Cadre d'action - Participants - Organisateurs
Conférence en ligne - Consultation ONG
Dernières info - Suivi du Forum de Dakar
La vision des partenaires - La voix du terrain
L'évaluation de l'EFA à l'an 2000 - Les résultats
Les conférences régionales - Evaluation
Communiqués de presse - Dossier de presse
Coin photo - Contacts média
Dossier de presse > Etats Arabes
SOMMAIRE
 Les résultats mondiaux
 Les régions en bref
Afrique
Asie-Pacifique
Europe et Amérique du nord
Amérique latine et Caraibes
Etats Arabes
 Sujets brulants
Enfance et jeunesse
Education et SIDA
Anciennes technologies,
nouvelles technologies ou bonnes technologies
De la qualité à la quantité
Qui finance l'éducation ?
Femmes et filles
 Le grand angle
Les bonnes statistiquent comptent
Note d'information
La route de Dakar
 
Grande unité, grandes disparités
 
( -pdf )
 
Les vingt-et-un Etats arabes, avec les Territoires autonomes palestiniens, ont en commun une langue et une culture, et le sentiment d'appartenir à la même nation. S'agissant de performances éducatives, cependant, la ressemblance s'arrète là.
 
  Du fait de niveaux de développement disparates, le tableau de l’éducation dans la région est comme une mosaïque richement coloriée, mais dont il manquerait des pièces. Certaines sont belles et vernissées, là où le développement éducatif a rempli ses promesses, comme au Koweit ou au Liban. D’autres ont besoin d’être restaurées, là où l’école a souffert de la guerre ou de la récession, comme en Irak, en Somalie, au Soudan ou au Yémen.
 
  Les Etats arabes ont le plus fort pourcentage d’enfants de moins de 15 ans du monde. Dix millions d’entre eux, soit 25 % des enfants de la région, ne connaissent pas l’école. Si on ne veut pas qu’ils deviennent les adultes analphabètes de demain, il faut les éduquer de toute urgence. Il y a aujourd’hui 67 mil-lions d’analphabètes, à des degrés divers – de 5,5 % au Liban à 53 % en Mauritanie. Comme partout, il est extrêmement difficile de toucher les enfants dans les zones rurales reculées.
 
  Quant au taux d’alphabétisation des femmes, estimé à 50 % (contre plus de 70 % pour les hommes), il accuse un grand retard par rapport aux autres régions. Le rôle des femmes dans la société civile est du même coup réduit. Quelque 25 % des femmes arabes travaillent, et 4 % participent à la vie poli-tique. Dans d’autres régions du monde en développement, elles sont respectivement 39 % et 10 %. Près de la moitié des pays de la région n’ont pas encore ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes; ce mépris de leur droit freine l’éducation des filles et la progression des femmes.
 

Zoom

 Entre 1990 et 1998, le taux de scolarisation primaire net est passé de 74 % à 76 % dans les Etats arabes.

 Un enfant sur quatre n’est pas scolarisé, ce qui représente un total de 10,3 millions d’enfants pour toute la région.

 L’écart entre garçons et filles s’est légèrement réduit, avec 65 % de filles scolarisées en 1990 et 71 % en 1998. La moitié des femmes seulement savent lire et écrire, alors que le taux d’alphabétisation des hommes est de plus de 70 %.

 Moins de 10 % des 3-5 ans dans 8 pays arabes sur 15 bénéficient de programmes d’éveil de la petite enfance. Seuls deux pays, Liban et Koweit, ont un taux de scolarisation de 70 %.

 Le Liban, la Jordanie, les Emirats arabes unis et le Koweit ont atteint un taux d’alphabétisation de près de 90 %. Pourtant, les Etats arabes comptent toujours 67 millions d’adultes analphabètes au moins.

 
  Certains pays surmontent pourtant leurs tabous culturels. Jordanie, Liban et République arabe syrienne ont donné un coup de fouet aux taux d’alphabétisation des femmes, grâce à des politiques lancées au cours des dix dernières années. « Cela ne s’est pas fait en un jour, cependant, » souligne Victor Billeh, du bureau de l’UNESCO à Beyrouth. « Pour lutter contre l’analphabétisme, il faut un programme d’action et un suivi régulier. Mais les résultats sont là. » Et, ajoute-t-il, des facteurs comme la démocratisation de la vie publique, la liberté de la presse et le pluralisme médiatique créent les conditions d’une plus grande égalité.
 
  L’éducation de base dans les Etats arabes a fait beaucoup de chemin si l’on considère qu’en 1970, une moitié seulement des enfants d’âge scolaire primaire de la région était scolarisée : aujourd’hui, ce sont trois enfants sur quatre. Une poignée de pays a presque atteint la scolari-sation primaire universelle. Oman, où n’existait pas de système éducatif avant 1970, a un taux de scolarisation primaire d’environ 85 %. Les Emirats arabes unis, les Territoires autonomes palestiniens, la Jamahiriya arabe libyenne, la Jordanie et l’Iraq ont fait de grands progrès,tandis que la Mauritanie, qui comme Oman est partie de presque rien, présente un taux de crois-sance éducative élevé. Djibouti est à la traîne, avec un taux de scolarisation de moins de 40 %.
 
Le taux d'alphabétisation des femmes, estimé à seulement 50 %, accuse un grand retard par rapport aux autres régions. Environ 25 % des femmes arabes exercent une profession, et 4 % d'entre elles ont un rôle politique. Dans d'autres régions, ces chiffres sont respectivement de 39 et 10 %.     Environ 70 % des filles d’âge scolaire primaire sont scolarisées. L’écart entre garçons et filles dépasse les 9 points de pourcentage. Le Yémen offre l’écart le plus large, avec seulement 33 % de filles scolarisées contre 73 % de garçons. Des programmes en cours en Egypte, au Maroc, au Sou-dan, en Tunisie et au Yémen ouvrent la voie, amenant l’éducation jusqu’aux filles des zones défa-vorisées, grâce à des écoles communautaires proches de leur foyer.
 
  Une majorité de pays ne considère pas l’éducation de la petite enfance comme relevant des compétences de l’Etat, en dépit de son efficacité prouvée. La moyenne de la région est inférieure à 15 %. « Même les pays relativement aisés s’en désintéressent, »
explique Victor Billeh. Le Liban est là aussi à la tête des initia-tives, de même que le Koweit, avec 70 % de jeunes enfants cou-verts par les programmes. Les Territoires autonomes palestiniens et le Maroc offrent également une bonne couverture, avec 50 %.
   
  Les conflits en Algérie, en Somalie et au Soudan ont perturbé l’éducation et les sanctions contre l’Iraq ont entraîné des ferme-tures d’écoles, une perte d’enseignants et des abandons accrus. Au début des années 1990, le Qatar et le Yémen ont dépensé près de deux fois plus pour l’ar-mement que pour la santé et l’éducation, et la République arabe syrienne, presque quatre fois plus.
 
  « Si seulement on pouvait réduire les budgets militaires et encourager l’éducation et les investissements humains, » soupire Aïcha Barka, fondatrice de l’Association algérienne d’alphabétisation. Mais la société civile gagne du terrain dans les Etats arabes, et notamment au Maroc où les groupes de femmes se sont multipliés : « La lutte contre l’analphabétisme est un combat de longue haleine que le gouvernement ne gagnera pas seul, et nous non plus », souligne-t-elle.
 
  Première des priorités, la qualité de l’éducation. Le Projet conjoint UNESCO/UNICEF de suivi permanent des acquis scolaires a estimé le niveau de réussite scolaire insuffisant dans neuf pays arabes. Autre urgence, la modernisation des programmes. « Nous devons apprendre à nos enfants à apprendre, et aussi à réfléchir à ce qu’ils apprennent, » souligne le ministre égyptien de l’éducation, Hussein Kamal Bahaa El-Din, « en utilisant les technologies modernes comme l’ordinateur, qui sera le tableau noir de demain. » Selon Billeh, dans une majorité de pays, les performances sont infé-rieures aux prévisions, comparativement aux dépenses engagées. « Nous ne disons pas qu’il faut dépenser plus, mais qu’il faut dépenser mieux, » explique-t-il. « Il faut une bonne gouvernance et une bonne gestion. » La seconde priorité est donc l’amélioration de la gestion éducative.
 
  La langue et la culture communes, le sentiment de former une seule et même nation, font la force des Etats arabes, offrant des possibilités inouïes de coopération entre les systèmes éducatifs. Il est grand temps d’en profiter.
 
 
 
[ Forum de discussion | Contacts | Carte du site | Recherche | Début ]