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Dossier de presse > Europe et Amérique du nord
SOMMAIRE
 Les résultats mondiaux
 Les régions en bref
Afrique
Asie-Pacifique
Europe et Amérique du nord
Amérique latine et Caraibes
Etats Arabes
 Sujets brulants
Enfance et jeunesse
Education et SIDA
Anciennes technologies,
nouvelles technologies ou bonnes technologies
De la qualité à la quantité
Qui finance l'éducation ?
Femmes et filles
 Le grand angle
Les bonnes statistiquent comptent
Note d'information
La route de Dakar
 
Exclusion et violence scolaire : que faire ?
 
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La possibilité pour tous les enfants d'Europe et déAmérique du Nord de recevoir un enseignement primaire et secondaire n'a pas résolu le problème de l'inégalité d'accès àl'éducation. Et elle n'est plus garante de cohésion sociale.
 
  Tandis que l’Europe occidentale se débat avec des problèmes d’exclusion et d’absence de débouchés éducatifs et profession-nels, l’Europe centrale et orientale voit fondre ses ressources éducatives et dépérir le système d’éducation gratuite autrefois garanti par l’Etat.
 
  L’analphabétisme fonctionnel, sorte de « face cachée de l’iceberg », est sans doute l’illustration la plus éloquente des échecs de l’éducation de base dans la région. Sue Torr, « dame de cantine » au Royaume-Uni, se souvient d’avoir tenté de cacher qu’elle ne savait ni lire ni écrire : « Un jour, ma belle-mère m’a dit : « Sue, qu’est-ce qu’il y a ce soir à la télé ? Tu peux regarder dans le journal ? » J’ai fait semblant de lire. « Il n’y a pas grand-chose », lui ai-je dit. Mais elle a insisté : « Et sur la deuxième chaîne ? » « Des bêtises, c’est tout », ai-je répondu et j’ai couru au premier. » Sue a appris à lire, mais un quart des adultes de douze des pays les plus riches du monde sont toujours incapables de remplir un chèque ou de lire une ordonnance – une honte pour des systèmes éducatifs évolués.
 
  Même dans les pays aisés, l’éducation n’est plus un passeport pour l’emploi. Le taux moyen de chômage chez les moins de 25 ans de l’Union européenne est de 21,5 %. « On étudie, on fait des sacrifices, et qu’est-ce qu’on a au bout du compte ? Rien, » constate Rachida Bensmili, 22 ans, élève d’une école de commerce parisienne.
 

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 Même dans les pays aisés, l’éducation n’est plus un Avec des systèmes éducatifs éprouvés, la région offre une couverture scolaire de 100 % dans l’éducation primaire et secondaire jusqu’à 16 ans.

  En dépit de cet accès universel, il reste un « noyau dur », estimé à 15-20 % d’élèves médiocres qui ne parviennent pas à acquérir les connaissances de base dans le primaire et traînent dans le secondaire.

 De 10 à 30 % des adultes de la région ont des difficultés de lecture, d’écriture et de numération.

 En France et au Portugal, les Zones d’Éducation Prioritaires sont des exemples de discrimination positive dans les zones défavorisées.

 
  L’aliénation d’un nombre toujours croissant d’adolescents qui ont « perdu les pédales » dans la société, et ne sont plus ni à l’école ni au travail, exige des mesures d’urgence, car cette aliénation constitue une menace pour la cohésion sociale. Un rapport de 1999 de l’OCDE montre que leur pourcentage varie de 4,3 % au Danemark à 19,4 % au Royaume-Uni. Pour eux, l’école est synonyme d’impasse. « Cela peut paraître exagéré, mais dans certains cas, c’est l’école qui fabrique des marginaux, » remarque Svein Osttveit, secrétaire exécutif du Forum sur l’Education pour tous. Il accuse la rigidité et le manque d’écoute des systèmes scolaires, qui ne répondent plus aux besoins de tous les apprenants.
 
  Des initiatives visant à aider les adolescents qui quittent l’école trop tôt et ceux qui font des études trop médioces pour trouver un emploi se mettent en place : programmes spécifiques dans les écoles et les instituts de formation professionnelle ; projets d’apprentissage en entreprise mis en oeuvre par des compagnies privées.
 
  Des « écoles de la deuxième chance », un projet pilote financé par la Commission européenne et ses partenaires publics et privés, ont été mises en place dans plusieurs pays de l’Union européenne. Elles s’efforcent d’aider les 18-22 ans qui ont abandonné l’école à prendre un nouveau départ.
 
  L’Europe centrale et orientale est confrontée à d’autres types de problèmes. Le bilan régional confirme que la crise économique a profondément détérioré la qualité de l’éducation. Si la fréquentation scolaire au niveau primaire est restée stable, du fait des problèmes démographiques et économiques, l’éducation préscolaire est en fort déclin (le nombre d’enfants inscrits a chuté de 21 millions en 1990 à 12 millions en 1998).
 

 En Europe centrale et orientale, on ne compte plus les histoires d'écoles dilapidées, d'enseignants attendant parfois jusqu'à dix mois pour être payés, de cantines fermées et de cours dispensés par des températures sibériennes..  

    « Notre chauffage est vétuste et les fréquentes coupures de courant rendent son utilisation dangereuse, » explique Aishe Chabanova, une directrice ukrainienne qui fait toutes les nuits le cauchemar que son école explose. Du fait de budgets serrés, les écoles dépendent des contributions des familles. Mais avec le chômage et la pauvreté grandissants, les ménages se serrent eux aussi la ceinture et n’ont guère à dépenser pour une éducation qui hier encore ne coûtait rien. On ne compte plus les histoires d’écoles dilapidées, d’enseignants attendant parfois jusqu’à dix mois pour être payés, de cantines fermées et de cours dispensés par des températures sibériennes. Pour ajouter aux inégalités existantes, un système à deux vitesses est en train de se former, les meilleurs établissements privés n’étant plus accessibles qu’à ceux qui en ont les moyens.
   
  Reflétant l’exclusion et la polarisation sociales grandissantes, la violence à l’école progresse dans de nombreux pays de la région. Aux Etats-Unis, le phénomène inquiétant des fusillades dans les lycées et les collèges s’est même propagé aux écoles primaires – comme le montre le cas de cet enfant de six ans abattu par un de ses petits camarades. Télésur-veillance et gardiens en uniforme ont fait leur appari-tion dans de nombreux établissements.
 
  Des élèves ont voulu mettre le feu à l’école de banlieue où enseigne Chantal Collin, près de Paris. D’autres ont déjà fait de la prison. La violence, pense Chantal, naît du manque de confiance en soi et des échecs répétés. Elle tente d’y remédier par des projets et des activités qui permettent d’instaurer un climat de confiance avec les élèves. Mais peu d’enseignants ont sa conviction et, dans leur majorité, ils ne sont pas formés à répondre aux agressions. « Les écoles aujourd’hui sont mal équipées contre la violence, » remarque Kaisa Savolainen de l’UNESCO. « C’est surtout par des méthodes non violentes qu’on résoudra les conflits. »
 
 
 
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