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Conférence régionale africaine préparatoire à CONFINTEA VI

« Éducation et formation des jeunes et des adultes : la force motrice du développement de l'Afrique »


5 - 7 novembre 2008 à Nairobi (Kenya)

 

La Conférence régionale préparatoire à CONFINTEA VI pour la région Afrique a été accueillie par le Gouvernement de la République du Kenya du 5 au 7 novembre 2008 à Nairobi. Elle a été ouverte par Son Excellence le Président de la République du Kenya Mwai Kibaki. Elle a été organisée en coopération entre l’UIL, le département de l’éducation des adultes du Ministère de l’éducation pour le compte du Gouvernement du Kenya, le Bureau régional de l’UNESCO pour l'éducation en Afrique de Dakar et le Bureau de l'UNESCO à Nairobi.

Plus de 300 participants internationaux ont participé à la Conférence, représentant les États membres africains ainsi que des États membres d’Afrique du Nord (l’Egypte, la Lybie, la Mauritanie, le Maroc, le Soudan et la Tunisie), et d’autres régions (le Pakistan et le Brésil). Vingt et une délégations nationales étaient conduites par des ministres, des vice-ministres ou des secrétaires d’État. Vingt-quatre spécialistes ont été appelés pour apporter leur expertise afin d’améliorer et d’enrichir le fonctionnement de la réunion. Une soixantaine d’organisations internationales et africaines et d’ONG très diverses ont soutenu la réunion et se sont clairement exprimées en faveur de la société civile.

Les principaux objectifs de la Conférence étaient les suivants :

  • Débattre des questions fondamentales et pertinentes en matière d’éducation et de formation des adultes dans la région.
  • Présenter les pratiques efficaces et les innovations concernant l’éducation et la formation des adultes, en discuter et les diffuser.
  • Amender et valider le rapport régional de synthèse pour une approche unifiée de l’Afrique.
  • Formuler des recommandations concernant la politique, la stratégie et les orientations adaptées à la région.
  • Faire des suggestions en vue d’établir un cadre d’action international.

Suggestions

La Secrétaire exécutive de l’organisation ENDA Tiers-Monde (environnement, développent, action), Mme Joséphine Ouédraogo, a souligné dans son saisissant discours principal que ce ne sont pas les populations qui sont pauvres, ce sont les systèmes de développement qui créent l’appauvrissement culturel, politique et économique chez la plupart des populations. Elle a conclu en plaidant en faveur d’un système de développement résultant de processus déterminés par les pays plutôt que l’adoption de solutions toute faites qui laissent rarement la place à une amélioration spontanée. Il faudrait tenir compte des aspirations, des valeurs et des talents des gens afin de leur donner confiance en eux par le biais de solutions éducatives adaptées.

Discussions

Les discussions ont commencé autour de certains points du rapport de synthèse régional et des questions fondamentales pour l’apprentissage des jeunes et des adultes dans la région. Le deuxième jour, les discussions ont été enrichies par des échanges d’expériences à propos de pratiques déterminées et stimulantes dans la région. Les participants ont élaboré au sein de groupes de travail un ensemble concis de recommandations et de stratégies concernant la politique, le financement, la participation, l’inclusion et le suivi. Outre la réalisation des objectifs préétablis, les participants ont apprécié l’échange au-delà des limites institutionnelles et la possibilité de nouer des liens avec d’éventuels nouveaux partenaires.

Résultats

Dans le document final, les participants à la Conférence ont affirmé d’un commun accord que le potentiel de l’Afrique se trouvait dans ses ressources humaines, culturelles et linguistiques ainsi que dans ses ressources naturelles et sa diversité écologique. L’Afrique doit toutefois relever plusieurs défis de taille. En effet, les trois quarts des personnes les plus pauvres du monde vivent en Afrique subsaharienne. Cette situation est provoquée et aggravée par un refus de la réalité et un manque de capacités persistants dus à des systèmes sociopolitiques et économiques inégaux. Ce continent doit faire face à la croissance rapide et l’urbanisation de sa population et à la nécessité de répondre aux besoins des jeunes et des adultes en matière d’éducation et de revenus. La législation, les politiques, le financement et la mise en œuvre doivent résoudre les difficultés qui assaillent les pays de cette région pour réaliser le droit à l’éducation des adultes et des jeunes. L’utilisation des langues africaines est essentielle pour la réalisation d’une Afrique intégrée, en paix et prospère. Les recommandations adoptées par cette conférence intergouvernementale pour relever les défis liés à l’apprentissage des jeunes et des adultes sont les suivantes :

  1. Tous les pays doivent disposer d’une politique nationale détaillée en matière d’éducation et de formation des jeunes et des adultes, de plans d’action et d’une législation qui prennent en considération la réduction de la pauvreté. 
  2. Le secteur public, les donateurs et le secteur privé doivent renouveler leur engagement pour soutenir un financement durable et des critères minimum doivent être établis dans ce domaine.
  3. Les gouvernements, les communautés, les organisations de la société civile, le secteur privé et les partenaires de développement doivent s’associer pour élaborer et mettre en œuvre des politiques et des programmes de formation des jeunes et des adultes. 
  4. Les programmes de formation des jeunes et des adultes doivent promouvoir l’inclusion en prenant en considération les besoins spécifiques des minorités, des groupes vulnérables et marginalisés.
  5. Les apprenants jeunes et adultes doivent être directement impliqués dans la formulation et la mise en œuvre des politiques et des programmes.
  6. Les gouvernements doivent élaborer des mécanismes de qualité pour l’estimation, le suivi et l’évaluation. Ils doivent également veiller à ce que les recherches et les collectes de données aient lieu afin de formuler des politiques et des programmes et d’évaluer les effets de l’éducation et de la formation des jeunes et des adultes.
  7. Les gouvernements doivent mettre en place des structures pour la validation de l’apprentissage qui soient équivalentes aux systèmes de l’éducation formelle, garantissant ainsi l’équivalence entre l’apprentissage formel et non formel. Il est recommandé d’établir des stratégies au niveau régional et sous-régional.
  8. Les conditions générales des praticiens et du personnel de l’éducation des jeunes et des adultes doivent être améliorées d’urgence afin de professionnaliser le secteur et d’accroître son importance. La professionnalisation du secteur exige également davantage de formation et un renforcement des capacités de la recherche.
  9. Les gouvernements doivent mettre en place des stratégies et des partenariats qui élargissent encore la diversité des médias et des technologies de l’information et de la communication afin de favoriser l’éducation et la formation des jeunes et des adultes.

La région Afrique recommande que CONFINTEA VI charge l’UIL de suivre les progrès réalisés chaque année dans le domaine de l’éducation et de la formation des jeunes et des adultes ou qu’elle crée un comité de suivi dévolu à cette tâche.