Élaboration d'une convention pour la protection des langues autochtones et des langues en danger

24-01-2008

(176 EX/59; 176 EX/INF.16; 176 EX/66 Part II; 176 EX/67)

Le Conseil exécutif,

1. Tenant compte du fait que les langues autochtones et vernaculaires dans leur ensemble subissent de plus en plus les effets négatifs de la mondialisation,

2. Attirant l’attention sur l’inquiétude que suscitent le déplacement continu et l’extinction dont sont souvent menacées de nombreuses langues au fil des années, dans le
monde entier,

3. Soulignant que les langues autochtones et vernaculaires sont le vecteur de l’identité culturelle des peuples et de leur savoir ancestral, et qu’elles constituent un patrimoine considérable et irremplaçable,

4. Soulignant également que les communautés autochtones et les peuples exposés à différents niveaux, à toutes les formes de menace voilée de déplacement et d’extinction de leur patrimoine linguistique et culturel se sont activement manifestés et ont porté leurs plaintes devant des instances internationales en prononçant des déclarations vigoureuses en faveur du maintien de leur patrimoine culturel et linguistique,

5. Rappelant que l’Organisation, dont un des objectifs fondamentaux est de « protéger la créativité et la diversité culturelle dans le monde entier », s’est engagée à promouvoir
la diversité linguistique et le multilinguisme avec des instruments normatifs internationaux comme la Déclaration universelle de 2001 sur la diversité culturelle et les Conventions de 2003 et 2005, et en appliquant une stratégie intersectorielle d’intégration programmatique relative aux langues autochtones dans les cinq secteurs de l’Organisation,

6. Considérant que la volonté politique des États et la mise en oeuvre d’initiatives régionales de sauvegarde et de revitalisation des langues et d’encouragement du multilinguisme ne suffisent pas pour garantir à l’échelle mondiale la préservation et la transmission des langues autochtones et vernaculaires d’une génération à l’autre, et qu’il est donc nécessaire et urgent d’appliquer un instrument normatif international sous la forme d’une convention définissant des pratiques et des règles spécifiques pour garantir la protection de ces langues et la diversité ethnolinguistique de la planète, patrimoine immatériel de l’humanité,

7. Considérant que la volonté politique des États et la mise en oeuvre d’initiatives régionales de sauvegarde et de revitalisation des langues et d’encouragement du multilinguisme pourraient ne pas suffire à garantir à l’échelle mondiale la préservation et la transmission des langues autochtones et vernaculaires d’une génération à l’autre,

8. Demande au Directeur général de procéder à une étude préliminaire des aspects techniques et juridiques d’un éventuel instrument normatif international sur la protection des langues autochtones et des langues menacées d’extinction, y compris à
une étude des résultats des programmes mis en oeuvre par l’UNESCO en la matière, afin de la soumettre à l’examen du Conseil exécutif à sa 179e session;

9. Invite le Directeur général à convoquer une réunion d’experts, y compris des représentants de peuples autochtones, afin de l’aider à élaborer l’étude préliminaire susmentionnée, ainsi qu’à rechercher un financement extrabudgétaire à cette fin.