Discours d'ouverture de Irina Bokova

Opening Statement by Irina Bokova Launch of the International Year for the Rapprochement of Cultures - UNESCO, 18 February 2010

©UNESCO/M. Ravassard
Launch of the International Year for the Rapprochement of Cultures - UNESCO, 18 February 2010

Discours de Irina Bokova, Directrice générale de l'UNESCO

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à l'occasion du débat sur "Le dialogue des cultures: des avancées nouvelles pour la paix"

 

dans le cadre de la réunion inaugurale du Haut Panel sur la paix et le dialogue entre les cultures

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UNESCO, 18 février 2010

 

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Madame la Présidente du Conseil exécutif,

Monsieur le Haut Représentant des Nations Unies de l’Alliance des civilisations, Monsieur Sampaio,

Monsieur le Vice-Ministre de la culture du Kazakhstan,

Madame la Vice-Ministre des affaires étrangères de l’Allemagne,

Excellences,

Mesdames et Messieurs les Membres du Haut Panel pour la paix et le dialogue entre les cultures,

Mesdames et Messieurs,

 

 

Nous sommes réunis cet après-midi pour célébrer le lancement de l’Année internationale du rapprochement des cultures, et c’est avec grand plaisir que je vous accueille à la Maison de l’UNESCO. Nous sommes extrêmement fiers d’être l’agence des Nations Unies désignée pour conduire cette Année internationale.

Un des principes fondateurs de l’UNESCO est qu’il faut élever les défenses de la paix dans l’esprit des hommes et des femmes. Au fil des décennies, c’est ce principe qui a guidé toute l’action de notre Organisation.

Aujourd’hui, en 2010, cette Année internationale nous offre une occasion nouvelle de repenser les moyens qui mènent à la reconnaissance et au respect mutuels.

Tel est le grand défi auquel nous sommes confrontés aujourd’hui, et je suis sûre que les efforts que nous déploierons cette année pour promouvoir le dialogue entre les cultures contribueront à nous éclairer et à nous guider dans la manière dont nous défendrons la cause de la paix dans les années et les décennies à venir.

J’ai l’intime conviction que le dialogue entre les cultures est la réponse qu’il faut opposer à toutes les intolérances. « Les hommes peuvent atteindre un but commun sans emprunter les mêmes voies », disait l’écrivait malien Amadou Hampaté Bâ.

La culture est l’outil qui permet l’édification d’une société harmonieuse, fondée sur la connaissance de l’autre, la tolérance, la compréhension mutuelle, le respect des droits et de la dignité humaine.

Nous avons l’opportunité de créer un monde plus démocratique et plus humain, un monde où les valeurs de dignité, d’égalité des chances, d’accès à l’éducation et à l’information, où les valeurs de droits de l’homme vont constituer le socle de toute décision économique et politique.

Dans ce sens, l’édification des sociétés du savoir est un impératif fondamental. Je suis également convaincue que cela ne sera possible que si les valeurs humanistes de dialogue, de tolérance et de respect de la diversité sont constamment défendues et nourries. Notre avenir, celui de l’humanité tout entière en dépend.

L’être humain accompli est celui qui se reconnaît en l’autre, même si cet autre vit sur un autre hémisphère, qui le respecte et cherche à vivre en harmonie avec lui, comme s’il s’agissait de son plus proche voisin.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais maintenant vous donner lecture d’un message de Monsieur Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies. Je cite :

« L’Année internationale du rapprochement des cultures est une initiative importante. Cette année, nous rendrons hommage à la diversité culturelle et nous montrerons que la compréhension et le dialogue interculturels sont essentiels pour l’avènement d’un monde plus pacifique. Nous voulons également souligner le rôle capital que la culture joue dans le développement.

Ces dernières années, de nouvelles possibilités de promouvoir la compréhension et le respect mutuels sont apparues, mais de nouvelles difficultés et de nouvelles épreuves ont surgi également.

Ainsi, la mondialisation rapproche les peuples d’une façon que l’on n’aurait pu soupçonner quand l’ONU a été créée.

Les migrations, les médias, les échanges commerciaux et, bien sûr, Internet permettent plus que jamais à des millions de personnes dans le monde d’entretenir des rapports quotidiens.

Mais le monde où nous vivons est aussi en proie aux préjugés, à la haine et à des difficultés persistantes. Souvent, les outils mêmes du rapprochement sont aussi ceux de la division et du rejet d’autrui. Souvent, les extrémistes diabolisent les autres cultures et les autres traditions et en font la cible de la violence.

Qui plus est, en cette période de crise économique, où il est plus difficile de trouver un emploi, la faute est souvent rejetée sur les minorités.

Cette année internationale tombe donc à point nommé. En demandant à l’UNESCO d’en être le chef de file, l’Assemblée générale des Nations Unies voulait tirer parti de la vaste expérience et de la réussite de cette organisation dans la promotion de la coopération internationale à travers l’éducation, la science, la culture et la communication.

Je me félicite de la création du Groupe de haut niveau sur la paix et le dialogue entre les cultures, dont les activités commencent aussi aujourd’hui, et j’attends avec intérêt les recommandations que ses membres formuleront sur le renforcement du dialogue et l’intensification des efforts que nous faisons pour vivre en harmonie.

Le système des Nations Unies est résolu à rapprocher les cultures et les peuples, notamment grâce à l’Alliance des civilisations et à son vaste réseau d’organisations locales. Oeuvrons ensemble pour que l’Année internationale soit couronnée de succès ».

Fin de citation

Ladies and Gentlemen,

At my side this afternoon are some of the eminent members of the High Panel on Peace and Dialogue among Cultures. I announced my intention to create this panel just three months ago, in my investiture speech, at this very podium. These leading intellectuals will, I am certain, rekindle the debate on how to build peace and dialogue, and how to rethink peace, rethink tolerance.

This task is vital. The world today is very different to that of fifteen years ago, when UNESCO launched the Culture of Peace, and it is, of course, profoundly different to the post-war world of our Organization’s foundation.

UNESCO has always sought to tailor its actions to changing times. And once again, we are at a moment in human history, when we have to reset the compass.

As the Secretary-General, Mr. Ban Ki-moon, argues so forcefully in his message, the opportunities and the risks today are of great magnitude.

There has never been such potential to learn, to access information and share knowledge across cultures. From global citizens’ movements to protect the environment to the outpouring of compassion in the wake of Haiti’s tragedy, we have never acted in such numbers as a global community.

But, at the same time, the globalization that has made our world more interconnected also brings new challenges and a pace of change that makes many people feel more insecure. We are still searching for the right modus vivendi in this era of globalization.

We live side by side in ways we have never done before. How do we ensure that this means living together and not living in conflict?

Conflict begins when dialogue ceases. But how do we encourage dialogue in increasingly diverse societies? The starting point, in my mind, is to recognize the equal dignity of all people.

Culture is deeply ingrained within us, it shapes our identity and perceptions. At the same time, every culture is composite, alive and enriched by others. The result is a formidable and unprecedented diversity.

This leads to the first theme of this panel: the power of cultural diversity and dialogue. We have not sufficiently recognized this power – in politics, in international relations, in peace building.

This is our challenge and our responsibility: ensuring that societies harness the power of diversity as they become more urbanized, more mixed. It takes time and does not happen naturally, without a political environment that promotes equal rights and understanding. There is a very fine line between pride in one’s culture and intolerance towards what is different.

In recent years, we have broken new ground by advancing the notion that cultural and natural heritage, living expressions, languages and traditions are at once singular and universal. They are mirrors of our identity and history that must be safeguarded and also widely shared.

No culture can afford to live in isolation. It is through dialogue and creativity in all its forms, through exploring new opportunities for creating connections between people, that we can prove that diversity is our strength.

The second theme that we have chosen for this afternoon’s discussion is the role of shared values for building peace in a globalized world.

A world that tolerates extreme inequality is not a world built upon shared values. The world is not safe when over one billion people live in extreme poverty; when girls and women do not enjoy equal rights and opportunities; when people do not have access to clean water, health services, employment, decent housing and education. How can we guarantee these fundamental freedoms that form the foundations of peace?

More than ever, our interdependence calls for shared values. They form the common ground for responding to the financial crisis, global warming and threats experienced by people regardless of their culture and belonging.

How do we develop this culture of shared values? First and foremost, I think the answer is through education: this requires education systems founded on inclusive principles that combat stereotypes and prejudice.

Ladies and Gentlemen,

I wanted to share very briefly my own ideas on these two themes, but I have to say that I have high expectations of your own - and possibly quite different - perspectives.

The International Year for the Rapprochement of Cultures is a time to renew UNESCO’s humanist agenda – one that goes beyond economic and political arrangements – one that can advance peace.

Dialogue among cultures holds one of the keys. Together, we will seek new ideas for encouraging dialogue: breakthroughs in our approach to thinking peace.

I am convinced that each one of us is here to make a difference. We can each reach out, give and receive to shape this new face of peace. Today. Throughout the Year for the Rapprochement of Cultures and beyond!

Thank you for your attention.