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Les petites écoles ferment, et la déperdition scolaire s'aggrave au Sri Lanka
 
Par Feizal Samath
  
   COLOMBO, mars 24 (IPS) - Des douzaines de petites écoles publiques à travers le Sri Lanka vont devoir fermer leurs portes cette année, à la faveur d'un programme gouvernemental destiné à utiliser rationnellement les ressources financières limitées existantes. Les étudiants vont être transférés dans d'autres écoles.
 
   Mais, selon certains experts en éducation, les enfants préféreront plutôt abandonner les cours.
 
   Le 'Programme de Rationalisation des Ecoles' du Gouvernement vise à fermer les écoles à bas effectifs. Un haut fonctionnaire du ministère de l'Education affirme qu'il est difficile au Gouvernement d'entretenir quelque 2.650 écoles qui ont un moins de 100 élèves chacune.
 
   ''Toute l'idée'', selon ce haut fonctionnaire qui a requis l'anonymat, ''est de fournir une éducation de qualité et au même moment de donner un maximum de ressources et de bénéfices à tous les élèves''.
 
   Pour les élèves et les étudiants qui sont frappés par cette mesure du Gouvernement, les plans du Gouvernement sont contre-productifs et contraires à son engagement à procurer 'l'Education Pour Tous' (EFA).
 
   Ils craignent que le nombre des abandons n'augmente.
 
   Le Fonds des Nations Unies Pour l'Enfance (UNICEF), s'est prononcé sur la chute des taux d'inscription au Sri Lanka. Plus de garçons que de filles abandonnent les classes. Cette tendance prévaut seulement au Sri Lanka et dans les Maldives, au Sud de la Région Asiatique.
 
   ''Au début de cette année, on m'a demandé de ne plus accepter de nouveaux élèves en première et en deuxième année, et de les envoyer dans une autre école. Un garçon qui a commencé les cours dans l'école en question, a cessé après trois mois. Il a indiqué ne pas avoir les moyens'', a déclaré le directeur de l'école du village.
 
   L'école a dû fermer parce qu'il n'y avait que 25 élèves.
 
   Le directeur a expliqué que bien que l'éducation soit gratuite dans les écoles publiques, les élèves pauvres ne peuvent pas payer les autres coûts 'cachés' que les élèves sont obligés de payer. Il s'agit notamment des contributions pour les rencontres sportives, ou des tickets de bus.
 
   ''C'est l'un des problèmes majeurs. Quand les élèves doivent contracter ces dépenses, même si les sommes ne sont pas énormes, ils optent pour l'abandon des classes'', a dit le directeur qui a plus de 30 ans d'expérience passées à travers les écoles de l'île.
 
   Son école a été ciblée par le maire pour être transformée en un centre de formation professionnelle. ''Les politiciens sont intéressés par leur carrière politique, et non par les besoins sociaux ni le bien-être de la communauté. Qu'arrivera-t-il à ces 25 enfants si l'école ferme ? Ils ne voudront peut-être plus aller à l'école'', se demande-t-il.
 
   La même chose est arrivée aux écoles comme le Collège Subodhi Wellawatte dans la banlieue de Colombo. Subhodi a fermé un peu plus tôt cette année. L'école, dont les locaux sont délabrés, et qui est recouverte de mauvaises herbes, avait seulement trois enseignants et six élèves.
 
   Pendant des années, l'école n'a reçu aucun financement, à part le salaire du personnel. En conséquence, aucun enseignement n'était dispensé. Les enfants jouaient toute la journée, et les enseignants buvaient du thé et bavardaient, lorsqu'ils prenaient la peine de venir à l'école.
 
   L'école a été fermée à la faveur du nouveau programme gouvernemental. Les enseignants ont été transférés dans d'autres écoles, et on a offert aux élèves de s'inscrire dans les écoles avoisinantes, a expliqué un fonctionnaire de l'éducation locale.
 
   Mais aucun élève n'est venu s'inscrire.
 
   Pendant que l'école abandonnée est convoitée par une politicienne du gouvernement local pour y réaliser l'un de ses grandioses projets, six autres enfants ont rejoint les rangs de ceux qui ont abandonné les classes au Sri Lanka.
 
   Le Sri Lanka, avec un taux admirable de taux de scolarisation de 90 pour cent, a une population de 4,3 millions de personnes qui fréquentent l'école. Le pays s'est engagé à construire une école primaire dans un rayon de deux kilomètres du domicile de chaque enfant, dans le groupe d'enfants entre 6 et 10 ans.
 
   Il en sera de même pour les écoles secondaires, qui seront elles construites dans un rayon de 5 km pour les enfants âgés de plus de 11 ans.
 
   Les autorités du Ministère de l'Education disent qu'elles sont disposées à allouer des fonds pour la fourniture d'équipements de base et des aides didactiques aux écoles, aussi longtemps qu'il y aura suffisamment d'élèves inscrits.
 
   Pourtant, les parents se plaignent qu'ils sont obligés d'envoyer les enfants loin de leurs maisons à cause du manque d'équipements dans les écoles du village. Il en résulte un sérieux problème de sur-effectifs dans les plus grandes écoles avec 45 à 55 élèves, entassés dans des classes qui devraient normalement contenir entre 20 et 30 élèves.
 
   ''C'est un cercle vicieux. Les parents ne veulent pas envoyer les enfants dans des écoles qui n'ont pas assez d'équipements, alors que les responsables de l'éducation ne veulent pas relever le niveau de ces écoles à moins qu'il n'y ait suffisamment d'élèves,'' a déclaré un responsable de l'éducation.
 
   K.C. Wijesinghe, un directeur au bureau Education de Colombo, a dit que le nouvel arrangement va maximiser les ressources, et rendre effective l'utilisation des bâtiments de l'école et de l'espace, et également des enseignants.
 
   On demandera à toutes les écoles qui ont peu d'élèves de fermer, et les élèves seront inscrits dans d'autres écoles dans un rayon d'un kilomètre, alors que les petits établissements d'enseignement secondaire seront fermés seulement s'il y a une autre école dans un rayon de 4 km, de l'endroit où les élèves peuvent être admis, a-t-il précisé.
 
   L'école du village de Oruthota, à environ 33 kilomètres au Nord de Colombo, est réputée célèbre pour produire des docteurs, des fonctionnaires, et des directeurs d'école. Cependant, elle a fermé cette année par manque d'étudiants.
 
   Au début des années 80, il y avait 400 étudiants en formation; mais quand elle fermait, ils étaient seulement six.
 
   Asoka Priyadarshini, une étudiante de seize ans, qui a fini son diplôme de niveau O (O-level) l'année dernière, est furieuse quant à la fermeture de cette école qui est tout près de chez elle.
 
   ''C'est un cercle vicieux. Les parents cessent d'inscrire leurs enfants parce qu'on n'améliore pas les équipements. Certains parents, y compris les miens, font appel aux responsables de l'éducation pour qu'ils améliorent les infrastructures dans les écoles. Mais c'est trop tard'', affirme-t-elle.
 
   Maintenant sa mère doit, chaque jour, amener ses deux frères à une école qui est située à 5 kilomètres de la maison. ''L'école du village était plus proche et bien meilleure'', se lamente Priyadarshini.
 
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