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Les experts africains lancent un appel pour un plus grand usage des langues africaines dans les écoles.
 
Par Assumpta Massoi
 
  DAR ES SALAAM, avril 00 (IPS) - Les experts en langues en Afrique Sub-saharienne ont appelé les gouvernements de la région à mettre en place des politiques pour s'assurer que les langues africaines, telles que le Swahili, sont utilisées comme un moyen d'instruction dans les écoles.
 
  Les Organisations Non Gouvernementales congolaises et les syndicats oeuvrant dans le secteur de l'Education ont lancé à Brazzaville, une "semaine d'action" destinée à sensibiliser la communauté nationale et internationale sur la nécessité de garantir le droit à l'éducation pour tous.
 
  Les participants venus d'Afrique, des Etats Unis et de l'Asie, ont dit que les pays se développeraient plus rapidement si leurs populations utilisaient le moyen de communication dans lesquelles elles s'y connaissent.
 
  L'Afrique du Sud a été louée pour l'adoption d'une politique multilingue en 1996 dans laquelle, neuf langues locales du pays-- -- Ndebele, Xhosa, Zulu, Sesotho, Sesotho sa Leboa, Sesotho Siswati, Setswana, Xitsonga et Tshivenda, ont été inclues dans les 11 langues officielles.
 
  "La langue est un droit humain fondamental et tout le monde a le droit de s'exprimer dans une langue dans laquelle il se sent à l'aise à tous les niveaux", déclare l'une des résolutions de la conférence, qui appelle les gouvernements en Afrique à développer les langues indigènes pour être utilisées à tous les niveaux éducationnels et aux réunions nationales.
 
  Le Professeur David Massamba de l'Université de Dar es Salaam a affirmé que les décisions comme celles de l'Afrique du Sud requièrent une volonté politique. Il a par ailleurs déclaré que point n'est besoin de mettre les politiques en place si elles ne sont pas mises en application.
 
  Il a donné l'exemple de l'utilisation du Swahili dans les sessions de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA), qui a été proposée par les ministres de la Culture, il y a plus de six ans et approuvée par les dirigeants Africains.
 
  Jusqu'ici, aucun dirigeant n'a essayé de prendre la parole en Swahili au sommet de l'OUA.
 
  Ali Hassan Mwinyi, ancien Président de la Tanzanie, était foncièrement contre les Africains qui croient que le développement de la science et de la technologie appellent à la maltraitance de leurs propres langues.
 
  "L'Africanisme est plus que le fait d'avoir une peau noire. Il englobe également la langue, les traditions et les coutumes. Nous ne devons pas nous baser sur les efforts de développement des langues d'autres personnes pour nous développer", a-t-il affirmé.
 
  Oliver Stegen, un expert de langues à l'Institut d'Eté de Langues (SIL) basé à Dodoma, la capitale nominale de la Tanzanie, dit que l'avancement des langues locales est crucial parce que les enfants comprennent mieux si on leur enseigne dans leur langue maternelle.
 
  Il explique que l'Anglais n'était pas aussi importante que les langues africaines puisque très peu de Tanzaniens ont eu l'opportunité d'étudier à l'étranger. Pour lui, l'Anglais devrait être enseigné comme un sujet et non utilisé comme un moyen d'enseignement. "Les pays développés avancent plus rapidement parce qu'ils utilisent leurs propres langues", a-t-il ajouté.
 
   Rugatiri Mekacha, de l'Université de Dar es Salaam affirme que le Swahili est la première langue déclarée langue nationale en Tanzanie en 1969. Toutefois, depuis lors, aucune politique claire n'a été mise en place en ce qui concerne l'utilisation de la langue.
 
   "Nous avons seulement la politique culturelle de 1997 qui, entre autres choses, appelle à un développement des langues nationales pour qu'elles puissent être utilisées dans l'enseignement, à partir de l'école primaire jusqu'à l'université. Cette politique mentionne également que les programmes spéciaux seront installés pour développer le Swahili, et s'assurer en même temps que d'autres langues étrangères ne sont pas négligées".
 
  Mekachad affirme que jusqu'ici le gouvernement n'a fait aucun pas pour mettre en application cette décision ni pour inclure les questions de langue dans la Constitution. "Tous les jours, dans les Palais de Justice, il y a des gens qui ne savent pas que les Anglais violent leurs droits... Au moins, le gouvernement devrait s'assurer que les citoyens utilisent la langue qui leur est familière".
 
   Le vice-président de la Tanzanie, Omar Ali Juma, lance un appel sur TUKI, l'institut de recherche de la ville, pour développer la terminologie du Swahili afin qu'il puisse être utilisé à tous les niveaux : politique, social et économique. L'Institut existe depuis 70 ans.
 
  Au Kenya où le Swahili a été déclaré langue nationale en 1974 par le feu Président Jomo Kenyatta, la situation n'est guère meilleure. Clara Momanyi de l'Université de Kenyatta déclare qu'une nouvelle langue s'est développée. Il s'agit du Swahili mélangé à l'Anglais. Cette langue est utilisée par beaucoup de gens y compris les médias. Elle affirme que le danger est qu'il y ait disparition de la langue originale.
 
  En Ouganda, les programmes pour faire avancer le Swahili ne sont pas allés loin. Le Professeur Ruth Mukama de l'Université de Makerere affirme que l'Ouganda a déclaré trois fois le Swahili langue nationale. Toutefois, il y a de nombreux obstacles, y compris le fait que beaucoup de personnes veulent que l'Anglais soit le moyen de communication formel.
 
  "C'est seulement récemment que le gouvernement a introduit un livre blanc pour l'utilisation du Swahili dans les écoles primaires. Nous attendons de voir s'il y aura une politique pour mettre en application cette décision", affirme Mukama.
 
  Christine Gahamanyi de la radio nationale du Rwanda, explique que le Swahili a été introduit dans le pays durant la colonisation allemande, quand le pouvoir colonial utilisait les soldats venant de l'Océan Indien.
 
   Néanmoins, avec l'arrivée des Belges, des Français, le Swahili était perçu comme une langue des escrocs. " Mais de nos jours, avec le retour des réfugiés, suite au génocide de 1994, les locuteurs du Swahili ont augmenté et l'attitude négative envers cette langue n'existe plus. Les gens se sentent fiers de parler le Swahili", ajoute Gahamanyi.
 
   Un expert Africain, Mbulugeni Madiba, de l'Afrique du Sud, pense que la seule solution pour promouvoir les langues africaines est que les pays qui partagent une même langue, coopèrent pour la développer.
 
   "Nous avons besoin de centraliser nos efforts pour moderniser nos langues, conclut Madiba.

 

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