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Déclaration de Buenos
Aires
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| Déclaration
de Buenos Aires |
La
Déclaration suivante a été adoptée par le
Conseil d’Administration de
l’Association internationale des Universités et les Chefs de
quarante
universités publiques et privées de douze pays
d’Amérique latine qui
participaient à la dixième Table ronde de l’AIU qui s’est
tenue en novembre
1994 à Buenos Aires.
- Le Conseil
d’Administration de l’AIU et la Table ronde mettent l’accent sur la
contribution essentielle de l’enseignement supérieur et de la
recherché au
développement de toutes les régions du monde.
- Sortir de l’engrenage de la
dépendance et du sous-développement est vital pour les
économies des pays en développement. La
propriété et le progrès des connaissances et la
formation de ressources humaines hautement qualifiées sont aussi
nécessaires pour les pays les moins développés que
pour les pays développés.
- L’AIU souligne le rôle central
et incontournable des gouvernements dans l’attribution des ressources
nécessaires à l’enseignement supérieur et à
la recherché. Bien que les fonds provenant de sources
privées puissent constituer un financement complémentaire
de l’enseignement supérieur, on ne peut vraiment s’attendre
à ce que ce type de financement influe fortement sur la crise
actuelle subie par les systèmes d’enseignement supérieur
des pays en développement.
- Lors de la sixième Table ronde
de l’AIU tenue à Harare (Zimbabwe) en 1987, une
Déclaration a été adoptée en réponse
au document publié par la Banque Mondiale, The Financing of
Education in Developing Countries. La Déclaration de Harare
marquait son profond désaccord avec les principales
recommandations de la Banque mondiale qui appelaient à
réduire les investissements publics dans l’enseignement
supérieur, à être de plus en plus tributaire
d’investissements non publics dans l’enseignement
supérieur et à un contrôle moins direct de l’Etat.
- Le Conseil d’Administration de l’AIU
et les Chefs d’universités participant à la
dixième Table ronde de l’AIU à Buenos Aires constatent
avec regret que la Banque mondiale, dans ses récentes
recommandations concernant les prêts destinés à
l’enseignement supérieur (Higher education : The lessons of
experience), publiées en 1994, retient essentiellement les
mêmes recommandations que celles faites aux gouvernements il y a
sept ans à Harare. Ils déplorent aussi que la Banque
mondiale persiste à lier l’octroi de prêts à la
mise n application de ces mêmes conditions.
- Ce retour à une approche
déjà contestée ne peut que faire douter de la
pertinence des généralisations du document de la Banque
mondiale sur les leçons tirées des expériences
récentes. L’incapacité de relier ses analyses et ses
recommandations à une vision spécifique de la
société et au rôle de l’enseignement
supérieur au sein de celle-ci constitue l’une des principales
faiblesses du document de la Banque mondiale. L’envergure
étriquée des recommandations contraste fâcheusement
avec les multiples visions de la société qui existent
dans le monde.
- L’AIU marque son profond
désaccord et recommande que
chacune de ses Universités membre refuse toute solution
préconisée à la crise
de l’enseignement supérieur qui reposerait uniquement sur les
conditions
économiques et financières et ne tiendrait pas compte des
aspects politiques,
culturels et historiques spécifiques et originaux de la vie
nationale. Dans ce
contexte, l’AIU recommande que ses Universités membre
conseillent à leurs
gouvernements d’étudier autant de points de vue que possible sur
les options
qui s’offrent aux pays en développement.
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