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Dossier de presse > Asie-Pacifique
SOMMAIRE
 Les résultats mondiaux
 Les régions en bref
Afrique
Asie-Pacifique
Europe et Amérique du nord
Amérique latine et Caraibes
Etats Arabes
 Sujets brulants
Enfance et jeunesse
Education et SIDA
Anciennes technologies,
nouvelles technologies ou bonnes technologies
De la qualité à la quantité
Qui finance l'éducation ?
Femmes et filles
 Le grand angle
Les bonnes statistiquent comptent
Note d'information
La route de Dakar
 
Une règion test pour l'éducation
 
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Quelques progrès qu'elle fasse sur la voie de l'éducation pour tous, la région Asie-Pacifique pèsera lourd dans les statistiques mondiales. Cette région contrastée, qui compte les deux tiers de la population du globe et cinq des neuf pays les plus peuplés, est l'exemple même de la région test en matière d'éducation.
 
  Les dix dernières années ont vu les progrès spectaculaires de la scolarisation primaire, qui a non seulement dépassé le taux de croissance démographique de la région, mais devancé aussi le reste du monde. La Chine et l’Indonésie sont en passe d’atteindre des taux de scolarisation pri-maire de 100 % et ont accompli des miracles en matière d’alphabétisation, avec respectivement 83,9 % et 98 % d’adultes alphabétisés. Le Ban-gladesh a doublé son budget éducatif, et fait ainsi progresser la scolarisation primaire de 19 % et l’alphabétisation de plus de 25 % (pas-sant de 35 à 61 %) en moins de dix ans. Au Ban-gladesh, en Chine, en Inde, en Indonésie et au Pakistan, la croissance de la population a baissé, permettant un usage plus efficace des fonds publics.
 
  Partout, des initiatives non formelles en éduca-tion des adultes fleurissent, et l’éducation de la petite enfance s’est envolée, avec 25 % de jar-dins d’enfants et de crèches supplémentaires. De nombreux pays se préoccupent maintenant de qualité. Le Programme indien d’éducation primaire dans les districts a décentralisé les écoles, encouragé la participation des commu-nautés, relevé les salaires des enseignants et équipé les écoles. La scolarisation a atteint 71 %. Grâce au succès de la Campagne d’alphabétisation totale, celle-ci a progressé de 12 %. « Sur une population d’un milliard, cela fait beaucoup de monde ! », remarque Wolfgang Vollmann, qui coordonne l’initiative E9 en faveur des neuf pays les plus peuplés.
 
  Le plus remarquable, c’est que ces progrès sont intervenus malgré la crise financière est-asiatique de 1997, qui a eu pour conséquence un véritable recul de l’éducation. On continue d’en ressentir les effets. Selon Ruth Kagia, de la Banque mondiale, la crise a « fait prendre conscience au monde que le développement est fragile et peut être remis en cause si les piliers qui le sou-tiennent ne sont pas suffisamment inté-grés. » L’éducation peut-elle servir de rempart contre les calamités futures ?
 
  M. Chuan Leekpai, Premier ministre de Thaïlande, en est convaincu. Citant une nouvelle loi qui accorde à chaque citoyen thaï douze ans d’éducation de base, il a récemment indiqué que les ressources humaines étaient « l’atout le plus précieux » de son pays.
 
  « Il y a eu des avancées spectaculaires », reconnaît Victor Ordoñez, Directeur du bureau de l’UNESCO à Bangkok, « mais aussi des problèmes auxquels on ne s’est attaqué d’aucune manière significative. »
 

Zoom

 Parmi les régions en développement, la région Asie orientale-Pacifique est celle qui s’approche le plus de l’éducation pour tous en 2000, avec 97 % d’enfants scolarisés.

 L’alphabétisation des adultes est presque achevée en Asie orientale, avec un taux de 94 % d’alphabètes.

 L’éducation de la petite enfance, évolution relativement récente, a connu de rapides progrès. On est passé de 36 millions d’enfants accueillis en 1990 à plus de 45 millions en 1998, soit une hausse de près de 25 %.

 Le point noir reste l’Asie du sud, où seuls trois enfants sur quatre sont scolarisés et où 56 % des adultes sont alphabètes.

 
  Derrière l’« image rose », souligne Ordoñez, se profilent les inégalités socio-économiques, les disparités sexuelles et autres obstacles à l’éduca-tion pour tous. L’écart entre les sexes s’est réduit, mais de peu – et qua-siment pas dans les grands pays d’Asie du sud, où les niveaux de pauvreté concurrencent ceux de l’Afrique subsaharienne. En Asie du sud, un enfant sur quatre ne va pas à l’école, et le taux d’alphabétisation des adultes stagne à 56 %.
 
 Seule l'éducation peut combler le fossé qui sépare les économies prédatrices de pays est-asiatiques comme la ThaLlande et les bas revenus stagnants des pays du sud comme le Bhoutan.
 

  Une bonne part du paradoxe asiatique peut être imputé aux investisse-ments dans l’éducation de base, ou à leur absence. A long terme, seule l’éducation peut combler le fossé qui sépare les économies prédatrices de pays est-asiatiques comme la Thaïlande et les bas revenus stagnants des pays du sud comme le Bhoutan. Mais l’image la plus criante du triomphe de l’éducation sur la pauvreté est offert par la République de Corée, lorsqu’on la compare au Pakistan. Ces deux pays avaient le même revenu par habitant en 1960, mais des taux de scolarisation primaire divergents : 94 % pour la Répu-blique de Corée et seulement 30 % pour le Pakistan. Or en 1996, la République de Corée avait un produit national brut par habitant trois fois supérieur à celui du Pakistan.

   
  Autre paradoxe asiatique, les dépenses militaires de la région n’ont pas cessé d’augmenter depuis dix ans, comme le souligne Kul C. Gautam, Directeur du bureau de l’UNICEF à Bangkok. « Depuis la Conférence mondiale sur l’Education pour tous de 1990, les dépenses militaires du monde ont chuté de 30 %, soit de près de 1 000 milliards de dollars EU en 1990 à 700 milliards de dollars EU en 1998. Or dans le même temps, les dépenses militaires de l’Asie ont progressé de 27 %, passant de 95 à 130 milliards de dollars EU. »
 
Clairement, le potentiel éducatif de la région Asie-Pacifique est aussi grand que les défis qu’elle devra relever.
 
 
 
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