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Le projet "Education des filles" connaît un succès éclatant à Malawi
Par Hazwell Kanjaye,
Inter Press Service
 
  LILONGWE, 10 mars (IPS) Susan Mwase qui vit dans une région éloignée du Malawi, a commencé l'école à 10 ans. Sept ans plus tard, à 17 ans, elle peut lire et écrire.
 
  Seule fille instruite des trois enfants de sa famille, Susan est maintenant 'un lien de communication' vital entre sa famille et le reste du monde. En dehors de ces connaissances en arithmétique qu'elle met à la disposition de sa famille, Susan est devenue une "experte " en rédaction de lettres pour ses parents et leurs amis, tous métayers à Mchinji, un Etat à l'Ouest de la capitale de Lilongwe, où l'on produit le tabac.
 

  "Elle est un atout et une source de fierté pour nous. Nous la trouvons utile surtout quand nous voulons écrire à nos amis. Elle lit et traduit aussi tous les messages pour nous", affirme Mabvuto Mwase, le père de Susan.

 
  Mabvuto, 53 ans, est devenu métayer parce qu'il était pauvre et n'avait pas de terre. Sa femme Tamanda et lui sont illettrés et n'ont pas réussi à envoyer leurs deux filles aînées à l'école parce qu'ils n'avaient pas les moyens financiers pour payer la contribution et l'uniforme.
 
  "Susan a de la chance. Le projet a débuté quand elle était encore en âge d'aller à l'école primaire. Elle avait 10 ans. Mais c'était trop tard pour ses grandes sœurs", affirme Mabyuto, en faisant allusion à l'initiative de 45, 5 millions de dollars, lancée en 1991 pour accroître l'accès et la performance des filles à l'école, mais également pour leur permettre de rester longtemps à l'école et de finir l'école primaire.
 
  "Le projet, appelé "Performance des Filles dans l'enseignement de Base et Primaire", est financé par l'Agence des Etats-Unis pour le Développement(USAID). L'initiative renonce à percevoir les frais d'inscription scolaires chez les filles qui n'ont repris aucune classe à l'école primaire. Cette décision a été prise en vue d'amener beaucoup de filles à l'école et de les y garder.
 
  Le stéréotype des femmes qui, selon la tradition, doivent faire les travaux domestiques, et la pauvreté sont les raisons qui poussent beaucoup de filles à quitter l'école. Selon le Programme des Nations Unies pour le Développement(PNUD), seulement 32 pour cent des femmes du Malawi sont scolarisées.
 
 En 1990, une année avant le début du Projet "Performance des filles dans l'enseignement de base et primaire", les contributions scolaires avoisinaient 3, 5 Kwacha du Malawi, soit environ 1,30 dollars US, alors que les uniformes coûtaient plus de 6 Kwacha, à peu près le double de la contribution scolaire par enfant. Cette somme est importante pour des fermiers de subsistance dont le revenu annuel par habitant est de 170 dollars US.
 
  Bien que beaucoup de communautés soient contre l'idée de supprimer les contributions scolaires pour les filles, à cause surtout de la préférence accordée aux garçons dans la société Swazie, le Ministère de l'Education pense que la controverse a aidé à étendre la prise de conscience sur les problèmes qui sous-tendent la décision de supporter l'éducation des filles car beaucoup de familles ont commencé à envoyer leurs filles à l'école.
 
  Selon le Ministère, en moins de 5 ans, entre 1991 - l'année où le projet a commencé - et 1996, le nombre de filles inscrites à l'école primaire a presque doublé passant de 772.000 à plus de 1.500.000. C'est un exploit que ce petit pays d'Afrique australe n'avait pas réalisé, 30 ans après son indépendance de la Grande Bretagne en 1964.
 
  Le nombre de filles, en terme d'inscription globale, est passé de 45 pour cent à 47 pour cent. Leur taux d'inscription à l'école primaire est aussi passé de 36 pour cent à 39 pour cent en 1996..
 
  "L'autre aspect important est que le projet a accru les dépenses de l'Etat dans l'éducation de 12 pour cent en 1991 à 32 pour cent en 1998", dit Evelyn Chinguwo, Secrétaire Exécutif du projet au ministère de l'Education. .
 
  Chinguwo affirme qu'à travers le projet, une unité d'approvisionnement a été mise sur pied au Ministère de l'Education pour assurer un approvisionnement et un acheminement rapides des matériels didactiques..
 
  De nouveaux programmes scolaires "sensibles au genre " ont été élaborés, de nouvelles salles de classes ont été construites, et plus de 20.000 enseignants ont été recrutés et formés pour satisfaire aux demandes sans cesse grandissantes. Cela a permis d'accroître la proportion maître-élève qui est passé de 1 maître pour 70 élèves en 1991 à 1 maître pour 58 élèves en 1996.
 
  Selon les accords du projet, les uniformes ne sont plus une condition indispensable pour que les enfants aillent à l'école. De même, une nouvelle politique qui permet aux filles de retourner à l'école après avoir eu des enfants a été instaurée. Elle constitue un volte-face par rapport à l'ancienne politique qui renvoyait les filles de l'école une fois qu'elles tombaient enceintes.
 
  "C 'est bien que les écoles soient plus flexibles de nos jours. C'est équitable", dit Sarah Manda, 28 ans, une prostituée qui travaille dans une boîte de nuit de la place. Elle a été expulsée de l'école en 1989 quand elle était tombée enceinte au CM1.
 
  "J'ai raté ma vie", dit-elle. "J'ai été renvoyée de l'école, mon ami était trop jeune pour me prendre en charge, mes parents m'ont renié et mon enfant est mort au cours de l'accouchement. Je n'avais nulle part où aller... qui sait, je serais peut-être à l'université aujourd'hui si ces chances existaient".
 
  Quand le gouvernement a institué l'école gratuite pour les garçons et les filles, le projet a été révisé. Il a introduit un programme de bourse, d'une valeur de deux millions de dollars américains chaque année, qui couvrent les frais de scolarité et d'examens des filles qui ne reprennent aucune classe à l'école primaire.
 
  "Les bourses d'études étaient une source d'encouragement et de compétition parce que nous savions que si nous travaillions bien à l'école, notre inscription à l'école secondaire ne dépendrait plus de la disponibilité des contributions scolaires", dit Agnès Mwansambo, une jeune fille formée en marketing et qui a terminé l'école secondaire en septembre dernier.
 
  Selon l'USAID, au cours de l'année scolaire 1996-1997, quelque 42.000 filles ont bénéficié du programme de bourses et plus de 40 pour cent des bénéficiaires sont des filles du cours secondaire.
 
  En complément au Projet Performance des Filles dans l'Enseignement de Base et Primaire, il a été initié le projet d'alimentation scolaire dans les zones démunies, une initiative financée par le Programme Alimentaire Mondiale (PAM). Ce projet a pour but d'accroître le taux d'accès des filles à l'école en fournissant aux ménages démunis des rations alimentaires toutes les fois que leurs filles vont à l'école pendant au moins 18 jours sur 22 dans le mois.
 
  La malnutrition chronique est un problème très répandu au Malawi et constitue l'un des facteurs majeurs responsables du taux de mortalité très élevé chez les moins de 5 ans. Par conséquent, environ 50 pour cent des enfants du Malawi sont atrophiés intellectuellement.
 
  Une récente étude de la Banque Mondiale et du gouvernement du Malawi indique que 68 pour cent des filles sont engagées dans les travaux ménagers. Certaines de ces tâches ruinent les filles qui sont susceptibles d'abandonner l'école pour faire les travaux ménagers et assurer leur survie.
 
  Winfred Banmuh, le représentant du PAM a déclaré, lors du lancement du programme, que lorsque le droit à l'éducation est assuré, la nation entière en bénéficie.
 
  "Nous devrions mieux travailler en classe", dit Susan. "L'école est gratuite, nous sommes nourris et nous avons beaucoup de modèles à suivre. Chaque fille a la chance de finir le cours secondaire et je ferai de même bien qu'ayant commencé l'école tardivement". (FIN/IPS/hk/sm/00)
 
Cet article est libre de toute reproduction, à condition de bien indiquer l'origine du document et de faire parvenir un exemplaire de la publication contenant le document repris au Inter Press Service.
 
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