| En
finir avec les disparités |
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| L'écart
éducatif entre hommes et femmes, entre alphabètes
et analphabètes, et entre ruraux et citadins en Amérique
Latine et aux Caraïbes s'est considérablement réduit
au cours des dix dernières années. |
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Le
nombre des enfants déscolarisés a chuté de moitié, passant de
11,4 millions en 1990 à 4,8 millions en 1998, et l’écart éducatif
entre les sexes appartient au passé. Et pourtant, si presque
95 % des enfants de la région vont à l’école, les taux de redoublement
et d’abandon sont toujours élevés. Le taux d’alphabétisation
des adultes atteint 88 %, mais derrière ce chiffre, on constate
de grandes disparités. |
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Les
objectifs d’EPT dans la région ont été fixés il y a plus de
20 ans. Le Projet majeur de l’UNESCO dans le domaine de l’éducation
en Amérique latine et dans les Caraïbes, lancé en 1980, avait
le même type d’objectifs que la Déclaration mondiale sur l’éducation
pour tous de 1990 : universalisation de huit années d’éducation
de base, suppression de l’analphabétisme, amélioration de la
qualité. Après 1990, l’accent a été mis sur le rôle central
de l’apprentissage – répondre aux besoins éducatifs fondamentaux
– et de la décen-tralisation. |
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«
Développons l’éducation, et nous vaincrons la pauvreté et les
inégalités, » martèle Enrique Iglesias, président de la Banque
inter-américaine de développement. « Les raisons ne sont pas
seulement éthiques, elles sont aussi d’ordre économique. » Un
Latino-américain sur trois vit au-dessous du seuil de pauvreté,
ce qui, dans bon nombre de pays, n’est pas sans rap-port avec
la production et le trafic de stupéfiants – la bête noire des
gouver-nements et une cause majeure d’insécurité. Les populations
marginali-sées sont les plus touchées et, en particulier, la
trentaine de millions d’indigènes répartis en 400 groupes ethniques
et linguistiques. |
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L’éducation
de la petite enfance reste surtout le fait des classes moyennes
et des zones urbaines. Il y a certes des programmes innovants,
comme Wawa Wasi, au Pérou, qui touche les bidonvilles et d’autres
milieux défavorisés. Ce programme, coordonné par le ministère
péruvien de l’éducation et l’UNICEF, a déjà accueilli plus de
700 000 enfants. Des nourrices formées dans les quartiers prennent
les enfants chez elles pour un prix modique pendant que les
mères travaillent, un service très populaire en Amérique latine.
L’éducation de la petite enfance a progressé à pas de géant
aux Caraïbes : 80,3 % des 3-5 ans étaient préscolarisés en 1997.
Servol associe avec beaucoup de succès éducation précoce et
programmes parentaux. Environ 60 % des enfants de 4 ans de Trinité-et-Tobago
sont préscolarisés par Servol. |
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En
Amérique latine et aux Caraïbes, les efforts ont surtout porté
sur l’éducation primaire, où la scolarisation a grimpé de 74,3
millions en 1990 à 86,8 millions en 1999. « Réveille-toi, Brésil,
c’est l’heure d’aller à l’école ! » fut une campagne de mobilisation
sans précédent dirigée par le président du Brésil lui-même,
Fernando Henrique Cardoso, afin d’ouvrir de nouvelles classes
et d’encourager les familles pauvres à scolariser leurs enfants.
Grâce à elle, 96 % des 7-14 ans étaient scolarisés en 1999,
contre 86 % en 1982. Aujourd’hui, le Brésil a aussi un taux
d’alphabétisation de 90 %. Un résultat impressionnant, mais
qui n’est pas isolé. Ainsi, le Mexique approche des 100 % en
matière de scolarisation primaire et d’alphabétisation. |
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La
décentralisation a joué un grand rôle dans l’amélioration de
l’accès. Au Salvador, le programme d’éducation communautaire
EDUCO a permis à des groupes auparavant exclus des systèmes
centralisés d’accéder à l’éducation. EDUCO s’adresse aux enfants
des zones rurales. Les minorités ethniques, par exemple, sont
mieux à même d’apprendre dans leur langue maternelle lorsque
l’autorité éducative est locale. En Colombie, Escuela Nueva
est un remarquable exemple de réussite dans ce domaine. Les
élèves progressent à leur rythme et peuvent s’absenter temporairement
(entre autres, pour aider aux moissons) sans perdre pied ni
redoubler. A Escuela Nueva, l’enseignement à niveaux multiples
est la règle, et les maîtres sont équipés de matériels éducatifs
et de plans de cours détaillés. La formule a été adaptée ailleurs
dans la région – le Guatemala a ouvert 1 000 écoles communautaires
en 1997 et le Paraguay et le Pérou lancent des initiatives similaires
–, jusqu’aux Philippines. |
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Pour les enfants des zones rurales encore en marge des systèmes
éducatifs, la décentralisation a joué
un rôle crucial dans l'accès àl'éducation.
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Plusieurs
pays recourent de manière intensive aux médias. Si le Brésil
et le Mexique privilégient la télévision, le Guatemala et l’Equateur
utilisent la radio comme outil de formation. Les pro-grammes
visent notamment les zones isolées et les groupes indigènes..
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Quant
à l’éducation primaire, le verdict du bilan de l’EPT à l’an
2000 pour les Caraïbes est que |
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si tous les enfants y ont accès, beaucoup sont encore loin de
participer pleinement. 28 % des élèves n’achèvent pas l’école
primaire et la qualification des maîtres n’atteint pas encore
les objectifs prévus (80 % d’enseignants qualifiés). Pourtant,
sur l’ensemble de la région caraïbe, la réussite scolaire se
porte mieux, à l’exception d’Haïti. |
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Plusieurs
pays recourent de manière intensive aux médias. Si le Brésil
et le Mexique privilégient la télévision, le Guatemala et l’Equateur
utilisent la radio comme outil de formation. Les pro-grammes
visent notamment les zones isolées et les groupes indigènes. |
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Quant
à l’éducation primaire, le verdict du bilan de l’EPT à l’an
2000 pour les Caraïbes est que si tous les enfants y ont accès,
beaucoup sont encore loin de participer pleinement. 28 % des
élèves n’achèvent pas l’école primaire et la qualification des
maîtres n’atteint pas encore les objectifs prévus (80 % d’enseignants
qualifiés). Pourtant, sur l’ensemble de la région caraïbe, la
réussite scolaire se porte mieux, à l’exception d’Haïti. |
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«
Il est clair que le système éducatif haïtien a échoué pour la
moitié des enfants du pays, » reconnaît Sheldon Shaeffer, de
l’UNICEF. Avec des classes si surchargées qu’un élève sur quatre
seulement a la possibilité de s’asseoir, il n’est pas surprenant
que plus des deux tiers des enfants d’Haïti n’achèvent pas l’école
primaire et que le taux d’analphabétisme (55 %) soit le plus
élevé des Amériques. |
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Dans
l’ensemble des Caraïbes, les filles, qui sont aujourd’hui plus
scolarisées que les garçons, réussissent mieux qu’eux. Chez
les garçons, cependant, comme le dit crûment un jeune Dominicain
de 17 ans, la réussite scolaire est considérée comme un « truc
de filles » ou de « poules mouillées ». Le taux d’alphabétisation
des femmes est de 85 % et les trois quart des enseignants du
primaire sont des femmes. Les filles réussissent, et il est
clair que ce sont les mères et les enseignantes qui servent
de modèle. |
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