Dix choses qu’il faut savoir sur l’EPT

1. L’EPT est un droit

En 1945 – il y a plus de 60 ans – les pays qui ont fondé l’UNESCO ont souscrit à un acte constitutif qui exprimait leur croyance en l’idéal d’une « chance égale d’éducation pour tous ». Depuis lors, le mandat de l’UNESCO lui impose de s’employer à concrétiser cette chance. La Déclaration universelle des droits de l’homme affirme aussi que « toute personne a droit à l’éducation » (article 26). Au long de toutes ces années, le but est resté le même qu’aujourd’hui : donner à chacun la chance d’apprendre et de bénéficier de l’éducation de base – non pas comme une chance fortuite ou un privilège mais comme un DROIT.

2. L’EPT est un moyen de parvenir à une fin

L’éducation doit élargir les options dont disposent les individus et les communautés. Comme l’a dit un rapport de l’UNESCO en 1996, l’éducation nous permet de savoir, de faire, de vivre ensemble et d’être, autrement dit de réaliser tout notre potentiel en tant qu’êtres humains. Cela comprend l’apprentissage à vivre dans la société et à travailler ensemble en vue du développement humain durable, dans le respect de la diversité des expériences et des situations humaines ainsi que du sort des générations futures sur notre planète. Un monde de paix, de dignité, de justice et d’égalité dépend de nombreux facteurs – et l’éducation y occupe une place centrale.

3. L’EPT est l’affaire de tous

Sous la direction de l’UNESCO et de quatre autres organismes des Nations Unies (le Fonds des Nations Unies pour l’enfance, le Programme des Nations Unies pour le développement, le Fonds des Nations Unies pour la population et la Banque mondiale), la communauté internationale s’est rassemblée en 1990 à Jomtien (Thaïlande) pour adopter une nouvelle vision de l’éducation de base. Elle s’est à nouveau rassemblée en 2000, cette fois à Dakar (Sénégal), et a adopté six objectifs, dont trois étaient assortis d’une échéance : faire que chaque enfant achève un cycle complet d’éducation de base, accroître les niveaux d’alphabétisation de 50% et assurer l’équité entre les sexes dans l’éducation – tout cela en 2015 au plus tard. Cela signifiait que les gouvernements, les organismes d’aide, la société civile, les organisations non gouvernementales, les communautés, les enseignants et les parents devaient travailler plus et mieux et faire de l’éducation une priorité. L’éducation de base est une condition sine qua non de la réalisation des autres objectifs de développement, tels que les Objectifs du Millénaire pour le développement adoptés par la communauté internationale. 

4.L’EPT est réellement POUR TOUS

Les filles et les femmes ne bénéficient pas de chances égales de recevoir une éducation de base. Aujourd’hui, 55% des enfants non scolarisés sont des filles, et les deux tiers des adultes qui n’ont pas accès à l’alphabétisation sont des femmes. Des efforts particuliers – du recrutement d’enseignantes à une aide aux familles pauvres et à des écoles plus accueillantes aux filles – sont nécessaires pour compenser cette inégalité. D’autres groupes ont aussi été négligés : les populations autochtones et les groupes vivant dans des régions rurales reculées, les enfants des rues, les migrants et les nomades, les handicapés, les minorités linguistiques et culturelles – pour n’en mentionner que quelques-uns. Il faut concevoir de nouvelles approches adaptées à ces groupes – nous ne pouvons pas compter les atteindre en nous contentant de développer les moyens habituels de scolarisation.

5. L’EPT est pour tous les âges
Les six objectifs de l’EPT mettent particulièrement l’accent sur l’idée qu’il faut permettre à chacun de bénéficier de l’éducation de base – des jeunes enfants dans leur famille et dans les programmes préscolaires aux adolescents, aux jeunes et aux adultes, en passant par l’enseignement primaire. Nul n’est trop jeune pour commencer à apprendre et nul n’est trop vieux pour acquérir des compétences de base, par exemple savoir lire, écrire et compter. En fait, l’éducation de base pour tous les âges renforce les opportunités offertes aux familles et aux communautés et ouvre la voie à de plus grandes possibilités et à de plus larges choix pour la prochaine génération.

6. L’EPT est synonyme d’apprentissage de qualité
Il n’est possible d’être motivé pour apprendre, pour envoyer son enfant à l’école ou pour surmonter des difficultés d’apprentissage que lorsque l’on perçoit l’éducation comme utile – et cela dépend de sa qualité. La scolarité ou la participation à un cours non formel d’apprentissage pour adultes devrait inculquer des connaissances, des compétences et des valeurs dont l’apprenant puisse faire un bon usage, en ayant le sentiment d’être capable d’atteindre des objectifs qui précédemment étaient hors de sa portée. Une éducation de qualité dépend de manière cruciale du processus d’enseignement/apprentissage, ainsi que de la pertinence du programme d’enseignement, de la disponibilité de matériels et de l’environnement d’apprentissage.

7. L’EPT progresse
Au cours des 60 années écoulées, de grands progrès ont été accomplis pour ce qui est de permettre aux enfants et aux adultes de bénéficier de l’éducation de base. Même durant les 15 dernières années, malgré l’augmentation de la population, le taux brut de scolarisation dans l’enseignement primaire en Afrique subsaharienne est passé de 77,5 à 84,9% - soit près de 10 millions d’enfants scolarisés en plus. Quarante-sept pays ont réalisé l’enseignement primaire universel. Davantage de filles ont été scolarisées dans les écoles primaires, bien que l’objectif de la parité entre les sexes pour 2005 n’ait pas été atteint. Le nombre d’élèves du secondaire a substantiellement augmenté – la progression a été quatre fois plus élevée que celle du nombre des élèves du primaire. Dans environ 70 pays sur 110 qui disposent de données, les dépenses publiques d’éducation ont augmenté en proportion du revenu national. D’autres objectifs comme le développement de la protection et de l’éducation de la petite enfance (objectif 1) et la promotion de l’apprentissage et des compétences des jeunes et des adultes (objectif 3) sont plus difficiles à mesurer, mais il est clair que les efforts déployés sont fructueux.

8. L’EPT est loin d’être achevée
Les progrès accomplis sur la voie de la réalisation des objectifs de l’EPT ne sont pas pour l’instant suffisamment rapides pour que tous les pays atteignent ces objectifs d’ici à 2015. Selon un calcul effectué récemment, il y a quelque 77 millions d’enfants qui ne sont pas scolarisés et on estime que 781 millions d’adultes n’ont pas encore eu la possibilité d’apprendre à lire ou à écrire – dont deux tiers de femmes. Selon l’estimation la plus récente, 23 pays risquent de ne pas réaliser l’enseignement primaire universel d’ici à 2015 et 86 pays risquent de ne pas réaliser la parité entre les sexes même pour 2015. Les frais de scolarité à l’école primaire, qui sont un obstacle majeur à l’universalisation de l’accès, sont encore perçus dans 89 pays sur les 103 étudiés. Les possibilités offertes aux adolescents et aux jeunes non scolarisés demeurent réduites dans beaucoup de pays en développement. Accroître le nombre et la qualité des enseignants, améliorer la gestion des écoles et du système éducatif, atteindre les groupes défavorisés et marginalisés – tout cela exigera des modalités plus intensives et plus innovantes de mise en œuvre des possibilités d’apprentissage.

9. L’EPT a besoin du concours de tous
La réalisation des objectifs de l’EPT exige des fonds, des ressources humaines, des savoir-faire techniques, des institutions qui fonctionnent et, surtout, une volonté politique. L’UNESCO s’emploie à maintenir l’élan acquis sur le plan international par l’intermédiaire d’un Groupe de travail et d’un Groupe de haut niveau sur l’EPT et elle coordonne les efforts internationaux. Les organismes d’aide et les banques de développement, comme la Banque mondiale, investissent maintenant de plus en plus de ressources dans l’éducation, mais il reste beaucoup à faire pour réunir les fonds estimés nécessaires pour réaliser l’objectif relatif à l’enseignement primaire – à savoir 7 milliards de dollars EU d’aide extérieure par an – sans parler de la réalisation des cinq autres objectifs. La société civile est un partenaire clé, tant pour ce qui est de jouer de son influence en faveur d’une augmentation des ressources que pour ce qui est d’offrir des possibilités d’apprentissage parallèles aux populations négligées. Il faut renforcer la coopération et la coordination de façon que les efforts conjoints soient aussi efficaces que possible et l’utilisation des ressources aussi efficiente que possible.

10. L’EPT est utile
En définitive, la réussite de l’EPT se voit dans la vie des individus et des communautés qui engagent, gèrent et maintiennent plus efficacement les changements positifs dans leur vie.