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Le gouvernement réunit des fonds pour financer les écoles publiques aux Philippines
Par Marites Sison Inter Press Service
 
  MANILLE, avril 00 (IPS) - Les cours dispensés à l'ombre d'un arbre fruitier ou dans des bâtiments scolaires délabrées sont assez fréquents dans les zones rurales aux Philippines.
 
  Avec les maigres fonds alloués à l'éducation dans le budget annuel du gouvernement, cela prendra quelque temps avant que le manque de salles de classes, de livres, de tables et bancs, et même de maîtres ne soit réglé convenablement.
 
  Le département de l'Education admet qu'il a besoin de construire 21.000 salles de classes et d'embaucher 10.000 enseignants pour les écoles publiques sur tout le territoire, pour combler le déficit actuel, mais le problème est de trouver de l'argent pour financer ces projets.
 
  Nul doute que la qualité de l'éducation s'est détériorée rapidement dans un pays qui s'est une fois vanté d'avoir eu les taux d'alphabétisme les plus élevés d'Asie.
 
  Alors qu'il y a 16 millions d'élèves inscrits dans les écoles primaires et cours secondaires publics, les Philippines ''dépensent seulement un huitième de ce que la Thaïlande met de côté pour l'éducation de base'', affirme un journaliste qui a longuement écrit sur le secteur éducatif.
 
  Il y a eu un accroissement minimum des dépenses publiques sur les services sociaux - éducation de base, prévention en matière de santé, eau et installations sanitaires - par rapport à la dépense publique totale, selon Philip Tuaqo, du Centre d'Etudes Politiques de l'Université Ateneo de Manila.
 
  ''La proportion humaine (la part de dépenses sur les services sociaux de base au budget total) à tout juste connu une légère hausse, passant du niveau de 11 pour cent à 12 pour cent en 10 ans ou de 1987 à 1997'', a-t-il dit.
 
  Le faible investissement dans l'éducation et autres services sociaux de base a aussi été mentionné par le directeur administratif de l'UNICEF, Carol Bellamy, durant une visite qu'elle a effectuée le mois dernier à Manille. ''Si vous voulez un retour sur l'investissement, investissez sur les enfants'', a conseillé Bellamy au gouvernement et au secteur privé. Elle a également noté que ''la malnutrition modérée'' parmi les enfants philippins entrave leur capacité à étudier..
 
 La malnutrition résultant de la pauvreté a été citée par l'UNESCO comme l'un des facteurs qui contribuent au problème de l'éducation. Une étude de l'UNESCO en 1999 affirme qu'environ 1,7 million d'enfants philippins dans la tranche d'âge de 7 à 12 ans ne sont pas à l'école. La plupart viennent des provinces les plus pauvres du pays.
 
  ''Bien que l'éducation élémentaire soit gratuite, les dépenses liées à l'école telles que les frais de transport, les snacks, les repas, les fournitures scolaires, et autres matériels didactiques sont en dessous des capacités financières des parents pauvres'', déclare l'UNESCO.
 
  Sur 100 enfants philipins inscrits chaque année, 66 terminent l'école élémentaire, 42 pour cent le lycée mais seulement 14 pour cent obtiennent un diplôme de niveau secondaire, affirme le Centre pour les Etudes Asie Pacifique.
 
 Le gouvernement essaie actuellement d'améliorer la qualité de l'éducation. D'abord, il a initié un programme d'acquisition de manuels pour améliorer le ratio manuel scolaire-élève dans les écoles publiques.
 
   Sous un programme financé par la Banque Mondiale pour 26 provinces, le département de l'Education espère amener le ratio à un livre pour trois élèves dans l'année scolaire qui débutera en juin. Le ratio actuel est de 1 sur 6 à l'école primaire et de 1 sur 8 au cours secondaire.
 
   Avec des fonds supplémentaires qui sont déjà affectés par le Congrès des Philippines, le pays espère ramener le ratio à 1 sur 2 en juin 2001. Un autre prêt de la Banque Asiatique de Développement est prévu pour atteindre le ratio idéal de 1 sur 1 en juin 2002.
 
 Les résultats de l'étude financée par le gouvernement appelée Assistance des Enseignants pour un Bien-Etre Optimum (TAO), ont encore apporté à l'attention du public la détérioration de la qualité du programme d'enseignement et de la compétence des enseignants.
 
  L'étude qui a été faite pour réunir des informations sur le bien-être et les conditions de travail des enseignants des écoles publiques dans la nation entière, a confirmé les conclusions ultérieures de l'UNESCO et d'autres agences qui soutiennent le système éducatif branlant des Philippines.
 
  Sur les 405.973 enseignants qui ont été interrogés, 55 pour cent disent que leurs écoles ne sont pas électrifiées, alors que 84 pour cent n'ont pas d'eau courante. Seulement 38 pour cent ont des toilettes.
 
  Environ un quart des maîtres disent qu'ils enseignent dans des classes sans toiture ; 45 pour cent disent qu'ils apportent leurs propres tables à l'école, 43 pour cent apportent leurs propres chaises. Ceux qui n'ont pas de tables et de bancs disent que ces tables et bancs sont de mauvaise qualité et sont dangereux pour les utilisateurs
 
  ''Si ces mobiliers sont inadéquats, c'est l'obligation de l'école de s'assurer qu'ils ne sont donnés aux écoles ''affirme le Sénateur Tessie Aquino-Oreta, qui a financé l'étude, en sa qualité de présidente de la Commission Sénatoriale sur l'Education.
 
  Les enseignants eux-mêmes sont également depuis longtemps identifiés comme faisant partie du problème, et les résultats de l'étude l'ont fait ressortir. L'étude révèle que ''Le nombre très réduit d'enseignants qui sont spécialisés en maths ou en science montre qu'une proportion importante de professeurs enseignent actuellement les deux matières mais ne sont pas formés pour les manier''.
 
  Ce déficit de compétence d'enseignement, selon le journaliste Yvonne Chua, ''explique pourquoi le système de l'école publique produit en série les diplômés qui sont totalement mal préparés pour un monde complexe''.
 
   En 1995, les Philippines occupaient le troisième rang des derniers, en mathématiques élémentaires et avant -dernier dans les sciences élémentaires, dans un test international auquel ont prit part un demi-million d'écoliers et d'élèves du cours secondaire dans 45 pays.
 
  Chua, qui a écrit un livre et des articles complets sur l'éducation aux Philippines pour le Centre Philipin pour le Journalisme d'Investigation (PCIJ), a déclaré que les salaires bas et les mauvaises conditions de travail ont contribué à attirer ''pendant des décennies, des étudiants diplômés ou des 'dregs' comme les appelle souvent le Secrétaire à l'Education, Andrew Gonzalez''.

 

L'étude a également montré le besoin urgent de recycler les enseignants qui ont fini leurs études il y a 20 ans. Elle mentionne aussi que la plupart des directeurs d'écoles publiques ne sont pas équipés d'aptitudes managériales. En effet, seulement 22 pour cent ont reçu une formation pour le poste qu'ils occupent.
 
''Une formation extensive pour les directeurs d'écoles aiderait à définir leurs rôles'', dit Oreta. ''Ceci est important, considérant que les directeurs d'école sont surtout responsables du maintien d'un environnement d'apprentissage favorable pour les élèves et les conditions de travail idéales pour les enseignants''.
Dans ''Failing Marks', un article publié en mars par le Magazine du PCIJ, Chua montre l'écart croissant entre les écoles publiques et les écoles privées. Une raison majeure, dit Chua, ''est que le système éducatif public est surchargé par son propre poids''.
Elle dit que le système de l'école publique a ''mis son énergie sur l'extension de l'accès à l'école plutôt que sur l'amélioration de la qualité de l'instruction''.
Pour faire face à la demande croissante d'éducation, le département de l'Education a recouru à trois classes roulantes dans les zones urbaines et le système de plusieurs classes (où les élèves de plusieurs niveaux sont mis ensemble) dans les zones peu peuplées.
 
Cela a entraîné des heures d'apprentissage plus courtes, selon Chua, qui estime qu'une école dont les élèves doivent rater deux heures de cours chaque jour ouvrable pendant quatre années perdent 1.600 heures précieuses de cours.
L'étude du Projet TAO indique que plusieurs enseignants du système de plusieurs classes font difficilement face au système non seulement parce qu'il est plus difficile que l'enseignement à une classe mais aussi par manque de soutien supplémentaire et de compensation.
Il ressort de l'étude un autre développement inquiétant : le personnel enseignant actuel prend de l'âge. Environ le tiers ira à la retraite dans les 10 prochaines années.
''Si le plan qui consiste à ramener l'âge de la retraite à 55 ans continue, alors le budget du gouvernement devra tenir compte des demandes financières pour les allocations de retraite de 126.900 enseignants'', conclut le Projet TAO. La question la plus difficile est : y-aura-t-il assez de personnel pour les remplacer ?
 
 
 
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