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Les
ONG exhortent les gouvernements à investir de l'argent pour
des actions concrètes au Méxique
Par Marwaan Macan-Markar Inter Press Service |
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MEXICO
CITY, avril 00 (IPS Service Mondial) - Oubliez la rhétorique
vide; mettez l'accent sur le résultat. C'est en substance l'appel
qu'une coalition internationale d'activistes en éducation a
lancé à la veille du Forum sur l'Education Pour Tous, qui se
tiendra à Dakar, au Sénégal, du 26 au 28 avril. |
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De
plus, la Campagne Mondiale sur l'Education (GCE), qui dirige
cette coalition, a déjà rendu public un lot de neuf demandes,
dont cinq traitent des questions financières. Les ONG réclament,
entre autres choses, un engagement des gouvernements à garantir
publiquement ''leur part de ressources nécessaires pour l'éducation
de base''. |
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Selon
la GCE, un tel engagement financier, qui demande un accroissement
de la proportion de Produit Intérieur Brut (PIB) alloué à l'éducation
de base, ne peut être ignoré si la réunion de Dakar veut atteindre
ses objectifs de l'éducation de base pour tous en l'an 2015. |
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''Les
stratégies nationales devront inclure des étapes chiffrées
et pratiques pour répondre aux besoins d'apporter des enseignements
de haut niveau et un apprentissage actif dans chaque école
publique'', a ajouté la GCE dans un discours adressé aux leaders
nationaux de l'éducation venant de 180 pays devant assister
à la conférence de trois jours qui se tiendra à Dakar.
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En
agissant autrement, cela signifiera ''que rien n'est fait'',
affirme Oxfam, une ONG basée à Londres, et partenaire de la
GCE. |
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Selon
Kevin Watkins, un ancien conseiller politique de Oxfam, 'l'intérêt
de la réunion n'est pas de parler seulement, mais d'en sortir
avec des moyens pratiques de réalisation de l'Education pour
tous''. |
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Ce
que Oxfam veut éviter, c'est une répétition du scénario qui
a suivi la Conférence Mondiale sur l'Education Pour Tous à Jomtien,
en Thaïlande, il y a 10 ans. A cette réunion, 155 pays se sont
engagés à donner à tous les enfants une éducation de base de
qualité en l'an 2000. |
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Toutefois,
comme Oxfam l'a signalé en février dernier, les gouvernements
ont ''honteusement échoué à faire aboutir les engagements pris,
il y a 10 ans''. Et, comme l'a révélé une étude faite par Oxfam
sur l'état actuel de l'éducation, ''nous sommes très loin de
la réalisation des ces objectifs'' Au début de ce mois, la GCE
a expliqué bien clairement le coût financier qu'il a en tête,
quand il a lancé le Plan d'Action Mondial pour l'Education.
Il a estimé qu'il faut un investissement de 8 milliards de dollars
par an, pendant 10 ans dans les pays en voie de développement,
pour s'assurer que les enfants reçoivent une éducation de qualité
pendant les huit premières années à l'école. |
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Les
gouvernements des pays en voie de développement, a ajouté l'Oxfam,
devront réunir la moitié de ce montant à travers ''la mobilisation
de ressources accrues et la edistribution des dépenses publiques
inutiles, telles que les dépenses militaires''. |
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Pour cela, les experts de la GCE espèrent qu' au moins
six pour cent du PIB des pays sera épargné par an, pour l'éducation.
De tels chiffres sont basés sur les recommandations faites par
la Commission Internationale sur l'Education au 21 ème siècle,
également connue sous le nom de la Commission Delors. |
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Le
reste du financement, déclare le plan de la GCE, devra provenir
de la communauté internationale. L'assistance au développement,
dans cette optique, devra apporter une contribution substantielle. |
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Selon
les calculs de l'Oxfam, ''le fait d'allouer huit pour cent de
l'aide budgétaire à l'éducation de base mobiliserait 3 milliards
de dollars supplémentaires. Actuellement, la part de l'OECD
(L'Organisation pour la Coopération Economique et le Développement),
son aide budgétaire allouée à l'éducation de base est seulement
de 2 pour cent de l'aide totale sur l'éducation. |
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Sheldon
Shaeffer, qui dirige la section Education à l'UNICEF ( Fond
des Nations Unies pour l'Enfance), estime que les attentes de
la GCE sont 'raisonnables'. |
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'En
règle générale', il dit, six pour cent est largement perçu comme
une proportion raisonnable à allouer au secteur de l'éducation''. |
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Il
ajoute, cependant, que ce chiffre n'est qu'' une mesure sommaire''
puisqu'il ne reflète pas le niveau du Produit national Brut,
ni comment cette dépense ''est répartie sur le secteur de l'éducation''. |
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Pendant
les 10 dernières années, la manière dont les gouvernements du
Tiers-Monde ont investi dans l'éducation a varié d'une région
à une autre. |
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Cuba
et le Costa Rica, par exemple, ont mis de côté 6 pour cent de
leur PIB par an pour l'éducation, contre le Brésil qui a dépensé
à peu près 4,8 pour cent. Mais trois autres pays en Amérique
Latine, le Salvador, le Guatemala, et le Pérou, ont dépensé
en moyenne moins de 2,5 pour cent. |
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En
Asie, les financements varient de la République Populaire Démocratique
du Laos, qui a alloué moins de 0, 5 pour cent, contre un pays
comme le Bangladesh qui investi environ 6 pour cent. |
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Selon
Shaeffer, l'Afrique du Sud a constamment dépensé plus de 6 pour
cent de son Produit Intérieur Brut sur l'éducation. Au contraire,
la Côte d'Ivoire avoisine 4,5 pour cent. |
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L'UNICEF croit que pour tous les pays, il est recommandé de
plaider en faveur d'un accroissement des fonds alloués à l'éducation,
puisqu'il y a certains gouvernements qui ''dépensent actuellement
moins de 2 pour cent de leur PIB sur l'éducation de base''. |
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Et la conséquence de cette situation se traduit par le nombre
d'adultes et d'enfants qui n'ont pas eu une éducation formelle.
L'UNICEF a donné une illustration : environ un milliard de personnes
sont entrés dans le 21ème siècle ''incapables de lire un livre,
de signer, de travailler sur un ordinateur, ou simplement de
comprendre un simple formulaire d'inscription''. |
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Parmi ce nombre, environ 880 millions sont des adultes illettrés,
dont les deux tiers sont des femmes, et le reste est composé
d'enfants illettrés, dont 60 pour cent sont des filles. |
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Oxfam donne beaucoup plus d'information : au Vietnam, 68 pour
cent des familles vivant dans la pauvreté sont dirigées par
un adulte sans aucune éducation ; au Pérou, environ deux tiers
des familles extrêmement pauvres sont dirigées par une personne
sans éducation. |
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En Zambie, les femmes rurales sans aucune éducation sont deux
fois plus susceptibles de vivre dans l'extrême pauvreté que
celles qui ont bénéficié de l'éducation de huit à douze ans. |
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La GCE soutient que c'est seulement à travers des engagements
clairs, que les gouvernements peuvent transformer une telle
situation de non-réussite. Ce qui importe, selon la GCE, c'est
le résultat du lien entre les financements et les politiques
dont le monde a besoin pour atteindre cet objectif de l'éducation
pour tous. |
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