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Dossier de presse > SUJETS BRULANTS
SOMMAIRE
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Asie-Pacifique
Europe et Amérique du nord
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 Sujets brulants
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Education et SIDA
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De la qualité à la quantité
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Femmes et filles
 Le grand angle
Les bonnes statistiquent comptent
Note d'information
La route de Dakar
 
Femmes et filles : l'éducation, pas la discrimination !
 
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Sur les 110 millions d'enfants non scolarisés des pays en développement, 60 % sont des filles. Selon les Nations Unies, qui vont lancer un Programme décennal pour l'éducation des filles àl'occasion du Forum mondial sur l'éducation, celles-ci sont systématiquement défavorisées, uniquement parce qu'elles sont des filles.
 
  Si les portes de l’école primaire se sont ouvertes à 44 millions de filles supplémentaires dans les pays en développement par rapport à 1990, et si l’éducation des filles et des femmes fait désormais partie des priorités gouvernementales dans la plupart de ces pays, leur situation reste préoccupante. « L’éducation des filles change tout, non seulement en termes de développement économique, mais aussi de développement humain », remarque Mary Joy Pigozzi de l’UNICEF. Comment alors expliquer une telle discrimination, alors que tous les indicateurs attestent les bienfaits sociaux de la scolarisation des filles. Peut-être par le fait que les familles n’en perçoivent pas toujours l’intérêt immédiat. « Les décideurs nationaux devraient envisager le problème du point de vue des parents », suggère une note récente de la Banque mondiale. « S’il coûte plus cher aux parents d’éduquer les filles, mais que c’est la société qui en tire les plus grands profits, l’Etat devrait prévoir des mesures spécifiques et des subventions ciblées pour soutenir leur scolarisation. »
 
  De nombreux gouvernements ont réagi. Les 200 écoles communautaires proches des filles du sud de l’Egypte en sont un brillant exemple. L’Etat est en train d’adapter leurs méthodes – apprentissage actif et approche axée sur l’enfant – au système éducatif formel. Le Malawi a allégé le fardeau des familles en instaurant la gratuité scolaire et en supprimant les uniformes obligatoires. Dans le département de Mashan, en Chine, les villages et les ménages qui prennent des mesures efficaces en faveur de la scolarisation des filles bénéficient d’un accès prioritaire aux prêts et aux fonds pour le développement. Un acte aussi simple que celui de construire des toilettes séparées pour les filles suffit parfois à les maintenir à l’école.
 
  C’est en Afrique et en Asie du sud qu’on devra faire les plus grands efforts pour combler l’écart entre filles et garçons. En Asie du sud, une fillette de six ans peut espérer en moyenne une scolarité de six ans – trois ans de moins que pour un garçon du même âge. Et lorsqu’à la disparité sexuelle s’ajoute l’écart ville/campagne, les filles y perdent un peu plus. Une fille des zones rurales a trois fois plus de chances d’abandonner l’école qu’un garçon de la ville. La discrimination se renforce en classe, où la recherche a montré que les enseignants, hommes et femmes, ont tendance à accorder davantage d’attention aux garçons, une attitude qu’on s’efforce de modifier par des programmes de formation à vocation égalitaire.
 
  Croyances et pratiques traditionnelles sont souvent à l’origine de cette discrimination. Des filles, on attend généralement qu’elles s’occupent du ménage et de leurs jeunes frères et soeurs. Les parents les marient jeunes, ou se méfient du système éducatif. Une des raisons de ce manque de confiance est la crainte de harcèlements sexuels de la part des élèves garçons, ou même des maîtres. La puberté, qui peut intervenir dès 10 ans, est une étape décisive. Dans de nombreuses sociétés, les parents envoyent leurs filles à l’école, puis craignant une grossesse non désirée, les retirent dès la puberté pour les marier.
 

  « Tout enfant a droit à l’éducation, même une jeune fille enceinte », martèle Eddah Gachukia du Forum des éducatrices africaines (FAWE) qui a gagné son combat contre les politiques nationales africaines refusant l’accès de l’école aux jeunes filles attendant un enfant.

 

The Multiple Benefits of Girls’ Education

 Increased family incomes

 Later marriages

 Reduced fertility rates

 Reduced infant and maternal mortality rates

 Better nourished and healthier children and families

 Greater opportunities and life choices for women (including better chances to protect themselves against HIV/AIDS)

 
  Le Bénin offre désormais des services d’éducation de base aux filles qui s’absentent ou quittent l’école. La Guinée a relevé l’âge officiel du mariage et sanctionne les maîtres coupables de harcèlement sexuel. En Tanzanie, une initiative prometteuse aide les filles à parler de leurs problèmes et à trouver des solutions pour surmonter les obstacles à leur développement social et scolaire.
 

  « Il ne faut pas séparer l’éducation des filles de celle des femmes», rappelle Aicha Bah Diallo de l’UNESCO, qui souligne la nécessité d’associer filles et mères dans les initiatives. Cette double démarche a fait

"Avant, je n'existais pas. Aujourd'hui, j'ai enfin une identité." C'est ainsi que les femmes du nord namibien, interrogées sur leur expérience de l'alphabétisation, expriment ce qu'elles ont ressenti.

  la réussite du projet Kayes dans le Mali rural, où une ingénieuse campagne communautaire est venue à bout de préjugés sexistes ancestraux à coup de devinettes, de comptines et de programmes radio. Une fois gagnées à l’alphabétisation et aux activités génératrices de revenus, les femmes ont soutenu le mouvement en faveur de la scolarisation des filles. Chaque jour, elles se rendaient chez les filles qui manquaient l’école et les forçaient à y retourner si les prétextes des parents étaient injustifiés ! En trois ans, le taux de scolarisation de 18 villages a ainsi doublé, passant à 44 %, et le taux de scolarisation des filles est passé de 18 à 33 % – bien au-delà des objectifs prévus.
 
  « Avant, je n’existais pas. Aujourd’hui, j’ai enfin une identité. » C’est ainsi que les femmes du nord namibien, interrogées sur leur expérience de l’alphabétisation, expriment ce qu’elles ont ressenti. La maîtrise qu’apporte l’alphabétisation ouvre sur une vie meilleure. Chacun sait qu’une femme éduquée a moins d’enfants et qu’ils sont en meilleure santé, et qu’elle est plus désireuse de les envoyer à l’école. Au Brésil, par exemple, où le taux moyen de fécondité des femmes analphabètes est de 6,5 enfants, celui-ci tombe à 2,5 lorsqu’elles ont eu une éducation secondaire. L’enfant d’une mère zambienne ayant fréquenté l’école primaire a 25 % de chances supplémentaires de survie que l’enfant d’une mère qui n’a pas reçu d’éducation. Et grâce à l’alphabétisation, les femmes prennent la parole : au Bangladesh, les femmes qui ont suivi un enseignement secondaire ont trois fois plus de chances de se rendre à une réunion politique que les femmes sans éducation.
 
 Des programmes de microcrédit, inspirés de la Grameen Bank, ont littéralement révolutionné la vie de milliers de paysannes pauvres. Au Bangladesh, dans le cadre du Programme UNESCO/Grameen Bank d’éducation aux compétences de la vie, elles décident elles-mêmes de la formation la mieux adaptée à leurs besoins, droit, comptabilité, santé, enseignement ménager, etc. Le secret de cette démarche est l’appropriation. Lorsque des pêcheuses du Bénin ont décidé qu’elles avaient d’abord besoin d’apprendre à compter, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture a adapté le matériel éducatif, remplaçant dans un premier temps les mots par des symboles.
 
.  Nombreuses sont les organisations non gouvernementales qui ont intégré à leur action des questions concernant les femmes et sensibilisant à la discrimination dont elles sont l’objet. Du Népal à la Nouvelle-Zélande, des associations de femmes diplômées des universités soutiennent des initiatives permettant aux très jeunes mères d’étudier, démystifiant l’économie ou apportant une formation à la médiation pour lutter contre les violences domestiques.
 
.  Enfin, l’éducation commence à s’intéresser au leadership féminin. L’Institut des femmes, au Chili, finance des activités éducatives permettant aux femmes de participer à la vie publique et de se familiariser avec les dossiers socio-politiques. Voilà qui nous amène bien loin des classes d’alphabétisation rurales. Pourtant le principe est le même : apporter plus de compétences, plus d’ouverture, plus de pouvoir aux femmes.
 

Se préoccuper des filles, c’est aussi penser aux garçons

  Est-il vrai, comme le déplore Sebastian Brizan, 16 ans, de Trinité-et-Tobago, qu’aux Caraïbes, « les parents s’occu-pent plus des filles » ? Dans cette région, contrairement à ce qui se passe ailleurs dans le monde en développement, les garçons font de bien moins bons élèves que les filles.

   Depuis les années 1970, les femmes des Caraïbes ont mieux profité de l’éducation. Et ont ensuite connu de bien meilleurs résultats scolaires. Citons, entre autres tendances, l’égalité des chances dans l’éducation présco-laire, primaire et secondaire ; un écart de scolarisation garçons/filles favorables à ces dernières aux Bahamas et à Sainte Lucie ; de meilleures performances en moyenne pour les filles à l’école, et une plus grande réussite des filles à l’examen de passage vers le secondaire.

   Mais le projet égalitaire supposant qu’on s’intéresse aussi aux garçons, les approches rigides de la discrimi-nation sexuelle vont devoir cesser. De même que la faible proportion d’hommes qui enseignent dans la région, en particulier en Jamaïque. « Il n’est pas bien vu pour un garçon de bien travailler en classe », remarque un ensei-gnant de la Barbade. « Ça ne fait pas viril. » Pour la réus-site de tous, aux Caraïbes, comme ailleurs, les systèmes éducatifs doivent donc prendre garde à traiter les pro-blèmes de discrimination de manière à ce que, filles ou garçons, tous disposent bien des mêmes chances.

 
 
 
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