Anciennes
technologies, nouvelles technologies
ou bonnes technologies ? |
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révolution informatique offre de réelles perspectives
pour les technologies de l'éducation, de l'information
et de la communication, mais elle constitue un investissement
coûteux. Et on est encore loin d'avoir élucidé
la question de l'usage approprié de cette palette de
technologies, y compris les plus anciennes - moins coûteuses
-, radio et télévision. |
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Le développement tous azimuts des ordinateurs et du réseau Internet
transforme la manière dont les gens communiquent et travaillent.
Les experts sont cependant très divisés sur l’impact qu’aura
la révo-lution informatique sur l’éducation, surtout dans les
pays en développement. En dépit de l’enthousiasme de nombreux
adeptes, les nouvelles technologies ont peu de chances d’être
la « baguette magique » qui va miraculeusement résoudre des
problèmes contre lesquels les éducateurs se battent depuis des
années. Elles risquent au contraire de creuser les inégalités
existantes. Mark Malloch Brown, du Programme des Nations Unies
pour le développement (PNUD), le rap-pelle : « Alors que les
sciences et les technologies conti-nuent de générer de nouvelles
richesses pour les pays nantis, les conditions de nombreux pays
en développe-ment bien souvent se détériorent. » |
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Le
Pr. David Johnston du Conseil consultatif canadien pour les
autoroutes de l’information (IHAC) est au nombre des fervents
partisans des technologies de l’in-formation et de la communication.
Dans le cadre de sa stratégie nationale de connectivité, l’IHAC
a déjà relié plus de 15 000 écoles et 3 000 bibliothèques publiques
à l’Internet, un partenariat entre Etat et secteur privé. Son
but, explique Johnston, est de préparer à un monde dans lequel
« la mondialisation sera partout, les autoroutes de l’information
remodèleront entreprises et marchés, chaque secteur de l’économie
sera aux mains des professionnels du savoir et l’innovation,
une source de croissance en valeur ajoutée ». |
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The
promise that ICT holds for education in such a context is undeniable.
Maris O’Rourke of the World Bank identifies three other ways
in which ICT can make a difference: it can include the excluded,
by developing open and distance learning options; it can decentralize
education administrations and increase community involvement;
and it can be used to teach about the technology itself, helping
people acquire the skills and competencies needed for the future.
“A nineteenth-century education is not going to get us a twenty-first
century future,” she remarks. |
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Dans
un tel contexte, les potentialités offertes par les nouvelles
technologies pour l’éducation sont indé-niables. Pour Maris
O’Rourke, de la Banque mondiale, il y a trois autres directions
dans lesquelles les tech-nologies de l’information et de la
communication peuvent s’avérer utiles : elles peuvent intégrer
les exclus, en développant les options d’éducation ouverte et
à distance ; elles peuvent décentraliser les administrations
éducatives et offrir une participation accrue aux communautés
; et elles peuvent servir à enseigner la technologie elle-même,
aidant ainsi les individus à acquérir les compétences nécessaires
pour l’avenir. Car, selon elle, « ce n’est pas avec des méthodes
du XIX e siècle qu’on construira le XXI e siècle ». |
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Des programmes comme ceux de l’IHAC nécessitent des ressources
colossales, inabordables pour de nombreux pays en développement.
Ces programmes sont-ils mêmes appropriés ? Une étude thématique
réalisée pour le bilan de l’EPT à l’an 2000 par la Fondation
pour la recherche internationale en matière d’éducation ouverte
se penche sur la faisabilité de recourir aux technologies
de l’information et de la communication dans les pays les
plus pauvres. Et conclut que, quelle que soit la technologie
employée, il faudra impérativement construire, entretenir
et fournir en personnel les écoles primaires et que cela doit
demeurer une priorité financière. Quant à l’éducation secondaire
et supérieure, les nouvelles tech-nologies offrent peut-être
de grandes possibilités, mais leurs coûts restent élevés.
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Il est clair que le développement des nouvelles technologies
est à la fois lourd de menaces et rempli de pro-messes pour
l’éducation. Parmi les promesses, il y a l’énorme capacité
de coopération entre les pays en développement. Malloch Brown
croit le Sud parfaitement capable de trouver ses propres réponses
aux défis du changement. Il cite les efforts réussis de la
République de Corée pour pro-mouvoir des activités de pointe
en recherche et développement, la politique indienne qui a
abouti à la construction d’une « Silicon Valley » à Bangalore
et l’industrie naissante du logiciel au Costa Rica. Toutes
ces initiatives, explique Malloch Brown, sont susceptibles
d’être adaptées pour le développement.
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Les
nouvelles technologies ont peu de chances d'être la
"baguette magique" qui va miraculeusement résoudre
des problèmes contre lesquels les éducateurs
se battent depuis des années.
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Parmi les menaces, il y a le fait que « l’écart informatique
» entre ceux qui ont accès à l’ordinateur et au web et ceux
qui ne l’ont pas, se creuse, au lieu de se combler. Venkatesh
Hariharan, expert indien en logiciels, explique que, dans la
mesure où 10 % seulement de la population de l’Inde (sur un
milliard) parlent anglais, quelque 900 millions sont en fait
exclus de la « révolution informatique » pour le proche avenir.
C’est aussi le cas de tous ceux qui, dans le monde, parlent
des langues minoritaires : la suprématie de l’anglais sur l’Internet
est, sur bien des plans, un obstacle aussi infranchissable que
le coût du matériel. |
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Placer un ordinateur dans chaque classe, en dehors du coût prohibitif
de la démarche, n’est pas forcé-ment la meilleure politique
pour un pays en développement. Selon les estimations, le coût
des pro-grammes d’éducation radiophonique interactive oscille
entre 3 et 8 dollars EU par élève et par an – le coût de l’informatique
à l’école, entre 18 et 63 dollars EU par personne et par an. |
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Le rapport d’EPT précise qu’il y a d’autres stratégies
d’accès aux ordinateurs, qui « consistent par exemple à utiliser
des unités mobiles, à partager les équipements informatiques
avec d’autres organisations, ou des formules ayant recours à
des intermédiaires – un tiers étant chargé de recueillir l’information
sur les réseaux informatiques pour le compte des élèves. Toutes
ont été sous-estimées lors de la planification initiale ». |
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De nombreuses initiatives font appel, avec beaucoup d’ingéniosité,
à une combinaison de technologies anciennes et nouvelles pour
transmettre le contenu éducatif. Chulie de Silva, du Lanka Academic
Net-work (LAcNET), explique qu’un programme radiophonique interactif
offre aux villageois du Sri Lanka la possibilité de commander
des recherches par Internet sur des sujets qui les intéressent.
Telesecundaria, au Mexique, est un système de téléenseignement
du second degré qui touche les enfants des zones rurales depuis
un quart de siècle. Et les programmes de télévision scolaire
semblent bien partis pour durer quelque temps encore. |
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Certains contestent l’esprit dans lequel le débat sur
la technologie est mené. Jan Visser, président du Learning Development
Institute, estime que les partisans des nouvelles technologies
ont tendance à surtout concevoir l’éducation comme un procédé
de diffusion de données et à sous-estimer la nature de la pédagogie,
la nécessité de réévaluer le rôle des apprenants et des enseignants,
ainsi que la relation entre école et communauté. |
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Une bonne part des incertitudes quant à l’impact des technologies
de l’information et de la communication sur l’éducation mettront
du temps à se dissiper. Mais se contenter de crier « à bas les
vieilleries, vive la modernité ! », c’est peut-être pousser
le bouchon un peu loin : il est sans doute plus judicieux de
recentrer le débat et de laisser la bataille entre les trouvailles
d’hier et celles de demain, pour rechercher quelles sont les
technologies les plus appropriées et les façons les plus rentables
de les mettre à profit pour réaliser l’éducation pour tous. |
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