De la planification à l'action: initiatives pour améliorer la pratique dans les écoles
Cet ouvrage examine l'efficacité des stratégies généralement recommandées pour améliorer la qualité et l'efficience de l'enseignement dans les établissements scolaires. Fondé sur l'expérience de huit pays, il identifie le type d'effets croisés, de conséquences positives et négatives inattendues et les problèmes de mise en æuvre pratique qui peuvent affecter la capacité de ces stratégies à influencer réellement la pratique dans la classe.
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BIENque de nombreux pays confirment leur engagement en faveur de l'amélioration de la qualité de leurs systèmes éducatifs, le passage à l'action a été plus difficile que prévu. » C'est par ce constat que débute l'ouvrage intitulé «From planning to action : government initiatives for improving school-level practice» de David W. Chapman, Lars O. Mählck et Anna E.M. Smulders (eds.), récemment publié par l'IIPE. Il met en relief la problématique du livre et l'importance de l'analyse des questions présentées, ainsi que des stratégies et expériences rapportées. Destiné aux décideurs, aux planificateurs et aux administrateurs de l'éducation, cet ouvrage traite de la question de savoir comment influencer réellement la pratique dans les écoles et dans les classes par des politiques nationales et par des réformes du système, en particulier de l'importance de l'information et de la communication. |
Il intéressera en outre les spécialistes du développement,
en particulier ceux des agences internationales d'aide, qui proposent des réformes
en matière d'éducation. Les spécialistes de la gestion de
l'information trouveront des faits utiles sur les besoins en information et en
communication liés aux réformes de l'éducation dans les
pays en développement. On pourra s'appuyer sur cet ouvrage pour les
programmes de formation destinés aux responsables de l'éducation
et de l'administration, notamment dans les pays en développement.
Tout en proposant une approche originale du sujet, cet ouvrage s'appuie sur les travaux antérieurs rapportés dans From data to action: information systems in educational planning (David W. Chapman et Lars O.Mählck (eds.) IIPE, 1993). |
Où se situent les blocages?
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En étudiant la problématique de plus près, les auteurs examinent différents obstacles qui limitent l'influence du ministère de l'éducation sur les écoles :
Avec ces difficultés éventuelles en tête, le lecteur peut passer en revue les parties conceptuelles et les études de cas présentées dans cet ouvrage pour mettre en relief les facteurs liés à une mise en oeuvre efficace des politiques et pour réfléchir sur l'information et les stratégies dont il a besoin dans son contexte de travail. L'ouvrage de Chapman, Mählck et Smulders est divisé en quatre parties. La première sert d'introduction au livre et à l'utilisation des connaissances au cours du processus d'élaboration des politiques d'éducation. La littérature souligne qu'il faut reconnaître l'importance du rôle de la recherche et de l'analyse dans la formulation d'une politique, mais également le fait que son utilisation est souvent inégale ou arbitraire. La discussion sur la contribution des recherches et des études à l'élaboration d'une politique gouvernementale, qui fixe les orientations des programmes d'action, se réfère à deux modèles. Le modèle par étapes représente la démarche suivie par la plupart des gouvernements et des agences d'aide. |
Ce modèle linéaire considère le
processus d'élaboration d'une politique comme séquentiel :
identification du problème, collection de l'information et proposition de
solutions, suivis de débats et de choix d'actions à entreprendre,
de sa mise en oeuvre et de son évaluation. Le modèle est cependant
critiqué pour s'intéresser trop à l'analyse de la politique
aux dépens de sa mise en oeuvre.
Le modèle alternatif décrit est celui des flux multiples. Ce modèle envisage trois composantes : problèmes, politiques d'éducation et contexte politique, chacun d'entre eux suivant sa dynamique propre. «Dans ce modèle, les participants ne commencent pas par identifier les problèmes, pour chercher ensuite à les résoudre. Ils recommandent souvent des solutions bien avant que leur proposition ne soit attachée à un problème important.» Le modèle est attrayant parce qu'il reconnaît que le processus d'élaboration d'une politique qui est « fluide, sinon désordonné, mais reste cependant largement compréhensible... Parce qu'il tient compte de la nature apparemment confuse de la politique et de la prise de décision collective, on peut penser que c'est un modèle qui tiendra la route ; l'élaboration d'une politique entraîne partout une série de décisions collectives dans des conditions d'ambiguïté et d'incertitude ». Il est important de noter que l'information joue un rôle différent dans chacun de ces modèles. Dans le modèle par étapes, il faut de l'information à des moments spécifiques pour certaines étapes, alors que dans le modèle par flux multiples, l'information peut être utilisée de manière stratégique, par exemple, pour traduire un problème en une question politique. Après avoir identifié un modèle convenant à l'examen d'un processus d'élaboration des politiques, les auteurs soulignent l'importance non seulement de la recherche et des études, mais également de la défense de la politique. L'analyste peut avoir à aller au-delà d'une simple fourniture d'information pour la prise de décision et à jouer le rôle de promoteur. A cet effet, il est proposé un cadre reliant l'analyse et la défense de la politique. |
Apprendre par l'expérience
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La seconde partie présente un certain nombre de stratégies élaborées pour les administrations centrales et régionales de l'éducation pour influencer les pratiques dans les écoles. Six études de cas décrivent la réussite et quelquefois l'échec d'expériences dans une diversité de situations nationales : République de Corée, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Philippines, El Salvador, Thaïlande et Trinité et Tobago. Des stratégies différentes pour améliorer la pratique dans les écoles sont exposées dans les études nationales, notamment :
Chaque étude décrit les expériences d'un pays et permet au lecteur de comprendre comment on peut améliorer la pratique dans les établissements. Les études soulignent les efforts considérables des différents pays pour améliorer la qualité de l'enseignement avec une variété d'approches. Elles montrent que, dans de nombreux pays, de nouvelles stratégies sont mises en oeuvre pour lier plus fortement et plus solidement la formulation d'une politique nationale et la pratique dans les écoles. : |
Dans la troisième partie, les auteurs examinent les besoins en information des différents acteurs du système éducatif (planificateurs, administrateurs et enseignants). Les études de cas concernant l'Indonésie et la Jordanie exposent des stratégies utilisant l'information pour améliorer la pratique dans les écoles
L'information et la communication jouent un rôle crucial dans le développement. C'est pourquoi un investissement important, notamment de la part des agences d'aide, a été fait dans les systèmes d'information pour améliorer la gestion ; l'amélioration de la gestion par l'apport d'une meilleure information est toujours considérée comme un élément essentiel. Si cette affirmation était juste, les systèmes d'information mis en place seraient toujours valorisés et mis à jour. Et pourtant, ce n'est pas souvent le cas. L'apport d'information ne créera pas nécessairement la demande. On voit plutôt que la demande de données et leur utilisation sont plus importantes dans « les pays dans lesquels les responsables de l'éducation doivent rendre des comptes à d'autres parties de l'administration...dans un contexte de concurrence politique ». |
Principaux thèmes
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La dernière partie de l'ouvrage constitue une synthèse et fait ressortir quatre thèmes principaux :
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L'ouvrage propose deux conclusions. Suivant la première, pour influencer les pratiques dans les écoles et dans les classes, les ministères disposent de moins de moyens d'action que les éducateurs et les fonctionnaires ne voudraient croire. Suivant la seconde, beaucoup d'efforts visent actuellement à trouver, à la fois au niveau central et au niveau régional, « la bonne combinaison d'idées, de communication et de relations de travail ». Autrement dit, bien que le défi soit considérable, certains l'ont relevé. |
Un dernier mot...
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« Ceux qui prônent (une réforme) agissent comme s'ils pouvaient facilement prévoir les effets, positifs ou négatifs, des actions qu'ils proposent... De nombreuses initiatives pleines de bonnes intentions ont entraîné des problèmes pires que ceux qu'elles s'efforçaient de résoudre. On ne peut déterminer les bénéfices réels des nombreuses « réformes » que par un examen attentif de ce qui se passe réellement dans les pays. |
Cet ouvrage visait en particulier à montrer des expériences nationales, à évaluer les avantages et les problèmes rencontrés par les pays pour améliorer leurs systèmes éducatifs. Ce n'est qu'avec ce type d'information que les décideurs, les planificateurs de l'éducation et les gestionnaires des programmes, à la fois des gouvernements nationaux et des agences d'aide, pourront aller de l'avant avec une certaine confiance pour savoir quelles seront les interventions prometteuses et celles qui poseront des problèmes». |
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From planning to action: government initiatives for
improving school-level practice
par D.W. Chapman, L.O. Mählck
et A.E.M. Smulders, Paris, IIEP/Pergamon, 1997. 303p.
Susan d'Antoni