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Les jeunes demandent au Gouvernement de tenir ses promesses au Togo
Par Noël Tadégnon Inter Press Service
 
   LOME, avril 00 (IPS) - Les jeunes togolais ont profité de la tenue prochaine du Forum de Dakar, pour rappeler aux autorités politiques les engagements qu'elles ont pris pour la promotion de l'éducation.
 
  ''Education de qualité, un droit pour tous'', tel était le thème central d'une campagne nationale qui s'est déroulée du 3 au 9 avril. Les enfants souhaitent que le slogan ''Education pour tous en l'an 2000'', souvent évoqué par le Gouvernement, devienne effectivement une réalité.
 
  Dans un message adressé aux autorités, les enfants ont déploré le fait que beaucoup de leurs camarades, surtout ceux qui vivent en zone rurale, n'aient pas accès à l'école. Le cas des filles, ont-ils ajouté, est encore plus préoccupant.
 
 ''Nous avons le droit à l'éducation, et vous êtes respectueusement sollicités de nous l'offrir durant notre vie'', ont-ils déclaré dans leur message.
 
  Au Togo, l'éducation pour tous est loin d'être une réalité. Pire, les enfants analphabètes des zones rurales font souvent l'objet de trafics. De l'aveu de certaines organisations non gouvernementales (ONGs), il est impossible de savoir le nombre exact d'enfants qui ont été arrachés à leurs parents pour travailler dans des conditions difficilement imaginables.
 
  D'après certaines statistiques, la plupart de ces enfants viennent des régions maritimes, dans le sud du Togo, et de la région centrale. Ces deux zones, qui fournissent un grand nombre d'enfants pour le trafic, font aussi face à la non scolarisation des enfants.
 
 Malgré l'arrestation répétée des trafiquants et les campagnes de sensibilisation des parents pour qu'ils ne laissent plus partir leurs enfants, le phénomène ne cesse de prendre de l'ampleur.
 
  Les enfants victimes du trafic sont souvent convoyés à Lomé, la capitale du Togo, ou dans d'autres pays d'Afrique de l'ouest ou centrale.
 
 L'une des causes fondamentales du problème est la pauvreté. Des parents indigents croient se débarrasser de leur progéniture en les confiant à des personnes censées leur procurer une vie meilleure. Mais en réalité, ces enfants subissent les pires traitements.
 
  ''Des parents qui n'arrivent plus à nourrir ou à s'occuper de l'éducation de leurs enfants, préfèrent les confier à des personnes peu recommandables, contre des sommes dérisoires. Pour eux, cela signifie moins de bouches à nourrir'', regrette un responsable d'ONG.
 
   Ces enfants placés ou carrément vendus, exécutent des travaux domestiques, travaillent dans des plantations ou dans des usines. Il sont exploités à tous les niveaux; les filles en particulier subissent des violences sexuelles.
 
  Au départ, le phénomène se produisait de façon interne entre les villages et les cantons. Il s'est par la suite étendu à la zone urbaine. Aujourd'hui, le trafic d'enfants est devenu transfrontalier.
 
  A Lomé, les enfants sont utilisés comme des portefaix ou des domestiques. Ils ne reçoivent aucune éducation. Ils travaillent également dans les marchés, où ils portent les bagages pour les clients contre paiement d'une modique somme.
 
  L'image qu'offrent leurs logements est à peine soutenable: ils vivent dans des maisons communautaires où les chambres coûtent entre 50 et 100 F CFA la nuit.
 
  Elisabeth Blanchet, photographe de nationalité française, a passé un an dans l'intimité des filles portefaix de Lomé. Elle a réalisé un reportage photos sur ces filles, qui sont pour la plupart des mineures. Le reportage a été présenté au public l'année dernière.
 
  Cette année, Elisabeth Blanchet a également initié une nouvelle exposition sur le même thème. Les photos montrent des enfants qui reçoivent leur éducation dans la rue, et qui vivent au jour le jour.
 
  De nombreuses structures sont actuellement mises en place pour venir en aide à ces enfants des rues. Ainsi, Suzanne Aho, Directrice de la Protection de la Mère et de l'Enfant, a pu en regrouper certains pour leur procurer l'éducation scolaire.
 
  D'autres ont été envoyés dans des centres d'apprentissage, ou ont été encouragés à retourner en classe.
 
  'L'abandon des études par un certain nombre d'élèves s'explique par le fait que le secteur de l'éducation se porte mal au Togo. Depuis quelques années, les troubles socio-politiques perturbent gravement les activités académiques, en particulier dans les écoles publiques.
 
  Les grèves se multiplient, et certains enseignants réclament leur intégration dans la fonction publique. D'autres exigent le paiement de plusieurs mois d'arriérés de salaires.
 
  'L'Université du Bénin à Lomé vit une situation semblable. Etudiants et professeurs réclament sans cesse l'amélioration de leurs conditions d'études et de travail, ainsi que le paiement des bourses, secours universitaires et salaires.
 
  L'Etat togolais, qui fait face à des difficultés de trésorerie, ne parvient pas à satisfaire les desiderata des étudiants et des professeurs. Ces derniers ont relancé le 12 avril, une grève de revendications pour une durée illimitée.
 
Les étudiants organisent souvent des manifestations qui dégénèrent en actes de violence avec des casses. Le 20 mars, des heurts sur le campus de Lomé entre des étudiants et des individus non identifiés ont fait un mort et deux blessés graves.
Quelques jours auparavant, le bureau et le véhicule du Directeur du Centre National des Oeuvres Universitaires ont été saccagés. Plusieurs étudiants ont été arrêtés et traduits en justice. Ceux qui ont pris la fuite sont sous le coup d'un mandat d'arrêt.
Le 3 avril, des policiers en civil ont arrêté un étudiant qui exerçait jusque-là les fonctions de Secrétaire Général du Conseil des Etudiants de l'Université du Bénin (CEUB). Il a été incarcéré. Plusieurs charges pèsent sur lui : homicide volontaire, affichage de tracts, etc.
 
Suite à son arrestation, ses camarades qui devaient reprendre les cours le lundi 10 avril, ont refusé de retourner dans les amphis. Six jours plus tôt, le Président de l'Assemblée Nationale, Agbéyomè Kodjo Messan, a convié les élèves, les lycéens, les étudiants et les enseignants à faire régner l'ordre et la sérénité dans les établissements scolaires et universitaires.
''Ils doivent éviter que ces sanctuaires où l'élite de demain s'imprègne des valeurs civiques, et où elle acquiert les outils pour la maîtrise du futur, soient le théâtre d'affrontements fratricides'', a dit le Président de l'Assemblée Nationale.
Aujourd'hui, tout le système éducatif togolais est malade. Bien avant la crise actuelle, le programme du secteur de l'éducation ne répondait plus tout à fait aux attentes des partenaires de l'éducation.
Les parents d'élèves qui en ont les moyens préfèrent envoyer leurs enfants hors du Togo pour qu'ils puissent poursuivre leurs études sans problèmes.
 
 
 
 
 
 
 
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