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| Situation
alarmante de l'éducation au Pakistan |
| de Aamir
Latif, Pakistan Press International |
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Le
tableau de l'analphabétisme au Pakistan est bien sinistre.
Bien que les gouvernements successifs aient annoncé différents
programmes en faveur de la promotion de l'alphabétisation,
en particulier pour les femmes, ils se sont montrés incapables
de transformer leurs paroles en actes en raison des différents
obstacles politiques, sociaux et culturels.
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petite
pakistanaise heureuse d'apprendre
© Aamir Latif
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Les
statistiques officielles publiées par le Ministère Fédéral de
l'Education du Pakistan dressent un portrait désespéré de l'éducation
pour tous, en particulier pour les filles. Le taux global d'alphabétisme
est de 46 %, tandis que seulement 26 % des filles savent lire
et écrire. Des sources indépendantes et des experts dans le
domaine de l'éducation, sont, toutefois, sceptiques. Ils situent
le taux global d'alphabétisme à 26 % et celui des filles et
des femmes à 12 %, soutenant que les chiffres les plus élevés
tiennent compte de personnes qui peuvent écrire un peu plus
que leur simple signature. Il y a 163 000 écoles primaires au
Pakistan, dont à peine 40 000 accueillent des filles. Sur ces
40 000, 15 000 se trouvent dans la province du Penjab, 13 000
au Sind, 8 000 dans la Province Frontière de Nord-Ouest (NWFP)
et 4 000 au Baluchistan. |
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De
même, sur un total de 14 000 collèges d'enseignement secondaire
et de 10 000 lycées, 5 000 et 3 000, respectivement, sont réservés
aux filles, en baisse dans les mêmes proportions que pour les
quatre provinces ci-dessus. Il existe environ 250 établissements
d'enseignement supérieur pour filles et deux facultés de médecine
pour femmes dans le secteur public comprenant 125 districts.
Quelque 7 millions de filles de moins de 10 ans vont à l'école
primaire, 5,4 millions âgés de 10 à 14 ans vont au collège d'enseignement
secondaire et 3 millions vont au lycée. Environ 1,5 million
et 0,5 million de filles, respectivement, vont dans des lycées
/ établissements d'enseignement supérieur et des universités.
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| Situation
alarmante en milieu rural |
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La
situation est particulièrement alarmante en milieu rural en
raison des obstacles sociaux et culturels. L'un des aspects
les plus déplorables est que dans certaines régions, notamment
dans les régions des tribus du nord, l'éducation des filles
est absolument interdite pour des motifs religieux. C'est une
interprétation erronée flagrante de l'Islam, la religion dominante
au Pakistan (96 % de la population), qui, comme toutes les religions,
exhorte les hommes et les femmes à acquérir une éducation. |
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La
situation est encore plus critique dans la NWFP et au Baluchistan,
où le taux d'analphabétisme des femmes se situe entre 3 % et
8 %. Certaines organisations gouvernementales et non gouvernementales
ont tenté d'ouvrir des écoles formelles et non formelles dans
ces régions, mais les propriétaires terriens locaux, même lorsqu'ils
n'ont pas grand chose, ni même rien à voir avec la religion
ou les partis religieux, s'opposent à de telles mesures, par
peur apparemment que les personnes qui apprennent à lire et
à écrire cessent de les suivre avec une foi aveugle. Malheureusement,
le gouvernement n'a pris, jusqu'à présent, aucune mesure pour
promouvoir l'alphabétisme ou l'éducation des filles dans ces
régions. Il est même réticent à aider les ONG ou d'autres petits
partis politiques ou religieux à faire ce travail, parce que
pour garder le contrôle, il a besoin du soutien de ces propriétaires
et des chefs qui, en tant que membres des deux principaux partis,
sont régulièrement élus à l'assemblée nationale. |
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"Je
veux aller à l'école pour apprendre, mais je ne peux pas parce
que mes parents ne veulent pas que j'y aille", explique Palwasha,
9 ans, qui a visité la plus grande ville du Pakistan, Karachi,
avec ses parents et vu des filles comme elle aller à l'école.
Elle vit dans un village situé dans le district de Dir (NWFP),
où l'éducation pour les filles n'existe pas. "Nous n'avons qu'une
seule école pour les garçons", dit-elle, en ajoutant que l'une
de mes amies va à l'école, mais qu'elle est maintenant à Peshawar
(capitale de la NWFP)". |
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| Du travail,
mais pas d'école |
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La
pauvreté est également un énorme obstacle à l'éducation des
filles. Selon l'UNICEF, 17,6 % des enfants pakistanais travaillent
et font vivre leur famille. En effet, les enfants travaillant
comme domestique est un phénomène courant au Pakistan, et ce
secteur emploie davantage de filles que de garçons. |
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"Khanzadi,
[une petite fille de 10 ans aux yeux bleus qui travaille dans
un riche quartier de Karachi] a de la chance d'être chez nous",
dit sa maîtresse, "nous lui donnons un peu de nourriture pour
l'aider à grandir". Mais Khanzadi est malheureuse. Chaque jour,
lorsqu'elle voit des filles comme elle aller à l'école, elle
s'impatiente, mais elle doit rester dans la maison et se mettre
au travail. |
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Jamila,
11 ans, travaille également comme domestique. Au début, elle
ne s'occupait que du bébé, mais comme elle est devenue plus
âgée, l'autre domestique chargée du ménage et de la cuisine
a été renvoyée et Jamila a dû faire tout le travail. "Je veux
aller à l'école comme les autres enfants, mais mes parents ne
peuvent pas se l'offrir. Alors, je dois travailler pour faire
vivre ma famille", dit-elle. |
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Dans
les grandes villes, les parents s'unissent pour envoyer leurs
filles à l'école. En tout cas, grâce à cette facilité, l'alphabétisme
des filles est plus élevé dans les grandes villes comme Karachi,
Lahore, Islamabab, Rawalpindi, Faisalabab, Hyderabad, Gujranwala,
Peshawar et Quetta. |
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| Une
lueur d'espoir |
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Même
s'il existe un manque d'intérêt de la part du gouvernement pour
promouvoir l'éducation des filles, quelques groupes religieux,
partis politiques et ONG y travaillent activement, malgré tous
les obstacles. |
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Alkhidmat,
une ONG à l'échelle nationale, gère presque une centaine d'écoles
non formelles dans des petits villages du Sind, du Baluchistan
et des Provinces de la NWFP, où non seulement des filles, mais
aussi des femmes ont accès à l'éducation primaire de base.
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"Nous
pensons que l'éducation des femmes est aussi importante. Lorsque
les femmes savent lire et écrire, elles bâtissent une meilleure
nation", explique Mme Abida Farheen, diplômée de l'université
de Karachi et directrice de la branche éducation d'Alkhidmat.
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Dans
la province du Sind, NAZ, une ONG située à Khairpur, gère cinquante
écoles de filles formelles et non formelles en périphérie de
la ville ; le Centre de Documentation de l'ONG, organisation
située à Karachi, dirige des dizaines d'écoles pour filles,
tandis que Green Crescent, une autre ONG située à Karachi dirige
vingt écoles non formelles destinées aux filles des villages
dans toute la province. Au Penjab, le Al-Ghazali Education Trust,
une organisation située à Lahore, dirige quelque 200 écoles
formelles et non formelles, destinées essentiellement aux filles
et aux femmes, dans toute la province. |
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| Les
efforts du gouvernement |
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Le
gouvernement évincé de Nawaz Sharif avait introduit l'idée d'une
éducation non formelle pour les femmes à travers tout le pays.
Pour ce faire, il avait mis en place la commission de l'alphabétisme
du premier ministre et se préparait à créer quelque 100 000
écoles non formelles destinées aux filles et aux femmes. Mais
aujourd'hui, le projet est tombé dans les oubliettes, parce
que le changement de gouvernement et l'instabilité politique
permanente compromettent gravement son futur. Néanmoins, quelque
1 500 écoles non formelles destinées aux filles et aux femmes,
créées sous les anciens premier ministre Benazir Bhutto et président
Zia ul-Haq, continuent à fonctionner dans des zones rurales. |
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Bien
que les médias aient joué un rôle efficace pour convaincre les
parents d'envoyer leurs filles à l'école, la situation demeure
dramatique dans les villages et les petites villes où vit presque
70 % de la population du pays. |
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fillettes recevant un enseignement dans une école non
formelle à Lyari, l'une des régions du Pakistan à forte
densité de population et à faibles revenus © Aamir Latif. |
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