| Les
bonnes statistiques comptent |
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| La
qualité des 183 rapports nationaux qui seront présentés
au Forum mondial sur l'éducation a dépassé
toutes les espérances. |
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«
Le message que la planification éducative doit s’appuyer sur
des statistiques fiables et à jour est bien passé, » se félicite
Warren Mellor, coordinateur du bilan mondial de l’EPT à l’an
2000, la plus vaste évaluation de l’éducation jamais entreprise.
« La nécessité de recueillir et d’utiliser les données statistiques
pour élaborer des politiques valables est maintenant à l’ordre
du jour dans la plupart des pays du monde. » |
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Ces
deux dernières années, les coordinateurs nationaux ont toutefois
eu bien du mal à rassembler des données récentes et authentiques.
Plus de quinze ateliers régionaux et infra-régionaux leur ont
permis de réviser le premier projet de chaque rapport national
et ils ont reçu une assistance technique. Mais, comme le souligne
Mellor, « le bilan n’est pas une fin en soi, mais le début d’un
long processus. » |
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Le bilan a été conçu au départ pour aider les pays à élaborer
leurs programmes et leurs poli-tiques en matière d’éducation
de base et n’a jamais visé à établir un palmarès international
des pays en fonction de leurs performances. Les gouvernements
n’en continuent pas moins à manipuler les chiffres pour donner
à leurs résultats l’allure la plus flatteuse possible. |
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| Un
tableau optimiste |
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« Certains ont tendance à traiter les données de manière “optimiste”,
» regrette Svein Osttveit, secrétaire exécutif du Forum sur
l’Éducation pour tous. « Tous conviennent de l’importance de
l’éducation – mais certains dirigeants politiques hésitent à
présenter des résultats insuffisants ou à reconnaître qu’ici
ou là, la situation s’est dégradée. » Denise Lievesley, directeur
de l’Institut de statistique de l’UNESCO, abonde dans le même
sens : « Il n’est pas surprenant que les dirigeants politiques
hésitent à reconnaître l’absence de progrès et souhaitent montrer
leurs pays sous le meilleur jour. » Elle espère que la promotion
de politiques fondées sur des preuves aura un impact sur la
qualité des données. |
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Pendant des années, une “culture des objectifs” axée sur
les bons résultats a, selon John Irvine de l’UNICEF, dominé
les efforts d’évaluation éducative. Lors du bilan à la mi-décennie,
en 1996, rappelle Irvine, les rapports soumis par les Etats
ont offert une image si optimiste que les critiques ont plu.
Outre qu’elle engendre des chiffres “officiels” sujets à caution,
cette démarche a produit des statistiques non seulement malhonnêtes,
mais à peu près inuti-lisables pour mesurer les changements,
quels qu’ils soient. |
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| Une
culture de la transparence |
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Le bilan de l’EPT à l’an 2000 s’est efforcé de renverser
la vapeur et de promouvoir une nou-velle culture, faite de transparence
et d’ouverture. On a commencé par raffiner et harmoni-ser les
instruments de mesure. Dix-huit indicateurs statistiques ont
été choisis à partir des six objectifs d’Education pour tous
(voir notre encart). Ils comprennent des chiffres de sco-larisation
et de dépenses publiques dans l’éducation, des ratios élèves/enseignants,
des taux de redoublement et des ratios d’alphabétisation hommes/femmes.
On a demandé aux pays de ne pas se cantonner dans les moyennes
nationales, mais de fournir des données régionales représentatives
des disparités villes-campagnes, ainsi que des données fines,
au niveau des communes et des villages. |
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« Nous avons passé des nuits entières à vérifier la cohérence
et la plausibilité des données reçues, » raconte Lievesley.
« Là où il y a des problèmes, ils ont été évoqués avec les pays
et les organisateurs régionaux d’EPT. » Elle reconnaît toutefois
qu’« il faut rester prudent, car les systèmes statistiques des
pays ne sont pas toujours aussi avancés que nous le souhaiterions.
» |
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Un point positif est l’émergence d’une nouvelle mentalité
au sein des gouvernements. Dans le cas par exemple des Etats
arabes, Victor Billeh, coordinateur régional du bilan, explique
qu’« autrefois, la transparence était un sujet tabou dans les
pays arabes. C’était une honte de devoir admettre que les résultats
n’étaient pas aussi bons que prévus. Cet obstacle est désormais
surmonté. » Tous les rapports nationaux ont été publiés et ont
circulé dans chaque région, et ils sont également disponibles
sur Internet. « Les informations échangées n’ont jamais été
aussi complètes, » se félicite Billeh. |
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Le bilan a également révélé les limites des données quantitatives.
« Nous n’avons pas pleinement réussi à recueillir l’information
permettant de juger de la qualité de l’éducation et de l’efficacité
des systèmes et d’évaluer si les ressources ont été utilisées
comme il faut, » reconnaît Lievesley. « Dorénavant, il faut
modifier les modes de collecte, ne pas se concentrer uniquement
sur les sources officielles, mais recourir par exemple aux enquêtes
sur les enfants déscolarisés. Il faut aussi collaborer plus
étroitement avec les organisations non gouvernementales qui
peuvent avoir accès aux données locales. » |
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Selon les spécialistes de l’éducation, les statistiques
ne devraient pas dicter les politiques, mais leur servir de
base d’information. Trop de pays dans le monde ne voient toujours
pas la relation qui existe entre de bonnes données et de bonnes
politiques, et bien souvent, les dossiers statistiques s’empilent
dans les ministères, au lieu d’être mis à la disposition de
tous et de servir au progrès de l’éducation. |
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Les
six objectifs d’Education pour tous
Expansion
des activités de protection et d’éveil de la petite
enfance, y compris les interventions au niveau de
la famille ou de la communauté, particulièrement en
faveur des enfants pauvres, défavorisés et handicapés.
Universalisation
de l’éducation primaire ou de tout autre niveau d’éducation
plus élevé considéré comme “fondamental” d’ici à l’an
2000.
Amélioration
des résultats de l’apprentissage, telle qu’un pourcentage
convenu d’une classe d'âge déterminée (par exemple
80 % des jeunes de quatorze ans) atteigne ou dépasse
un certain niveau d’acquisitions jugé nécessaire.
Réduction
du taux d’analphabétisme des adultes (le groupe d’âge
à prendre en considération étant fixé par chaque pays),
par exemple à la moitié de son niveau de 1990 en l’an
2000, en mettant suffisamment l’accent sur l’alphabétisation
des femmes pour réduire de façon significative la
disparité actuelle entre les taux d’alphabétisation
masculin et féminin.
Expansion
des services d’éducation fondamentale et des formations
à d’autres compétences essentielles destinées aux
adolescents et aux adultes, l’efficacité des actions
étant appréciée en fonction de la modification des
comportements et de l’impact sur la santé, l’emploi
et la productivité.
Acquisition
accrue par les individus et les familles, grâce au
concours de tous les canaux d’éducation – y compris
les médias, les autres formes de communication modernes
et traditionnelles et l’action sociale –, des connaissances,
compétences et valeurs nécessaires à une vie meilleure
et un développement rationnel et durable, l’efficacité
de ces interventions étant appréciée en fonction de
la modification des comportements.
Source
: Cadre d’action pour répondre aux besoins éducatifs
fondamentaux, 1990
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