FORMATION :Le cours à Maurice souligne le besoin de régulation et de cohésion en formation professionnelle
Atelier sous-régional IIPE/IVTB sur "Le financement et la gestion de l'enseignement supérieur dans les pays d'Afrique australe". (Quatre Bornes, Maurice, 18-21 mars 1996)
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Le vent de réforme qui souffle sur l'Afrique de l'est et australe
n'épargne pas le champ de l'enseignement technique et de la
formation professionnelle. Dans une région où de nombreux pays connaissent un
frémissement de la croissance, voire une reprise certaine, l'heure est à la mise
à plat de l'appareil de formation de la main-d'oeuvre. A cet égard, deux dimensions
font actuellement l'objet d'une attention particulière, le financement du système
de formation et sa régulation. Point n'est besoin ici d'insister à nouveau sur l'importance de la question du financement tant du point de vue de l'origine des ressources qu'en ce qui concerne leurs modalités d'affectation. En revanche, il importe de souligner la liaison étroite entre financement et gestion. On peut en effet supposer que ceux qui apportent une contribution financière directe à l'enseignement technique exigeront en retour de participer aux décisions relatives à son |
évolution et à son
fonctionnement. Les travaux récents tendent à confirmer ce que le bon sens
suggérait, à savoir que l'application du principe de partenariat au financement
de l'enseignement technique et de la formation professionnelle a des conséquences
directes sur leur gestion et peut ainsi contribuer à en améliorer le rendement pour
la collectivité dans son ensemble, mais aussi pour les entreprises et les
individus. Au plan institu-tionnel, cette tendance se traduit par l'apparition
d'organes bipartites ou multi-partites, générlement à caractère para-public
auxquels l'Etat transfert tout ou partie de ses compétences, y compris le
financement, l'organisation, la coordination, la mise en oeuvre et la certification
de la formation. Les Etats d'Afrique de l'est et australe ne restent pas en marge
de ces évolutions, bien au contraire, comme l'a montré un atelier organisé par
l'IIPE en coopération avec l'Industrial and Voca-tional Training Board (IVTB) à
Maurice en mars 1996.
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Rassemblant neuf pays
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La diversité des situations a beaucoup contribué à la richesse des travaux. En
effet, même si les pays de la zone partagent de nombreuses préoccupations quant au
finance-ment et à la gestion de la formation, ils présentent des différences
marquées, tant du point de vue de leur profil démographique et socio-économique
qu'en matière d'éducation.
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Dans la plupart des pays du groupe la croissance économique semble amorcer une
reprise. Néanmoins, la progression du chômage, en particulier le chômage des jeunes
en zone urbaine, constitue une forte préoccupation sauf à Maurice qui forme à bien
des égards un cas à part. Dans ce contexte, les pays sont à la recherche de
nouvelles stratégies pour insérer dans le travail productif une main-d'oeuvre en
expansion. Le secteur informel apparaît fréquemment comme une alternative majeure. Le plus souvent, la réforme de l'enseigne-ment technique et de la formation profession-nelle s'articule autour d'un cadre juridique rénové créant de nouvelles institutions et un redécoupage des compétences. Les priorités varient bien évidemment selon les pays, on retrouve néanmoins certaines préoccupations communes comme l'association éducation/production (Botswana, Zimbabwe), le rôle des organismes de formation privés (Botswana, Tanzanie), la nécessité de la formation continue (Botswana, Afrique du Sud, Nigéria, Kenya), l'harmonisation des diplômes et de la certification, la modularisation et la mise en oeuvre d'un système fondé sur les compétences (Botswana, Afrique du Sud, Maurice, Zambie). Enfin la question de la coordination se pose avec acuité dans de nombreux pays dans lesquels les compétences sont réparties entre de nombreuses institutions (Ministère de l'Education, Ministère du Travail, National Training Board...). Dans tous les pays représentés, y compris ceux dans lesquels existe un Fonds alimenté par un prélèvement fiscal spécifique sur les salaires, l'enseignement |
technique et la formation professionnelle font encore large-ment appel aux
financements publics. Même si la question du rapport coût/efficacité de cet
investissement se pose, ce schéma devrait se maintenir. La question est davantage
de savoir jusqu'à quel point et comment le secteur public devrait financer la
formation. L'affectation des ressources suit une procédure des plus orthodoxes et
il n'y a pas pour le moment de relation entre les résultats obtenus et les
ressources allouées. L'utilisation d'une taxe sur les salaires constitue la forme la plus rentable de diversification du financement. Parmi les pays présents, cinq ont déjà introduit un impôt de ce type, représentant de 1% à 2% de la masse salariale (Kenya, Nigéria, Maurice, Tanzanie, Zimbabwe) et les quatre autres y songent. Le Botswana dispose actuellement, uniquement pour le secteur du bâtiment et des travaux publics, d'un prélèvement original correspon-dant à une fraction du montant des contrats. Le système sud-africain encore en vigueur comprend, dans certains secteurs, une cotisation fondée sur les salaires. A ce stade, le recul ou les données, manquent pour apprécier véritablement l'efficacité de ces dispositifs. Il est néanmoins important de souligner que les critères de réussite doivent être fonction des objectifs poursuivis: bâtir un système de formation, développer la formation continue en entreprise, structurer un marché de la formation. En général, les systèmes combinent plusieurs de ces finalités.
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Au-delà des préoccupations d'ordre financier, la question du rôle des divers
acteurs a amené une double discussion sur la question de la coordination d'une part
et la notion de partenariat, d'autre part. Partout une exigence de meilleure
coordination se fait jour, y compris au sein de l'action des pouvoirs publics. De
plus il est entendu que la réforme de l'enseignement technique passe par une
implication plus étroite des acteurs concernés, en particulier les entreprises. Le partenariat est considéré comme pouvant faciliter la coordination, réduire les gaspillages, mieux répartir l'effort financier, introduire des idées nouvelles, améliorer les contenus et les systèmes de validation, garantir davantage de transparence, induire un processus d'appro-priation. Cependant, un examen attentif de ces expériences révèle que, dans la plupart des cas, il s'agit davantage de collaboration que de partenariat, le pouvoir n'étant pas partagé de manière équitable entre les différents acteurs. L'Etat conserve ainsi un rôle prépondérant dans l'enseignement technique et la formation professionnelle.
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Face à l'émergence du thème du partenariat et à l'éclosion d'institutions
autonomes, la plupart des participants ont insisté sur la nécessité pour l'Etat de
conserver un pouvoir de contrôle afin d'être en mesure de garantir la cohérence du
système et des politiques de formation. Par ailleurs, le processus de dialogue, inhérent au partenariat, peut s'avérer extrêmement complexe et sinueux et rendre ainsi la prise de décision très lente et difficile. Dans le cas particulier de l'Afrique du Sud, cette démarche illustre la recherche d'u consensus afin de parvenir à une solution durable, et cela dans un mouvement de démocratisation de la société et de refonte du système de formation. Le modèle des National Training Boards actuellement en vogue présente potentielle-ment des vertus nombreuses pour améliorer le fonctionnement de la formation, les données empiriques manquent néanmoins pour vérifier sa performance réelle. On en est encore en la matière au stade de la présomption. Enfin il semble difficile d'apprécier, a priori, la pertinence de telle ou telle formule, sans examiner les spécificités du contexte dans lequel elle s'insère.
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