FORMATION : L'IIPE identifie les besoins en développement des capacités dans la région du Mékong

Coup d'envoi pour la formation en Asie du Sud-Est

Atelier de l'IIPE sue "Le développement des capacités en planification et en gestion de l'éducation" dans des pays sélectionnés de l'Asie du Sud-Est. (Bangkok, Thaïlande, 3-7 juin 1996)
En coopération avec le Bureau de la Commission nationale de l'éducation (ONEC) et le Département de la coopération technique et économique (DTEC) de Thaïlande, l'IIPE a organisé, en juin 1996, un atelier sur les politiques éducatives consacré au Développement des capacités en planification et en gestion de l'éducation dans des pays sélectionnés du Sud-Est asiatique. Cet atelier a rassemblé vingt-trois participants originaires de cinq pays (1), parmi lesquels deux ministres thaïlandais (Education et Cabinet du Premier ministre) et un vice-ministre par pays pour le Cambodge, le Viêt-Nam et Myanmar, le Laos étant représenté par le directeur du Projet de développement de la qualité de l'éducation. Le ministre chargé du Cabinet du Premier ministre de Thaïlande a ouvert l'atelier, et le ministre de l'Education a présidé la cérémonie de clôture.

(1) Cambodge, Laos, Myanmar, Thaïlande et Viêt-Nam.


Les objectifs
Les objectifs principaux de l'atelier étaient les suivants :

étudier l'impact sur les systèmes éducatifs des changements introduits à la suite de l'intégration progressive dans l'économie de marché mondiale et ses conséquences pour la formulation de politiques éducatives ainsi que pour l'approche, les méthodes et l'organisation de la planification et de la gestion de l'éducation;

identifier les besoins en matière de formation dans le secteur de la planification et la gestion de l'éducation ;

préparer, au niveau sous-régional, une proposition pour l'organistion de cours intensifs de formation de formateurs et la préparation de matériels de formation dans les langues nationales des pays participants, dans des secteurs sélectionnés de la planification et de la gestion de l'éducation ;

préparer, au niveau national, des propositions d'activités de développement des capacités en planification et en gestion de l'éducation.


Les problèmes évoqués
Au cours de l'atelier, un certain nombre de problèmes importants ont été évoqués à l'occasion des présentations et des discussions. Ils peuvent se résumer comme suit :

Il existe une tendance générale à la décentralisation de la gestion de l'éducation dans chacun des cinq pays.

Etant donné l'importance de la décentralisation et l'attrait exercé par la libéralisation, les techniques de planification de l'éducation revêtent une importance croissante et prennent des formes nouvelles. Ainsi, pour ne citer que quelques exemples, la gestion stratégique remplace la planification par la prévision de l'offre et de la demande d'éducation; les bases d'information deviennent des outils essentiels de la gestion, et l'éthique du marché joue un rôle de plus en plus prépondérant dans la gestion de l'éducation.

La situation en matière de données est médiocre : il n'est pas rare que les écoles collectent régulièrement des données pour l'administration centrale sans en connaître l'usage ni même les utiliser à leur propre avantage.

Les représentants des cinq pays ont déploré la faiblesse de leurs mécanismes nationaux de planification de l'éducation. Même la Thaïlande, qui a, au cours des années, envoyé 20 stagiaires participer au Programme annuel de formation de l'IIPE, souffre d'une pénurie de planificateurs de l'éducation qualifiés au sein du Bureau des politiques éducatives et de la planification du ministère de l'Education.

Il existe, à l'intérieur de chaque pays, un engagement déterminé en faveur du développement des capacités en planification et en gestion de l'éducation : néanmoins, les

moyens disponibles sont le plus souvent insuffisants.

Bien que plusieurs agences internationales(2) soient impliquées dans telle ou telle forme de développement des capacités, aucune d'entre elles n'assume la formation de formateurs ou la préparation de matériels de formation avec l'objectif d'établir un cadre institutionnel.

Parmi les secteurs prioritaires en matière de formation, les systèmes d'information et le développement de projets ont été le plus fréquemment cités, suivis de la participation communautaire, de l'amélioration de la qualité de l'éducation, de l'établissement de la carte scolaire et enfin des coûts et du financement. L'équipe de l'IIPE a proposé de retenir trois de ces thèmes.

Si le projet sous-régional est approuvé par l'ensemble des partenaires(3), il a été convenu que quatre formateurs par pays recevraient une formation relative à chacun des trois thèmes retenus. Les participants ont ensuite identifié les formateurs potentiels et les bénéficiaires de la formation qui devrait être dispensée par ces formateurs.

Les représentants desdifférents pays ont également identifié le dispositif institutionnel national nécessaire pour assurer la durabilité de cette formation.

Les équipes nationales ont accepté la tâche d'intégration des programmes proposés dans le cadre des projets de développement des capacités existants afin de renforcer ce dernier.

(2) le PNUD est actif é Myanmar et en Thaïlande ; la Banque mondiale au Laos, au Cambodge et au Viêt-Nam ; la Banque asiatique de développement au Laos, au Cambodge et au Viêt-Nam ; l'Union européenne au Cambodge ; et l'UNICEF dans chacun de ces cinq pays.

(3) Le gouvernement royal thaïlandais, l'IIPE et les gouvernements de chacun de ces pays


Un programme triennal
En coopération avec l'ONEC, l'IIPE propose d'organiser un atelier d'orientation sur la préparation de matériels de formation et les méthodes de formation connexes. Cet atelier sera organisé en Thaïlande pendant une semaine par an et par thème (soit trois années pour les trois thèmes) et sera suivi par les quatre formateurs potentiels provenant de chacun des cinq pays. Ils travailleront selon les grandes lignes proposées pendant une période approximative de six mois dans leurs pays respectifs et prépareront les premières ébauches des matériels de formation. Celles-ci feront ensuite l'objet d'une discussion et d'un examen critique en Thaïlande au cours d'un atelier de deux semaines, à la suite duquel elles subiront une révision. Les formateurs feront ensuite traduire les matériels de formation dans leurs langues nationales et organiseront la transmission de cette formation à une clientèle plus vaste dans leurs pays respectifs, sous la supervision d'un conseiller de l'ONEC ou de l'IIPE pendant une période d'une semaine (la formation pourra durer plus longtemps), afin de l'améliorer encore. Au terme de la troisième année, une fois que tous les matériels de formation auront été mis à l'épreuve et révisés, un autre atelier de politique éducative sera organisé en Thaïlande afin d'évaluer l'ensemble du programme et de discuter des moyens de lui apporter d'autres améliorations, du travail sur des thèmes nouveaux, ainsi que des moyens de promouvoir la coopération entre pays en matière de développement des capacités en gestion de l'éducation et d'établir un réseau de planification et de gestion de l'éducation au niveau sous-régional.

Cette proposition est actuellement examinée par l'ONEC et le DTEC en vue d'un éventuel financement de la composante sous-régionale du projet par le gouvernement thaïlandais.


Bikas C. Sanyal