' a déclaré le Dr Harris de la Faculté de Technologie de l'Information de UNIMAS.
 
  Ceci peut avoir un rapport avec le marketing électronique de produits locaux, ou avec la promotion du tourisme dans la zone du site de recherche.
 
  Selon Harris, le projet va définir les opportunités qui sont disponibles pour le développement social à partir de l'utilisation des TIC dans les communautés rurales éloignées du Sarawak. A travers des mesures orientées vers l'action, Kang espère que le projet prouvera comment un développement social durable et significatif peut être atteint à travers la mise en place d'une telle technologie.
 
  Selon Harris, ce projet ''va détruire le mythe selon lequel les ordinateurs, les téléphone et l'Internet sont seulement des artifices de la vie urbaine. Au contraire, le projet va prouver qu'ils représentent le moyen le plus efficace pour l'habilitation des populations rurales.

 

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