| De
la quantité à la qualité |
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| "Education
pour tous " ne signifie pas forcément " qualité
pour tous ". De plus en plus, les pays qui sont parvenus
à scolariser la quasi totalité des enfants du
primaire comprennent qu'il faut aussi viser un meilleur enseignement. |
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De la Chine au Brésil, les gouvernements se saisissent aujourd’hui
de la qualité, un concept qui embrasse bien des choses, de l’état
des bâtiments scolaires à la formation des maîtres, du type
des manuels disponibles à la participation parentale. Et on
se préoccupe aussi davantage des besoins des élèves avant et
après le primaire. |
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«
Dans notre course aux effectifs, nous avons oublié l’aspect
qualitatif », reconnaît le ministre de l’édu-cation du Bangladesh,
Abu Sharaf Hifzul Kader Sadique. Dans son pays, l’alphabétisation
est montée en flèche, mais c’est la qualité qui pose problème.
En dépit de progrès remarquables, la Chine reconnaît aussi ses
lacunes : « La qualité générale des enseignants laisse beaucoup
à désirer », confesse Lu Fuyuan, vice-ministre de l’éducation,
arguant de la difficulté d’accès de certaines régions. Chine
et Bangladesh ne sont pas les seuls. Le Brésil, le Malawi et
le Mexique, la plupart des pays ayant en fait réalisé de grands
progrès en matière d’édu-cation universelle souhaitent maintenant
améliorer le contenu de l’enseignement. |
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Aujourd’hui,
en Asie du sud et en Afrique subsaharienne, moins de trois enfants
sur quatre atteignent la cinquième année d’études. En termes
de mesure de l’effica-cité, leurs systèmes scolaires perdent
jus-qu’à un tiers de leurs ressources en redou-blements et abandons
scolaires. |
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Il
existe plusieurs manières de rechercher la qualité. L’une d’elles
consiste à reconnaître que l’apprentissage commence dès la nais-sance.
L’éducation de la petite enfance n’a fait que progresser depuis
dix ans. « Le déve-loppement du cerveau au cours des toutes
premières années joue un rôle essentiel dans l’apprentissage
tout au long de la vie », explique Judith Evans, spécialiste
de la pro-tection et de l’éveil de la petite enfance. L’éducation
précoce, comme le montre la recherche, est source de plus grande
agilité mentale, de présence régulière à l’école, de taux de
redoublement et d’abandon moins élevés et de meilleures capacités
scolaires. Selon la Banque mondiale, un dollar investi dans
l’éducation de la petite enfance produit de plus grands bénéfices
qu’un dollar investi dans l’enseignement secondaire ou supé-rieur.
Elle est particulièrement utile dans les milieux défavorisés,
car elle renforce aussi les compé-tences parentales. |
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La mauvaise formation des maîtres est une cause principale
de mauvaise qualité. Ayant atteint un taux de scolarisation
primaire de 96 %, le Brésil porte maintenant ses efforts sur
l’amélioration de la qua-lité de l’instruction, à juste titre
: près de la moitié des enfants brésiliens ont un an de retard
ou redou-blent une ou plusieurs classes. Une étude nationale
récente a montré que les élèves dont les maîtres ont une formation
de niveau universitaire progressent beaucoup plus vite que
les autres. Or la moitié environ du 1,5 million d’enseignants
du primaire au Brésil n’a pas cette qualification.
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Paradoxalement, si dans certains pays, on améliore la formation
des maîtres, dans d’autres, les enseignants qualifiés et talentueux
délaissent la profession pour des emplois plus rémunérateurs
dans l’informatique ou le tourisme, une « fuite des cerveaux
» provoquée par un statut médiocre et des salaires qui le
sont encore plus. « Les pères de famille enseignant dans le
primaire sont aussi rares que les étoiles en plein jour »,
remarque l’enseignant mongol Tzerendozhin Urtnasan, dont le
salaire équivaut, selon lui, à « une misère ».
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"AujourdÕhui,
les élèves doivent non seulement apprendre à
lire, à écrire et à compter, mais aussi
à penser, à faire preuve d'un esprit critique
et créatif, à travailler ensemble, à
se former sur différents sujets, à être
capables d'utiliser les nouvelles technologies et de se conduire
en citoyens de sociétés civilisées. "
Errol Miller, Professeur d'éducation,
JamaLque
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L’environnement scolaire joue aussi sur la qualité : un bon
environnement a un effet positif sur la pré-sence et la réussite
des élèves. L’inverse est également vrai. Une étude UNESCO/UNICEF
menée dans quatorze des pays les moins développés d’Afrique
et d’Asie a révélé que 35 à 90 % des bâtiments sco-laires avaient
besoin d’être réparés ou reconstruits. Beaucoup n’avaient ni
mobilier ni eau courante. Dans une majorité de pays, on a le
plus grand mal à élaborer et dis-tribuer des manuels et des
matériels d’enseignement adéquats, des instruments mathématiques
aux cartes géographiques. |
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« Les systèmes scolaires vieillissent plus vite qu’on ne le
pense », rappelle Victor Ordoñez, expert en éducation de base.
Les systèmes éducatifs ayant été lents à s’adapter aux crises
économiques et autres facteurs d’érosion |
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qualitative,
il est temps de se demander si on enseigne bien
ce qu’il faut. Lorsque
les programmes scolaires ces-sent d’être en rapport avec le
marché de l’emploi, ou avec les besoins culturels, qu’ils se
coupent de la réalité environnante, tôt ou tard, ils perdent
leurs « clients ». |
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Redoublement et abandon sont les conséquences les plus flagrantes
d’une éducation défectueuse. Un quart des 96 millions d’élèves
qui sont entrés pour la première fois à l’école en 1995 ont
de grandes chances de l’abandonner avant la cinquième année.
Parce que, bien souvent, elles ne sont pas à l’écoute des besoins
de l’écolier moyen ou faible, les écoles cessent d’être réellement
accessibles à tous. L’accès existe vraiment lorsque qualité
rime avec équité. |
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« De nombreux pays ont adopté des modèles « standard» d’édu-cation
qui ne tiennent peu ou pas compte des spécificités natio-nales
», remarque Vinayagum Chinapah de l’UNESCO. C’est sans doute
pourquoi de nombreux parents ne voient pas dans l’édu-cation
un investissement capable de contribuer directement au mieux-être
du ménage. Mais peu à peu, les choses évoluent. Si le modèle
des centres d’apprentissage communautaires est si bien parvenu
à répondre aux besoins locaux d’apprentissage en Afrique, en
Asie et dans d’autres régions du monde, c’est qu’il s’enracine
dans la vie et la culture des communautés et s’appuie sur les
langues locales. Tous les experts s’accordent à dire que l’élève
doit d’abord apprendre à lire dans sa langue maternelle, avant
de transférer ses compétences de lecture vers une seconde langue.
D’ici 2006, plusieurs Etats africains vont intro-duire l’usage
des langues nationales dans les trois premières années d’éducation,
une promesse de meilleure qualité. |
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De nombreux autres facteurs, souvent externes, influent
sur la qualité de l’éducation, le dernier n’étant pas le statut
social ou l’état de santé des élèves, comme le souligne Shel-don
Shaeffer de l’UNICEF. « Une éducation de qualité ne passe pas
seulement par de bons maîtres et de bons matériels », rappelle-t-il.
« Elle dépend aussi de la qualité des apprenants. Les enfants
doivent être en bonne santé, bien nourris, prêts à apprendre.
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