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Le système éducatif est affaibli par les pressions économiques en Yougoslavie
Par Vesna Peric Zimonjic
 
  BELGRADE, 10 mars (IPS) - Pendant des années, les enseignants des écoles primaires et supérieures du pays se sont plaints du fait qu'ils n'avaient à leur disposition que la craie et les tableaux. Même la motivation avait déserté le forum.
 
  Le déclin observé dans le système éducatif fait partie d'un état global de dégradation auquel fait face le pays. La crise a commencé avec les guerres de l'ancienne Yougoslavie en 1991 qui ont été suivies de deux tours de sanctions économiques.
 
  Les premières sanctions économiques proviennent des Nations Unies entre 1992 et 1995, et depuis 1999, l'Union Européenne a imposé son propre embargo. Ces deux blocus étaient destinés à punir Belgrade pour son rôle dans les guerres du Kosovo et de la Bosnie..
 

  Avec une économie paralysée, les allocations budgétaires sont tombées au plus bas depuis 1992, et l'éducation, qui dépend presque entièrement des fonds de l'Etat, a été directement affectée.

 
  Le salaire des enseignants ne dépasse jamais 50 dollars par mois. Le système éducatif emploie 100.000 personnes dans un pays de 7,5 millions d'habitants.
 
  Les fonds de l'Etat ont été utilisés par le régime de Slobodan Milosevic, président de la Serbie jusqu'en 1997 et maintenant président de la Yougoslavie, pour financer la police et la sécurité au détriment de l'Education et de la Santé.
 
  Selon le coordinateur des quatre syndicats d'enseignants qui représentent les enseignants du primaire et du supérieur, la récession économique a détruit le système éducatif.
 
  "Cette situation a eu une conséquence néfaste sur la qualité de l'enseignement qui a son tour a eu un impact négatif sérieux sur des générations entières d'enfants scolarisés durant ces 10 dernières années", affirme Radovan Pavlocia, le coordinateur des syndicats.
 
  Depuis 1991, les enseignants en Serbie sont allés en grève plus de trois fois pour demander des salaires plus élevés. Le gouvernement a cédé aux revendications en prolongeant les vacances d'hiver à 6 ou 8 semaines au lieu de deux semaines antérieurement pour prévenir de nouveaux troubles. Officiellement, les congés d'hiver sont prolongés parce qu'il n'y avait pas de chauffage, résultat de l'embargo sur le pétrole.
 
 Depuis le 24 janvier 2000, 900 des 1.618 enseignants de la Serbie sont en grève. Ils demandent une augmentation de 20 pour cent de salaires payés avec une action rétroactive. Cependant, le gouvernement accepte seulement de leur accorder une augmentation de 10 pour cent.
 
  Le Ministre de l'Education, Jovo Todorovic, a plusieurs fois demandé aux enseignants de se montrer "solidaires avec les difficultés économiques du pays".
 
  Les enseignants en grève sont confrontés au risque réel de perdre leurs emplois. Ils sont remplacés par des étudiants moins diplômés qu'eux mais qui désirent avoir ces emplois. La Serbie a un taux de chômage de plus de 40 pour cent.
 
  " Prendre des étudiants qui n'ont pas fini leurs études, comme enseignants, était inimaginable il y a 10 ans", s'exclame Pavlovic. "Quelle connaissance peuvent-ils donner ? De plus, nos étudiants ont accumulé d'énormes lacunes dans leurs connaissances à cause de la situation qui prévaut - sessions académiques perturbées en 1999-".
 
   Le 20 mars 1999, l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord(OTAN) a lancé une série de raids aériens contre la Serbie, entraînant la fermeture des écoles. L'année s'est achevée sans que les écoles ne finissent leurs programmes, et les examens de fin d'année n'avaient pas eu lieu.
 
  L'année scolaire 2000 a bien commencé en septembre mais depuis lors les étudiants sont obligés de rattraper des cours. "Ce n'est pas l'enseignement, mais le colmatage de brèches en ce qui concerne la connaissance", remarque Gordana Nikolic, psychologue à la 5ème Université de Belgrade.
 
  Les experts en éducation avertissent que les problèmes d'analphabétisme sont sérieux. Selon les dernières statistiques, 9,5 pour cent de la population n'ont jamais été à l'école alors que 25 pour cent n'ont pas fini l'école primaire.
 
  Alors que le manque criard de fonds a mis fin à tous les programmes d'alphabétisation des adultes, seuls 5,5 pour cent de la population ont des diplômes universitaires.
 
  Les universités de la Serbie traversent également une période difficile. La nouvelle loi sur l'université, ratifiée par le Parlement de la Serbie en octobre 1998, a pratiquement abrogé l'autonomie de l'université, et permet au gouvernement de nommer les recteurs et les doyens.
 
  "Cela n'a même pas été le cas avec l'arrivée des communistes au pouvoir en 1945, après la seconde guerre mondiale. Ils avaient demandé la loyauté à leur "nouvel ordre", affirme le Dr Vladeta Jankovic, professeur de littérature. "Les communistes ont vu qu'ils avaient besoin des gens instruits pour enseigner à l'université et ont laissé les choses continuer comme avant."
 
  La loi a été décrétée suite à une pression exercée par les partenaires de la coalition au gouvernement, le Parti Radical ultra nationaliste Serbe de Vojislav Seselj et le Parti de gauche, le Parti de la femme de Milosevic, Mira Markovic.
 
  Plus de 60 professeurs d'université ayant des points de vue différents ont perdu leurs emplois en 1998.
 
  "L'université meurt lentement. Ce régime a détruit les écoles supérieures et les universités. Quand vous faites cela, il vous faut encore 20 ou 30 ans pour remettre les choses en ordre", dit Petar Grujic, un ancien professeur de physique à l'université.(FIN/IPS/vpz/sm/00)
 
Cet article est libre de toute reproduction, à condition de bien indiquer l'origine du document et de faire parvenir un exemplaire de la publication contenant le document repris au Inter Press Service.
 
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