| La
route de Dakar : dix ans d'Education pour tous |
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années 1990 - décennie de l'Education pour tous
- ont vu la chute du communisme, la révolution des technologies
de la communication et de l'information, le déchaîrnement
de la mondialisation, l'effondrement des marchés financiers,
la progression redoutable du sida, de la pauvreté et
des conflits ethniques. Tous ces évènements ont
largement pesé sur l'éducation. |
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Il
y a dix ans, à la Conférence mondiale sur l’éducation pour tous
de Jomtien (Thaïlande, 1990), les représentants de 155 pays
et de 150 organisations se sont engagés à faire de l’éducation
pour tous une réalité en l’an 2000 . En affirmant que « toute
personne – enfant, adolescent ou adulte – doit pouvoir bénéficier
d’une formation conçue pour répondre à ses besoins éducatifs
fondamentaux », la Déclaration mondiale sur l’éducation pour
tous donnait à l’éducation une direction nouvelle et audacieuse. |
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Elaborée
par des ministres de l’éducation et des organisations nationales
et internationales, la Déclaration sonnait le glas des systèmes
éducatifs rigides et normatifs, annonçant une ère de prospérité
pour les systèmes souples et non formels. Dorénavant, l’éducation
serait taillée sur mesure, adaptée aux besoins, aux cultures
et aux contextes des apprenants. |
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La
décision d’évaluer les résultats dix ans plus tard a été prise
à Jomtien. Deux importants jalons ont été posés en 1996 : la
Conférence à la mi-décennie, organisée à Amman (Jordanie), qui
enregistra d’énormes progrès, mais souffrit de la faiblesse
des rapports présentés par les pays participants – soulignant
la nécessité d’une évaluation en profondeur –, et la publication
du rapport à l’UNESCO de la Commission internationale sur l’éducation
pour le XXI e siècle, qui défendait une vision holistique de
l’éducation appuyée sur quatre « piliers » : apprendre à savoir,
apprendre à faire, apprendre à être, apprendre à vivre ensemble.
Ce texte fut largement adopté. |
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Le
Forum mondial sur l’éducation (26-28 avril 2000, Dakar, Sénégal)
est différent, dans la mesure où il fut précédé du bilan de
l’EPT à l’an 2000, deux années de « travail scolaire » qui vont
fournir une masse d’informations indispensables pour s’assurer
que les programmes éducatifs sont bien le reflet des besoins
réels. |
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Cet exercice mondial est l’évaluation la plus exhaustive
jamais entreprise en matière d’éducation de base. Il est l’oeuvre
des équipes nationales, assistées de dix groupes de conseillers
régionaux recrutés auprès de la Banque mondiale, le FNUAP, le
PNUD, l’UNESCO et l’UNICEF, des agences d’aide bilatérale, des
banques de développement et des organisations inter-gouvernementales. |
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Des Etats-Unis aux Fidji, du Chili à la Mongolie, les
pays ont travaillé d’arrache-pied pour produire et analyser
des données de haut niveau répondant aux six objectifs fixés
par la Conférence mondiale sur l’éducation pour tous dix ans
plus tôt. « C’est un bilan tant qualitatif que quantitatif »,
souligne Svein Osttveit, secrétaire exécutif du Forum international
consultatif sur l’éducation pour tous, un organisme créé à Jomtien
pour assurer le suivi et le conseil des efforts éducatifs et
faire en sorte que l’éducation pour tous reste une priorité
dans les programmes de développement. Pour Denise Lievesley,
directeur de l’Institut de statistique de l’UNESCO, il s’agit
d’ « un point de repère indispensable pour guider les progrès
futurs et fixer des objectifs qui soient vraiment réalistes
et s’accompagnent d’une mobilisation de ressources adéquate
». |
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Cinq réunions régionales préparatoires et une conférence
des neuf pays les plus peuplés (E9) ont été organisées de décembre
1999 à février 2000 pour préparer le Forum mondial sur l’éducation,
à Johannesburg (Afrique du sud), Bangkok (Thaïlande), Le Caire
(Egypte), Recife (Brésil), Varsovie (Pologne) et Saint Domingue
(République dominicaine). Les délégués réunis à cette occasion
ont pu, en examinant les rapports nationaux d’EPT et en traçant
la carte des politiques et des réformes éducatives de chaque
pays, dresser un inventaire minutieux de l’éducation dans chaque
région. Le rapport de synthèse global, qui sera présenté à Dakar,
offrira le tableau le plus rigoureux de l’état de l’éducation
de base dans le monde. |
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L’éducation de base dans le monde offre un tableau contrasté.
Selon certains experts, les années 1990 ont traversé une crise
éducative, avec 113 millions d’enfants non scolarisés, une discrimination
généralisée à l’égard des filles, près d’un milliard d’adultes
analphabètes — surtout des femmes —, des écoles délabrées et
une pénurie d’enseignants qualifiés et de matériels éducatifs,
même si d’autres rappellent que le nombre des enfants scolarisés
a considérablement augmenté – passant de 599 millions en 1990
à 681 millions en 1998 – et que de nombreux pays approchent
maintenant, pour la première fois, de la scolarisation primaire
totale. |
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Alors que les bailleurs sont critiqués pour le relâchement
de l’aide au développement, des pays tels que le Bangladesh,
le Brésil et l’Egypte consacrent près de 6 % de leur produit
national brut (PNB) à l’éducation. Dans certains pays d’Afrique,
l’éducation absorbe jusqu’à un tiers du budget de l’Etat, même
si plusieurs déboursent autant pour le service de la dette que
pour la santé et l’éducation de base prises ensemble. |
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Les disparités qualitatives sont également considérables
: d’un côté, des systèmes éducatifs pétris de conventions et
totalement coupés des préoccupations des jeunes, de l’autre,
une floraison d’initiatives qui réussissent à adapter l’éducation
aux besoins locaux et à apporter aux populations marginalisées
une formation aux compétences de base et aux activités génératrices
de revenus. Les nouveaux médias et les réseaux virtuels commencent
également à secouer la poussière qui recouvre les systèmes éducatifs. |
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De formidables défis nous attendent : comment apporter
l’éducation aux orphelins du sida dans des régions comme l’Afrique
où la pandémie fait des ravages ? Comment donner accès à l’éducation
au nombre croissant de réfugiés et de déplacés ? Comment aider
les enseignants à redéfinir leurs rôles et mettre les nouvelles
technologies au service des pauvres ? Et – c’est le défi le
plus redoutable, quand 700 millions d’hommes vivent dans 42
pays surendettés –, comment aider l’éducation à éliminer la
pauvreté et donner enfin à des millions d’enfants une chance
de se réaliser pleinement ? |
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A l’aube d’une nouvelle décennie d’Education pour tous,
il est temps de redessiner les stratégies éducatives pour gérer
l’héritage des années 1990 et aider l’apprentissage à rattraper
le changement. |
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La route de Dakar fut riche et pleine d’enseignements
pour toutes les personnes engagées dans l’éducation. La société
du savoir est à notre portée. Le Forum sur l’éducation pour
tous sera une étape marquante de plus vers sa réalisation. |
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Répondre aux besoins éducatifs fondamentaux :
une priorité internationale
La Conférence mondiale sur l’éducation pour tous de
1990 a permis de replacer l’éducation au coeur des
priorités du développement. Au cours des années 1990,
une série de conférences internationales a renouvelé
les engagements à l’égard des objectifs d’Education
pour tous. Les plus importantes ont été le Sommet
mondial pour les enfants (1990), la Conférence des
Nations Unies sur l’environnement et le développement
(1992), la Conférence mondiale sur les droits de l’homme
(1993), la Conférence internationale sur la population
et le développement (1994), la Conférence mondiale
sur les besoins éducatifs spéciaux (1994), le Sommet
mondial pour le développement social (1995), la Quatrième
Conférence mondiale sur les femmes (1995), la Conférence
internationale sur l’éducation des adultes (1997)
et la Conférence internationale sur le travail des
enfants (1997).
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