L’enseignement supérieur est la solution menant à la reprise économique
« Chacun a le droit d’étudier selon ses capacités à apprendre et non à payer », a déclaré la Présidente de l’Union des étudiants d’Europe, Ligia Deca, lors du panel d’acteurs à l’ouverture de la Conférence mondiale sur l'enseignement supérieur.
L’enseignement supérieur ne devrait pas être considéré comme une marchandise négociable et l’étudiant comme un client, a-t-elle ajouté. « Les étudiants espèrent beaucoup de la Conférence mondiale sur l'enseignement supérieur. Nous comptons sur l’UNESCO pour élaborer un plan d’action ».
Le panel a été ouvert par un discours du Ministre chinois de l’éducation, Ji Zhou. Il a expliqué qu’en raison de la croissance économique sans précédent de la Chine et de ses 3 milliards d’habitants, l’enseignement supérieur s’était énormément développé mais était encore loin de satisfaire la demande.
« L’enseignement supérieur n’est pas seulement un instrument du développement économique, c’est également un moyen de renforcer la confiance d’un pays et de déclencher des changements sociaux », a-t-il affirmé. « Il doit par ailleurs répondre aux attentes et aux besoins de la population ».
L’année dernière, six millions d’étudiants se sont inscrits dans les universités chinoises, soit une augmentation de 500 % par rapport à 1998. Le pays compte actuellement 29 millions d’étudiants dans le supérieur et 260 millions d’élèves répartis dans tous les niveaux du système éducatif.
Selon lui, il faut développer les universités de niveau mondial dont l’accès équitable est soutenu par un financement et un système d’admission transparents et détaillés. D’énormes progrès ont déjà été accomplis en matière de technologies de l'information notamment avec les bibliothèques numériques, les laboratoires virtuels et les cours en ligne qui laissent une « empreinte profonde et indélébile sur l’enseignement supérieur ».
Il a déclaré que le pays aspirait à partager son enseignement et sa culture. En 2008, 180 000 étudiants chinois sont partis à l’étranger et le pays a accueilli 170 000 étudiants venant d’autres pays. Le ministre a appelé l’UNESCO à aider à développer davantage le partenariat de l’enseignement supérieur de la Chine avec l’Afrique.
Le modérateur a demandé aux membres du panel comment la crise économique avait touché leurs organisations et comment ils s’étaient adaptés, notamment en matière d’enseignement supérieur. Joy Phumaphi, Vice-Présidente de la Banque mondiale, a répondu à une remarque sur le fait que la Banque n’avait pas toujours soutenu l’enseignement supérieur en disant que l’éducation de base avait plutôt été la priorité mais que la Banque avait désormais une longue liste de partenariats fructueux dans le domaine de l’enseignement supérieur avec la Chine, l’Inde et l’Afrique en particulier.
Elle a affirmé que pour résoudre la crise, il fallait donner aux étudiants une nouvelle formation qui soit davantage adaptée au marché du travail.
Le Président de l’Association internationale des universités, Juan Ramon de la Fuente, a exhorté les gouvernements à ne pas réduire les budgets alloués à l’éducation. « L’éducation et l’enseignement supérieur doivent rester un bien public, ils constituent la solution menant à la reprise », a-t-il dit.
Irene Duncan-Adanusa, Vice-Présidente de l’Internationale de l'éducation, qui représente 30 millions d’enseignants à travers le monde, a affirmé que le personnel ne bénéficiait pas de salaires adaptés, de sécurité de l’emploi et de liberté académique. Dans de nombreux pays et États, les enseignants du supérieur ne sont pas autorisés à se syndiquer.
« Dans l’enseignement supérieur, la personne la plus importante c’est l’être humain. La crise n’est pas une excuse pour réduire les financements publics », a-t-elle déclaré.
Selon la représentante des étudiants d’Europe, Ligia Deca, « Si vous demandez quels changements nous avons effectués en tant qu’organisation en raison de la crise économique, je vous répondrais aucun. Nous avons toujours encouragé les investissements publics et prévenu des risques encourus par les systèmes qui reposent sur des prêts. Il ne s’agit pas d’une crise économique mais d’une crise des valeurs et l’enseignement supérieur est un promoteur de valeurs. Les ministres de l’enseignement supérieur devraient s’allier aux étudiants afin d’agir en faveur du changement ».



