| Exclusion
et violence scolaire : que faire ? |
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| La
possibilité pour tous les enfants d'Europe et déAmérique
du Nord de recevoir un enseignement primaire et secondaire n'a
pas résolu le problème de l'inégalité
d'accès àl'éducation. Et elle n'est plus
garante de cohésion sociale. |
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Tandis
que l’Europe occidentale se débat avec des problèmes d’exclusion
et d’absence de débouchés éducatifs et profession-nels, l’Europe
centrale et orientale voit fondre ses ressources éducatives
et dépérir le système d’éducation gratuite autrefois garanti
par l’Etat. |
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L’analphabétisme
fonctionnel, sorte de « face cachée de l’iceberg », est sans
doute l’illustration la plus éloquente des échecs de l’éducation
de base dans la région. Sue Torr, « dame de cantine » au Royaume-Uni,
se souvient d’avoir tenté de cacher qu’elle ne savait ni lire
ni écrire : « Un jour, ma belle-mère m’a dit : « Sue, qu’est-ce
qu’il y a ce soir à la télé ? Tu peux regarder dans le journal
? » J’ai fait semblant de lire. « Il n’y a pas grand-chose »,
lui ai-je dit. Mais elle a insisté : « Et sur la deuxième chaîne
? » « Des bêtises, c’est tout », ai-je répondu et j’ai couru
au premier. » Sue a appris à lire, mais un quart des adultes
de douze des pays les plus riches du monde sont toujours incapables
de remplir un chèque ou de lire une ordonnance – une honte pour
des systèmes éducatifs évolués. |
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Même
dans les pays aisés, l’éducation n’est plus un passeport pour
l’emploi. Le taux moyen de chômage chez les moins de 25 ans
de l’Union européenne est de 21,5 %. « On étudie, on fait des
sacrifices, et qu’est-ce qu’on a au bout du compte ? Rien, »
constate Rachida Bensmili, 22 ans, élève d’une école de commerce
parisienne. |
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L’aliénation
d’un nombre toujours croissant d’adolescents qui ont « perdu
les pédales » dans la société, et ne sont plus ni à l’école
ni au travail, exige des mesures d’urgence, car cette aliénation
constitue une menace pour la cohésion sociale. Un rapport de
1999 de l’OCDE montre que leur pourcentage varie de 4,3 % au
Danemark à 19,4 % au Royaume-Uni. Pour eux, l’école est synonyme
d’impasse. « Cela peut paraître exagéré, mais dans certains
cas, c’est l’école qui fabrique des marginaux, » remarque Svein
Osttveit, secrétaire exécutif du Forum sur l’Education pour
tous. Il accuse la rigidité et le manque d’écoute des systèmes
scolaires, qui ne répondent plus aux besoins de tous les apprenants. |
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Des
initiatives visant à aider les adolescents qui quittent l’école
trop tôt et ceux qui font des études trop médioces pour trouver
un emploi se mettent en place : programmes spécifiques dans
les écoles et les instituts de formation professionnelle ; projets
d’apprentissage en entreprise mis en oeuvre par des compagnies
privées. |
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Des
« écoles de la deuxième chance », un projet pilote financé par
la Commission européenne et ses partenaires publics et privés,
ont été mises en place dans plusieurs pays de l’Union européenne.
Elles s’efforcent d’aider les 18-22 ans qui ont abandonné l’école
à prendre un nouveau départ. |
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L’Europe
centrale et orientale est confrontée à d’autres types de problèmes.
Le bilan régional confirme que la crise économique a profondément
détérioré la qualité de l’éducation. Si la fréquentation scolaire
au niveau primaire est restée stable, du fait des problèmes
démographiques et économiques, l’éducation préscolaire est en
fort déclin (le nombre d’enfants inscrits a chuté de 21 millions
en 1990 à 12 millions en 1998). |
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En
Europe centrale et orientale, on ne compte plus les histoires
d'écoles dilapidées, d'enseignants attendant
parfois jusqu'à dix mois pour être payés,
de cantines fermées et de cours dispensés par
des températures sibériennes..
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«
Notre chauffage est vétuste et les fréquentes coupures de courant
rendent son utilisation dangereuse, » explique Aishe Chabanova,
une directrice ukrainienne qui fait toutes les nuits le cauchemar
que son école explose. Du fait de budgets serrés, les écoles
dépendent des contributions des familles. Mais avec le chômage
et la pauvreté grandissants, les ménages se serrent eux aussi
la ceinture et n’ont guère à dépenser pour une éducation qui
hier encore ne coûtait rien. On ne compte plus les histoires
d’écoles dilapidées, d’enseignants attendant parfois jusqu’à
dix mois pour être payés, de cantines fermées et de cours dispensés
par des températures sibériennes. Pour ajouter aux inégalités
existantes, un système à deux vitesses est en train de se former,
les meilleurs établissements privés n’étant plus accessibles
qu’à ceux qui en ont les moyens. |
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Reflétant
l’exclusion et la polarisation sociales grandissantes, la violence
à l’école progresse dans de nombreux pays de la région. Aux
Etats-Unis, le phénomène inquiétant des fusillades dans les
lycées et les collèges s’est même propagé aux écoles primaires
– comme le montre le cas de cet enfant de six ans abattu par
un de ses petits camarades. Télésur-veillance et gardiens en
uniforme ont fait leur appari-tion dans de nombreux établissements. |
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Des
élèves ont voulu mettre le feu à l’école de banlieue où enseigne
Chantal Collin, près de Paris. D’autres ont déjà fait de la
prison. La violence, pense Chantal, naît du manque de confiance
en soi et des échecs répétés. Elle tente d’y remédier par des
projets et des activités qui permettent d’instaurer un climat
de confiance avec les élèves. Mais peu d’enseignants ont sa
conviction et, dans leur majorité, ils ne sont pas formés à
répondre aux agressions. « Les écoles aujourd’hui sont mal équipées
contre la violence, » remarque Kaisa Savolainen de l’UNESCO.
« C’est surtout par des méthodes non violentes qu’on résoudra
les conflits. » |
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