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Engagement de la société et responsabilité sociale


©UNESCO

La question de l’engagement de la société envers l’enseignement supérieur a fait l’objet de nombreuses discussions – des questions du financement public à l’importance de la coopération internationale pour la transmission du savoir par-delà les frontières, en passant par le rôle du secteur privé ou de la société civile. En revanche, la responsabilité sociale des établissements publics, tels que les universités et autres établissements d’enseignement supérieur, a suscité beaucoup moins de discussions et cette responsabilité sociale mérite, plus que jamais, une réflexion approfondie tant sur sa nature que sur sa portée.

La crise économique récente a mis en valeur l’engagement de la société à l’égard de l’éducation, souligné par la décision de quelques-unes des grandes puissances économiques de dépenser massivement dans ce domaine, considérant qu’il s’agit d’un investissement sûr pour la reprise et la croissance économique. Mais elle a également fait apparaître le fait que la société a confié à ses institutions éducatives des responsabilités sociales plus grandes que jamais auparavant, et les attentes sont élevées : pour nous, l’éducation ne sert plus seulement à éduquer les enfants et les jeunes, elle doit également nous sortir de la pauvreté et nous placer sur la voie de la paix et du développement durable. Nos établissements d’enseignement supérieur peuvent-ils  assumer leurs responsabilités de plus en plus nombreuses dans le domaine du développement socioéconomique ? Quelle est la limite raisonnable pour les responsabilités sociales de l’enseignement supérieur, et comment pouvons-nous garantir que tous les pays, au Nord comme au Sud, soient en mesure de s’en acquitter ? Est-ce que s’acquitter de ces responsabilités exige une transformation radicale de la conception et du système dominants de l’enseignement supérieur ?

Il est indéniable que l’université ne peut plus être considérée uniquement comme une institution dédiée au développement personnel : à l’heure de la mondialisation, le développement intellectuel de l’individu doit aller de pair avec les objectifs plus larges du développement durable, de la réduction de la pauvreté, de la paix et des droits de l’homme. En ces temps de crise économique et environnementale, pourquoi et comment les universités et les établissements d’enseignement supérieur doivent-ils jouer un rôle de plus en plus important afin d’influer sur le développement économique et social ? Au-delà de leur rôle qui consiste à préparer les dirigeants de demain et à leur inculquer les valeurs et les connaissances nécessaires pour bâtir un avenir plus durable, certains vont encore plus loin en affirmant que les établissements d’enseignement supérieur ont également la responsabilité sociale d’endosser un rôle d’anticipation – pour servir « d’observatoires et de cellules de réflexion » afin de prévoir les tendances qui se dessinent et d’attirer l’attention de la société sur ces dernières et, idéalement, d’aider à prévenir les crises importantes. Enfin, c’est aux établissements d’enseignement supérieur qu’incombe la responsabilité de superviser la création et l’innovation dans le domaine des nouvelles technologies. Ces technologies peuvent apporter des réponses à certains des défis mondiaux actuels, mais cela suppose que les étudiants possédent les compétences éthiques et entrepreneuriales appropriées.     

À la lumière de ces questions et d’autres problématiques naissantes en matière d’enseignement supérieur, la séance plénière III et les tables rondes thématiques qui seront organisées en parallèle chercheront à étudier et à développer trois domaines différents parmi les responsabilités sociales de l’enseignement supérieur : la promotion du développement durable, notamment par le biais des nouvelles technologies ; la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, avec la réduction de la pauvreté comme priorité ; la promotion de l’entrepreneuriat en vue de la création d’emplois et du progrès social.